Langue française

  • « La question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément. Elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Église ait donné naissance à une civilisation, à une culture en tout inverse de ce que nous lisons dans la Bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul [...]. Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la Chrétienté et l'Église. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce est dit. Or il n'y pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, dont véritable subversion. »J. E.

    Sur commande
  • La raison d'êtreLes premiers mots de l'Ecclésiaste sont célèbres : « Vanité des vanités, tout est vanité. » Ils ont fait de l'auteur le modèle universel du sceptique, qui doute de tout et ne croit plus en rien. Au contraire, Jacques Ellul pense que nous avons à faire à un croyant, ou à la sagesse d'un homme de foi. De fait, à le regarder de près, le livre regorge d'affirmations contradictoires. Il dit et répète que la sagesse est du vent, et pourtant il met au-dessus de tout la sagesse. Le héros est souvent sceptique, mais il lui arrive aussi d'être croyant.Qui est le vrai Ecclésiaste ? Les deux sont vrais, et l'ensemble de la méditation de l'auteur tourne autour de cette contradiction, qui n'est finalement que celle de la vie elle-même. Et le prétexte pour élaborer un petit traité de sagesse biblique, unique dans la littérature.Jacques Ellul (1912-1994)De confession protestante, longtemps professeur à Bordeaux, auteur d'ouvrages nombreux et souvent dérangeants, c'était un esprit indépendant et original, écouté, lu et admiré par de nombreux élèves et disciples.

  • Bernard Charbonneau et Jacques Ellul ne furent pas prophètes en leur pays et en leur temps : La Technique ou l'enjeu du siècle (1954) de Jacques Ellul passa presque inaperçu en France alors qu'il connut un large succès dans le monde anglo-saxon grâce à Aldous Huxley et Ivan Illich. Ce n'est que depuis peu que l'on redécouvre ces auteurs pionniers de la pensée écologiste et de la critique de l'industrialisme et de la " société technicienne ". Ce recueil rassemble quatre textes sources de l'écologie politique, inédits pour trois d'entre eux.
    " Aujourd'hui, toute doctrine qui se refuse à envisager les conséquences du progrès, soit qu'[...] elle proclame ce genre de problèmes secondaires (idéologie de droite), soit qu'elle le divinise (idéal de gauche), est contre-révolutionnaire ".
    Visionnaires, Charbonneau et Ellul rejetèrent dos à dos les voies libérales, soviétique et fascistes. Dès les années 1930, ils ouvrirent une critique du " Progrès " et du déferlement de la Technique et de la puissance au détriment de la liberté. La solution : une insurrection des consciences ancrée dans un nouveau rapport à la nature. " Le sentiment de la nature doit être au personnalisme ce que la conscience de classe a été au socialisme. " Contemporains de la Grande Dépression, de Guernica, d'Auschwitz et d'Hiroshima - ces textes incisifs offrent une clé de lecture très actuelle, humaniste et libertaire, de nos sociétés contemporaines, productivistes, consuméristes et techniciennes.
    Textes rassemblés : " Directives pour un manifeste personnaliste " (1935), " Le Progrès contre l'Homme " (1936) " Le Sentiment de la nature, force révolutionnaire ", (1937), " An deux mille " (1945).

    Sur commande
empty