Jean-Pierre Martin

  • Sandor est perplexe.

    Est-ce que j'attire les fous, ou bien est-ce moi qui cherche leur compagnie ?

    Dès qu'il sort de chez lui, ces corps errants l'abordent et s'accrochent à sa personne, faisant de lui le dépositaire de leurs récits extravagants. Il y a Dédé, le fou météo. Laetitia et ses visions étranges. Madame Brandoux, qui jure toute la journée contre le monde entier. Et bien d'autres encore.

    Sandor se demande s'il n'est pas fou lui-même. D'autant que Constance, sa fille, est atteinte d'une terrible maladie psychique qui l'isole du reste du monde...

    Avec sensibilité, avec humour, avec désespoir, Jean-Pierre Martin raconte ceux qui butent, qui penchent, qui chantent la journée et hurlent la nuit.

  • Découvrir le monde des abeilles, sous l'égide d'une apicultrice à la portée des enfants.

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  • La honte : émotion particulièrement inavouable, à la fois historique et singulière, intime et collective, plus que toute autre, peut-être, extensive, expansive, contagieuse et susceptible de traverser tous les individus sans distinction.
    La honte, c'est aussi un des grands ressorts de la littérature. Nous pouvons, en effet, nous sentir solidaires de quiconque fait l'aveu de sa honte, et singulièrement de celui qui l'écrit, parce qu'ayant partie liée avec notre expérience commune, il est celui qui nous dit « honteux lecteur, mon semblable, mon frère ».
    Plongeant dans les gouffres de la déconsidération de soi, la littérature ose briser avec fracas le « silence sacré de la honte ». Jean-Pierre Martin en déploie les voies, notamment à travers la figure du boursier (Memmi, Camus, Nizan), de l'héritier (Appelfeld, Bassani, Gombrowicz), de l'éhonté (Duras, Genet, Mishima), ou de la mémoire et de ses spectres (Levi, Antelme, Semprun, Seel).
    Ces fragments du discours honteux que tient la littérature, mieux que toute sociologie ou théorie, restituent au plus près l'incessante transformation d'un sujet en un objet.

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  • La curiosité a mauvaise réputation. Loin d'une passion triste et voyeuriste, Jean-Pierre Martin l'envisage surtout comme une vertu, un élan salutaire.
    Avec l'étonnement ou le doute - sources de l'activité philosophique -, la curiosité provoque la rencontre d'un objet inattendu, jusque-là exclu de notre pensée. Elle va de question en question. Au désir de savoir, elle oppose une surprise. Elle va plus loin encore : elle s'insurge contre l'indifférence. Son étymologie (cura) nous dit qu'elle prend soin du monde. Invitant à une conversion du regard, elle est une manière de penser, mais aussi une raison de vivre.
    Jean-Pierre Martin est lauréat de la bourse Cioran 2019 pour cet ouvrage.

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  • Une histoire critique de la psychiatrie, tel est le projet de ce livre, celle d'une libération de l'enfer- mement de la folie et de ses contraintes inhumaines, produits de la domination de la raison d'État.
    La notion de santé mentale a été présentée une volonté d'émancipation par la science. Elle est au- jourd'hui une politique de régulation d'un marché pu- blic-privé sécuritaire, imposée hors de toute démarche démocratique. Sa gestion néolibérale est centrée sur les résultats comptables et des mesures sécuritaires d'enfermement. Dans ce contexte les soignants sont à nouveau les garde-fous d'un nouvel « ordre protec- tionnel » médicalisé.
    La rupture avec la réalité catastrophique de la psy- chiatrie publique est, pour l'auteur, un espace d'utopie concrète. Il l'aborde à partir de sa pratique psychia- trique au sein d'un centre d'accueil et prolonge la réflexion amorcée dans ses ouvrages précédents : Psy- chiatrie dans la Ville et La Rue des précaires (Érès, 2000 et 2011). L'auteur a expérimenté et postule la possibilité d'une psychiatrie différente au sein de pratiques insti- tutionnelles ouvertes, en lien avec les « tiers sociaux » dont les familles et les structures politiques.
    Ce livre s'appuie sur l'apport des connaissances de la psychanalyse et des sciences sociales dans l'analyse institutionnelle, d'allers-retours entre Freud et Marx.
    Libérer la folie de ses contraintes médicalisées est donc une utopie concrète, une réappropriation du métier de soignant et de son éthique d'engagement humain, avec ses moyens de formation et matériels, dont les luttes ouvrent une approche renouvelée du normal et du pathologique.
    Une première émancipation est de subvertir les politiques de santé mentale administrées, alors que celles-ci instrumentalisent l'essor de techniques mo- dernes en support de « bonnes pratiques » d'évaluation comptable. Une seconde est de sortir d'une politique de gestion des risques, de précaution plus que de pré- vention collective. Le contrôle social est la négation de toute protection sociale et de services publics so- lidaires, mais aussi de réels droits humains collectifs des patients. Ces deux entrées s'ouvrent à une éman- cipation qui sorte le patient de la naturalisation biolo- gique et d'une supposée dangerosité dont les études sérieuses montrent qu'elle est exceptionnelle.
    Son émancipation politique passe donc par l'abro- gation de la loi sécuritaire du 5 juillet 2011 et des lois de santé qui régentent aujourd'hui la psychiatrie.
    Doit être réactualisé l'ensemble des acquis de pra- tiques alternatives à l'asile carcéral, les expériences de secteur psychiatrique des cinquante dernières années.
    Une politique de santé mentale passe par les pratiques de psychothérapie institutionnelle et la reconnaissance des droits humains des patients qui participent des luttes d'émancipation dans la société.
    Le livre est un plaidoyer pour une transition poli- tique vers des institutions où se mène une politique de santé mentale d'humanisation et de désaliénation du soin psychiatrique, et appelle à un débat public pour une institution démocratique de la psychiatrie.

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  • Sur un fond de silence et de solitude, on perçoit le bruissement de la mer. La ferme est seule en contrebas, plus seule encore que je ne l'imaginais d'après les lettres et les descriptions.
    Maintenant que je tiens Barnhill sous mes yeux, maintenant que je peux contempler ce paysage, cet océan, que je devine le jardin désormais abandonné, que j'aperçois des restes du verger, maintenant que je peux imaginer l'homme oscillant entre la main à plume et la main à charrue, entre la chambre où s'invente Big Brother et cette vie du dehors livrée aux éléments, à l'écart de l'Histoire, je ne vois pas davantage de raison majeure, de raison tout court qui l'emporterait, qui puisse justifier cette fugue, mis à part ce qui dépasse la raison, une pulsion profonde, une intériorité exigeante, radicale, propulsant assez loin de ce que l'on croit être soi, de la figure de soi que les circonstances ont façonnée, et de ce que l'on passe pour être au regard des autres.

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  • "Jean-Pierre Martin nous invite à découvrir le destin de femmes singulières, qui se sont illustrées en Provence depuis la nuit des temps jusqu'à nos jours. Ces « figures » ont contribué à sculpter l'identité historique de la région grâce à leurs talents, leur courage, leur esprit, ou ont juste, parfois, laissé l'empreinte de leur différence."

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  • Depuis un demi-siècle, henri michaux est devenu une figure essentielle de notre paysage esthétique et littéraire.
    A l'écart des modes et des avant-gardes, son oeuvre exerce une sorte de magnétisme. ses intuitions fulgurantes dans les domaines les plus inattendus de la pensée, du savoir et de la sensibilité ont anticipé la fin des grandes idéologies. le culte dont il fait aujourd'hui l'objet ne le cède sans doute qu'à celui de rimbaud, mais avec des effets tout aussi réducteurs. michaux secret, michaux barbare, michaux halluciné.
    Telle est la vulgate. l'auteur d'un certain plume s'est, il est vrai, dérobé à la publicité et aux honneurs. a la fois présent et caché dans ses textes comme dans ses peintures, il était réfractaire à la biographie. michaux, pourtant, ne fut pas sans corps, sans famille, sans histoire. " moi je veux voir et vivre ", disait-il, jeune homme. jusqu'à sa mort, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, il prit mille fois le bateau et le train, migra d'hôtel en hôtel, aima plusieurs femmes, noua de profondes amitiés, scruta les foules, les animaux et les arbres.
    C'est avec une curiosité intense qu'en lui le peintre et l'écrivain ne cessèrent d'observer le monde. parti sur ses traces, jean-pierre martin a enquêté, interrogé des témoins, consulté archives et correspondances inédites. de namur à montevideo, de quito à knokke-le zoute, de calcutta à saint-vaast-la-hougue, il a visité de nombreux lieux de passage de la comète michaux, décelant dans l'enfance et l'adolescence belges, dans cette origine détestée, quelques-unes des singularités qui ont façonné un être de fuite.
    Jetant une nouvelle lumière sur l'oeuvre de michaux, sur ses paysages et ses hantises, cette biographie, la première qui lui soit consacrée, est un essai de réincarnation.

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  • « Jean-Pierre Martin montre implacablement comment Céline indiqua lui-même à ses lecteurs hypnotisés comment il fallait le défendre : au nom du style. Comment il ne cessa jamais de louanger sa propre "musique", son "art inimitable"...
    Comment, sous couvert de sacro-sainte esthétique littéraire, Céline ne cesse de créer entre lui et son lecteur un "espace restreint mais privilégié d'intimité-publicité [...] où le trafic des mots et des idées peut se faire en toute impunité". Et quels mots, quelles idées ! Une fois mis à part le Voyage, Martin montre à quel point la quasi-totalité de l'oeuvre est parfaitement étrangère au roman. Céline au fond, n'écrit pas de roman mais des pamphlets. Et la colonne vertébrale de cette accumulation d'imprécations, c'est le racisme biologique. Où est la musique, où est l'intention verbale ? demande Jean-Pierre Martin.
    Revenons au style, et aux fameux trois points. Martin déchire le voile une bonne fois pour toutes. Chez Céline, les trois points ne sont pas si importants que ça. Ce qui a le plus de sens, dans son oeuvre, c'est le trait d'union. Le livre de Jean-Pierre Martin est précieux, passionnant et très instructif. Tous les pièges grossiers que Céline a tendus à la critique littéraire ont fonctionné.
    À lire d'urgence. » Philippe Val, Charlie Hebdo, 19 mars 1997.

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  • À moins d'une heure de la Riviera futile et exubérante, il est un pays reculé, battu par les vents, calciné par le soleil. Ce pays, c'est Calern, qui étale ses champs de lapiaz crevassés et où l'horizon s'attarde, en quête de rêves meilleurs. C'est là, à Calern, en ce printemps 1967, qu'un ambitieux projet d'aménagement touristique aiguise les appétits tout en ravivant de vieilles rancoeurs. Un minuscule hameau, le Calernet, refuse tout compromis face aux promoteurs. Élissandre, une jeune fille profondément attachée à sa terre, déploie toutes les ressources de son intelligence et toute sa détermination pour contrarier le projet. L'argent et l'amour du terroir se livrent ici à un combat sans merci. Les personnages sont tous motivés par des valeurs et des intérêts qui pourraient les pousser à des gestes extrêmes.

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  • Les personnages de ce roman ne sont pas forcément faits pour se rencontrer, mais ils se trouvent dans le même train, au même moment, passagers de la voiture 16 d'un TGV, ou employés de la SNCF dans ce même convoi. Une psychanalyste, un ethnologue, un footballeur, une universitaire, un contrôleur, autant de personnages emblématiques qui se croisent, se regardent, se parlent, fantasment, inventent. Un voyage entre Marseille et Bruxelles peut être le point de départ d'une destinée sentimentale. Il offre l'occasion d'entrer par effraction dans le film de la vie d'un autre. Qui va séduire qui ?
    C'est un roman de gestes, de voix et d'oreilles, un roman de portable et d'ipod, un roman de désir et d'inhibition, un roman à grande vitesse - un roman de TGV.

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  • «Il m'était apparu que la losophie prenait sa source chez Queneau comme chez moi dans une adolescence chaste, d'origine provinciale, à la recherche d'un impossible système pour contenir le monde, déçue dans sa quête du savoir absolu.
    Il y avait eu une invention qui était sienne, cela, je ne le contestais pas, il en avait même énoncé un des principes premiers ("Quand je me mets à penser, je ne m'en sors plus"), mais pour cette invention en quelque sorte instinctive, pour cette discipline nouvelle, cette forme de sagesse qui, n'étant ni tout à fait de la littérature ni tout à fait de la philosophie, jouissait du meilleur des deux, il n'avait pas trouvé de nom.
    La losophie permettait au passage de réunir les Queneau qu'on a tendance à opposer, et de lui recoudre son habit d'Arlequin. Elle réconciliait le linguiste et le philosophe, le gnostique et le pataphysicien, le croyant épris de sainteté et le poète drolatique pas très catholique.
    Les études de philosophie sont des sortes de classes préparatoires à la losophie, à condition qu'entre-temps on ait éprouvé une petite nausée passagère mais salutaire à l'égard de la raideur du concept, et qu'on ait un tant soit peu accédé à la fraîcheur d'exister.» Jean-Pierre Martin.

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  • D'abord, pour ceux qui ne le sauraient pas : qu'est-ce qu'un Real Book ? « Un livre qui rassemble de nombreux standards de jazz », selon Wikipédia. Ce livre-ci est l'autobiographie d'un homme qui au long de ses différentes vies - « établi » en usine dans les années post-68, puis baba-cool fabricant de sabots suédois, puis universitaire, écrivain -a toujours rêvé d'être pianiste de jazz. Ça commence, assez classiquement, par un mauvais piano droit acheté par les parents, gage d'ascension sociale, et ça finit (provisoirement) par un Kawai quart de queue dans une grange aménagée en Ardèche. C'est l'histoire d'une passion dévorante : essais, progrès, ambitions, rêves, découragements, rencontres, rechutes, aventures, voyages... « Le piano n'est pas fait pour moi, il me dépasse et me dévore, mais je suis fait pour lui. » C'est d'une immense érudition jazzistique doublée d'une non moins grande érudition littéraire : on croise chemin faisant Mallarmé, Flaubert, Kerouac, Cendrars, Leiris, Thomas Bernhard, Ponge, Verlaine, Beckett, Réda bien sûr, Michaux naturellement, d'autres, sans que ce soit à aucun moment pesant.

    Car c'est un livre plein d'humour. Ce n'est pas pour rien que Queneau est aussi un des héros littéraires de Jean-Pierre Martin. « Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables, dans toute la vérité de sa nature, un homme qui a tenté de faire «pianiste de jazz», et cet homme, ce sera moi »: l'incipit paraphrasant ironiquement le début des Confessions donne le ton.

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  • La sélection des 100 dates incontournables qui ont marqué l'histoire de Grenoble de sa fondation à nos jours.

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  • Deux mille navires. Jamais on n´avait vu autant de bâtiments réunis en Méditerranée.
    Ils ne devaient pourtant pas être nombreux, ceux qui, en cette aube du 15 août 1944, purent découvrir, s´arrachant à la brume marine, l´immense armada déployée pour chasser l´occupant allemand de la terre provençale. Car les habitants du littoral varois étaient partis, fuyant les bombardements alliés ou les tirs des batteries allemandes. Ils ne virent donc pas l´impitoyable ouragan de feu qui s´abattit sur les 70 kilomètres de plages du débarquement, ni la marée humaine, 100 000 soldats en une seule journée, qui prit pied sur le sol français.
    Moins de deux semaines plus tard, la quasi-totalité de la Provence était libérée et les Alliés, parmi lesquels une majorité de Français, se trouvaient aux portes de Lyon. C´est bien une extraordinaire épopée pour la liberté que ce livre propose de nous faire revivre, soixante-dix années plus tard.

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  • J'ai dû rêver qu'un nouvel imaginaire de la voix s'annonçait avec Charles Cros, poète inventeur du photographe, mais aussi avec Louis Armstrong, trompettiste et scat singer ; que les malheurs et les jouissances d'une mythologie moderne de la voix se perpétuaient entre les deux guerres et, plus récemment, à une époque qui voulut redonner parole aux murs, voix aux minorités.
    J'ai cru entendre, dans des romans de voix, les échos d'une amplification ambiante, de cet assourdissement du monde où se mêlent bruit médiatique, rythmes nouveaux et murmure des conversations.
    J'ai voulu imaginer que le roman de notre siècle s'était écrit, presque sans le savoir, à l'ère du jazz entendue en un sens très large, à l'ère de la voix déchirée entre le verbe de la communauté et le verbe de l'écrivain.

  • Le narrateur de ce récit se trouve à un moment de l'existence qui ne semble plus rien exiger de lui. Voici qu'une rencontre amoureuse le bouleverse. C'est une jeune femme, Eva.
    L'événement le surprend d'autant plus que jusque-là, il avait une nette tendance à préférer les femmes mûres. Il est partagé entre l'exaltation et l'effroi. Eva n'est-elle pas victime d'un mirage ? Ne va-t-il pas lui apparaître bientôt pour ce qu'il est ?
    Il est prêt à s'abandonner. Il renaît. La sensation est merveilleuse. En même temps une angoisse l'assaille, vertigineuse. Il perçoit plus que jamais le sablier.
    De son côté, elle semble l'aimer sans arrière-pensée, le lui dit, le lui montre. Elle ne paraît aucunement se soucier, elle, de la différence d'âge. Elle lui communique sa sérénité.
    Un nouvel avenir possible s'est ouvert devant lui.
    Cependant, il ne peut s'empêcher d'oublier tout à fait le regard des autres. Comment un homme vieillissant et une jeune femme peuvent-il se sentir en aussi parfaite connivence ? Leur relation inquiète la norme. On ne cesse de lui rappeler la fatalité de son âge.
    Lorsqu'on fait, à l'automne de sa vie, l'épreuve exaltante d'un dernier amour, cette situation met en jeu des sensations intenses. Le narrateur nous dit, avec profondeur et drôlerie, les affres de ses méditations, sans doute pour s'en délivrer. Il nous fait part de ses extases, des moments sublimes d'une vie nouvelle. Il n'aura jamais fini d'accomplir son éducation sentimentale.
    Or un nouvel événement inattendu va encore bouleverser la donne.

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  • La montagne fut longtemps pourvoyeuse de combattants. La lutte incessante contre la pente et les éléments forgeait des hommes vigoureux, endurants, frugaux, attachés à leur mode de vie. Autant de qualités indispensables au bon soldat. Chasseurs piémontais, spadassins suisses, reîtres allemands, tirailleurs tyroliens, miliciens dauphinois, miquelets catalans ont porté les armes avec vaillance, bien souvent pour des causes qui n'étaient pas les leurs. Souvent aussi, ils furent contraints de combattre pour défendre leur identité et leur liberté, à l'instar des Vaudois du Piémont, des Barbets niçois, des maquisards du Vercors et des Glières ou des Partigiani italiens. C'est à ce survol historique des Alpes en guerre que nous convie le lieutenant-colonel (h) Jean-Pierre Martin.

  • Depuis l'Antiquité, les hommes ont cherché à compenser le handicap esthétique qu'est la perte d'un oeil, à l'aide de prothèses en matériaux divers. A la Renaissance la maitrise du travail du verre, puis de l'email a permis de fabriquer des yeux dont le réalisme était trompeur. Ainsi cet ouvrage retrace l'évolution des yeux artificiels, et celle des ocularistes, artisans spécialisés dans leur fabrication. Une liste présentant les principaux artisans français avant 1900 complète cette monographie.

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  • La doxa n'est pas une maladie grave. Elle est en quelque sorte constitutive de l'être humain. Chacun de nous en porte le virus, qui ne se déclare pas de la même façon chez tous les individus. Le symptôme essentiel de cette affection chronique est la répétition, ou la répétition aggravée, dite psittacisme. Elle exige un traitement de fond (symptomatique à effet différé) adapté à chacune de ses formes variées.
    Il en est de même de la doxa littéraire, qui prend de multiples formes : théoriciste, idolâtre, anti-biographique, doctrinaire - chacune réclamant une médication spécifique.

    Dans les cas de crise aiguë, recourir, pour les premiers soins, à quelques pages d'écrivains (parmi lesquels Proust, Péguy, Gracq, Sarraute, Barthes, Gombrowicz...), qu'on aura choisies pour leur pensée libre et inattendue.
    Quant aux bons élèves de la doxa littéraire, ils continueront à ânonner en choeur leur catéchisme : répétant la liturgie scolaire, récitant leur bréviaire conceptuel, communiant à l'autel de la grand messe poétique, détestant la biographie, égrenant leur chapelet de certitudes Du même auteur chez Corti : Henri Michaux, 1994 ; Le piano d'Epictète, 1995 ; Contre Céline, 1997 ; La bande sonore, 2000.













    Éditions José Corti - 11 rue de Médicis - 60 rue Monsieur le Prince - 75006 Paris - 01 43 26 63 00 - corti@noos.fr - www.jose-corti.fr

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  • Le piano d epictete

    Jean-Pierre Martin

    • Corti
    • 6 Janvier 1995
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  • Le 27 avril 1967, le grand chef d´orchestre autrichien Yachouv Edelman dirige de façon éblouissante le Philharmoniker de Berlin. Alors que les musiciens interprètent la Huitième de Mahler, il succombe à son pupitre. L´autopsie ne tarde pas à révéler qu´il a été victime d´un empoisonnement. D´autres musiciens sont frappés à leur tour. Tous ont en commun d´avoir été déportés à Theresienstadt lors de la seconde guerre mondiale et d´y avoir animé l´orchestre symphonique du camp. L´inspecteur Bauer, chargé de l´enquête, tente d´en apprendre plus sur ces victimes et cet épisode douloureux de leur passé commun. Aux côtés d´une enquêtrice du Mossad et d´un collègue autrichien, Bauer nous entraîne en Autriche, à Prague et à Grenoble pour un étrange parcours initiatique dans l´horreur de la déportation. Finira-t-il par percer le mystère qui liait ces rescapés ? Avec comme fil directeur l´oeuvre de Gustav Mahler, qui transcende les passions humaines et leur violence, l´auteur nous entraîne à la fois dans une réalité historique méconnue et dans un roman policier captivant.

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