Jacques Ellul

  • Dans notre monde envahi par les technologies et leur recherche frénétique de l'efficacité, l'art pourrait apparaître comme une oasis vouée à la contemplation et à la méditation. Il n'en est pourtant rien.
    L'art de notre temps emprunte à l'industrie ses objets et ses matériaux, peuple ses expositions d'écrans, et rêve de cyborgs et de réseaux.
    Dans ce livre prophétique, le grand penseur de la technique Jacques Ellul montre comment plasticiens, écrivains et musiciens ont succombé aux forces qui écrasent le monde. Certains, subjugués dès le début du xxe siècle par la technoscience, adoptent ses outils et ses procédures, se condamnant ainsi à la froideur, à l'absurdité ou à l'abstraction. D'autres - ou parfois les mêmes -, se voulant contestataires, accumulent les représentations du désastre ou les signes de la subversion, sans jamais pour autant saisir la racine du mal :
    Le règne de la Technique.
    Pour masquer sa vacuité, l'art contemporain se pare d'un discours théorique sophistiqué et intimidant. Passant outre, Ellul incite les artistes à s'émanciper de leur fascination pour la technologie, afin de renouer avec la faculté, propre à tout créateur authentique, d'allier le sens au sensible.

  • Cours professé à l'Institut d'études politiques de Bordeaux.

    Pendant quelque trente années, Jacques Ellul a proposé aux étudiants de l'Institut politique de Bordeaux un cours sur la Pensée marxiste rendu disponible au public en 2003 aux Éditions de La Table Ronde. Ce cours était dispensé en alternance avec un autre, les Successeurs de Marx, qui fait l'objet du présent ouvrage. Ellul y montre que les fractures dans l'héritage de Marx ont révélé des contradictions ou des évolutions déjà présentes dans l'oeuvre de ce dernier, accentuées par le caractère de plus en plus douteux de certaines de ses prédictions. Avec un talent didactique confirmé, Ellul nous présente ici les différentes écoles, leur porte-parole et les fondements théoriques de leurs désaccords.
    Mais la publication de ce cours est aussi l'occasion d'approfondir un peu plus les liens complexes qu'entretenait Ellul avec le marxisme. À propos du marxisme tchèque des années soixante qui allait déboucher sur le Printemps de Prague de 1968, il déclarait ainsi à ses étudiants : «J'ai repris un certain espoir à l'égard du socialisme en général lorsque j'ai rencontré la pensée des Tchécoslovaques [...] : une réponse marxiste aux problèmes d'une société technicienne.» Cette sympathie envers ces thèses, largement développées ici, montre à quel point le marxisme a influencé les recherches d'Ellul et aide à leur compréhension.

  • Jacques Ellul n'a jamais consacré un ouvrage spécifi- quement au travail.
    Pour autant, on trouve, dispersées dans l'ensemble de l'oeuvre, de nombreuses et fréquentes considéra- tions sur ce thème. Depuis déjà longtemps, on peut faire le constat d'une surabondance extraordinaire de la production intellectuelle autour des thématiques diverses du travail : sur une période inférieure à l'an- née, des centaines d'articles de journaux ou revues, des enquêtes ou sondages, des livres. Et au-delà de la production littéraire, des films, des pièces de théâtre et bien entendu la présence constante du thème du tra- vail dans le débat public, que celui-ci prenne la forme de confrontations techniques entre experts ou d'émis- sions de slogans électoraux. Or, une lecture transver- sale, à la fois thématique et chronologique, de l'oeuvre de Jacques Ellul montre une évolution intéressante qui n'est certainement pas sans rapport avec l'impor- tance grandissante donnée au travail, à la fois dans les préoccupations des sociétés modernes et, sans doute conséquemment, dans la recherche sociologique et économique. L'édition de l'ensemble de ces textes, ras- semblés et mis en perspective, permettra une lecture renouvelée de l'oeuvre de Jacques Ellul.
    Également à paraître en février 2018, dans la même collection :
    Les Classes sociales.

    Sur commande
  • Jacques Ellul a composé un commentaire sur l'épître de Jacques d'abord parce qu'il n'en existait pas. Ensuite parce qu'il voulait montrer qu'à travers les sujets abordés (le service, la souffrance, l'épreuve de la foi, la tentation de la richesse...) il n'est pas question de morale, mais de liberté, et ainsi, toute l'approche du texte en est changée. Pour lui, cette épître (sans doute le texte d'un lettré) a une cohérence, une harmonie interne dont il souligne les lignes de force : le Dieu d'Israël est le Dieu qui libère ; le salut universel ; le caractère révolutionnaire de la Parole entendue à travers la Bible. Aucune philosophie, aucun religieux ne tient devant la Parole ; la Vérité n'est ni une catégorie philosophique, ni une somme de connaissances, ni une théorie scientifique unifiée et élégante. La Vérité est un homme. Jacques Ellul dans ce texte lumineux, totalement inédit, transmis par ses enfants, nous questionne : où es-tu, quelle place prends-tu dans le monde ?

  • LE BLUFF TECHNOLOGIQUE

    Jacques Ellul

    • Pluriel
    • 11 Janvier 2012

    Jacques Ellul (1912-1994) a consacré l'essentiel de sa réflexion à l'impact des techniques sur les sociétés contemporaines.
    Il a notamment publié La technique ou l'enjeu du siècle, Le système technicien. Beaucoup plus connu aux États-Unis qu'en France, ses livres sortent aujourd'hui du purgatoire, où ils rencontrent la conscience écologique d'un nouveau public. Jean-Luc Porquet, le préfacier, est l'auteur de Jacques Ellul, l'homme qui avait (presque) tout prévu (Le Cherche-midi).Dans cet ouvrage, synthèse de la réflexion consacrée par Jacques Ellul à la technique, l'auteur s'attache à démystifier le discours sur les changements technologiques qui fleurissent dans notre société.
    Ecrit antérieurement à l'explosion informatique et communicationnelle des années 80, il en anticipe l'arrivée, les utopies et les déconvenues. Plaidant pour une technique au service de l'homme contre une société qui asservit l'individu à une multiplicité de gadgets, il démonte avec minutie et conviction les arguments qui font de la technologie une fatalité. Manifeste pour une technique au service de l'homme, ce livre est un grand classique de la critique de la technique.

  • Les classes sociales

    Jacques Ellul

    Le cours de Jacques Ellul sur les classes sociales a fait l'objet d'un enseignement à l'lEP de Bordeaux dans les années 1960-1970. [...] Ces notes constituent un verba- tim du cours qui a fait l'objet d'une transcription aussi proche que possible de l'original lorsque l'expression orale de Jacques Ellul, qui s'embarrassait peu d'arti- fices oratoires, s'était par trop éloignée d'une prose académique. [...] Les classes sociales... trente ans après, voici que le thème enfoui dans le consensus mou de la fin de l'histoire et de la mondialisation connaît un regain dans l'actualité.
    La « super-classe » (Jacques Attali) et les « bourgeoisies imprévues » (Gilles Martinet) seront-elles le moteur du troisième millénaire qui pourrait consacrer prochaine- ment la disparition de la « bourgeoisie salariée » (Jean- Claude Milner) ?
    Pour revisiter les classes sociales, comprendre le ca- ractère éclairant et opératoire du concept, un retour à Jacques Ellul n'est pas superflu.
    Pour les familiers des écrits d'un des plus grands au- teurs bordelais, lire, ou relire, ce cours permettra de découvrir les éléments de sociologie qui, avec Méta- morphose du bourgeois, Autopsie de la révolution ou De la révolution aux révoltes, sous-tendent une part essen- tielle de son oeuvre.
    Le cours sur les classes sociales sera complété par plu- sieurs extraits (sur le même thème), tirés de quatre autres ouvrages de Jacques Ellul : Histoires des institu- tions, Métamorphose du bourgeois, Les Nouveaux Possé- dés et Le Bluff technologique.
    Février 2018:
    * RÉÉDITION dans la même collection de Pour qui, pour quoi travaillons-nous ?

  • Ce livre conclut l'étude théologique magistrale initiée dans l'Ethique de la liberté. Jacques Ellul y développe les implications d'une liberté chrétienne incarnée, traitée dans son rapport étroit avec la vie humaine sous divers aspects : le témoignage et la politique, le travail et l'argent, la révolution et le désir d'autonomie, la drogue et le désir d'évasion, le plaisir sexuel et la famille, les valeurs féminines et masculines...
    Dans cette "société de fer" , les injonctions de la technique relatives a notre mode de vie se font de plus en plus impératives et, tandis que l'Etat incline vers un absolutisme régulateur, les groupes sont tentés par la promesse mensongère d'une violence émancipatrice. Les combats de la liberté se révèlent alors combats contre les multiples puissances de mort : il s'agit de retrouver le sens du bien commun et la possibilité d'une vie véritablement libérée.
    Vécue dans l'espérance mais sans facilite aucune, la liberté chrétienne est ce don divin qui est a la fois grâce et exigence : "Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance. "

    1 autre édition :

  • On assimile généralement le christianisme au conservatisme social et politique et le fait est que les Églises ont toutes collaboré avec les pouvoirs en place, depuis l'empereur Constantin jusqu'au clergé orthodoxe sous Staline. Pourtant, Jacques Ellul montre, textes bibliques à l'appui, que le christianisme, envisagé dans son rapport à la politique, dispose à l'insoumission, à la dissidence, à la récusation même de tout pouvoir, de toute hiérarchie.
    La parution de ce livre violemment iconoclaste s'inscrit dans la nécessaire redécouverte du philosophe, sociologue, politologue et théologien le plus fécond de notre époque. Jacques Ellul bouscule, blasphème et prend à revers, comme à son habitude, toutes les idées reçues.

    Sur commande

    1 autre édition :

  • «Le dessein est admirable. Fuir l'hypocrisie, cesser enfin ce jeu affreux où se sont complu nos pères, voir clairement les choses en face, se rencontrer soi-même, ne pas ruser avec les faits ni avec les évidences. Exercer cette rigueur qui nous porte à être toujours d'une seule pièce, de façon que l'extérieur de nous-mêmes soit conforme à l'intérieur, ne pas en définitive avoir un coeur partagé. Qui ne serait séduit par un si haut désir, par une si pure expression?» Et si la voie de la liberté et de la sagesse commençait par la remise en question des idées toutes faites?

    Sur commande
  • Dans la société occidentale, le verbalisme politique exprime une double illusion, en même temps qu'il lui donne naissance. Nous assistons au développement de l'illusion de l'homme politique qui croit maîtriser la machine de l'Etat, qui croit prendre des décisions politiques toujours efficaces, alors qu'il se trouve de plus en plus impuissant en face de la rigueur croissante des appareils étatiques.
    Or, cette impuissance de l'homme politique est voilée précisément par la puissance et l'efficacité des moyens d'action de l'Etat qui interviennent toujours plus profondément et exactement dans la vie de la nation, et dans celle des citoyens. Mais l'homme politique, fût-il dictateur, n'a finalement aucune maîtrise de ces moyens. Réciproquement, paraît l'illusion du citoyen, qui, vivant encore sur l'idéologie de la souveraineté populaire et des constitutions démocratiques, croit pouvoir contrôler la politique, l'orienter, participer à la fonction politique, alors que tout au plus il peut contrôler des hommes politiques sans pouvoir réel - et s'engage, sur cette double illusion, un dialogue d'impuissants.
    Dans cette difficile situation, n'y a-t-il aucun remède ? S'il en existait un, il serait, en tout cas, à la fois humble et héroïque.

    Sur commande
  • En suivant le thème de la liberté, ce recueil d'écrits pour beaucoup inédits de Jacques Ellul fournit un panorama de la vie et de la pensée d'un homme à la fois entier et aux multiples facettes. Le professeur de droit et le théologien, le citoyen et l'historien, l'intellectuel et le chrétien délivrent un message commun  : la liberté qui réclame toutes les libertés se coupe de son origine (Dieu le Libérateur), de son cadre (le commandement de Dieu) et de son but (manifester l'amour). Plus que jamais, l'homme moderne doit choisir entre la puissance et la liberté c'est-à-dire entre le bien-être et l'ascèse, l'illusion et la lucidité, la justice et le pardon, l'émancipation et la sagesse... Ou encore  : quel dieu veut-on servir  ? Celui de la Technique, de l'Économie et de l'État, le Dieu Efficacité qui ramène l'homme au rang des objets qu'il consomme ou celui d'Abraham, de Moïse et de Jésus-Christ, le Dieu Amour qui appelle l'homme à vivre la vraie liberté en relation avec Lui, le prochain et la Création  ?

    Sur commande
  • L'éthique de la liberté vise non pas à résoudre des problèmes mais à aider à mieux les poser par une confrontation entre ce que nous pouvons comprendre du texte biblique et ce que nous vivons concrètement dans notre société technicienne. De page en page, la liberté paraît comme une dominante de la vie chrétienne  : pour Jacques Ellul, la liberté n'est pas une simple vertu, elle  est  la vie chrétienne même et doit donc s'incarner dans un agir individuel spécifique. Dans ce grand-oeuvre de Jacques Ellul, la pénétration de son analyse sociologique et la solidité de son exégèse biblique s'unissent pour exhorter les chrétiens, à la suite de l'apôtre Paul, à ne plus se conformer au monde présent. Car la liberté chrétienne est cette liberté orientée par l'amour, celle de Dieu, qu'il s'agit de glorifier, et de mon prochain, qu'il s'agit de servir.
     

  • 1 autre édition :

  • Les premiers mots de l'Ecclésiaste sont célèbres : «Vanité des vanités, tout est vanité. » Ils ont fait de l'auteur le modèle universel du sceptique, qui doute de tout et ne croit plus en rien. Au contraire, Jacques Ellul pense que nous avons affaire à un « croyant », ou à la sagesse d'un homme de foi. De fait, à le regarder de près, le livre regorge d'affirmations contradictoires. Il dit et répète que « la sagesse est du vent », et pourtant il met au-dessus de tout la sagesse. Le héros est souvent sceptique, mais il lui arrive aussi d'être croyant.

    Qui est le vrai « Ecclésiaste » ? Les deux sont vrais, et l'ensemble de la méditation de l'auteur tourne autour de cette contradiction, qui n'est finalement que celle de la vie elle-même. c'est également le prétexte pour élaborer un petit traité de sagesse biblique, unique dans la littérature.

    Sur commande
  • Cet essai, publié en 1977 dans la collection "Liberté de l'Esprit" de Raymond Aron et introuvable en librairie depuis longtemps, est la clef de voûte de sa trilogie (La Technique, Le Système technicien, Le Bluff technologique).
    Il est considéré comme son livre le plus abouti. La Technique, pour Ellul, est le facteur déterminant de la société. Plus que le politique et l'économie. Elle n'est ni bonne ni mauvaise, mais ambivalente. Elle s'auto-accroît en suivant sa propre logique.
    Elle piétine la démocratie. Elle épuise les ressources naturelles. Elle uniformise les civilisations. Elle a des effets imprévisibles. Elle rend l'avenir impensable.
    Grâce à l'informatique, la Technique a changé de nature : elle forme, à l'intérieur de la société, un "système technicien".
    L'informatique, en unifiant tous les sous-systèmes (téléphonique, aérien, de production et distribution d'énergie, etc.), lui a permis de devenir un tout organisé, lequel vit à l'intérieur de la société, la modèle, l'utilise, la transforme. Mais ce système, qui s'auto-engendre, est aveugle.
    Il ne sait pas où il va. Et il ne corrige pas ses propres erreurs. Un livre indispensable pour qui ne veut pas penser en rond.

    Sur commande
  • Le prolétariat, affirme Jacques Ellul, n'a pas été un produit du seul capitalisme, mais bien de la société industrielle elle-même. Ainsi, la révolution soviétique, la "voie chinoise", tout comme l'évolution du tiers monde, aboutissent à la création d'un immense prolétariat mondial. Toutes les révolutions ont échoué, en cédant à la fatalité industrielle et technicienne du capitalisme qu'elles entendaient combattre.
    Et pourtant, au début des années 80, la première vraie révolution semble devenir possible. Pour quelles raisons ? À quelles conditions ? Sommes-nous encore capables d'une véritable espérance révolutionnaire ?

    Sur commande
  • Il faut lire ces textes de Jacques Ellul « comme un testament », précise Alain Besançon dans sa préface. Le premier, resté à l'état de brouillon au moment de sa mort, est une analyse d'une grande richesse des rapports entre islam et judéo-christianisme sur le plan religieux. Partant de trois principes censés attester la parenté de l'islam et du christianisme, il montre que théologiquement il n'en est rien, que ces « trois piliers du conformisme » (fils d'Abraham, monothéisme, religions du Livre) établissent en réalité des rapprochements abusifs masquant une différence fondamentale. « La ressemblance des mots cachent totalement les oppositions, à la fois du sens et de l'être. » Le deuxième texte préfaçait l'édition anglaise du livre de Bat Ye'or sur le problème du dhimmi, celui qui vit dans une société musulmane sans être musulman, avec un statut spécial de « protégé » contraire au principe des droits de l'homme, et analysait l'importance de cette étude « très honnête, peu polémique et aussi objective qu'il est possible ».

  • Jacques Ellul est un auteur davantage connu pour ses ouvrages consacrés à la technique, à la religion ou à l'histoire du droit que comme penseur politique. Dans ce présent livre, Jacques Ellul part du point de vue de la liberté humaine pour mener une analyse historique qui pense que l'homme peut s'arracher aux déterminismes sociaux et naturels. C'est dans une perspective morale et politique qu'Ellul aborde le phénomène révolution. Il distingue et relie révolte et révolution, en rappelant que la révolte est d'abord instinctive alors que la révolution procède d'une théorie et d'une organisation. Toutes deux se faisant soit au nom d'un passé idéalisé, soit au nom d'un avenir radieux - mais c'est toujours l'ordre établi qui est visé.

  • « Les institutions orientales ont-elles pénétré le droit romain primitif par l'intermédiaire des Grecs ? Il y a une parenté très visible entre les institutions publiques grecques et celles de la Rome des premiers siècles. L'organisation de la Ville de Rome rappelle celle des villes grecques, la façon de faire les traités internationaux, ainsi que le droit pénal. Des éléments du droit privé aussi sont parallèles. Pour le fond, il reste une profonde différence entre les institutions privées grecques et le droit romain des XII Tables par exemple.
    L'influence des lois de Solon et des autres lois grecques sur la première législation romaine reste très douteuse. Et d'ailleurs, même si l'on peut admettre, sur certains points, l'influence hellénique, cela n'emporte nullement une influence orientale, puisque nous avons vu la ténuité du lien qui peut exister entre le droit oriental et le droit grec. Nous pouvons donc dire que, pour l'essentiel, le droit romain primitif est autonome. Il constitue un système juridique à part. »

  • Jadis, gustave flaubert (dictionnaire des idées reçues) puis léon bloy (exégèse des lieux communs) mirent à nu les soubassements de la pensée bourgeoise de leur temps, et les clichés mentaux qui en découlèrent.
    Il était nécessaire de récidiver car les temps ont changé. jacques ellul s'y est risqué dans les années 60, époque oú se sont élaborées les superstitions modernes, toutes liées à l'assomption du credo technicien. entreprise hautement salutaire: on sait enfin ce que croient penser nos contemporains, alors qu'ils ruminent passivement des effets de mode. toutes les idées reçues, tous les lieux communs d'aujourd'hui sont récapitulés dans ce livre.
    C'est dire sa nécessité.

  • La technique ou l'enjeu du siècle a connu une destinée singulière.
    Refusé par deux éditeurs, il a finalement été publié dans une collection universitaire à faible tirage et a très vite été épuisé, jamais réédité (sauf en édition pirate) il n'a cessé d'être lu et pillé, même si ceux qui l'ont utilisé ne l'ont pas toujours cité. aux etats-unis, il est constamment réédité en collection de poche et est inscrit au programme des lectures obligées (text-books) de la plupart des universités.
    Il a également eu une grande influence chez les dissidents des pays de l'est. jacques ellul n'a cessé d'approfondir sa réflexion sur la technique dans des livres devenus des classiques : propagandes (1960), l'illusion politique (1963), le système technicien (1977) et, tout récemment, le bluff technologique (1987). mais on ne peut comprendre son oeuvre sans de reporter à ce livre fondateur. prophétiques lorsqu'elles ont été écrites, ses vues sur la technique comme fait central de nos sociétés conservent plus de 35 ans après une étonnante et parfois inquiétante actualité.
    En 1960, jacques ellul avait préparé une deuxième édition revue et complétée qu'un éditeur peu avisé a renoncé à publier. c'est ce texte que les classiques des sciences sociales offrent aujourd'hui au lecteur.

  • En 1972, date de la première édition de cet ouvrage, le mot « révolution » était l'un des plus récurrents de la langue française. Quarante ans plus tard, le vocable est quelque peu passé de mode, mais il demeure un puissant ferment de mobilisation idéologique.
    De la révolution aux révoltes : paradoxal, le titre de l'ouvrage en annonce la teneur à la fois critique et programmatique. Contrairement aux poncifs de la période du « tout politique », de ces années 50 à 70 où l'on croyait fermement que la prise de pouvoir par l'État allait changer le monde et la vie, Jacques Ellul montre que la révolution est un leurre, et que seules des révoltes locales peuvent avoir un réel impact sur les conditions concrètes d'existence.
    Préfacé et annoté par Frédéric Rognon, professeur de philosophie à l'Université de Strasbourg, cet ouvrage est publié en édition de poche pour la première fois, dans le cadre de la réédition de l'oeuvre d'Ellul entreprise par La Table Ronde depuis Exégèse des nouveaux lieux communs (1994) jusqu'à Autopsie de la révolution (2008).

empty