Carl Schmitt

  • Deux textes majeurs de Carl Schmitt sont réunis dans ce livre. La Notion de politique (1932) expose les thèses qui forment le coeur de sa pensée : l'Etat ne se confond pas avec la politique, il n'en est qu'une expression historique et périssable. Le politique lui-même est le lieu de discrimination de l'ami et de l'ennemi. Dans l'époque moderne, l'Etat est cette instance qui désigne l'ennemi et décide de la guerre ou de la paix. Théorie du partisan (1962) examine la situation créée par l'effritement du monopole politique de l'Etat à partir de 1945, quand le conflit se généralise du fait de la politisation de toutes les sphères de la vie sociale. Apparaît alors le partisan, que nous appelons parfois le terroriste, combattant de cette guerre totale et figure emblématique de notre modernité.

  • La dictature

    Carl Schmitt

    À l'origine, la dictature est une institution de la République romaine. Le dictateur reçoit la mission de rétablir l'ordre républicain dans un temps limité à six mois. La dictature « souveraine », spécifiquement moderne est quant à elle illimitée et vise à créer un nouvel ordre.
    Mais l'ouvrage de Schmitt n'est pas seulement une remarquable analyse historique des usages de cette institution destinée, quel qu'en soit le type, à faire face à l'état d'exception. Si l'expérience ultérieure du XXe siècle a disqualifié la notion de dictature, l'interrogation sur les situations où l'État de droit est confronté à ses limites n'a rien perdu de son actualité : les mesures « antiterroristes » aussi bien que les difficiles « transitions » consécutives au renversement d'autocraties militaires en attestent aujourd'hui.

    Traduit de l'allemand par Mira Köller et Dominique Séglard.
    Présentation inédite par Jean-Claude Monod.

  • à partir de cette situation que l?auteur nous propose sa vision du premier ordre juridique que la Terre ait connu : à savoir un droit international public émanant de l?Europe conquérante au début des Temps Modernes avant d?être mis au défi par la montée du Nouveau Monde, puis liquidé dans les tourmentes du XXe siècle.
    [?] Avant même d?être un ordre normatif, ce droit public de l?Europe qui projetait son nomos sur la Terre était un ordre spatial, de là lui venait sa véritable cohésion, de là aussi son principal effet, qui était de limiter la guerre en Europe. » (Peter Haggenmacher)

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  • « L'adhésion de Carl Schmitt au mouvement national-socialiste dès 1933 a jeté sur l'ensemble de son oeuvre une ombre inquiétante », écrit Dominique Séglard en présentation de cet ouvrage. Dans ce texte issu de deux conférences prononcées en 1934 à l'occasion de l'anniversaire de la prise de pouvoir d'Hitler, Carl Schmitt mêle sa pensée économique aux bases de sa justification morale et juridique du nazisme. Il y met en concurrence trois types de pensée juridique : le normativisme, le décisionnisme et la pensée de l'ordre concret, dans laquelle l'État possède un pouvoir absolu, la seule conforme à l'essence du peuple allemand. Il conservera cette substance dans sa pensée toute sa vie, alors même que c'est cette vision trop éloignée de la Volksgemeinschaft qui lui vaudra les critiques et le désaveu des cadres du régime dès 1934. Plus qu'un document historique, ce texte est un élément essentiel à la compréhension de la pensée globale de Carl Schmitt.

  • Quand une décision judiciaire est-elle correcte ? Telle est la question pour nous qui souhaitons que le droit vienne à notre secours quand nous en avons besoin.
    Celui qui n'est pas encore le sulfureux Carl Schmitt donne une réponse surpre- nante à cette question, une réponse qui, aujourd'hui peut-être plus que jamais, nous parle toujours.

    En 1912, Carl Schmitt publie son deuxième livre après sa thèse en droit pénal sur les types de responsabilité, la culpa. On retrouve déjà dans Loi et jugement l'attrait de celui qui deviendra l'un des auteurs les plus traduits en sciences humaines et sociales pour sa rhétorique, son style, son goût pour les concepts en opposition et pour les mots en guerre pour lesquels il deviendra célèbre : ami/ennemi, légalité/légitimité, théologie/politique, règle/exception, état/mouvement/peuple, terre/mer, mais aussi juif/aryen. Or c'est avec l'examen de la relation loi/jugement que tout a commencé.
    Y a-t-il harmonie ou tension ? Déduction ou déconnexion ? Continuité ou rupture ?
    Là réside toute la question de l'État de droit et de l'État de légalité.

  • En dépit de ses engagements politiques, dont sa réputation a porté le poids, carl schmitt apparaît aujourd'hui comme une des figures majeures de la pensée politique du xxe siècle, dont l'influence souterraine s'est exercée en profondeur, en particulier sur la réflexion constitutionnelle.

    Dans sa théorie, la théologie politique est une pièce essentielle pour l'interprétation de la nature du politique : " presque tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l'etat sont des concepts théologiques sécularisés. " le dieu tout-puissant est devenu le législateur omnipotent ; la " situation exceptionnelle " a finalement pour le droit la même signification que le miracle. de ce vaste transfert, le grand juriste et philosophe souligne les implications et les conséquences pour l'évolution des sociétés modernes.

    Sous ce titre, sont réunis deux essais écrits à près de cinquante ans d'intervalle, 1922 et 1969. le premier contient, entre autres, le chapitre sur la souveraineté, dont la première phrase - " est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle " - est devenue célèbre. le second est une réponse aux critiques de toute théologie politique inspirée du christianisme, critiques développées en 1935 par le théologien erik peterson et reçues depuis lors comme un dogme.

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  • Issu de deux conférences, ce petit livre a une ambition apparemment modeste et purement érudite, rendre compte de l'image du monstre qui donne son titre au livre le plus célèbre de Hobbes, " Le Léviathan ".
    Mais le lecteur s'aperçoit vite que les enjeux, historiques et philosophiques, de cette image vont au-delà de la simple historiographie. Comme le montre Carl Schmitt, pour penser un tel symbole, la restauration problématique qu'en propose Hobbes et son échec historique, il faut remonter à ses origines vétéro-testamentaires et aux diverses interprétations chrétiennes et juives qu'il a suscitées. Ce livre n'est pas seulement sur un symbole, c'est en lui-même un symbole, au sens où Schmitt s'y dévoile à travers Hobbes.
    Livre sombre, écrit à l'ombre d'une des images bibliques les plus effrayantes, en un moment redoutable de l'histoire contemporaine. Par là même, essai décisif dans lequel s'entrecroisent le politique et le théologique et qui, bien que mystérieux et crypté, est indispensable pour comprendre Carl Schmitt - et ne rien lui céder en ce qui concerne ses positions antisémites.

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  • L'expression « théologie politique » n'a jamais été utilisée en tant que telle par les théologiens chrétiens. Elle n'apparaît pour la première fois que dans le titre d'un ouvrage majeur de la philosophie du XVIIe siècle, le « Traité théologico-politique » de Spinoza. L'intention de son auteur était de conjoindre la souveraineté et la liberté de pensée, et par là même de régler le « problème théologico-politique ». Il faut attendre l'anarchiste Bakounine, au XIXe siècle, pour « réhabiliter » la théologie politique à des fins révolutionnaires, puis pour dénoncer le déisme de Mazzini.

    En 1922, en rédigeant son premier texte sur la théologie politique, Carl Schmitt prend le contre-pied de l'anarchisme révolutionnaire. Avec le juriste rhénan, la théologie politique est désormais identifiée à la théorie de la souveraineté. C'est par une formule lapidaire, devenue célèbre, qu'il commence son essai : « Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle. » Dès la fin du IIe Reich, puis dans le context de la république de Weimar, tout le projet intellectuel de Schmitt est d'articuler sa théorie du droit et du politique à une structure de pensée théologico-politique. Le problème de la démocratie libérale est son incapacité à disposer dune véritable théorie de la représentation, en raison de l'individualisme inhérent à la pensée libérale. Face à cette impuissance, le catholicisme, par sa structure ecclésiologique, offre au contraire tous les critères de la représentation politique et de la décision.

    Les textes que Bernard Bourdin présente dans ce volume, parus entre 1917 et 1944, sont des plus explicites s'agissant de ces aspects de la théorie schmittienne : institution visible de l'Église, forme représentative et décisionnisme. Ils mettent de surcroît en évidence la double ambivalence de la pensée de Schmitt dans son rapport au christianisme (catholique) et à la sécularisation. En raison de son homologie de structure entre Dieu, État et Église, la nécessité d'une transcendance théologico-politique plaide paradoxalement pour une autre approche d'une pensée politique séculière. Ambivalence qui ne sera pas non plus sans équivoque.

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  • Hamlet ou hecube

    Carl Schmitt

    • L'arche
    • 13 Juin 1997
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  • ? Contribution majeure au problème de la justice constitutionnelle alors naissante dans l'Europe de l'Entre-deux-guerres.
    ? Concepts fondamentaux de la pensée constitutionnelle.

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  • L'homme est un Terrien. C'est la raison pour plus grande part de sa superficie soit occupée par les mers et les océans. C'est que la Terre s'oppose tout naturellement à la Mer. La Terre est faite de territoires et de pays. Les territoires sont distincts les uns des, autres, séparés par des frontières. L'autorité proprement politique est celle qui s'exerce sur un territoire. La Mer, au contraire, ignore les limites et les frontières naturelles, les montagnes, les fleuves et les forêts : il n'existe pas de pays océanique.
    La Mer ne connaît que des vagues et des tempêtes, des flux et des reflux. Elle est le modèle de l'activité commerciale, alors que l'existence politique a un caractère purement tellurique. L'histoire, selon Carl Schmitt, est avant tout l'histoire d'une lutte séculaire entre les puissances maritimes et les puissances terrestres et continentales. L'Angleterre, au XVIe siècle, a été la première à s'engager sur la voie de l'existence maritime.
    L'opposition Terre-Mer a dès lors revêtu un caractère géopolitique, qui a exercé une influence essentielle sur l'évolution du droit et des relations internationales. La même opposition se retrouve aujourd'hui entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Eurasie. Terre et Mer, paru en 1942 et aujourd'hui traduit dans le monde entier, est un petit livre qui ouvre des perspectives considérables. Dans cette nouvelle édition, postfacée par Julien Freund, la substantielle présentation d'Alain de Benoist en restitue le contexte historique et en montre l'actualité à l'époque de la "société liquide" et du règne de l'illimité.

  • Carl Schmitt (1888-1984), juriste et philosophe rhénan, fut d'abord le théoricien de la décision devant toute situation exceptionnelle.
    Finalement c'est L'époque entière qu'il considérait comme exceptionnelle et il a porté sa pensée jusqu'aux limites de la perspective d'un nouvel Aeon en vue. Il se voulait l'homme antique et simultanément chrétien, d'un christianisme où il voyait plus qu'une religion. Mais le siècle était ce qu'il était, un siècle en mutation, et qui pour cela prétendait à être révolutionnaire. Cela donnait en Allemagne une déstabilisation dont il a voulu profiter pour y insuffler l'esprit d'une construction européenne.
    La place était mal occupée par " celui dont on ne peut dire le nom ", et il dut eu payer le prix. Il n'avait en fait rien d'un réel politique, mais il voyait le monde déchristianisé dans lequel nous sommes, aller à sa propre perte si les hommes n'étaient à même de relever le défi devant lequel Nietzsche déjà les voyait placés.
    Le petit texte présenté ici vaut comme un testament intellectuel qui n'a d'élégance que celle que confère à l'oeuvre le long travail sur soi-même d'un homme confronté à l'histoire.

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  • Le nomos de la Terre

    Carl Schmitt

    "Juriste controversé, Carl Schmitt jugeait que son dernier grand livre "Le Nomos de la terre" était son oeuvre la plus importante. Cet essai inégal mais puissant couronnait en vérité une série d'écrits antérieursainsi que le montre, de façon savante et précise, le préfacier Peter Haggenmacher.

    Sans doute jugera-t-on le propos de C. Schmitt plus incantatoire que véritablement démonstratif, même si on sera parfois ébloui par les perspectives ouvertes, ce qu'un auteur a appelé une "Geojurisprudenz". Sans doute n'est-il pas certain que le "jus publicum europaeum" dont l'allemand avait la nostalgie soit autre chose qu'un beau mythe : il rend toutefois compte des pratiques de la guerre des anciens régimes. Surtout le renouveau contemporain du thème dévastateur de la guerre juste, c'est-à-dire possiblement totale, donne à la réflexion de Schmitt une dimension prophétique même si elle était surtout ancrée dans une réflexion sur la signification de l'entrée en guerre des Etats-Unis en 1917.

    Tout bien pesé : un livre majeur." Stéphane Rials, directeur de la collection Léviathan "Je dépose ce livre sur l'autel de la science juridique, une science que j'ai servie plus de quarante ans. Il m'est impossible de prédire qui s'emparera de mon offrande, un penseur ? un homme désireux d'un usge pratique ? un destructeur ravageur, irrespectueux du droit d'asile ? La destinée d'un livre échappe à son auteur, tout comme le destin personnel de cet auteur qui en dépend. En réalité ce livre pourrait prendre comme devise deux vers de Goethe de juillet 1812 : "Tout ce qui est petit s'est dissipé, Ici seules la mer et la terre comptent." Car nous parlerons ici de terre ferme et de mer libre, d'appropriations de terres et de mers, d'ordre et de localisation. .... Mais l'approche des juristes reste différente de celle des géographes. Ce n'est pas auprès des géographes que les juristes ont acquis leur connaissance des choses et du sol, de la réalité et de la territorialité. La notion d'appropriation de la mer a été conçue par un juriste et non par un géopoliticien. Dans ma conscience d'être d'abord un juriste, je me sais d'accord avec un spécialiste éminent du droit international actuel Camilo Barcia Trelles, qui lui aussi a abordé ce couple de la terre et de la mer. La dépendance envers les sources mythiques du savoir juridique est bien plus profonde qu'envers la géographie....

    L'ordre précédent du droit international européo-centrique est en train de périr. L'ancien Nomos de la terre disparaît avec lui. Il était né de la découverte féérique, inattendue d'un Nouveau monde, un événement historique qui ne peut se répéter. On ne peut envisager un événement analogue de nos jours que sous des formes fantatstiques, en ssupposant par exemple que dans la route vers la lune, les hommes rencontreraient un corps céleste nouveau encore inconnu et qu'ils pourraient l'exploiter librement pour décharger leur rivalité actuelle sur la Terre. De telles fictions ne résolvent pas le problème du nouveau Nomos de la Terre. Celui-ci ne se règlera pas non plus par de nouvelles inventions scientifiques. La pensée des homme doit de nouveau se tourner verss les ordres élémentaires de son existence terrestre.

    Nous cherchons le sens de la Terre, c'est le pari de ce livre et la règle de notre travail. C'est aux pacifiques que la Terre est promise. Même l'idée d'un nouveau Nomos de la Terre ne se révèlera qu'à eux." Eté 1950, Carl SCHMITT Table des matières Présentation Préface III - CINQ COROLLAIRES INTRODUCTIFS 1. Le droit comme unité d'ordre et de localisation 2. Le droit des gens préglobal, 55 3. Indications sur le droit des gens du Moyen Age chrétien a) La Respublica Christiana comme ordre spatial b) L'Empire chrétien comme puissance qui retient (kat-echon) c) Empire, césarisme, tyrannie 4. Sur le sens du mot nomos a) Nomos et loi b) Le nomos comme souverain c) Nomos chez Homère d) Le nomos comme fait fondamental de division spatiale 5. La prise de terres comme événement constituant du droit des gens III - LA PRISE TERRITORIALE D'UN NOUVEAU MONDE 1. Les premières lignes globales : de la raya, par l'amity line, à la ligne de l'hémisphère occidental 2. La justification de la prise territoriale d'un Nouveau Monde (Francisco de Vitoria) 3. Titres juridiques de la prise territoriale d'un Nouveau Monde (découverte et occupation) a) L'État, nouvel ordre territorial b) Occupation et découverte comme titres juridiques de la prise de terres c) La science juridique face à la prise territoriale d'un Nouveau Monde, en particulier Grotius et Pufendorf III - LE JUS PUBLICUM EUROPAEUM 1. L'État comme donnée de base d'un nouvel ordre spatial interétatique et européo-centrique de la terre a) La guerre civile surmontée par la guerre sous forme étatique b) La guerre comme relation entre des personnes également souveraines c) L'ordre spatial global d) La doctrine de Hegel sur l'État et la doctrine de Rousseau sur la guerre 2. Transformation des guerres médiévales (croisades ou faides) en guerres étatiques non discriminatoires (d'Ayala à Vattel) a) Balthasar Ayala b) Doutes sur la guerre juste c) Alberico Gentili d) Grotius et le problème de la guerre juste e) Richard Zouch f) Pufendorf, Bynkershoek, Vattel g) L'ennemi injuste de Kant 3. La liberté des mers a) Deux ordres spatiaux : terre ferme et mer libre b) La mer libre est-elle res nullius ou res omnium ?
    C) Le passage de l'Angleterre à une existence maritime d) La guerre de livres de cent ans e) De la liberté élémentaire à la liberté ordonnée des mers 4. Les changements territoriaux a) Mutations territoriales à l'extérieur et à l'intérieur d'un ordre spatial de droit des gens b) Changements territoriaux à l'intérieur du Jus publicum Europaeum c) Succession d'États dans le Jus publicum Europaeum (en cas de prise de terres définitive) d) L'occupatio bellica dans le Jus publicum Europaeum (prise de possession provisoire) 5. Indications sur des possibilités et des éléments du droit des gens non rattachés à l'État IV - LA QUESTION D'UN NOUVEAU NOMOS DE LA TERRE 1. La dernière prise de terres conjointe de l'Europe (la Conférence du Congo de 1885) 2. Dissolution du Jus publicum Europaeum (1890-1918) 3. La Ligue de Genève et le problème de l'ordre spatial de la terre 4. Changement de sens de la guerre a) Le Traité de Versailles de 1919 a) Crimes de guerre dans l'ancienne acception du terme (art. 228 du Traité de Versailles), 258 b) Guillaume II comme criminel de guerre g) L'article du Traité de Versailles sur la responsabilité de la guerre, b) Début d'une criminalisation de la guerre d'agression dans le Protocole de Genève de 1924 a) Origines du Protocole de Genève du 2 octobre 1924 b) Contenu du Protocole de Genève270 g) Les éléments constitutifs du nouveau crime : acte d'agression, guerre d'agression, guerre injuste, 271 5. L'hémisphère occidental 6. Changement de sens de la reconnaissance en droit des gens a) Le dilemme entre isolement et intervention

  • Etat mouvement peuple

    Carl Schmitt

    • Kime
    • 1 Novembre 1998
  • La guerre civile mondiale

    Carl Schmitt

    • Ere
    • 7 Novembre 2007

    Si l'oeuvre de Carl Schmitt occupe une place incontournable dans la réflexion actuelle sur l'avenir du droit international, ses écrits sur le sujet sont encore mal connus en France. Ce livre, qui réunit six essais majeurs écrits pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, a pour ambition d'éclairer cette facette méconnue de sa pensée. Malgré son antisémitisme et sa compromission avec le nazisme, Schmitt s'est imposé comme l'une des figures majeures de la pensée politique et internationaliste du XXe siècle. Sa réflexion, qui se déploie des années 1910 aux années 1970, a suscité un dialogue avec les plus grands juristes et philosophes. Ces textes, presque tous inédits en français, permettent de mettre en lumière la genèse et les enjeux du débat contemporain sur la " guerre civile mondiale " et sur les transformations des formes de la guerre au XXe siècle.

  • Cette traduction, publiée en 1993, fut la première en France de cette oeuvre monumentale, dans laquelle un grand universitaire entreprend de donner sa propre description des régimes politiques occidentaux, au miroir de la République de Weimar. Ce vaste ouvrage s'adresse à tous ceux qu'intéresse l'État moderne. Après avoir défendu la validité d'une notion politique de la Constitution et polémiqué avec Hans Kelsen, partisan d'un normativisme, Carl Schmitt analyse l'État de droit libéral-bourgeois en le décomposant en deux éléments antithétiques : libéraux (droits de l'homme et séparation des pouvoirs) et politiques (représentation et identité). Il termine sur une théorie de la Fédération novatrice au regard de notre actuelle construction européenne. Toutefois, le but polémique de l'auteur est réel, sa proposition de théorie de l'État étant directement issue d'une lecture autoritaire de Hegel. La lecture de ce penseur dérangeant reste néammoins un défi intellectuel pour tous ceux qui étudient les problèmes de la démocratie et du libéralisme.

  • Alors que la quasi-totalité des livres et nombre des articles du juriste allemand Carl Schmitt (1888-1985) ont été traduits en français, cet important essai sur le gardien de la Constitution n'avait encore jamais été mis à la disposition du public francophone.
    En s'emparant du thème du « gardien de la Constitution », Schmitt prétend livrer une voie alternative à la justice constitutionnelle alors naissante dans l'Allemagne de l'Entre-deux-guerres. Il soutient la thèse que la garde de la Constitution incombe bien plutôt au chef de l'État (le Président du Reich pour l'Allemagne de Weimar).Schmitt combat ainsi très directement les idées notoirement défendues par son homologue autrichien Hans Kelsen, le grand promoteur de l'école positiviste normativiste et principal concepteur de la juridiction constitutionnelle.
    Le présent livre permet ainsi au public français d'appréhender cette célèbre controverse entre deux représentants de courants intellectuels diamétralement opposés. Le détour par la pensée de Carl Schmitt, dérangeante quand elle n'est pas déjà sulfureuse, aide ainsi à réfléchir plus profondément sur les problématiques majeures de nos démocraties constitutionnelles contemporaines.

  • Le 23 novembre 1932, quelques semaines avant l'accession de Hitler au pouvoir, le philosophe Carl Schmitt prononce un discours devant le patronat allemand. Sur fond de crise économique, son titre annonce le programme : « État fort et économie saine ».
    Mobilisant des « moyens de puissance inouïs », le nouvel État fort, promet-il, ne tolérera plus l'« émergence en son sein de forces subversives ». Ce pouvoir autoritaire musèlera les revendications sociales et verticalisera la présidence en arguant d'un « état d'urgence économique ».
    Lorsqu'il lit ce texte de Schmitt, son adversaire de toujours, le juriste antifasciste Hermann Heller, ne saisit que trop bien de quoi il s'agit. Peu avant de prendre le chemin de l'exil (il mourra en Espagne l'année suivante), il laisse un court article qui compte parmi les plus clairvoyants de la période. Nous assistons là, analyse-t-il, à l'invention d'une nouvelle catégorie, un « libéralisme autoritaire ».
    Ce recueil rassemble ces deux textes majeurs de la pensée politique, encore inédits en français, assortis d'une présentation qui éclaire les rapports méconnus entre Schmitt et les pères fondateurs du néolibéralisme.

  • Il s'agit d'une publication exceptionnelle, dans la mesure où elle réunit sous une même couverture deux célèbres auteurs allemands qui comptent parmi les plus connus du public français.
    Ernst Jünger, avec ses témoignages poignants sur les combats de la Première Guerre mondiale (Orages d'acier, La guerre, notre mère), a commencé à se faire connaître en France dès les années 1930. Francophile et francophone (il était l'un des auteurs préférés de François Mitterrand), ses ouvrages ultérieurs, depuis Sur les falaises de marbre jusqu'à Eumeswil, pour ne rien dire de ses Journaux (Soixante-dix s'efface), publiés chez Gallimard, l'ont ensuite imposé comme l'un des plus grands écrivains du siècle dernier.
    Le juriste Carl Schmitt, auteur plus controversée, dont la pensée a été introduite en France après la guerre par Raymond Aron et Julien Freund, est lui aussi connu dans le monde entier, grâce notamment à son célèbre essai sur La notion de politique, à sa Théologie politique, sa Théorie du partisan, etc. Depuis sa mort, plus de 600 livres lui ont à ce jour été consacrés.
    Jünger et Schmitt se sont connus tout à fait à la fin des années 1920. Ils ont alors entamé une correspondance suivie, restée jusqu'ici totalement inédite en France, qui s'est poursuivie jusqu'en 1983, deux ans avant la mort de Carl Schmitt. Ernst Jünger est quant à lui décédé en 1998, à l'âge canonique de 102 ans !
    Entamée sous la République de Weimar, poursuivie sous le IIIe Reich, puis après la fondation de la République fédérale allemande, la correspondance entre les deux auteurs porte bien entendu sur leur vies personnelles, mais aussi sur la politique, la littérature et l'actualité, apportant ainsi une foule d'informations et de renseignements inédits qui projettent sur leur temps et sur leurs oeuvres respectives un éclairage souvent décisif.
    L'une des périodes les plus intéressantes et évidemment celle de l'Occupation, époque à laquelle Ernst Jünger était, comme on le sait, en poste à l'état-major allemand à Paris, tandis que Carl Schmitt, après s'être brièvement rallié au régime nazi (de 1933 à 1936), vivait à Berlin dans une sorte d'exil intérieur. La confrontation de leurs opinions, tout comme l'évocation de leur rencontre dans la capitale parisienne en 1941, apportent beaucoup à l'histoire politique contemporaine, et même à l'histoire tout court.

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