Dominique Zehrfuss

  • On m'a attribué un rôle que je prends très au sérieux, n'en connaissant pas d'autre... Chien savant... Je dirais même caniche savant... Les rares fois où je suis en compagnie de mes parents, ce n'est jamais dans une situation d'enfant, mais toujours entourée d'adultes, et jouant moi-même le rôle d'une adulte miniature. C'est là que je désapprends à être ce que je suis : une enfant. J'apprends à dissimuler ce que je pense et à endosser mon costume de caniche : souriante, aux aguets, silencieuse, mais prête à répondre à toutes les questions que l'on me pose... Sachant aussi simuler une attention aiguë, pour faire oublier que ma place n'est pas là où je me trouve.

  • « J'ai toujours été attirée par l'infiniment petit, convaincue que c'est là que je trouverai ma place. J'ai commencé à peindre des miniatures sur le thème du paradis un jour d'été. Je me persuadai qu'en passant par le chaton d'une aiguille, à l'aide de pinceaux japonais à trois ou quatre poils, je parviendrai à atteindre une sorte d'Eden, de Paradis Retrouvé. Un peu à la manière du personnage de Dickens dans Les Grandes Espérances qui fait de son minuscule pavillon de banlieue un château fort avec pont-levis et douves. Après avoir peint ces petits paradis, j'ai réussi à m'y insinuer et j'espère que le lecteur, par un jour de pluie ou de cafard, pourra venir me rejoindre. »
    Dominique Zehrfuss nous invite à partager sa vision du paradis. En 28 miniatures, elle dessine son Eden, paysage miraculeusement riche d'inventions et de réinterprétations. En vis-à-vis des aquarelles le poème de Patrick Modiano en illumine la lecture.

  • Voici Choura, labrador aux yeux bleus, qui s'ennuie chez ses maîtres et qui est un chien romantique.
    C'est aussi un chien qui ne doute de rien, et c'est pourquoi, probablement à cause d'un livre et d'un film, sa vie prend une tournure à faire rêver tous les chiens et les enfants, à partir de cinq ans.

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  • Vacances de neige pour Choura, le célèbre labrador aux yeux bleus. Le voici à la montagne, dans un hôtel qui est un vrai palais, rempli de couloirs déserts parfaits pour les farces. C'est le temps des leçons de ski avec la baronne Orczy, des cours de patins à glace, des jus d'orange et des valses. C'est surtout pour notre héros le temps des rencontres, car voici la très douce et très belle Flor de Oro dont il tombe terriblement amoureux.
    Une nouvelle aventure d'un chien romanesque et libre, où plane encore une fois l'ombre du Mouron Rouge.

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  • Marie NDiaye et Dominique Zehrfuss ont composé ensemble un livre rare et réjouissant, Vingt-huit bêtes : un chant d'amour, constitué du long poème écrit par la première et d'un bestiaire de 28 peintures réalisées par la seconde. Les vers de Marie NDiaye y répondent aux gouaches subtiles et oniriques de Dominique Zehrfuss, tandis que les couLeurs éclatantes et les mille et un détails des illustrations invitent à entrer dans le poème.
    Marie NDiaye y évoque l'amour enfui, le désir qui s'éLoigne, des paysages intérieurs en recomposition, et tisse sur le bestiaire peint de Dominique Zehrfuss un discours amoureux original et profond, à la fois intemporel et contemporain.
    Les deux oeuvres jouent ensemble, se façonnent et s'interprètent l'une l'autre dans un équilibre inattendu et saisissant.

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  • «Les Orientaux aimaient réduire le monde à l'infiniment petit, certains peintres japonais du XVIIIe siècle ont même réussi l'exploit de peindre un jardin sur un grain de riz. D'autres ont sculpté des scènes du Déluge sur des noyaux de cerise. Je ne pourrais prétendre à tant de virtuosité, mais j'ai toujours été attirée par les mondes infimes, au point de me constituer au fil des années un musée personnel du Minuscule.
    Paradis, Enfers : quoi de plus impressionnant, gigantesque, de plus surhumain en même temps - à commencer par leur version littéraire, cette Divine Comédie, dont la lecture, il y a quelques années, m'a ouvert la voie à ces univers parallèles?
    Un été où j'étais triste à Paris, je ne voyais pas d'issue à mon chagrin, sinon le rêve. Pour donner vie à ces rêveries, je commençai à dessiner des mondes minuscules, paradis terrestres, paradis perdus, où je m'imaginais avec celui que j'aime, où nous étions d'infimes particules d'un monde minéral et végétal, tels des feuilles, des étoiles, des grains de sable...
    Oublions le Purgatoire, que j'imagine plutôt gris, mais que seraient mes paradis sans leurs enfers? Rome sans les sept collines, la Joconde sans son sourire?... Aussi n'avais-je d'autre choix, à un moment moins chagrin, que de donner vingt-huit enfers miniatures comme antipodes à mes paradis. Lorsqu'on se "fait tout petit", on peut disparaître, mais c'est peut-être pour mieux renaître dans un autre monde, un jardin d'Éden.» Dominique Zehrfuss.

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