Etienne Souriau

  • Qu'est-ce qu'une anamorphose, une barcarolle, une hypotypose, un pamphlet, un ysopet ? Comment définir le burlesque, le dodécaphonisme, le fétichisme, le nô, le rococo, le vibrato, le western ? Tous ces mots et concepts de différentes disciplines artistiques, certains parfois oubliés, retrouvent une signification précise.
    L'intérêt de ce vocabulaire, outre sa singularité dans ce domaine, est de permettre la confrontation de la pluralité du sens d'un mot d'une discipline à l'autre, évitant ainsi contre-sens et malentendus. "L'esthétique fait la jonction entre des domaines divers". Issu des travaux de la Société française d'esthétique présidée par Etienne Souriau, le Vocabulaire d'Esthétique fut publié pour la première fois en 1990.
    II est la référence unique et indispensable pour les nombreux publics de l'histoire de l'art et des beaux-arts, des lettres et de la philosophie, de la musicologie, du cinéma et des arts de la scène.

  • Quel rapport entre l'existence d'une oeuvre d'art et celle d'un être vivant ? Entre l'existence de l'atome et celle d'une valeur comme la solidarité ? Ces questions sont les nôtres à chaque fois qu'une réalité est instaurée, prend consistance et vient à compter dans nos vies, qu'il s'agisse d'un morceau de musique, d'un amour ou de Dieu en personne.
    Comme James ou Deleuze, Souriau défend méthodiquement la thèse d'un pluralisme existentiel. Il y a, en effet, différentes manières d'exister, et même différents degrés ou intensités d'existence : des purs phénomènes aux choses objectivées, en passant par le virtuel et le " sur-existant " dont témoignent les oeuvres de l'esprit ou de l'art, tout comme le fait même de la morale. L'existence est polyphonique, et le monde s'en trouve considérablement enrichi et élargi.
    Outre ce qui existe au sens ordinaire du terme, il faut compter avec toutes sortes d'états virtuels ou fugaces, de domaines transitionnels, de réalités ébauchées, en devenir, qui sont autant d'" intermondes ". Servi par une érudition stupéfiante qui lui permet de traverser d'un pas allègre toute l'histoire de la philosophie, Souriau donne les éléments d'une grammaire de l'existence. Mais son enquête se veut aussi une introduction à " la pratique de l'art d'exister ".
    A quoi nous attachons-nous précisément lorsque nous aimons un être ? A quoi nous engageons-nous lorsque nous nous identifions à un personnage de roman, lorsque nous valorisons une institution ou adhérons à une théorie ? Et finalement, quel(s) mode(s) d'existence(s) sommes-nous capables d'envisager et d'expérimenter pour nous-mêmes ? Questions métaphysiques, questions vitales. Cette nouvelle édition est précédée d'une présentation d'Isabelle Stengers et Bruno Latour intitulée " Le sphinx de l'oeuvre ".
    Elle inclut également un article d'Étienne Souriau, " Du mode d'existence de l'oeuvre à faire " (1956).

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