Gallimard

  • En guerre

    François Bégaudeau

    Dans une France contemporaine fracturée, un ouvrier, Cristiano Cunhal, est licencié par l'usine dans laquelle il travaillait depuis quinze ans. Peu après avoir découvert les échanges érotiques de sa compagne, Louisa, et de son amant, Romain, il décide de s'immoler par le feu. Dès lors, chacun s'interroge sur les causes réelles de son acte. Poussés par la mauvaise conscience, Louisa, la prolétaire kabyle, et Romain, le bobo trentenaire, vont chercher par tous les moyens à venger l'honneur déchu de l'ouvrier sacrifié. En guerre questionne avec une rigueur implacable les déterminismes socioculturels d'un scandale lié au monde du travail qu'on pourrait ranger dans un registre purement passionnel. François Bégaudeau propose une fresque documentée d'une France fracturée, en autopsiant l'histoire d'amour utopique entre deux êtres issus de mondes qui n'auraient pas dû se croiser.

  • " ne rien dire, ne pas s'envoler dans le commentaire, rester à la confluence du savoir et de l'ignorance, au pied du mur.
    montrer comment c'est, comment ça se passe, comment ça marche, comment ça ne marche pas. diviser les discours par des faits, les idées par des gestes. juste documenter la quotidienneté laborieuse. " entre les murs s'inspire de l'ordinaire tragi-comique d'un professeur de français. dans ce roman écrit au plus près du réel, françois bégaudeau révèle et investit l'état brut d'une langue vivante, la nôtre, dont le collège est la plus fidèle chambre d'échos.

    Sur commande
  • Molécules

    François Bégaudeau

    Annecy, automne 1995. Jeanne Deligny, 44 ans, infirmière, est retrouvée morte sur le palier de son appartement, égorgée d'un coup de cutter.
    Ce crime n'ayant aucun motif apparent, l'enquête piétine, jusqu'à la découverte d'une pièce à conviction qui permet de retrouver la trace d'un suspect.

    S'inspirant de ce fait divers, François Bégaudeau n'en a conservé que les grandes lignes : la configuration du crime, son motif, et surtout l'ancrage des protagonistes dans un quotidien ordinaire. Au suspense qui sous-tend cette intrigue criminelle s'ajoute l'attention minutieuse portée à l'intériorité de personnages quelconques (enquêteurs, témoins, assassin, journalistes, proches de la victime, jurés), soudain révélés dans leur complexité moléculaire. Sans prétendre lever le mystère de leur passage à l'acte, ni distinguer le fautif de l'innocent, François Bégaudeau souligne le décor mental de ces années 90 ou les routines illogiques de l'appareil judiciaire.

    Sur commande
  • «Depuis vingt ans à vrai dire je n'ai plus cessé de rire. C'en est troublant, presque inquiétant, une anomalie car il y aurait plutôt de quoi pleurer, tragédies, saloperies, maladies, labeur de vivre, effroi de ne plus.
    Toujours j'ai donné le change, mais aujourd'hui me trouve las d'esquiver et pressé d'admettre qu'en effet il y a quelque chose qu'il ne faut plus tarder à raconter.
    Le temps est venu quoi qu'il m'en coûte de remonter à la blessure.
    De remonter à 86.
    À l'été 86.»

  • "La France des années 70 est un banquet gaulois où l'on boit et mange en parlant fort sous le regard magnanime de nos hommes politiques punaisés au mur comme on place un patriarche en bout de table.

    Moi je suis à l'autre bout, disposé à imiter ce qui passe, à devenir un adulte comme ceux qui me nourrissent, me servent des grenadines, me reprennent si je jure, me déposent à l'école publique. Bientôt je prendrai leur place, puis celle du patriarche. Une vie se sera passée et dedans il y aura eu de la politique, dès le début et jusqu'à la fin.
    Elle ne s'est pas passée comme ça." Ni manuel de conduite, ni texte prosélyte, ni justification complaisante, ni examen de conscience, ni autoportrait générationnel, Deux singes ou ma vie politique emprunte à l'ensemble de ces registres, tout en les détournant de leurs lieux communs.

    Sur commande
  • Jouer juste

    François Bégaudeau

    Finale de la coupe d'europe de football.
    A la fin de la deuxième mi-temps, juste avant les prolongations, un entraîneur livre d'ultimes conseils à ses joueurs et les exhorte à " jouer juste ". mais entre franc-parler et digressions métaphysiques, ce discours déborde son sujet, et vient bientôt s'immiscer le récit d'un amour passé avec une certaine julie. chorégraphies amoureuse et sportive sont liées plus qu'on ne le croit. dans ce premier roman atypique, françois bégaudeau a su habiter une parole à la fois artificieuse et fébrile, badine et hallucinée.
    Le lecteur est emporté dans une logorrhée verbale, dont les à-côtés comiques redoublent le vertige mental, qui révèle les failles et les aveuglements de ce narrateur donquichottesque.

    Sur commande
  • " À trente-cinq ans il fut temps que je sois un homme.
    Les hommes avaient des voitures, ils y transportaient des gens et des choses pour vivre. Les hommes avaient des enfants qui s'appelaient Léo. Une fois j'en avais entendu un demander comment volent les avions, le père avait dit avec des ailes. L'enfant s'en était contenté, le père n'avait pas besoin d'en dire plus pour asseoir sa légitimité, c'était un homme. " Ce roman à épisodes brouille les pistes de l'existence de Jules, amateur de conquêtes improbables et célibataire intermittent.
    De malentendus jouissifs en gags à répétition, l'auteur tient la chronique de ses aventures et fiascos parmi une dizaine de trentenaires des deux sexes. À moins que ce jeu de rôles n'implose pour s'ouvrir à une fantaisie sentimentale, assumée dans toute sa douceur.

  • François Bégaudeau, écrivain, rend compte ici, à sa manière, de la tournée promotionnelle d'un auteur, alias lui-même. Il énumère les étapes obligées de l'écrivain lors de la sortie d'un ouvrage : émission de radio, salon ou foire du livre, plateau télévisuel, séance photo, intervention en bibliothèque, signature en librairie, etc. Il donne ainsi à voir un vaste échantillon des lieux et cas de figure qui attendent ce VRP de son propre livre : entre parcours du combattant, traversée du désert et quiproquo déceptif. Si certaines situations prennent l'allure d'un gag, il s'agit moins de moquer les travers du microcosme parisianiste ou des professionnels de la culture que de mettre à nu les rouages d'une machinerie culturelle globale qui, au gré des flux de produits interchangeables, semble condamnée à faire l'impasse sur la confrontation aux textes eux-mêmes.Dans une deuxième partie, l'auteur décide de sortir de sa réserve, répond à côté, fait l'idiot ironique, torpille les débats biaisés, bref cesse de jouer le jeu de la comédie littéraire. Autant de joutes verbales qui, brisant le moule des conversations standardisées, ne cèdent pas aux règlements de compte personnels mais produisent un théâtre burlesque de l'absurde où chacun reconnaîtra une part de vérité.Enfin, nous voici transportés en 2023. Jouant sur les codes du roman d'anticipation, François Bégaudeau imagine une société française où les îlots de vie communautaire d'une jeunesse altermondialiste auraient gagné du terrain. Et c'est là, dans ces zones d'expérimentation coopérative que le narrateur se surprend à découvrir les échanges intellectuels que rend soudain possible un monde libéré des rivalités commerciales. Une façon pour l'auteur de dépasser la déploration ou la résignation en réaffirmant, à travers cette marge d'utopie, que le meilleur moyen d'interroger le rôle politique de l'intellectuel reste la fiction.

    Sur commande
  • De son expérience de professeur de français, françois bégaudeau a tiré un roman, en forme de journal de bord offensif, sur la vivacité du langage et les stratégies d'un enseignant qui veut transmettre les valeurs de l'école républicaine à des élèves ne comprenant pas toujours le sens de ce qu'ils apprennent.
    De son côté, laurent cantet voulait depuis longtemps réaliser un film sur l'école.

    Sur commande
  • Mai 2005 : non au référendum sur la constitution européenne.
    Novembre 2005 : embrasement des banlieues.
    Mars 2006 : mouvement anti-cpe.
    Une année, trois séquences politiques et autant de refus.
    Circulant parmi ces trois non, interrogeant leur cohérence autant que leurs contradictions, s'épargnant les imprécations du pamphlet ou le surplomb essayiste, ce texte à six jambes propose une cartographie littéraire de ce moment de la vie politique française.

    Sur commande
empty