Françoise Sylvos

  • Au XIXe siècle, la pédagogie et les vertus satiriques de l'utopie, codifiée avant la Révolution, demeurent actives. Elle porte dans ses avatars sérieux et burlesques la trace d'une antique tradition, dont les métamorphoses se poursuivent grâce aux religions du progrès, à l'essor de la science, de l'industrie et de la presse. Relèvent de l'utopie bien des textes négligés d'ordinaire , voyages dans le temps et dans l'espace, mais aussi romans, écrits prophétiques, satiriques. Non dénuées, pour la plupart, de fantaisie, ces fictions politiques proposent une réponse aux crises et aux évolutions sociales. Elles témoignent d'une extrême attention aux problèmes concrets, d'une forte sensibilité à l'histoire et d'une impérieuse volonté d'action. Elles servent de truc hement aux programmes libéraux, contre-révolutionnaires, républicains, au césarisme, au communisme icarien, aux nouvelles doctrines sociales. Elles se font outils de propagande et, parfois, marchepieds des ambitions. Cette diversité traduit tous les possibles politiques d'une modernité en gestation, ballottée entre mouvement et réaction.

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  • Sous un format de voyage, les pages réunionnaises et mauriciennes de ce recueil s'envolent vers et d'un ailleurs multiples. C'est sous le signe de l'hybridité, entre réel et imaginaire, écrit et oralité, français et créole que Valérie Magdelaine-Andrianjafitrimo et Françoise Sylvos ont voulu rassembler ces textes, tous « lieu d'un questionnement sans cesse renouvelé ». Elles ont su faire dialoguer des « auteurs confirmés » avec des « amateurs éclairés » sans chercher à cacher la complexité d'un corpus variés aux approches multiples.

    Ces pages offertes par des « Métropolitains vivant à La Réunion (ou retournés en Métropole), Réunionnais, Réunionnais vivant en France, Mauricien vivant à La Réunion » sont une invitation à un concert de langues plurielles introduit par les propos liminaires de Magdelaine-Andrianjafitrimo et Sylvos d'un « PADPORT » sans nécessité de passeport pour le lecteur.

    Nul besoin d'être Réunionnais ou Mauriciens pour apprécier ces poèmes, comptes-rendus, fables, dialogues, monologues qui traversent le temps (de 1947 à 2008) et les espaces : de la Rivière Saint-Louis au folklore slave, du pays natal au voyage.Retour ligne automatique Il faut donc accepter cette « CHUTTT......... LIBRE ! » comme le propose Nikola Raghoonauth, qui est tout sauf silence, mais une voix qui fait écho au passé pour en révéler les noeuds : « Des mots dits tirent sur l'histoire/ Et l'Histoire tire ses maux ».Retour ligne automatique C'est bien une chute libre et acceptée dans les mots, leur histoire et leurs sonorités à laquelle nous convie également André Robèr et ses piments, ou encore dans le rhum de la mémoire de Françoise Sylvos, les mots trompeurs, mensongers, tout autant que palabreurs, blagueurs et raconteurs se racontent et se rencontrent chez Patrice Treuthardt.Retour ligne automatique Les formes se libèrent, comme le « Sonnet un peu païen » et quelque peu frivole de Boris Gamaleya, ou encore les liens internet, les unités de gravitation et autres mesures, sans oublier les prévisions météorologiques dessinées qui trouvent leur présence chez André Robèr, ou la peinture avec Stéphane Hoarau.Retour ligne automatique Les langues se lient pour se délier : elles appellent à l'écrit avec Claire Karm et son « Ecris-moi, Léa » qui possède « un petit livre avec de grandes racines », « un livre vivace, un lierre », entre ciel et terre, eau et terre, tendresse et recherche : elles se cherchent en tant que « femme infame » chez Barbara Robert, entre silence et castration, sanglante et révoltée ; elles parlent de science-fiction, de voix caverneuses et menaçantes, électroniques et domotiques avec Séverine Vidot et ses « BOUF », « Woh », « clic » et « couic » et autres accessoires linguistiques : elles se font créoles chez Mathieu Minatchy ou Sergio Grondin, Vigile Hoareau, Céline Huet et Francky Lauret pour « i viv, i mor pa. I lir, i ékrir kréol ! », rythmées et codées pour lecteur francophone, ou décodées et bilinguées comme avec Carpanin Marimoutou.Retour ligne automatique Ces paroles se veulent « retour au pays natal » questionné, comme Mikael Kourto, ou détour cinématographique fictif pour Jean Lods « Le Retour (Esquisse d'un possible scénario) », ou encore « Monologue pour un petit d'homme écrit pour le comédien Arno Dormeuil » de Lolita Monga ou « Auto Dofé » chez Jean-Louis Robert, mais surtout rencontrent, dialogues, échanges retournés du détour, de l'humour, de l'amour.

    C'est donc sous un nouveau visage que le lecteur pourra se retrouver au fil des pages de ce recueil, y découvrir une littérature tracée et parlée généreusement démasquée. Un recueil simple mais vivant, à lire librement sans suite ni arrière pensées, sans lourdeur théorique et identitaire, sinon un nouveau souffle venu des Editions K'A.

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  • Cet ouvrage réunit les contributions de douze chercheurs autour de la présence géographique et géologique, historique, mythique et poétique des volcans de l'océan Indien, du XVIe siècle à nos jours.
    Il s'adresse à tout lecteur cultivé, curieux de mieux saisir la spécificité des îles de l'océan Indien. Il se propose de constituer une somme momentanée des connaissances autour de cette thématique caractéristique de l'océan Indien: " Magma Mater ", l'île l'est par l'union intime de la terre, du feu et de l'eau, puissance mystérieuse dont la source échappe si souvent à la représentation raisonnable et renvoie aux profondeurs de l'esprit, opérant une plongée vers le magma de l'inconscient ! Lorsque la terre pulse au rythme des éruptions volcaniques, c'est une réalité qui se vit au quotidien, dans l'actualité journalistique et dans la production littéraire et scientifique toujours activée au souffle de Vulcain.
    Plusieurs approches méthodologiques sont donc à l'oeuvre dans cet ouvrage et en font la richesse : comment l'esprit humain a-t-il peu à peu compris l'origine de cette manifestation monstrueuse et terrifiante qu'est l'éruption volcanique ? Parti d'une conception manichéenne magico-religieuse de phénomènes naturels, comment en est-il arrivé à vérifier les hypothèses de la volcanologie naissante par l'étude concrète du terrain ? Mais l'appréhension scientifique des manifestations volcaniques n'a pas tué l'effervescence poétique et surtout mythique qu'elles suscitent toujours.
    Tous les récits des voyageurs, du milieu du XVIIe siècle au début du XIXe siècle, rendent compte de l'évolution de la perception du volcan, d'abord mythique puis de plus en plus objective. La tension entre recherche objective de l'esprit scientifique et libération subjective de l'imaginaire féconde les mentalités qui relisent l'histoire de leur île et disent leurs aspirations sous les formes métaphoriques du feu souterrain et de la beauté qui en jaillit.

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