Caroline Boidé

  • Une femme en crue, débordante de désir, sa faim de louve hantant la nuit... Un homme de la taille du torrent qui "fait la sourde oreille au jour", happé par le souvenir d'une autre femme... Le sommeil de celle qui s'est noyée... L'ombre de la morte au fond de l'océan... Et puis, la force des liens, les corps inassouvis, l'absence qui "imprègne d'iode le sexe de la femme en crue", la brûlure des doigts, leur tracé de neige des chevilles jusqu'aux seins, la cambrure du dos, ce tremblement où vivre...
    Les personnages du long poème narratif que livre Caroline Boidé porte en eux tous les débordements de la chair et de l'âme. Avec un sens inné de la suggestion, ses fulgurances déliant la prose de la vie, elle dégrafe l'imaginaire du lecteur "jusqu'à la meurtrissure". Hypnotique et saisissant.

  • L'enfance en crue a pris d'assaut mes pages. Ses voix brisées, ses digues de silence, sa maison rougie au fer et ses poussées dans le noir se sont imposées à moi comme un attentat, que j'ai laissé glisser au tamis du poème.

    Elle a plu derrière ses yeux pour épargner la mère Elle a tendu la joue pour être en ligne avec le ciel fou au-dessus d'elle Elle s'est rasée la tête et ses cheveux pendus font office de conteur Tout entière dans les plis de la mère, son ombre incapable de suivre les contours déchaînés de leurs corps a disparu pour de bon.

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  • Les impurs

    Caroline Boidé

    Fin des années cinquante, en Algérie. David, ébéniste juif de Batna, rencontre par hasard Malek, jeune musulmane qui n'a d'autre religion que celle des livres. Ensemble ils découvrent l'amour fou, alors que la guerre civile ébranle le pays.
    À travers une liasse de feuillets écrits de la main de l'aimée, brutalement disparue, David découvre un monde de floraisons saccagées. En épousant une femme juive, il pense tout recouvrir, jusqu'au printemps 1962 où il lui faut s'arracher à sa terre natale.
    Dans ce roman d'une grande sensualité et d'un beau lyrisme, Caroline Boidé lève le voile sur ce bastion de paix millénaire entre juifs et arabes, fait de jours communs bariolés et de trésors enfouis d'avant toute mémoire, quand se mêlaient les échos du muezzin et du chofar, sans domination aucune. Elle offre l'espérance inouïe d'entendre les voix qui se sont tues et de voir enfin un amour sans limites.

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  • Élise vient d'être quittée. Au lieu de renoncer à l'amour, elle décide de l'entretenir, de lui offrir le mausolée de sa vie, avec un romantisme qui ne se paie pas de dérision. Elle part en Terre promise pour se joindre à une communauté de soeurs bénédictines. En apprenant à les connaître, elle remonte le cours de sa passion. Et une intimité intense se noue entre celles qui aiment et espèrent le Grand Absent et celle qui aime mais n'attend plus.

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  • Caroline Boidé et Vénus Khoury-Ghata : deux femmes pour un recueil à quatre mains... Quatre mains courant sur le clavier des corps jusqu'au vertige de la jouissance. Quatre mains vouées aux caresses qui accueillent l'enfant, assurent ses premiers pas, tressant pour lui un chemin de vie. Quatre mains croisées devant la mort, qui s'invite trop souvent à notre table. Car le « kaddish pour l'enfant à naître » que nous propose Caroline Boidé dans la partie centrale du recueil s'adresse à l'enfant qu'elle portait au moment des attentats de novembre 2015. Entouré, protégé, par les poèmes sensuels, souvent érotiques, de Vénus Khoury-Ghata, il n'est plus la prière des endeuillés, mais réponse à la barbarie, « odyssée », hymne au miracle de la vie. Quatre mains... Et tant d'autres déjà posées sur ce livre que nous aimons.

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