Sciences humaines & sociales

  • Jacques Ellul a accordé au début des années 1980 à Madeleine Garrigou-Lagrange des entretiens passionnants et emplis d'intelligence. Il y parle de ses maîtres (Karl Marx, Calvin, Karl Barth et Kierkegaard), de ses amis (Bernard Charbonneau, Jean Bosc) ; il y parle de sa pratique de la dialectique et de sa curiosité insatiable ; il y parle de théologie, de sa foi en Jésus-Christ ; il y parle de politique, de Révolutions ; du communisme, du marxisme, de l'Église ; il y parle d'action, de sa maxime devenue célèbre (« penser globalement, agir localement), de ses engagements personnels (sa paroisse, la côte Atlantique) ; il y parle d'amour, d'humour et de foi. Ces entretiens sont immanquables pour tous ceux qui s'intéressent à la grande oeuvre prolifique de Jacques Ellul comme ceux qui voudront apprendre à le connaître davantage.

  • Cours professé à l'Institut d'études politiques de Bordeaux.

    Pendant quelque trente années, Jacques Ellul a proposé aux étudiants de l'Institut politique de Bordeaux un cours sur la Pensée marxiste rendu disponible au public en 2003 aux Éditions de La Table Ronde. Ce cours était dispensé en alternance avec un autre, les Successeurs de Marx, qui fait l'objet du présent ouvrage. Ellul y montre que les fractures dans l'héritage de Marx ont révélé des contradictions ou des évolutions déjà présentes dans l'oeuvre de ce dernier, accentuées par le caractère de plus en plus douteux de certaines de ses prédictions. Avec un talent didactique confirmé, Ellul nous présente ici les différentes écoles, leur porte-parole et les fondements théoriques de leurs désaccords.
    Mais la publication de ce cours est aussi l'occasion d'approfondir un peu plus les liens complexes qu'entretenait Ellul avec le marxisme. À propos du marxisme tchèque des années soixante qui allait déboucher sur le Printemps de Prague de 1968, il déclarait ainsi à ses étudiants : «J'ai repris un certain espoir à l'égard du socialisme en général lorsque j'ai rencontré la pensée des Tchécoslovaques [...] : une réponse marxiste aux problèmes d'une société technicienne.» Cette sympathie envers ces thèses, largement développées ici, montre à quel point le marxisme a influencé les recherches d'Ellul et aide à leur compréhension.

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  • LE BLUFF TECHNOLOGIQUE

    Jacques Ellul

    • Pluriel
    • 11 Janvier 2012

    Jacques Ellul (1912-1994) a consacré l'essentiel de sa réflexion à l'impact des techniques sur les sociétés contemporaines.
    Il a notamment publié La technique ou l'enjeu du siècle, Le système technicien. Beaucoup plus connu aux États-Unis qu'en France, ses livres sortent aujourd'hui du purgatoire, où ils rencontrent la conscience écologique d'un nouveau public. Jean-Luc Porquet, le préfacier, est l'auteur de Jacques Ellul, l'homme qui avait (presque) tout prévu (Le Cherche-midi).Dans cet ouvrage, synthèse de la réflexion consacrée par Jacques Ellul à la technique, l'auteur s'attache à démystifier le discours sur les changements technologiques qui fleurissent dans notre société.
    Ecrit antérieurement à l'explosion informatique et communicationnelle des années 80, il en anticipe l'arrivée, les utopies et les déconvenues. Plaidant pour une technique au service de l'homme contre une société qui asservit l'individu à une multiplicité de gadgets, il démonte avec minutie et conviction les arguments qui font de la technologie une fatalité. Manifeste pour une technique au service de l'homme, ce livre est un grand classique de la critique de la technique.

  • Les classes sociales

    Jacques Ellul

    Le cours de Jacques Ellul sur les classes sociales a fait l'objet d'un enseignement à l'lEP de Bordeaux dans les années 1960-1970. [...] Ces notes constituent un verba- tim du cours qui a fait l'objet d'une transcription aussi proche que possible de l'original lorsque l'expression orale de Jacques Ellul, qui s'embarrassait peu d'arti- fices oratoires, s'était par trop éloignée d'une prose académique. [...] Les classes sociales... trente ans après, voici que le thème enfoui dans le consensus mou de la fin de l'histoire et de la mondialisation connaît un regain dans l'actualité.
    La « super-classe » (Jacques Attali) et les « bourgeoisies imprévues » (Gilles Martinet) seront-elles le moteur du troisième millénaire qui pourrait consacrer prochaine- ment la disparition de la « bourgeoisie salariée » (Jean- Claude Milner) ?
    Pour revisiter les classes sociales, comprendre le ca- ractère éclairant et opératoire du concept, un retour à Jacques Ellul n'est pas superflu.
    Pour les familiers des écrits d'un des plus grands au- teurs bordelais, lire, ou relire, ce cours permettra de découvrir les éléments de sociologie qui, avec Méta- morphose du bourgeois, Autopsie de la révolution ou De la révolution aux révoltes, sous-tendent une part essen- tielle de son oeuvre.
    Le cours sur les classes sociales sera complété par plu- sieurs extraits (sur le même thème), tirés de quatre autres ouvrages de Jacques Ellul : Histoires des institu- tions, Métamorphose du bourgeois, Les Nouveaux Possé- dés et Le Bluff technologique.
    Février 2018:
    * RÉÉDITION dans la même collection de Pour qui, pour quoi travaillons-nous ?

  • On assimile généralement le christianisme au conservatisme social et politique et le fait est que les Églises ont toutes collaboré avec les pouvoirs en place, depuis l'empereur Constantin jusqu'au clergé orthodoxe sous Staline. Pourtant, Jacques Ellul montre, textes bibliques à l'appui, que le christianisme, envisagé dans son rapport à la politique, dispose à l'insoumission, à la dissidence, à la récusation même de tout pouvoir, de toute hiérarchie.
    La parution de ce livre violemment iconoclaste s'inscrit dans la nécessaire redécouverte du philosophe, sociologue, politologue et théologien le plus fécond de notre époque. Jacques Ellul bouscule, blasphème et prend à revers, comme à son habitude, toutes les idées reçues.

  • Dans la société occidentale, le verbalisme politique exprime une double illusion, en même temps qu'il lui donne naissance. Nous assistons au développement de l'illusion de l'homme politique qui croit maîtriser la machine de l'Etat, qui croit prendre des décisions politiques toujours efficaces, alors qu'il se trouve de plus en plus impuissant en face de la rigueur croissante des appareils étatiques.
    Or, cette impuissance de l'homme politique est voilée précisément par la puissance et l'efficacité des moyens d'action de l'Etat qui interviennent toujours plus profondément et exactement dans la vie de la nation, et dans celle des citoyens. Mais l'homme politique, fût-il dictateur, n'a finalement aucune maîtrise de ces moyens. Réciproquement, paraît l'illusion du citoyen, qui, vivant encore sur l'idéologie de la souveraineté populaire et des constitutions démocratiques, croit pouvoir contrôler la politique, l'orienter, participer à la fonction politique, alors que tout au plus il peut contrôler des hommes politiques sans pouvoir réel - et s'engage, sur cette double illusion, un dialogue d'impuissants.
    Dans cette difficile situation, n'y a-t-il aucun remède ? S'il en existait un, il serait, en tout cas, à la fois humble et héroïque.

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  • Les premiers mots de l'Ecclésiaste sont célèbres : «Vanité des vanités, tout est vanité. » Ils ont fait de l'auteur le modèle universel du sceptique, qui doute de tout et ne croit plus en rien. Au contraire, Jacques Ellul pense que nous avons affaire à un « croyant », ou à la sagesse d'un homme de foi. De fait, à le regarder de près, le livre regorge d'affirmations contradictoires. Il dit et répète que « la sagesse est du vent », et pourtant il met au-dessus de tout la sagesse. Le héros est souvent sceptique, mais il lui arrive aussi d'être croyant.

    Qui est le vrai « Ecclésiaste » ? Les deux sont vrais, et l'ensemble de la méditation de l'auteur tourne autour de cette contradiction, qui n'est finalement que celle de la vie elle-même. c'est également le prétexte pour élaborer un petit traité de sagesse biblique, unique dans la littérature.

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  • Ce livre conclut l'étude théologique magistrale initiée dans l'Ethique de la liberté. Jacques Ellul y développe les implications d'une liberté chrétienne incarnée, traitée dans son rapport étroit avec la vie humaine sous divers aspects : le témoignage et la politique, le travail et l'argent, la révolution et le désir d'autonomie, la drogue et le désir d'évasion, le plaisir sexuel et la famille, les valeurs féminines et masculines...
    Dans cette "société de fer" , les injonctions de la technique relatives a notre mode de vie se font de plus en plus impératives et, tandis que l'Etat incline vers un absolutisme régulateur, les groupes sont tentés par la promesse mensongère d'une violence émancipatrice. Les combats de la liberté se révèlent alors combats contre les multiples puissances de mort : il s'agit de retrouver le sens du bien commun et la possibilité d'une vie véritablement libérée.
    Vécue dans l'espérance mais sans facilite aucune, la liberté chrétienne est ce don divin qui est a la fois grâce et exigence : "Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance. "

  • « Les institutions orientales ont-elles pénétré le droit romain primitif par l'intermédiaire des Grecs ? Il y a une parenté très visible entre les institutions publiques grecques et celles de la Rome des premiers siècles. L'organisation de la Ville de Rome rappelle celle des villes grecques, la façon de faire les traités internationaux, ainsi que le droit pénal. Des éléments du droit privé aussi sont parallèles. Pour le fond, il reste une profonde différence entre les institutions privées grecques et le droit romain des XII Tables par exemple.
    L'influence des lois de Solon et des autres lois grecques sur la première législation romaine reste très douteuse. Et d'ailleurs, même si l'on peut admettre, sur certains points, l'influence hellénique, cela n'emporte nullement une influence orientale, puisque nous avons vu la ténuité du lien qui peut exister entre le droit oriental et le droit grec. Nous pouvons donc dire que, pour l'essentiel, le droit romain primitif est autonome. Il constitue un système juridique à part. »

  • Le prolétariat, affirme Jacques Ellul, n'a pas été un produit du seul capitalisme, mais bien de la société industrielle elle-même. Ainsi, la révolution soviétique, la "voie chinoise", tout comme l'évolution du tiers monde, aboutissent à la création d'un immense prolétariat mondial. Toutes les révolutions ont échoué, en cédant à la fatalité industrielle et technicienne du capitalisme qu'elles entendaient combattre.
    Et pourtant, au début des années 80, la première vraie révolution semble devenir possible. Pour quelles raisons ? À quelles conditions ? Sommes-nous encore capables d'une véritable espérance révolutionnaire ?

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  • Jacques Ellul est un auteur davantage connu pour ses ouvrages consacrés à la technique, à la religion ou à l'histoire du droit que comme penseur politique. Dans ce présent livre, Jacques Ellul part du point de vue de la liberté humaine pour mener une analyse historique qui pense que l'homme peut s'arracher aux déterminismes sociaux et naturels. C'est dans une perspective morale et politique qu'Ellul aborde le phénomène révolution. Il distingue et relie révolte et révolution, en rappelant que la révolte est d'abord instinctive alors que la révolution procède d'une théorie et d'une organisation. Toutes deux se faisant soit au nom d'un passé idéalisé, soit au nom d'un avenir radieux - mais c'est toujours l'ordre établi qui est visé.

  • Cet essai, publié en 1977 dans la collection "Liberté de l'Esprit" de Raymond Aron et introuvable en librairie depuis longtemps, est la clef de voûte de sa trilogie (La Technique, Le Système technicien, Le Bluff technologique).
    Il est considéré comme son livre le plus abouti. La Technique, pour Ellul, est le facteur déterminant de la société. Plus que le politique et l'économie. Elle n'est ni bonne ni mauvaise, mais ambivalente. Elle s'auto-accroît en suivant sa propre logique.
    Elle piétine la démocratie. Elle épuise les ressources naturelles. Elle uniformise les civilisations. Elle a des effets imprévisibles. Elle rend l'avenir impensable.
    Grâce à l'informatique, la Technique a changé de nature : elle forme, à l'intérieur de la société, un "système technicien".
    L'informatique, en unifiant tous les sous-systèmes (téléphonique, aérien, de production et distribution d'énergie, etc.), lui a permis de devenir un tout organisé, lequel vit à l'intérieur de la société, la modèle, l'utilise, la transforme. Mais ce système, qui s'auto-engendre, est aveugle.
    Il ne sait pas où il va. Et il ne corrige pas ses propres erreurs. Un livre indispensable pour qui ne veut pas penser en rond.

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  • En 1972, date de la première édition de cet ouvrage, le mot « révolution » était l'un des plus récurrents de la langue française. Quarante ans plus tard, le vocable est quelque peu passé de mode, mais il demeure un puissant ferment de mobilisation idéologique.
    De la révolution aux révoltes : paradoxal, le titre de l'ouvrage en annonce la teneur à la fois critique et programmatique. Contrairement aux poncifs de la période du « tout politique », de ces années 50 à 70 où l'on croyait fermement que la prise de pouvoir par l'État allait changer le monde et la vie, Jacques Ellul montre que la révolution est un leurre, et que seules des révoltes locales peuvent avoir un réel impact sur les conditions concrètes d'existence.
    Préfacé et annoté par Frédéric Rognon, professeur de philosophie à l'Université de Strasbourg, cet ouvrage est publié en édition de poche pour la première fois, dans le cadre de la réédition de l'oeuvre d'Ellul entreprise par La Table Ronde depuis Exégèse des nouveaux lieux communs (1994) jusqu'à Autopsie de la révolution (2008).

  • Voici venus des temps redoutables : ceux de la «pensée molle» et de la parole humiliée. Une indifférence empoisonnée s'élève lentement, comme un mauvais brouillard, des tumultes du moment et des querelles spectaculaires. Les discours modernes ont basculé dans l'enflure et le dérisoire. Rien ne serait plus vrai ni faux, tout deviendrait «égal» dans un monde du bavardage et du soupçon. Philosophie, politique, littérature, journaux : une logorrhée de phrases vides et d'insignifiances submerge l'époque qui voit triompher l'image sur la parole, la «réalité» sur la vérité. Temps de déréliction et de désespoir, temps d'irresponsabilité et du «parler pour ne rien dire»... Cette apothéose de l'idolâtrie technicienne au coeur d'un réel falsifié, ces images proliférantes et ces dieux menteurs organisent peu à peu l'intolérable.
    Pourquoi fut ainsi «capturée» la parole? Pourquoi - de tout temps - le signe et l'image aujourd'hui triomphants s'opposèrent-ils au verbe qu'il s'agit de reconquérir? Comment réconcilier la parole et la vie, l'homme moderne et son avenir? Jacques Ellul nous donne ici un de ses textes les plus achevés et les plus puissants. En lui se rejoignent les deux grands axes, politique et religieux, d'une oeuvre imposante, patiemment bâtie à l'écart des modes et des chapelles mais avec laquelle il faut compter. On verra que La Parole humiliée n'est pas seulement un réquisitoire féroce contre les mensonges du siècle ; c'est d'abord un grand livre d'espérance.

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  • « Pourquoi lire Jacques Ellul ? Je répondrais que je ne connais aucune analyse qui explique aussi bien les réussites, les échecs et les défis que nous avons vécus dans nos sociétés pendant la deuxième moitié du vingtième siècle [...]. En plus, cette analyse continue à prévoir l'évolution de notre civilisation au début du vingt et unième siècle. [...] Je suis convaincu que l'analyse de Jacques Ellul n'est pas uniquement un diagnostic des problèmes fondamentaux de notre civilisation, mais qu'elle nous oriente aussi vers des remèdes. [...]. Voilà les fruits [de ma] rencontre avec Jacques Ellul. J'aimerais bien que vous le rencontriez aussi. » Willem H. Vanderburg a rédigé la postface de ce livre. Directeur du Centre for Technology and Social Development à l'Université de Toronto, il est l'auteur d'ouvrages originaux qui prolongent l'oeuvre de Jacques Ellul dans la voie d'une anthropologie culturelle de la technique (dernière publication : Living in the Labyrinth of Technology, University of Toronto Press, 2005).
    Il a réalisé les entretiens avec Jacques Ellul qui constituent le présent ouvrage et étaient restés inconnus en France. C'est une occasion unique d'avoir enfin un condensé de la pensée d'Ellul et de son parcours et, surtout de comprendre le lien fort entre les deux volets de son oeuvre, sociologique et théologique. Ce clivage qui apparaît mystérieux à beaucoup est ici élucidé.

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  • Ce manuel de l'Histoire des institutions (4 volumes, de l'Antiquité au XIXe siècle) était et reste l'un des grands manuels des études juridiques. L'auteur montre combien les institutions sont tributaires du passé. Dans ces institutions médiévales par exemple, le legs romain est primordial. Elles n'en restent pas moins sujettes aux crises économiques et sociales de leur temps, que Jacques Ellul expose ici avec brio.

  • Envié, haï, brocardé, le bourgeois a façonné puis possédé le monde moderne en faisant preuve d'une incroyable capacité d'assimilation de toutes les valeurs. Il a disparu du champ social. Sa succession est assurée par le technicien, mais Jacques Ellul montre que la classe ouvrière et la gauche dans son ensemble ont complètement intégré sa vision du monde.
    Le bourgeois moderne est un technocrate - conservateur ou soixante-huitard - voué au culte du néant et à la célébration de la société du spectacle. Autant dire que ce livre, écrit à la veille de Mai 68, n'a rien perdu de sa pertinence, et déboulonne pas mal de chromos, tout en racontant la saga assez fabuleuse d'une classe sociale protéiforme.
    Indispensable pour comprendre où nous en sommes, vers quoi nous allons.

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  • pour jacques ellul, le christianisme est, par son origine et sa conception même de la révélation, une anti-idéologie.
    mais, et l'histoire n'en fournit que trop d'attestations, on a vite fait de le transformer en idéologie ; il suffit de laisser la doctrine, la foi et la pratique exigeante de la liberté se dégrader en discours de compromis et de ralliement pour des
    groupes entiers. sitôt qu'on lit la bible pour y trouver arguments et justifications pour sa propre conduite ou pour celle de son groupe, on est en pleine idéologie chrétienne.
    mais est-ce encore écouter la parole de dieu ? examinées sous cet angle, les positions des chrétiens marxistes ne seraient-elles pas l'idéologie chrétienne de notre époque ? marxisme et foi en dieu sont-ils compatibles ? un courant de pensée se développe même qui cherche à légitimer
    en théologie une adhésion au marxisme. on élabore une nouvelle lecture de l'evangile, tout heureux de la proclamer matérialiste.
    tout, jusqu'à la théologie elle-même, serait à repenser en fonction du marxisme et de ce qu'il fait découvrir : la lutte des classes. paradoxe, ce courant s'affirme chez les chrétiens au moment oú le marxisme passe, en son propre sein, par une crise d'identité et de crédibilité.

  • La Ville est par excellence le monde de l'homme, créée par lui pour lui, mesure de sa grandeur, expression de toute civilisation, mais en même temps elle est le témoin de la démesure humaine, oeuvre de l'avidité d'argent et d'ambition, dont les hommes deviennent esclaves.
    Ainsi s'exprime Jacques Ellul dans cet ouvrage qui a connu un succès considérable aux Etats-Unis. A travers la Bible, l'auteur découvre une surréalité de la ville. A l'origine, elle est dressée contre Dieu. Caïn, condamné à l'errance éternelle, se fait bâtisseur avec toute sa postérité : il s'agit de créer le nouveau Paradis de l'absence de Dieu. C'est pourquoi toutes les villes sont maudites : Babel, Babylone, Ninive...
    La cité qui était recherche de l'unité perdue, liée à la puissance et à la guerre, devient le lieu de la non communication et cause sa propre perte... Mais au cours de l'histoire biblique, en Jérusalem, Dieu ratifie le projet humain de la ville. Jérusalem, sans cesse détruite et rebâtie, devient signe et prophétie de la Cité sainte. La dialectique de l'auteur culmine dans son interprétation de l'Apocalypse.
    De l'Eden primitif à Jérusalem à travers la destruction et l'anéantissement, du jardin à la ville...

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  • L'effondrement des utopies et des totalitarismes, le bilan terrifiant des messianismes terrestres, le règne inhumain de la technique et du marché marquent-ils la fin de toute espérance ? Non, répond Jacques Ellul dans ce livre prophétique qu'il considérait comme le plus crucial de ses écrits.
    Au contraire, sans l'espérance, l'évidence du Mal radical pousserait l'humanité au suicide, le quotidien deviendrait une machinerie intolérable, et notre condition tragique tournerait à une condamnation sans retour. Car seule l'espérance permet à l'homme de s'affranchir du mensonge, de s'arracher à ses déterminismes désespérants, de soulever l'histoire. Or, l'erreur fondamentale du XXe siècle aura été de vouloir la séculariser, d'en éradiquer la verticalité, d'ignorer que l'espérance ne trouve source et sens qu'en la transcendance.
    Généalogie critique du siècle écoulé, de ses rêves et de ses cauchemars, ce livre est d'abord un grand traité, vivant, de morale active, appelant au " courage du réel ".

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  • En 1973, Jacques Ellul fait paraître Les Nouveaux Possédés. À contre-courant du vaste mouvement matérialiste, à l'époque triomphant, qui proclame la déchristianisation et l'a-religiosité de la société ainsi que l'avènement d'un homme moderne et rationnel, il constate un vigoureux regain du religieux dans les comportements et les structures, collectifs ou individuels. La post-chrétienté n'est pas une société a-religieuse. Il en donne les nouvelles formes : religions politiques, magie, dérives sectaires, etc.

    « Quel est alors le malentendu ? Il tient au fait que le recul concerne le chris-tianisme. Or, les Occidentaux ont complètement assimilé christianisme et religion. (...) Il faut donc séparer les deux faits et considérer l'explosion religieuse de notre époque en dehors des cadres du christianisme et même des "grandes religions traditionnelles". Or, la singularité, la nouveauté tiennent à ce que ce mouvement religieux moderne se produit dans une société technicienne, par rapport à elle, en fonction d'elle. Et même, on pourrait dire que les nouvelles religions sont provoquées par la croissance technique. Tel est donc ce problème auquel ce livre essaie de répondre : quelle est la situation de la religion dans le monde technicien ? Elle est plus florissante que jamais.»

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  • Envié, haï, admiré, brocardé, le bourgeois a façonné puis possédé le monde moderne en faisant preuve d'une incroyable capacité d'assimilation de toutes les valeurs.
    Il a disparu du champ social. sa succession est assurée par le technicien, mais jacques ellul montre que la classe ouvrière et la gauche dans son ensemble ont complètement intégré sa vision du monde.
    Le bourgeois moderne est un technocrate conservateur ou soixante-huitard - voué au culte du néant et à la célébration de la société du spectacle. autant dire que ce livre, écrit à la veille de mai 68, n'a rien perdu de sa pertinence, et déboulonne pas mal de chromos, tout en racontant la saga assez fabuleuse d'une classe sociale protéiforme.

    Indispensable pour comprendre oú nous en sommes, vers quoi nous allons.

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