Emmanuel Falque

  • La confrontation entre philosophie et psychanalyse a connu de beaux jours. Mais après les grands débats avec P. Ricoeur, M. Merleau- Ponty, J. Derrida, G. Deleuze ou M. Henry, ce dialogue semble aujourd'hui rompu. Il fallait donc de nouveau franchir le Rubicon. Peut-être la philosophie contemporaine souffre-t-elle d'un « excès de sens », qu'il s'agisse de signification ou d'interprétation, et que la psychanalyse ait sur ce point matière à interroger ?
    Dire «i» Ça n'a rien à voir«/i» n'indique pas qu'entre philosophie et psychanalyse il n'y ait pas de rapports, bien au contraire. « Ça n'a rien à voir » veut plutôt signifier que le « Ça » ne se voit pas - parce que précisément il ne se donne jamais à voir comme « phénomène ». Oser «i» Lire Freud en philosophe «/i», c'est ainsi conduire la pensée vers des rives insoupçonnées, en une lecture de la psychanalyse ici renouvelée.

    «i» Doyen honoraire de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, Emmanuel Falque est philosophe et phénoménologue. Il est l'auteur de nombreux ouvrages publiés en France et traduits à l'étranger, en particulier aux États-Unis. Derniers livres «/i» : Le Combat amoureux (2014), Parcours d'embûches (2016), Le livre de l'expérience (2017).

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  • Ce livre repose sur une décision et fait fond sur un pari : il est possible de lire aujourd'hui philosophiquement les pères de l'église et les médiévaux, jusques et y compris dans les objets de la théologie.
    Certes, on n'a pas attendu ni la phénoménologie pour interroger à nouveaux frais le corpus de la théologie, ni les textes patristiques et médiévaux pour y découvrir une posture inédite pour la phénoménologie. reste cependant que de l'une à l'autre - de la philosophie patristique et médiévale à la phénoménologie - le rapport est décisif tout autant qu'exemplaire. on ne se contentera pas, dans cet ouvrage, de sonder les racines patristiques et médiévales de la phénoménologie, mais on fera travailler la phénoménologie elle-même dans le corpus de la théologie, pour y faire voir ce que ni l'une ni l'autre n'ont peut-être pas encore vu : l'ultime possibilité de décrire phénoménologiquement les modes de manifestation de la théologie, jusques et y compris dans le vécu interne des textes de la tradition aujourd'hui à (re)découvrir.
    Indépendamment de leur effectivité, les concepts théologiques se traduisent ainsi en des termes philosophiques que la phénoménologie doit légitimement interroger : relation et substance dans la trinité et onto-théologie (augustin), théophanie et apparition du phénomène (jean scot érigène), détachement et réduction (maître eckhart), création d'adam et visibilité de la chair (irénée), incarnation christologique et épaisseur du corps (tertullien), conversion des sens et intercorporéité (bonaventure), communion des saints et genèse de la communauté (origène), traité des anges et inter-subjectivité (thomas d'aquin), appel du nom et singularité d'autrui (duns scot).
    La méthode ou le chemin vaut toujours davantage que le résultat, si tant est que l'on s'y laisse conduire. tel est ce que voudrait atteindre notre pratique phénoménologique de la philosophie médiévale, ici justifiée tout autant qu'exercée. les concepts de dieu, la chair et l'autre appartiennent certes, et exemplairement, au champ de la phénoménologie contemporaine, mais ils trouvent dans le corpus de la philosophie patristique et médiévale de quoi non seulement les enraciner, mais encore les renouveler.
    C'est à en marquer l'essai que l'ouvrage ici veut s'essayer, charge à d'autres d'en revenir à l'impact, et de tenter de le transformer

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  • Le concept d'expérience revient aujourd'hui en force. Il plonge pourtant ses racines dans notre passé. La « réflexion sur l'expérience » naît en effet au Moyen Âge aux XIe et XIIe siècles dans le cadre de la théologie monastique. Car s'il faut parler d'expérience quand on est « moine », encore faut-il parler sur l'expérience et non pas uniquement à partir de l'expérience. L'« expérience en pensée » (Anselme de Cantorbéry), l'« expérience du monde » (Hugues et Richard de Saint-Victor), et l'« expérience en affects » (Aelred de Rievaulx et Bernard de Clairvaux) traversent ainsi ce « renouveau monastique » philosophiquement à interroger.
    « Aujourd'hui nous lisons au livre de l'expérience. » Le mot célèbre de Bernard de Clairvaux indique un programme encore à réaliser. Ce Livre de l'expérience, pris entre l'analyse des Pères et de la scolastique, vient donc ici comme un manque à combler - non seulement en achevant un nouveau triptyque, médiéval cette fois, mais aussi en ouvrant sur une richesse expérientielle et philosophique de la spiritualité que nous aurions tort d'ignorer.

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  • Voici, réunies en un seul volume, trois oeuvres fondamentales de la philosophie contemporaine.
    Voici la lecture continue qu'Emmanuel Falque mène des trois jours de la Passion du Christ.
    Voici, récapitulée, l'expérience de Dieu qui est celle de l'homme.

    Qu'en est-il de l'épreuve de l'angoisse, de la souffrance, de la mort à laquelle conduit le vendredi saint ? Qu'en est-il de l'épreuve de la naissance et de la résurrection à laquelle ouvre le dimanche pascal ? Qu'en est-il de l'épreuve du corps et de l'éros, de l'animalité et du chaos intérieur à laquelle appelle le jeudi saint ? C'est bien Le Passeur de Gethsémani qui, en opérant la Métamorphose de la finitude, institue Les Noces de l'Agneau.
    Ce triduum philosophique interroge l'humain pour dire et définir les conditions de son assomption par le divin.
    Une oeuvre capitale dont le rayonnement international ne fait que grandir.

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  • Tout parcours est « semé d'embûches » - chacun le sait, ou à tout le moins le sent. Ce livre en est à nouveau la preuve. Non pas qu'on nous tende des pièges, mais en cela que les courses de 'sauts d'obstacles' sont toujours les plus prestigieuses, mais aussi les plus périlleuses. En réponse à Une analytique du passage (Claude-Brunier Coulin, éd.), ce volume de la plume de l'auteur reprend ainsi point par point les 'interrogations et objections' soulevées lors du colloque de Chevilly-Larue (5-7 Juillet 2014), tout en proposant un véritable 'itinéraire' retraçant sa propre trajectoire. La source franciscaine, l'humanité commune, le sens de la catholicité, la racine ignacienne, l'héritage péguyste, le rapport à la finitude, le problème du surnaturel, le statut de l'apologétique, la relation au corps, le sens de la voix, la traversée du chaos, la question de la limite, le statut de l'Ecriture, le sens du style..., sont autant de thèmes et de questions abordées dans le présent essai. Faisant de la lutte de Jacob avec l'ange la figure de proue de cette grande traversée - « Je ne te lâcherai pas que tu m'aies béni » (Gn 32, 27) -, cet ouvrage accomplit le 'cycle méthodologique' initié par Passer le Rubicon (Lessius, 2013), relayé par Le combat amoureux (Hermann, 2014), et achevé par le Parcours d'embûches (Editions franciscaines, 2016).

  • Ce livre part d'une question. qui apparaît bien encore aujourd'hui comme une aberration : " Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? " (Jn 6, 52) Ce qui fait ici la plus grande étrangeté du sacrifice eucharistique n'aura pas la force de nous y accoutumer. Reste que la philosophie peut l'interroger (puissance du corps. part d'animalité en l'homme. éros à partager). et la théologie le dévoiler (transsubstantiation, Agneau immolé, figures de 1'agapê). Les noces de l'agneau (Ap 19, 19) célèbrent ainsi un " festin " auquel nul ne sait plus comment se fier, dès lors que l'invocation du mystère a parfois l'effet pervers de nous dispenser de nous interroger. Appuyé sur les grandes questions de la tradition (transsubstantiation, incorporation, adoration, etc.), mais aussi éclairé par les analyses de toute l'histoire de la philosophie (d'Aristote et saint Thomas à Spinoza, Deleuze ou Merleau-Ponty), cet ouvrage tente d'éclairer " existentiellement " et " dogmatiquement " le " ceci est mon corps ", gageant que la corporéité du Christ est venue tout assumer, et que rien de notre chaos intérieur ne saurait lui demeurer étranger. Faisant suite au Passeur de Gethsémani et à Métamorphose de la finitude, mais dans un triptyque pouvant être lu de façon séparée, Les Noces de l'Agneau passent donc des expériences de la " mort " et de la " naissance " à celle du " corps ". Hoc est corpus meron (" ceci est mon corps "). L'énoncé n'est pas de confession seulement (liturgie eucharistique), mais aussi d'humaine nature (échange des époux) et affaire de culture (paradigme de l'Occident). À la " Descente dans l'abîme " (Ie partie) et au " Séjour de l'homme " (IIe partie) répond ici la figure du " Dieu incorporé " (IIIe partie), de sorte que " rien n'engage un homme comme l'eucharistie " (Fr Mauriac).

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  • Metamorphose de la finitude

    Emmanuel Falque

    • Cerf
    • 16 Septembre 2004
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  • Le combat amoureux

    Emmanuel Falque

    • Hermann
    • 2 Juillet 2014

    Un « combat amoureux » (Heidegger) ou une « lutte entre les penseurs » (Husserl) détermine le destin de l'histoire de la philosophie. Au coeur du débat avec la phénoménologie française, cet ouvrage engage une véritable disputatio philosophique ancrée sur ledit «tournant théologique de la phénoménologie française». Assuré que l'heure n'est plus au simple choc frontal, mais à un véritable dialogue et confrontation entre les disciplines, ce livre tente de montrer en quoi une «phénoménologie de la limite» peut aussi servir de contrepoint à la «phénoménologie de la révélation», et la tourner davantage vers une pensée de l'«i ncarnation» ou de l'«e xpérience» . Jacques Derrida, Maurice Merleau-Ponty, Emmanuel Levinas, Jean-Luc Marion, Michel Henry, Jean-Louis Chrétien, Jean-Yves Lacoste, Claude Romano et Jean Greisch, marquent les différents étapes de cette «traversée» point par point articulée, et en quête d'un respondeo à même d'autrement décider.

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  • Le passeur de gethsemani

    Emmanuel Falque

    • Cerf
    • 19 Janvier 1999

    Ni l'angoisse, ni la souffrance, ni la mort n'autorisent à faire du trépas le lieu d'un passage.
    Au contraire, le croyant comme tout homme en supporte aussi le poids insurmontable. Et le Christ, de Gethsémani au Golgotha, en subit identiquement l'indépassable épreuve. Traversant ainsi de bout en bout - en guise de Passeur - le détroit de notre propre finitude, il en remet alors la charge aux mains du Père, quand s'ouvre en lui la blessure charnelle de l'homme vulnérable. En dialogue ici avec la philosophie contemporaine (Husserl, Heidegger, Sartre, Camus, Levinas...), l'expérience christique de Gethsémani rappelle ainsi - en théologie cette fois et avec le Christ comme emblème de l'homme - cette évidence triviale, et pourtant si oubliée quand il s'agit du Fils de l'homme, selon laquelle " dès qu'un homme naît à Bethléem, il est assez vieux pour mourir [sur le Golgotha ?] " (Heidegger).
    Qu'il soit cependant faux, ou à tout le moins insuffisant, de tenir avec Heidegger que le chrétien n'éprouve pas véritablement l'angoisse de la mort (et encore moins le non-sens de la souffrance) en l'ayant " toujours déjà coaperçu dans l'interprétation de la vie ", tel est négativement, l'objet du présent ouvrage. Loin des nombreuses interprétations psychologisantes de Gethsémani, et sur le terrain métaphysique cette fois de l'Évangile confronté aux recherches philosophiques de notre temps (existentialisme et phénoménologie), le Fils nous apprend au contraire jusque dans son corps, positivement alors, et dans son unique langage du " Verbe fait chair ", ce qu'il en est précisément d'être homme quand l'homme, charnellement, souffre de ne plus entendre Dieu.

  • Philosophe, le pape François ? L'affirmation a de quoi étonner au départ. Autant le titre de « philosophe » aurait paru très approprié pour Jean-Paul II, comme celui de « théologien » pour Benoît XVI, autant celui-ci semble éloigné de la personnalité de Jorge Bergoglio, perçu davantage comme un pasteur et un homme d'action que comme un intellectuel et un penseur.
    Or, ce serait gravement se méprendre. Car si le pape François est « philosophe », ce n'est pas seulement parce qu'il est un sage qui sait discerner, mais aussi parce qu'il est un penseur qui voit avec clairvoyance où aller. Selon lui, il n'y a pas d'action sans pensée, ou plutôt l'action est elle-même un mode de la pensée. Nourrie des apports de Paul Ricoeur, Maurice Blondel, saint Bonaventure, Luigi Pareyson, Miguel de Unamuno ou Ignace de Loyola, la riche réflexion de François peut accompagner de manière pertinente l'aventure catholique aujourd'hui, comme le souligne cet ouvrage dirigé par Emmanuel Falque et Laure Solignac.

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  • On trouvera dans ce livre une introduction à la phénoménologie, pour ceux qui voudraient s'y initier. Mais on y découvrira aussi et surtout une méditation christique, pour ceux qui désirent y entrer. Fruit simultané de cours universitaires, de retraites spirituelles, et d'offices chaque jour chantés, Alentour du verset déploie une « Petite phénoménologie des Mystères » - qui est aussi un véritable « Chapelet phénoménologique ». Conduit sur le modèle de Marie qui « revenait aux choses-mêmes dans son coeur » (Lc 2, 19), l'ouvrage égraine les vingt mystères du Rosaire selon une méditation priante, rigoureuse et philosophique. Il n'y a pas là non plus que de la spiritualité. On y trouve d'abord le meilleur des pensées des phénoménologues (Heidegger, Merleau-Ponty, Levinas, Marion, Chrétien, Lacoste, Romano, Falque, ou encore Arendt, Stein, Buber ou Rosenzweig), mais en tant que la raison passe ici au prisme de l'oraison. Comme l'écrit Emmanuel Falque dans sa préface : « Certains livres sont intéressants et d'autres sont intelligents. Il y a aussi les livres documentés et les livres innovants. Et il y a aussi les très grands livres. Alentour du verset est de ceux-là, comme il y en a peu dans une décennie. » Soeur Marie-Aimée Manchon est moniale (Fraternités monastiques de Jérusalem) et chargée d'enseignement au Collège des Bernardins et à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris.

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  • La philosophie, et en particulier la phénoménologie, se trouve aujourd'hui en France dans une situation pour le moins paradoxale dans son vis-à-vis avec la théologie. Alors que les uns accusent les phénoménologues d'un prétendu tournant théologique et que les autres s'en défendent comme si toute théologisation devait entacher leur intégrité, nul ne tente délibérément la traversée en prenant en charge les deux disciplines comme telles. En osant « passer le Rubicon » avec cette conviction que « plus on théologise, mieux on philosophe », cet ouvrage tente donc de mettre fin à la trop fréquente position de « chiens de faïence » et propose un « choc en retour » de la théologie sur la phénoménologie. Loin des philosophies du « seuil » ou du « saut », une véritable rencontre des disciplines est ici revendiquée, dans l'assurance qu'elles seront mieux distinguées si elles acceptent d'être davantage assumées. Alea jacta est : « le sort en est jeté », avec audace et peut-être témérité mais en sachant que nul ne pense s'il ne vient à s'exposer.

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  • Philosophie et théologie : aujourd'hui les frontières semblent s'être déplacées. En effet, la philosophie française plus que jamais s'occupe de théologie, alors que la théologie cherche dans la pensée contemporaine les moyens de son propre renouvellement. Ancré dans une pratique commune de la philosophie et de la théologie, ce volume rassemble diverses contributions de philosophes et de théologiens d'une même génération, ayant tenté de réfléchir ensemble à la nouveauté de ce rapport.

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