Emmanuel Berl

  • « Nous n'aurons pas été à l'avant-garde du monde.
    Nous n'aurons pas inauguré les bombardements par avions des populations fuyantes et des villes ouvertes. Nous n'aurons pas eu les premiers la pensée de tirer hors de la tête les yeux d'hommes désarmés, pour mesurer l'extension du nerf optique. Nous n'aurons pas transformé en savon les cadavres des otages. Nous n'aurons pas réalisé la première bombe atomique.
    Mais il n'est pas possible que ces excès monstrueux continuent. Il faudra bien que cet univers-là change, ou qu'il périsse. La raison devra, en fin de compte, préférer la raison à ce qui la nie, et l'homme préférer l'homme à ce qui le dévore. Pour redevenir la grande nation devant l'esprit, sinon devant la matière, pour être une fois encore la vigie très illustre de l'Occident, il suffirait, sans doute, il suffira que la France, adhérant à son propre génie, cesse enfin de se renier. »

  • Sylvia

    Emmanuel Berl

    " les objets auxquels je tenais le plus ont disparu, les passions se sont évaporées, les amitiés effilochées ; sur tant de pavés que j'ai battus, je reconnais à peine les reflets de mes propres déboires.

    Une jeune fille qui, devant un lac, pense, comme tant d'autres, vaguement et vainement à la mort, est-ce donc tout le bien que m'ait concédé cette terre, en quarante années ? " sylvia n'est ni un récit biographique ni un récit romancé. les évènements et les personnes, à commencer par la sienne, n'intéressent l'auteur que comme la matière première d'une recherche et d'une expérience. il s'agit pour lui non de savoir ce qu'il est et ce qui lui advient, mais ce qui de lui subsiste.
    Sylvie en est pour lui les symboles et il ne doute pas que toute vie en contienne une analogue, que chacun d'entre nous ait sa part de grâce. qu'est-ce donc que sylvia finalement ? c'est avant tout une confession et les rêveries d'un homme solitaire, en quête de lui-même, ardent à deviner le secret de sa propre charade.

  • Historien, journaliste, essayiste, ami de Proust, de Malraux, de Drieu la Rochelle, Emmanuel Berl (1892-1976), partisan des accords de Munich et hostile ´r la déclaration de guerre en 1939, est appelé dans l'entourage du maréchal Pétain devenu chef du gouvernement. Avec cet ouvrage paru en 1968, il se refusa ´r faire uvre d'historien, faute de la distance nécessaire ; il se voulut plus simplement mémorialiste de ce qu'il avait 'vu, senti, pensé'. Il en résulte un ouvrage irremplaçable : de fait, Berl connaît de longue date tous les protagonistes du drame qui se joue ; il est l'ami de plusieurs d'entre eux et, directeur de Marianne, il a discuté leurs décisions au fil des crises qui se succédaient ; il connaît les entourages. On fait souvent appel ´r lui, pour écrire un projet de discours de Reynaud ou bien encore deux des discours prononcés par Pétain entre la demande d'armistice ´r l'Allemagne et la fin de la IIIe République, le 10 juillet 1940. Qui ne connaît ces formules qui firent les beaux jours de la propagande vichyssoise : 'Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal' et 'La terre, elle, ne ment pas'?
    Berl quittera Vichy dcs le 25 juillet, pour se cacher en Corrcze, du fait de son judadsme, qu'il n'avait 'jamais eu le propos de renier', sa 'fidélité ´r l'alliance anglaise', sa certitude que la Révolution nationale était 'une inquiétante et grotesque bouffonnerie', enfin sa 'conviction, jamais ébranlée, que l'Allemagne hitlérienne serait battue'.

  • {Rachel et autres grâces} (1965) est une galerie de portraits de femmes qui ont traversé la jeunesse de Berl. Des années plus tard, sa mémoire capture, au-delà des silhouettes féminines, des climats spécifiques: le Paris des années 25, la Riviera du début du siècle, le dernier visage de l'Allemagne romantique...

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  • {Méditation sur un amour défunt} (1925) ressuscite un visage de femme "qui détestait le réel et s'aimait peu soi-même", altière, fragile et bourgeoise: l'amour impossible et pur que Berl rencontra en 1913. "Est-ce que je ne l'aime plusoe Est-ce que je ne suis plusoe Où cette mort remonte-t-elleoe A quelle date puis-je dire: mon amour a fini?"

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  • Avec Les Imposture de l'histoire, paru pour la première fois en 1959, Emmanuel Berl revient sur de grands événements de l'histoire de l'Occident auxquels il donne une nouvelle interprétation, loin des légendes, des clichés et des idées reçues.
    Pourquoi faisons-nous de Cléopâtre une « fille du Nil entourée de magiciens » alors qu'elle était descendante d'une des plus grandes familles grecques ? Sait-on que Charles Martel, avant de contenir les Arabes, était venu à Poitiers pour soutenir un allié d'un sultan musulman ? Pourquoi la guerre de Charles VIII contre Naples passe pour être un fiasco militaire alors qu'elle fut une succession de victoires ? Pourquoi les historiens ont présenté le discours de Robespierre du 9 thermidor comme la raison de sa chute alors qu'il a, en fait, été acclamé par l'assemblée ?
    Emmanuel Berl ne se contente pas de réhabiliter la vérité, il revient sur tout le processus d'interprétation qui a conduit les historiens, puis les peuples, à tenir un mensonge pour une vérité incontestable. Comme l'aurait déclaré Napoléon, Berl nous ramène à « ce mensonge que personne ne conteste : l'Histoire ».

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  • Dans cet essai paru en 1957, Emmanuel Berl mesure avec angoisse le repli des Français sur eux-mêmes. Il s'interroge: "Pourquoi la politique en France évolue-t-elle moins comme une histoire que comme une névrose?" Un essai étonnamment actuel.

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  • Auteur d'une vingtaine de livres et de plusieurs centaines d'articles, parent de Bergson et de Proust, ami de Drieu La Rochelle et de Malraux, Emmanuel Berl a occupé une place importante dans la littérature de l'entre-deux-guerres.
    Il est aujourd'hui très injustement oublié. Voici l'occasion de découvrir un des " grands méconnus " de ce siècle. Modèle d'esprit critique, sans conformisme, sans sectarisme, sans dogmatisme, il est un représentant très original de la pensée libérale. Il est aussi, par l'acuité de son jugement et la limpidité du style, un grand moraliste français. Essayiste, historien, pamphlétaire, journaliste politique, écrivain d'art, mémorialiste, Berl a touché à beaucoup de genres.
    Il passe de Tamerlan à l'affaire Dreyfus, d'un cours de Bergson à une lecture de Simone Weil, de la sagesse de Goethe à l'amour chez Proust, de la Kabbale à la psychanalyse. Il lit, il regarde, il écoute, il réfléchit, il commente. A travers mille anecdotes, portraits, souvenirs ou citations, il s'interroge aussi sur l'oubli, le progrès, le langage, la culture, la réflexion, la mort. Il avait un goût extrême de l'amitié.
    Dans les hommages qu'il a rendus à tel ou tel de ses amis - Daniel Halévy, Martin du Gard, Camus et bien d'autres -, c'est lui que nous voyons comme dans un miroir. Dans ces textes, classés par thèmes mais si divers, on trouvera le meilleur de Berl. Car il n'est jamais plus frappant que quand il réagit à une lecture ou à un événement, passant de la réaction à la réflexion et s'élevant avec facilité à l'essentiel.
    Il faut lire les écrivains morts non pour les juger mais pour la nourriture qu'ils nous apportent. La lecture de Berl est l'une des plus enrichissantes qui soient. Elle nous permet de rencontrer l'un des esprits les plus complets, les plus intelligents, les plus justes de notre temps.

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  • Europe et Asie

    Emmanuel Berl

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  • Au XVIII siècle, l'Histoire était généralement exempte des passions nationales : les historiens du XIX siècle et, plus que tous les autres, les historiens allemands s'y adonnèrent avec une croissante frénésie. Ils transformèrent en arsenaux les archives. L'Europe du XX siècle est sans doute trop menacée, elle devient trop misérable pour le luxe monstrueusement onéreux de ses antagonismes nationaux. Elle doit prendre, et elle prendra, une conscience toujours plus claire de ses profondes solidarités. Aux histoires de ses diverses patries, elle substituera celle de leur commun passé. Ce premier volume considère l'Occident chrétien d'Attila à Tamerlan : c'est l'épopée de la Chrétienté gothique. Entre la Louve et le Croissant, l'Europe, qu'après le désastre de Rome l'Asie menace de submerger, se ressaisit et se reforme : les Croisés poussent ses frontières jusqu'à la Syrie. Les contradictions du césaropapisme, les guerres intestines, les hérésies, la retombée de l'élan vital - dans l'Islam comme dans la Chrétienté - ouvrent une chance nouvelle à l'Asie, qui, en cinq siècles, produit les empires formidables et précaires des Khitais, des Ghaznévides, des Seldjoucides, de Gengis Khan, de Mengou, de Bajazet, de Tamerlan. Si bien qu'à la fin du XV siècle, l'Occident paraît promis aux mêmes périls qu'il avait surmontés entre le V et le X siècle. Il va d'ailleurs les surmonter encore par un nouveau miracle culturel : les grandes découvertes, l'humanisme et la Renaissance ; les sédentaires l'emportent décidément sur les nomades. Ce millénaire, si longtemps méconnu, est pourtant celui qui comporte pour nous les plus précieuses leçons.

  • Ces trois essais coulent d'une même source, il s'agit moins de l'art en tant que tel, que de la voie qu'il trace vers le sacré.

    La quête de Dieu - évidente chez Rembrandt - l'est à peine moins chez le grand penseur gothique que Vinci reste, à l'écart des pompes joyeuses de l'Italie renaissante.

    Pour ce qui concerne la peinture cubiste, elle pose un problème assez compliqué : par rapport aux " arts primitifs et barbares " à commencer par l'art africain.

    Celui-ci n'a guère influé les oeuvres du cubisme : elles s'insèrent dans le mouvement général de la peinture moderne. Et il est probable que si Picasso n'avait jamais vu un masque ni un fétiche, ses tableaux seraient à très peu de chose près ce qu'ils sont.

    Mais le fait de l'avoir connu, admiré, aimé, a changé, sinon ses toiles, la manière dont il les a regardées et montrées.

    L'art africain permit aux cubistes de piéger un reflet de ce sacré vers quoi ils tendaient. Un sacré sans théologie ni hiérarchie, dont ils ont retrouvé les formes dans leur propre peinture.

    Ces trois tentatives de mise au point relèvent sans doute d'une histoire de la mystique plutôt que d'une histoire de l'art.

  • Connu comme un des grands intellectuels de l'après-guerre, Emmanuel Berl (1892-1976) se passionne pour la télévision dès 1954. De cette date à 1971, il écrivit dans divers journaux de nombreuses chroniques à propos du petit écran. Un téléspectateur engagé nous offre une sélection de ces textes où l'on retrouve avec émotion les noms de tous ceux qui furent à l'origine de cette fantastique aventure : Pierre Sabbagh, Jean Nohain, Léon Zitrone, Catherine Langeais, Pierre Tchernia, etc. Mais c'est aussi l'occasion pour Berl de nous parler littérature ou politique, musique ou histoire, et il n'hésite pas à passer de Malraux à Johnny Hallyday et de De Gaulle à Louis XIV.
    Merveilleux critique, enthousiaste ou cinglant, Emmanuel Berl nous permet de redécouvrir intacte la télévision d'hier et de mieux comprendre en quoi elle contenait déjà le meilleur et le pire.

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