Agnès Castiglione

  • En février 1984 paraît Vies minuscules. Ce premier livre de Pierre Michon est aujourd'hui un classique de la littérature contemporaine. Il est aussi le texte-mère des onze titres qui composent à ce jour une oeuvre dense et somptueuse, construite selon une véritable poétique de la biographie. Loin du remplissage romanesque dans lequel se perd l'énergie de la prose, les Vies minuscules (celles de petites gens dont la trajectoire a précédé ou croisé celle de leur biographe), les " vies " de peintres avec leurs modèles (" Vie de Joseph Roulin ", " Maîtres et serviteurs "...), ou celles consacrée aux écrivains (Balzac, Cingria et Faulkner pour " Trois auteurs ", Beckett, Flaubert et Victor Hugo pour Corps du roi...), procèdent toutes de la même forme de récit bref où l'émotion et la jouissance d'écrire sont d'une intensité rare. Pierre Michon fait entendre une voix, vraie, simple et forte, celle d'un écrivain nourri des grands textes dont il renouvelle l'approche de façon toujours ample, précise et lucide. L'essai d'Agnès Castiglione nous révèle l'inoubliable présence de cette voix dans le rythme et la scansion de cette écriture étonnamment riche. Et c'est cette voix, encore, qu'offrent au lecteur les entretiens aux inflexions nettement autobiographiques que Pierre Michon a accordé à Colette Fellous en juillet 2002, et qui sont joints à cet ouvrage.

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