Jean Oury

  • Onze heures du soir, quand les lumières vacillent, plus proche du réel.
    Il est nécessaire de saluer les domaines limitrophes, les concepts hasardeux; sans les épuiser. respecter le cours du temps, suivre le fil des choses, les arborisations; même par ces temps d'étiage, bien loin des déluges mystiques. la borde, un lieu-dit oú quelque chose peut encore se dire : seule condition pour pouvoir entendre, pour pouvoir s'entendre, par respect d'oubli, au plus proche de ce qu'on peut exciper de l'existence psychotique, tout à fait étrangère à quelque "psychose littéraire".

    Essais de psychothérapie institutionnelle.
    C'est beaucoup dire. essai de cerner, de délimiter un champ spécifique de ce qui est là, à fleur de peau, à la limite d'une phobie.

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  • Un extrait de quelques mois, de ce que l'on nomme ici " Séminaires de La Borde ".
    Quelques mois, de septembre 1996 à mai 1997. Un échantillon prélevé sur 28 années (à raison d'un par semaine) !
    Depuis février 1971. Une date peut-être décisive ? A voir. Il s'agit d'un exercice hebdomadaire d'improvisation. Arriver là, sans note, à de rares exceptions. Devant un public varié, hétérogène, qui pour la majorité n'est pas de La Borde. Question à débattre, bien que depuis quelques années, je constate quelques infiltrations locales.
    De quoi moduler la formule " Nul n'est prophète... etc. " En dehors de l'exercice personnel, pour que la machine pensante ne se rouille pas, il y a peut-être, non pas un but, mais une justification à cet exercice régulier.
    Sensibiliser le public à une forme d'appréhension des choses ? Quel public ? Quelles choses ? Témoigner d'une nécessité pragmatique, éthico-existentielle ? Traduite, à ma façon, ce qui se passe dans le champ psychiatrique afin d'en préserver la densité, la couleur.
    Parti-pris éthique ? Illustration de ce fait, quotidien, qui veut que dans toute rencontre (psychiatrique, psychothérapique,...) il est nécessaire que l'on soit seul, sans doublure, en prise directe, sans référence ; façon d'appliquer cet aphorisme de Lacan : " il n'y a pas d'Autre de l'Autre. "

  • Le collectif

    Jean Oury

    Depuis l'élaboration improvisée, comme à l'accoutumée, de ce texte (1984-85) et sa première édition (1986), jean oury continue à bâtir des amers pour le " chemin qui se fait en marchant " au cours de ses séminaires mensuels de sainte-anne.
    Ces soirées sont d'une rare densité, comme le texte qui suit en témoigne, mais tout se lit aisément, tout se lie, se lisse, glisse. pourtant " rome brûle " ; mais parce que, comme le dit le poète, " elle brûle tout l'temps ", il faut bien continuer à penser, parler, écrire, témoigner, tout cela parfois dans la honte ; le rouge au front - au front de la folie - comme notre cher tosquelles empoignant celle-ci au plus près des affrontements sanglants de la guerre civile d'espagne.
    Car c'est là, des leçons de cette guerre, qu'il a bien fallu penser les rapports entre l'etat et ses institutions d'etat, ses " établissements ", et le tissu d'institutions, les associations, amicales, clubs, syndicats, mutuelles, que dire encore !, créées pour être près du " singulier ", de l'être cheminant. c'est précisément là que l'ouvrage, où le lecteur va déambuler, jette une vive lumière. saisissant une première articulation, celle de l'établissement et des institutions de cet établissement, puis une deuxième, celle entre ces institutions et un-chacun (comme le dit tosquelles), cet opérateur qu'est le collectif permet le jeu de cette double articulation.
    Une vraie relation triadique, donc d'un registre conceptuel. c'est là que jean oury, à l'instar de lacan, de peirce, propose d'identifier cet opérateur à ce que permet la double articulation dans le langage. quel bonheur de rendre possible par cette nouvelle édition la continuité de la diffusion de cette parole, de cette pensée ! michel balat.

  • Jean Oury, est-il besoin de le rappeler, est actuellement un des psychiatres qui connaît le mieux au monde la problématique de la psychose, à la fois sur les plans clinique, psychopathologique, et surtout thérapeutique.
    La création de la clinique de La Borde a été un des actes les plus significatifs de la psychothérapie institutionnelle, et le travail qui continue de s'y dérouler cinquante ans après sa fondation, sert de référence dans un nombre considérable de pays pour les équipes psychiatriques qui ont décidé de prendre en charge au long cours les patients psychotiques. L'intérêt de republier un tel corpus tient à sa structure de constellation : il rassemble en 24 textes à peu près tous les outils conceptuels que Oury a développés et développe encore aujourd'hui.
    Il part à l'aventure sur l'océan de la folie en abordant dans les principaux ports de la psychose et de l'institution, et, tel un découvreur de contrées nouvelles, il enrichit les espaces connus de nouvelles dimensions, de pistes novatrices, d'horizons inapprochés.

  • « Quand, d'outre-Atlantique, nous reviennent les onze symptômes de premier rang de Kurt Schneider sous forme de liste de onze définitions qui passent à la machine, cela donne le DSM-III. À tel point qu'on est capable, de plus en plus, de faire un diagnostic d'après la liste, en cochant les «plus», «moins», «zéro» d'un questionnaire... Cela ne coûte pas cher - mais alors là, c'est de la «science»?: on n'en est plus à faire de la phénoménologie ou je ne sais quelle psychanalysette... On fait des scanners et on répond aux questions de l'Internationale nosographique...
    Ceci pour aller non pas à contre-courant, mais pour continuer une sorte de chemin, comme ça, un peu comme les vendeurs de salades et de citrons qu'il y avait dans les rues de Paris, avec une petite charrette que je continue de pousser, où il y a des «symptômes primaires», soi-disant. Bien sûr qu'il faut fouiller au fond?: on ne les trouve pas, comme ça, en surface?! Alors, je me posais la question de savoir de quel lieu, de quel belvédère, si je peux dire, à partir de quoi on peut «voir» des symptômes primaires. Et la réponse, il me semble, est qu'on aura beau chercher des sites et des belvédères, explorer le monde entier... On ne verra rien du tout. Autrement dit, cela ne se voit pas. Et à la limite, cela ne s'entend pas non plus. Est-ce pour autant une abstraction??? » (Mai 1985).

  • " la mort, coupure, accident ; jamais prévue, toujours en trop ".
    L'abord de la psychose - " passion éthique " - nécessite une lutte constante, à travers les pièges du bureaucratisme (tissé de transparence et d'homogénéité), pour sauver le " singulier " et son statut aléatoire. dans ce texte dense et grave, jean oury dénonce cette forclusion du deuil, affirmant la distinction entre pulsion de destruction et pulsion de mort, la " pulsion par excellence " (todestrieb, de freud).
    " le travail du deuil est un travail d'écriture lointaine ", base d'une civilisation et de toute culture.

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  • Préfaces

    Jean Oury

    1 autre édition :

  • L'alienation

    Jean Oury

    • Galilee
    • 3 Novembre 1992
  • Abords de la psychose

    Jean Oury

    • Eres
    • 14 Mai 2009

    Ce numéro sur la psychose se propose de prendre pour point d'ouverture la prodigieuse expérience de Jean Oury, médecin, psychiatre, psychanalyste qui a radicalement changé et humanisé l'approche de la folie en France durant le siècle dernier et dont les effets se sont fait sentir bien au-delà de nos frontières. Son long travail avec Lacan, une belle rencontre de la psychiatrie avec la psychanalyse ont ouvert un parcours aussi innovant que passionnant. La clinique La Borde, fondée par Jean Oury en 1953 est devenue un des lieux forts et incontournables de la réflexion sur le psychisme humain, repère d'intellectuels et de praticiens, lieu où les philosophes, les écrivains, les comédiens, les poètes, les psychanalystes ont côtoyé les infirmiers et les médecins. Comment assurer l'imprévu de la rencontre avec ce qu'on nomme un psychotique? Comment soigner ceux dont les gouffres rappellent nos propres failles sans perdre pied? Comment mieux reconnaître les folies ambiantes de notre quotidien?

  • Si la question de la formation se présente comme une problématique complexe, c'est qu'elle fait appel à une disposition fondamentale, celle d'apprendre à apprendre.
    Au fil des quatre mouvements qui composent ce texte, jean oury porte inlassablement la question de l'engagement en psychiatrie, incitant le lecteur à cet exercice jamais fini, à ce travail permanent de modification.

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  • Alors que Roger Gentis et Jean Oury nous ont maintenant quittés, Patrick Faugeras a redécouvert le texte d'une rencontre qui les a rassemblés à La Borde en 2005. Leur objectif de départ était de dialoguer sur la naissance du mouvement de psychothérapie institutionnelle, son importance quant au traitement des pathologies mentales dans un cadre institutionnel mais aussi de revenir sur la nature d'une pensée et d'une clinique qui, au-delà des particularités et dissemblances générées ici et là selon les contextes, font encore communauté.
    Assez tôt, cet échange prit l'allure d'un vagabondage où chacun sut mêler et entrelacer ses souvenirs personnels avec l'histoire d'un mouvement qui produisit une véritable révolution dans le champ de la psychiatrie.
    Tout au long de cet entretien, ces acteurs de premier plan d'une psychiatrie qui se voulait profondément à l'écoute d'êtres en souffrance psychique soulignent à l'usage des générations à venir combien l'engagement dans cette clinique ne peut se concevoir sans le souci de la singularité du sujet et un certain sens du collectif soignant. Leurs témoignages prennent, dans le contexte actuel, des allures de manifeste pour une « psychiatrie à visage humain ».

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  • Jean Oury travaille à la clinique de La Borde, qu'il a créée en 1953, à maintenir une pensée de la psychiatrie, menacée de destruction.


    Marie Depussé, écrivain, professeur de littérature à Paris-VII-Jussieu, s'est associée très jeune au travail fait à La Borde. Elle a notamment publié, en 1993, Dieu gît dans les détails.
    La Borde, un asile (POL).


    D'où ce très singulier dialogue, où la théorie se prolonge en des scènes poétiques, souvent drôles. Marie Depussé écrit, parfois dans ses mots à lui, ou dans sa langue à elle, sa pensée à lui. Il y a dans ce duo beckettien une tendresse distante, son insolence à elle, son rire à lui.

    "Ils sont assis sur les marches en pierre un peu sales du château, par toutes les saisons. Ils attendent. Tu dis que les psychotiques sont comme des colis en souffrance, oubliés dans une gare de campagne. Quand ton maître en psychiatrie, le catalan François Tosquelles, est venu à la clinique de La Borde, il a regardé les marches et il a posé une seule question : "à quelle heure passe le train ?" Tu es psychiatre, un grand psychiatre comme on dit dans les romans...
    Pas moi. Si nous sommes là, à parler, et si nous partageons quelque chose, ce n'est pas un savoir, mais une obstination, un amour... Ce mot-là, il faut le dire dans la marge, sans accent, en douce. Nous aimons passer nos jours avec les fous." M.D.

  • Créateur de la clinique de La Borde, Jean Oury a consacré sa vie à prendre soin de personnes psychotiques. Il livre ici avec humilité et pertinence son cheminement, à la fois professionnel et personnel, et les fondements de sa pratique. Cet ouvrage historique, épistémologique et clinique n'échappe jamais, par la forme choisie du dialogue, à une intention didactique. Jean Oury fournit au lecteur les outils nécessaires pour échafauder et développer par lui-même une conception du soin en institution, en lui donnant accès à des théorisations psychanalytiques et philosophiques d'une grande complexité.

    « La question fondamentale, à toujours se poser, dit Jean Oury - "Qu'est-ce que je fous là ?" - n'attend pas une réponse qui serait uniquement circonstancielle, conjoncturelle, mais touche à des dimensions existentielle et ontologique. En s'exposant ainsi à ce travail permanent de reconstruction, de création, Jean Oury nous indique une voie à suivre afin, cliniquement, de pouvoir se tenir, au sens fort du terme, à côté de ces existences que la psychose a défaites.
    Des concepts ou des notions reviennent avec insistance dans ses propos et constituent ce qu'il appelle sa boîte à outils. Ceux-ci et les problématiques qui les enserrent, dans leur précision et quelquefois leur tranchant, ont pour fonction de protéger, de maintenir, de défendre la condition de possibilité de la pensée contre toute tentative d'arraisonnement. En leur découvrant une profondeur inattendue ou une parenté encore inavouée, parfois même insoupçonnable, Jean Oury les rend à leur fraîcheur initiale, avant même que ne s'use leur fil sur le banc des écoles ou qu'ils ne soient soumis au seul règne de l'utile. » Patrick Faugeras

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  • Comment une gamine de 16 ans a-t-elle pu détrôner la science ? De la condamnation des sapins de Noël à l'affirmation que l'humanité doit décroître pour subsister, l'écologisme ne nous mènerait-il pas vers une dystopie digne d'un auteur de SF ? Antennes relais, nucléaire, pesticide vs éolienne controversées, Bio industriel et scandale de la collecte des métaux rares... l'auteur axe sa démonstration sur des objets scientifiques diabolisés ou encensés.
    Il décortique les vraies intoxs, les études partiales, les conflits d'intérêts, le marketing de la peur mis en place par les devins de l'écologisme, voix extrêmes nous prédisant une apocalypse certaine. Ce livre raconte l'alternative à l' " apocalypse verte ", réconciliant la nécessité d'un regard tourné vers le passé et celle de la confiance en des réalités scientifiques ecolo compatibles. Efficace et non dénué d'humour, il nous aide à faire le point.

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  • Le Groupe de travail de psychothérapie et de sociothérapie institutionnelles (GTPSI) s'est réuni à 14 reprises entre 1960 et 1966 autour de Jean Ayme, Roger Gentis, Félix Guattari, Jean Oury, François Tosquelles notamment.
    Les "Actes du GTPSI", jusqu'ici inédits, restituent l'intégralité de leurs échanges, qui sont autant de récits - mais au présent de l'indicatif, et à la première personne - de l'histoire de la psychothérapie institutionnelle en train de se faire. Le vol.2 laisse une large part aux problématiques (pratiques, analytiques, cliniques, scientifiques) liées à la fondation d'un groupe de travail.
    Le débat sur la thématique de l'argent y prend pour objets la question du pécule et de la rémunération du travail des malades, il place ces questions sur un plan éthique de soin, et pose quelques repères cliniques sur les pratiques observées sur le terrain.
    Cette séance balaye le projet d'organiser le groupe autour de textes préalablement écrits : elle embraye sur une toute autre modalité d'écriture et sur la recherche active de concepts opératoires dans un milieu institutionnel.

  • Avec plus de quarante-cinq ans de présence auprès des schizophrènes, Danielle Roulot nous ouvre une approche clinique où se rencontrent différentes dimensions de l'avec schizophrénique. Il s'agit de ce que présente le patient au thérapeute, à l'équipe soignante et aux autres patients. La façon de recevoir d'un schizophrène quand on l'accueille s'articule avec le transfert, et c'est ce dont il est question avec les nombreux personnages de patients qui parsèment cet ouvrage.

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  • Le Groupe de travail de psychothérapie et de sociothérapie institutionnelles (GTPSI) s'est réuni à 14 reprises entre 1960 et 1966 autour de Jean Ayme, Roger Gentis, Félix Guattari, Jean Oury, François Tosquelles notamment.
    Les "Actes du GTPSI", jusqu'ici inédits, restituent l'intégralité de leurs échanges, qui sont autant de récits - mais au présent de l'indicatif, et à la première personne - de l'histoire de la psychothérapie institutionnelle en train de se faire. Le vol. 1 comprend le rapport du Dr Oury sur "L'établissement psychiatrique comme ensemble signifiant", qu'il propose comme base pour dégager, à partir des outils d'analyse de la langue, des concepts pour penser l'investissement du milieu institutionnel par les malades et les personnels, pour pouvoir en faire un milieu soignant...

  • Les principales interrogations et controverses relatives aux organismes génétiquement modifiés. Evoque les risques sanitaires et environnementaux et les avantages socio-économiques. Présente le principe de précaution et le devoir de recherche et développement.

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  • Suivi de En hyperfocale par OLIVIER LEGRE. Préface de MICHEL BALAT. En remettant en lice le concept de surmoi, le premier des entretiens entre Jean Oury et Danièle Roulot articule les ruses de la culpabilité objective, les pressions « pathoplastiques » de l'institution avec la censure subjective du concept de Surmoi. Le leitmotiv de Jean Oury qui pense l'intrication entre l'aliénation sociale et l'aliénation psychique permet d'oeuvrer à résister aux formatages institutionnels dans un double mouvement : analytique et politique. Résister à la formalisation, c'est refuser d'être complice de l'injonction d'un monde où tout est similaire ; c'est aussi introduire une négativité : « Quand rien ne manque, il manque quelque chose qui est rien ». Les cinq autres dialogues revisitent en crescendo les concepts d'identification, d'hystérie, de forclusion, de schizophrénie et de polyphonie à la lumière des effets institutionnels.

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