Javier G. Nombela

  • Du fait de sa proximité à l'échelle du Système solaire, Mars soulève d'invraisemblables projets de colonisation qui, à grand renfort de très jolis films d'animation, donnent l'impression d'être réalisables à court terme. De nombreuses superproductions de science-fiction ont peu à peu habitué le grand public à considérer que vivre loin de la Terre ou en apesanteur est très facile, alors que ce n'est que du cinéma dopé aux effets spéciaux.
    La réalité est beaucoup plus rude, très loin des rêves de quelques milliardaires excentriques complètement déconnectés de la réalité. Une analyse critique et sérieuse des immenses écueils qui se dressent entre nous et notre plus proche voisine démontre clairement que sortis de la double protection terrestre (atmosphère et magnétosphère), nous sommes terriblement vulnérables dans un cosmos hostile et glacial.
    Imaginer de faire amarsir une fusée contenant des êtres humains confinés dans quelques mètres cubes pendant six mois et épuisés par un si long voyage hors gravitation terrestre relève de l'inconscience la plus totale.
    Sur Mars, les conditions extrêmes et le manque de ressources vitales rendraient la survie d'improbables martionautes bien plus difficile que dans les lieux les plus inhospitaliers de notre planète : une minime erreur humaine, la moindre défaillance matérielle ou la plus légère déchirure d'une combinaison spatiale seraient fatales.
    Il n'y a pas de planète B. Nous sommes les habitants naturels de la Terre et destinés à y vivre pour toujours, obligés d'en prendre le plus grand soin. Les rêves loufoques de colonisations proches ou lointaines sont des mirages inutiles et dangereux qui gagneraient beaucoup à vite se transformer en un projet bien plus urgent et nécessaire : rendre notre biosphère à nouveau viable à long terme.

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