Gisèle Fournier

  • Non-dits

    Gisèle Fournier

    Une voiture s'arrête. Une femme referme la portière dans l'air pesant et le bourdonnement des insectes. Elle traverse la route et pousse une barrière de bois craquelé. Elle s'avance vers la grange par un chemin dont la trace se perd sous les hautes herbes.
    Trente ans ont passé depuis la mort de son père.
    La maison où s'est joué le drame est là, au bout du sentier. La porte est close. Derrière un volet dégondé, des barreaux rouillés. Les vieilles pierres n'abritent plus que des toiles d'araignée et un piano désaccordé. «Alors, que suis-je venue chercher. Pourquoi remuer les cendres. Il n'y a plus personne à présent... Je n'apprendrai rien de plus. Ce retour, une erreur. Alors que j'étais parvenue à ce qu'ils me laissent tranquille. Paix factice. Ils sont là, maintenant. Tous. Je les entends.»

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  • Perturbations

    Gisèle Fournier

    « Qui passerait par là l'hiver, à moins de s'être égaré dans cet entrelacs de routes étroites et sinueuses qui ne mènent qu'à une ou deux maisons isolées, perdues au bout d'une piste caillouteuse à flanc de montagne ou au fond d'un ravin ? D'où venait-elle, cette femme ? Bien vite, Étienne a compris : son repas à peine terminé, oh, il était tôt encore, même si à travers la vitre on ne voyait plus rien, rien que ces flocons qui tombaient dans le halo du réverbère, lents, têtus, une chute uniforme qui ne semblait jamais devoir cesser, elle a dit : cette maison, Lavérandière, où est-elle, comment peut-on s'y rendre ? Les clients, au bar, qui venaient là tous les soirs pour l'apéritif, intrigués par cette femme seule un soir de neige dans un pays où personne l'hiver ne vient jamais, juste un ou deux voyageurs de commerce qui ne s'attardent pas, tous se sont arrêtés de parler, l'oreille aux aguets. »

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  • Une confusion extrême agite la narratrice : elle a d'abord soupçonné son mari d'avoir voulu l'assassiner. Maintenant qu'il a basculé par la fenêtre, elle ne sait plus quoi penser. Pourtant la peur et l'angoisse demeurent : des sentiments impossibles à partager, confiés à des cahiers où elle s'exprime tantôt à la première personne, tantôt spectatrice d'elle-même, dans un dédoublement vertigineux. Retrouver la paix lui sera-t-il possible? Avec une grande précision clinique et le souci du détail qui caractérise son style, Gisèle Fournier décrit le parcours d'une femme qui s'enfonce dans une dépression.

  • l'installation de jean-marie dans une maison abandonnée d'un hameau perdu intrigue les habitants du village : pour venir vivre là en ermite, il a forcément quelque chose à se reprocher...
    faisant fi des menaces et des intimidations, jean-marie mettra toute son énergie au service de ce projet de rénovation. plus qu'une maison, c'est bien sa propre vie, hantée par de lourds secrets, qu'il tente de reconstruire... au fil des saisons, dans une nature omniprésente, gisèle fournier distille savamment énigmes et mystères. après perturbations et chantier, ruptures confirme son talent de styliste virtuose.

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  • Le hasard peut tromper son monde...Une valise échangée dans un aéroport, et voilà découverte une part d'ombre qui devrait demeurer cachée...Une phrase échappe : " ce serait romantique de mourir ici, à Ferrare ", mais il ne faut pas jouer avec le destin.
    Le souvenir peut tromper son monde...
    à un point tel que vivant et mort se confondent, que les fantômes chers envahissent la vie, que l'on ne voit plus dans un couple étrange, où sont mère et fils, souvenir de mère ou mère réelle.
    Le mal-amour peut condamner son monde, comme dans l'existence dérisoire que révèle, en message posthume, un père à sa fille ; comme dans l'histoire d'une enfant derrière sa fenêtre clouée.
    Gisèle Fournier excelle ainsi à énoncer les enchaînements secrets, scellés dans des destins tragiques.

  • Mentir vrai

    Gisèle Fournier

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  • Chantier

    Gisèle Fournier

    " Ce serrement de coeur lorsque l'engin de démolition a attaqué la façade.
    Ces lames de bois qui volaient en éclats. Ces murs qui s'effondraient. Ces cloisons qui s'écroulaient. Le lendemain, la maison n'était plus qu'un magma de ferraille, de verre pilé, de béton broyé. Après tout, peut-être était-ce mieux ainsi : elle ne tomberait pas en ruine, à l'inverse de la nôtre. " La construction d'un immeuble bouleverse la vie d'un quartier. Au fil de l'avancement du chantier, chacun est renvoyé à sa propre existence.
    A l'image des maisons détruites, les couples se fissurent, les familles se disloquent, les vies explosent... D'une nouvelle à l'autre, Gisèle Fournier tisse des liens subtils, réels ou métaphoriques, entre ses personnages pris dans un flot de souvenirs et de pensées où s'entrechoquent peurs, espoirs, regrets.

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  • Un instant, il se demande ce qu'il vient faire là. Ne sait plus trop à quoi se raccrocher. Un instant seulement, car il se souvient. Sa maladie à elle. Sa culpabilité à lui. Maladie. Se demande si c'est vraiment le terme. Il la regarde un moment. Réprime l'élan qui le pousse vers elle. Elle tient un livre ouvert que, manifestement, elle ne lit pas, le regard perdu au loin, aussi loin que la lisière des arbres le lui permet.
    Il se dirige vers elle. Tire à lui une chaise inoccupée. S'assied. Elle ne semble pas le voir. Anna et Jérôme sont mariés, ou l'ont été, mais Anna a tout oublié. Elle ignore qui est l'homme qui lui pose des questions et attend, inlassablement. Alors, elle lui raconte sa vie dans ce qui ressemble à un hôtel un peu spécial... Lui écoute, oscillant entre colère, remords et découragement. Vaille que vaille, il essaie de susciter des souvenirs.
    Parfois elle frémit, reconnaît une inflexion de la voix : l'espace d'un instant, le voile se déchire... Sortira-t-elle de cette nuit de la mémoire dans laquelle elle semble murée et Jérôme pourra-t-il l'accompagner dans ce long voyage ?

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