Jacques de Saint Victor

  • Des Dolomites au cap Leuca, l'Italie a toujours fasciné les voyageurs étrangers, en particulier français. Montaigne, Montesquieu et Stendhal comptèrent ainsi parmi ces « fous de l'Italie » qui lui consacrèrent de nombreuses pages. Pourtant, le pays recèle encore bien des secrets à explorer.
    Depuis quand Turin est-elle considérée comme l'un des coeurs de la magie noire ? Comment Amerigo Vespucci, plutôt que Christophe Colomb, parvint-il à donner son nom au Nouveau Monde ? Pourquoi Lampedusa, auteur du Guépard, détestait-il l'opéra italien ? Comment la 'Ndrangheta, la mafi a calabraise, est-elle devenue l'une des plus puissantes du monde ? Pourquoi dit-on de l'Italie qu'elle est le pays de la « dolce vita » ?
    Jacques de Saint Victor nous promène à travers l'Italie qu'il aime, mystérieuse et profonde, celle que l'on rencontre hors des sentiers battus.

  • Ce sont deux universitaires myopes. Elle est italienne, Michela. Lui, français, est le narrateur. Ils pourraient jouer dans un film de Nanni Moretti : ils sont les personnages du nouveau récit de Jacques de St Victor.

    A la cinquantaine, ils s'aperçoivent qu'ils ne supportent plus de vivre les vacances en touristes. Chaque séjour dans un hôtel menace de se terminer par une catastrophe conjugale. La solution : s'enraciner. Trouver le jardin d'Eden, un petit coin de paradis... En Italie bien sûr. Une maison à restaurer, quelle bonne idée ! Jacques de St Victor, professeur de droit, historien se rêvait dans sa jeunesse agent immobilier. Mais avec l'âge, il s'est détaché des maisons, choisissant une vie de nomade, vouée aux livres. Mais où en Italie ? Les Pouilles bien sûr, l'Apulie contemporaine, la région préférée des intellectuels bohèmes ! Ils sillonnent la région du Salento, les agences immobilières quand soudain Michela a une idée lumineuse. Elle se souvient que son père lui a légué un morceau de couvent près de Lecce : « Qui sait ? On pourrait peut-être décider de le restaurer ? ».

    « Je retenais un soupir. J'avais déjà visité ce lieu dont elle parlait. Ce n'était pas vraiment un couvent, selon moi, mais la bâtisse était plus imposante qu'un simple prieuré. Dans le coin, on disait il convento. Il avait été bâti à la Renaissance sur une ancienne chapelle basilienne. Cette baraque ne m'avait pas du tout plu la première fois où je l'avais visitée. C'était la deuxième année où je venais dans les Pouilles. Bien avant la crise des subprimes. Je n'osais encore rien dire parce que c'était une maison de famille. Mais pour moi, le lieu était détestable. Je tentais une démarche dilatoire.
    Bon, il faudrait avant de se décider qu'on aille jeter un coup d'oeil sur cette ruine.Je ne sais pas pourquoi j'avais dit « ruine ». Ce n'était pas une ruine. C'était pire. » Mais le narrateur n'est pas au bout de ses surprises. Lui, le spécialiste de la mafia, découvre que le couvent est un cercle de jeu aux mains des gangsters locaux. Mais ce couple excentrique ne recule devant rien et se lance dans la rénovation du couvent. L'amour rend aveugle mais l'amour des vieilles pierres aussi. Qu'importe, après l'enfer, le purgatoire, il y aura peut-être au bout du chemin de croix le Paradis.

    Un récit rapicolant, intime et très grand public. Une plongée dans une Italie secrète. L'histoire désopilante d'une restauration de vieille maison.

  • En descendant la Via Appia, cette route mythique qu'empruntaient les légionnaires romains, les éléphants d'Hannibal, les esclaves de Spartacus et les chars de Césars, Jacques de Saint Victor nous invite à un voyage peu commun. Outre le fait qu'il déteste la marche et ne se départit jamais d'un décapant sens de l'humour, l'auteur est l'un des plus fins connaisseurs de l'Italie.

    Au volant de sa vieille Fiat, il nous introduit dans l'Italie profonde. Loin des tours opérateurs, des exploits sportifs et de l'égotisme gratuit, c'est une plongée au coeur des mythes, au croisement des grandes cités antiques et de l'ultra-violence des mafias d'aujourd'hui. Suivre l'Appia, la plus ancienne route de l'Occident unissant le christianisme et le paganisme, l'Antiquité et le Moyen Âge, l'Occident et l'Orient, c'est retourner au berceau de la civilisation et de la vie publique. La Philosophie, la Démocratie, la Tragédie et la Comédie, Dieu et le Droit n'ont-ils pas trouvé leur source au creux de cette via publica ?

    Emprunter l'Appia, c'est aussi se frotter à la rudesse des « Sibéries du sud » et du populino, le petit peuple qui échappe aux statistiques et se reconnaît à son esprit « baroque », ses rites insolites et ses superstitions. D'ailleurs, la Regina Viarum, la Reine des Voies, n'a rien perdu de son antique vocation de lieu de perdition. L'auteur nous révèle certaines anecdotes inédites et troublantes sur ce Far-west fasciste, sur l'épisode des Marocchinate, sur les « nouveaux Guépards », la Camorra et la Casa Nostra, ces organisations secrètes et criminelles qui terrorisent et pillent le pays.

    Jacques de Saint Victor est un érudit passionnant qui a fait de cette traversée géographique un voyage heuristique, une remontée dans le temps et un petit traité du libéralisme intellectuel, ce qui n'est pas sans susciter de vifs débats avec sa femme. Naturellement, Michela, l'Italienne des Pouilles à l'irrésistible franc-parlé, est une députée féministe de gauche et professeur de philosophie morale tandis que son historien de mari ne jure que par Montesquieu et Tocqueville. Toujours dans un avion entre Rome et Paris, elle donne des conférences sur le couple pendant que lui développe « un cas préoccupant de régression touristique » en s'enfonçant dans les méandres de l'Appia. Mais n'est-ce pas aussi pour retrouver un peu de ce temps perdu de l'enfance, de cet état d'équilibre originel ?

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  • La mafia naît sur les décombres du 'régime féodal' mais c'est avec l'avènement de la démocratie et du capitalisme qu'elle connaîtra son essor. Elle s'enracine très tôt à Naples, en Sicile, en Calabre et doit sa prospérité à des 'pactes scélérats' passés avec une fraction de l'élite politique et sociale ? tel un pouvoir invisible qui va insidieusement corroder l'ordre social.
    Ce livre reconstitue dans la durée l'histoire de ces sociétés secrètes et de leur expansion à travers le continent européen. Il visite leur berceau et en retrouve les premiers acteurs, aristocrates véreux, notables sans scrupules, fermiers parvenus, tueurs à la botte... Il interroge les accointances invisibles de ces 'sectes criminelles' avec la démocratie naissante et les suit dans leur conquête de l'Amérique. Il révèle aussi l'échec du fascisme à éradiquer une plaie mafieuse qui a su se jouer de son pouvoir totalitaire. Avec la guerre froide, on découvre la mutation affairiste des réseaux mafieux et la complexité de leurs méthodes pour parasiter l'économie libérale. C'est l'époque de l'explosion du trafic de drogue, de l'essor des paradis fiscaux, des compromissions de la banque vaticane et des scandales immobiliers, où se côtoient boss criminels, hommes politiques, industriels et financiers. Avec la chute du Mur, de nouvelles nébuleuses vont se faire jour en Europe, qui utiliseront ce 'modèle' pour conquérir d'autres territoires.
    Le phénomène mafieux n'est pas consubstantiel à la démocratie, écrit Jacques de Saint Victor, et pas davantage au capitalisme ; mais il est le mieux à même de tirer profit des insuffisances de l'une et de l'autre.

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  • Il avait disparu de notre horizon politique. Voltaire en avait fait une infraction d'un autre âge. La Révolution française allait le congédier du domaine de la loi, pour l'ériger en « crime imaginaire ». Et voici que le blasphème, notion si longtemps désuète, s'invite à nouveau dans notre vie publique, sourdement d'abord, puis au grand jour, dans le fracas des attentats sanglants de janvier 2015.
    Ce « péché de bouche » a une longue histoire qu'il faut retrouver pour mieux comprendre comment, d'un siècle à l'autre, il s'est articulé à nos guerres civiles et à nos conflits idéologiques. Outrage religieux, crime identitaire, délit politique : le blasphème n'a cessé de se métamorphoser au gré des époques, avant de déserter, en 1791, nos manières de penser, puis de réapparaître voici quelques années sous des atours inédits. C'est cette trajectoire que Jacques de Saint Victor restitue afin de rendre intelligibles les raisons et les enjeux du débat que le blasphème suscite aujourd'hui.
    Son invocation récente, par certains, au nom du respect des « convictions intimes », met à l'épreuve un principe fondamental, propre à notre nation depuis des siècles, la liberté d'expression, et, au-delà, une manière singulière de s'entretenir des choses de la cité.

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  • Fille naturelle d'un moine et d'une couturière, Madame du Barry est la dernière maîtresse de Louis XV. Mécène, « courtisane amie des arts », elle impose la mode parisienne dans toute l'Europe, avant d'être exilée par Marie-Antoinette et de finir sa vie sur l'échafaud.
    Jacques de Saint Victor révèle des aspects méconnus de la vie de la « catin royale », illustrant à merveille le basculement de la société d'Ancien Régime. Il nous conduit à travers l'univers cruel de la Cour et dans le monde de la débauche parisienne du XVIIIe siècle, où l'on croise tous ceux qui servirent de modèle au Valmont des Liaisons dangereuses.

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  • Connaissez-vous Beppe Grillo, une de ces créatures monstrueuses inventées par la télévision ? Naguère comique dans des émissions de variétés, il est aujourd'hui à la tête du « Mouvement 5 étoiles », qui prône l'établissement d'une démocratie directe et cybernétique, et a rassemblé en 2013 23% des électeurs italiens. Cette mouvance, qu'on caractérise souvent par le terme d' « antipolitique », est pour Jacques de Saint Victor un phénomène d'un genre nouveau : « Il faut être attentif à ce qui se passe de l'autre côté des Alpes. Là prend peut-être forme le futur de nos démocraties 2.0, marquée par l'émergence des nouveaux moyens interactifs dont le blog de Grillo, l'un des plus suivis au monde, est devenu le symbole inquiétant ».
    La France, elle aussi, commence à être affectée par cet antidémocratisme qui prend le masque de la démocratie pour la saper à coup de vulgarités, de plaisanteries et de démagogie. Ce qui est d'autant plus préoccupant que les « antipolitiques » à la Beppe Grillo avancent main dans la main avec des hommes comme Gianroberto Casaleggio, milliardaire d'Internet et cadre mystérieux du « Mouvement 5 étoiles ». Cet essai tente de démystifier la chimère d'une « démocratie en ligne » dont Jacques de Saint Victor souligne les dérives possibles. Nous voilà prévenus : les clowns sont parfois dangereux.

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  • On l'ignore généralement, mais la pensée des premiers contre-révolutionnaires,
    en 1789, s'inspire plus de Montesquieu que de la tradition absolutiste. Elle
    n'est pas non plus théocratique et antiparlementaire, comme ce sera le cas chez
    Joseph de Maistre ou Bonald. Elle s'inspire plutôt d'un libéralisme
    conservateur qui n'est pas sans faire songer à la pensée contre-révolutionnaire
    anglaise d'un Edmund Burke, par exemple. Jacques de Saint-Victor est maître de
    conférences (HDR) en histoire du droit à l'Université de Paris VIII, membre du
    comité de rédaction de la revue Cités et de la Revue des Deux Mondes, auteur de
    nombreux ouvrages sur le XVIIIe siècle et sur la question de la liberté. Il a
    notamment publié Les racines de la liberté (Perrin, 2007).
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  • -Tu entres à présent dans l'honorable société de la Cosa Nostra (...). Tu y entres vivant et tu en sors mort. Dans ta vie, la Cosa Nostra passe avant tout autre chose. Avant ta famille, avant ton pays, avant Dieu-. Cet extrait du serment mafieux témoigne d'une implacable réalité. La mafia a pris corps en Europe au XIXe siècle mais, depuis la chute du Mur, elle a connu un essor considérable dans le monde entier. Elle fait aujourd'hui partie prenante de l'univers capitaliste. Pourtant on continue à ignorer ou négliger ce phénomène criminel, dont le cinéma s'est largement inspiré (Le Parrain, Les Affranchis, Les Sopranos), au point d'en faire une question presqu'irréelle. Qu'est-ce qu'une mafia, qu'elle est son passé, que cherche-t-elle ? Comment la définir ? Centré sur l'histoire de la mafia italienne et italo-américaine, sur laquelle pèsent encore beaucoup de fantasmes et de légendes fausses, ce livre n'en aborde pas moins, dans une synthèse unique en son genre, les liens qui se sont noués, tout au long du XXe siècle, avec les autres mafias du monde, dont certaines sont anciennes (Yakuzas japonais, Triades chinoises, Babas turcs), d'autres apparues plus récemment (mafia albanaise notamment).
    C'est une autre histoire du XXe siècle qui se dessine dans ces pages, une histoire occulte, parallèle, faite de sang mais aussi de pression, de corruption, de liens secrets et insoupçonnables, un monde de la peur qui en dit long sur les faiblesses de nos démocraties contemporaines. Et sur leur avenir. Car la mondialisation des échanges a été précédée d'une véritable mondialisation du crime, dont témoigne le succès des paradis fiscaux, et qui pose aujourd'hui une question cruciale : la société libérale aura-t-elle, dans son avenir, les moyens d'éviter la domination du crime ?

  • L'auteur aborde tout ce qui a pu inspirer la terre d'Italie, monde de démesure, avec ses empereurs romains décadents (Tibère), ses papes sans scrupule (Boniface VIII), les Borgias, ses rois de Piémont, ses princes ou mécènes sanguinaires (les Médicis ou les Visconti), etc. Il évoque aussi le monde des sorcières, les jardins monstrueux (Bomarzo, Bagheria), les messes noires de Turin, etc.

    «Il existe une Italie magique, nocturne et pleine d'enchantements, qui se superpose à l'Italie classique», disait un grand historien de l'art. C'est cette Italie-là, hors des circuits touristiques, au contact de ses vérités anciennes et de son âme méconnue que ce Roman de l'Italie insolite entend évoquer : une terre mystérieuse, monde de démesure avec ses empereurs romains décadents, ses papes sans scrupules, ses condottieri, ses princes sanguinaires ou ses amants jaloux.
    Nous cheminerons à travers l'histoire mouvementée de l'Italie, pays de la dolce vita, mais aussi de la malavita (pègre), de la civilisation des villas de Venise, des sigisbées de Florence, des délices de Capoue et de Capri et des amants de Vérone... Mais l'Italie insolite, c'est aussi celle de la mafia, des premiers ghettos de Juifs, de l'Inquisition et des crimes passionnels. Sans oublier le pays des grands voyageurs, des grands savants, et le berceau de la première «nouvelle cuisine», bien avant celle des Français.
    Si proche de nous et pourtant si différente, l'Italie possède une part fascinante de mystère car elle conserve, encore vivant, ce qui fut notre esprit d'origine. Le Roman de l'Italie insolite, c'est le roman de notre enfance, celle de la civilisation occidentale.

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  • C'est " un mythe ", proclamait Fellini.
    Héritière de plus de deux mille ans d'histoire païenne et chrétienne, Rome est une ville au charme ensorceleur : à l'ombre de ses ruines, de ses palais, de ses places et de ses églises millénaires, l'homme a enfoui son plus précieux savoir. Mais cette reine de l'univers ne cesse, depuis Romulus, de cacher de troublants secrets. Mamma Roma peut se révéler, comme la louve de Tite-Live, venimeuse et cruelle...
    Ce livre lève un coin du voile sur ces mystères en nous plongeant au coeur de la Rome vivante : des palais de l'aristocratie " noire " au ghetto, des monastères dérobés aux borgate populaires, Jacques de Saint Victor nous conduit en des lieux méconnus qu'il arpente depuis plus de vingt ans. Une promenade dans les splendeurs et les misères de Rome, ses héros et ses bandits, ses saints et ses prêtres corrompus, ses ragazzi et ses tifosi.
    De la Dolce Vita à aujourd'hui, en passant par les " années de plomb ", le lecteur se fraye un chemin partout où planent des ombres étranges, comme dans un vrai Romanzo Criminale où s'entremêlent le crime et le pouvoir, le profane et le sacré. Une façon de mieux comprendre ce que Du Bellay appelait déjà " le démon romain ".

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  • Couple interdit

    Saint-Victor Jacques

    • Fayard
    • 1 Février 2006

    Adieu chimérique désir de possession ! La Lex sexualis interdit désormais la vie en couple, cause de tant de souffrances par le passé. Et les tribunaux veillent à son application. Nous sommes en 2163, au temps du communisme sexuel.


    Inculpé pour apologie des anciens « temps conjugaux », l'écrivain Michael X écoute un greffier réciter de longs extraits de son roman. Est-il nostalgique de cette époque lointaine - la nôtre ! - où l'amour prétendait à l'exclusivité ? Voilà ce que devront déterminer les membres du jury. Mais l'érudition de ces sorbonnards peine à affronter celle de Michael : tous les écrivains et philosophes à s'être exprimés sur le couple, le sexe et l'amour, sont cités à la barre.


    Cette pétillante joute oratoire, à la fois kafkaïenne et cocasse, cache toutefois mal le véritable enjeu du débat: un tel arsenal de théories et de lois anéantirat-il jamais la déraisonnable puissance d'un coup de foudre ou d'un simple désiroe


    Sans doute fallait-il faire ce brillant détour par l'avenir, enfiler la tenue d'un « Persan du futur » pour mieux se poser cette question.


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