Houri Varjabedian

  • Que peut-il y avoir de commun entre un Sergueï Paradjanov à Tbilissi et un William Saroyan à Fresno, Hagop Mentsouri dans les montagnes anatoliennes, Martin Melkonian à Paris, Alexandrian à Bagdad, Armen Chekoyan à Erevan ou Violette Krikorian à Téhéran, Krikor Beledian à Beyrouth ou Peter Balakian à New York ? Tous ont écrit sur les paysages ruraux ou urbains de leur enfance, retrouvant dans des quotidiens contrastés la marque de leur appartenance multiple : une identité revisitée dont chaque signe est vécu dans le regard de l'autre. L'exemple arménien vient ici illustrer la prégnance des premiers souvenirs sur le développement artistique et psychique de tous les créateurs.
    Les textes rassemblés dans cette anthologie sont pour la plupart autobiographiques : ce sont des autofictions " qui recréent la vie " et réinventent une continuité dans les bribes et les itinéraires. Quel que soit le genre, il s'agit toujours d'un regard sur une enfance réinterprétée, entre souvenirs et rémanences. Si, comme en Occident, l'écolier a été une figure première de la littérature, les violences et les ruptures qui ont marqué l'histoire des Arméniens au XXe siècle ont assigné à l'enfant une fonction charnière dans la transmission d'une langue et d'une histoire.

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