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  •  Des dispositifs pour se donner volontairement la mort, et briser le tabou sur le suicide, cela a toujours tenté notre société, dans ses rituels les plus secrets, et bien sûr la fiction n'est pas en reste (du fameux fauteuil de Cortazar à tout un bouquet d'histoires de Maupassant).  Mais les amoureux du fantastique savent bien que Robert Louis Stevenson, notre cher Robert Louis Stevenson, le roi du suspense et du mystère, avec Le Maître de Ballantrae, Dr. Jekyll and Mr. Hyde, ou son Île Au Trésor.  Lui, il investit carrément la Londres ténébreuse, celle des mystères de Jack L'Éventreur. On y marche de nuit comme dans le brouillard, mais il y a aussi des tavernes, des ponts, et cet étrange Club à l'entrée bien protégée.  On s'y prend comment, pour vous l'offrir, votre suicide ? Il suffit d'un peu de chance et d'entraide.  Et ça marche ? Que trop bien... Tellement bien, qu'on aimerait peut-être parfois faire demi-tour. Seulement, il semble que ce soit la seule chose interdite, au Club des Suicides... Sans doute le plus célèbre des contes, et le plus noir, que Stevenson rassemble dans ses Mille Et Une Nuits.
     

  • Les trois yeux

    Maurice Leblanc

    Un savant, Noël Dorgeroux crée le « rayon B », son neveu Victorien Beaugrand est l´un des premiers témoins des prodiges de ce rayon: sur un mur sont projetés des images comme cinématographiques mais... venues du passé ! Noël Dorgeroux compte devenir riche en utilisant son invention : quel plus beau spectacle que celui de l´histoire, de la vraie Histoire, restituée par un moyen scientifique difficile à comprendre? Revivre l´exécution de Miss Cavell, espionne de la Première Guerre Mondiale, assister à la bataille de Trafalgar, être témoin de la première ascension des Montgolfier à Annonay, observer la montée à l´échafaud de Louis XVI, voir un combat aérien de la Grande Guerre, ou encore suivre le chemin de croix de Jesus Christ : que de merveilles à dévoiler, quelle histoire vivante à découvrir !
    Le succès est immédiat mais bientôt Noël Dorgeroux est assassiné et c´est la lutte pour connaître son secret. Tenu en haleine, le lecteur ne la découvre, bien plus extraordinaire encore que ces « trois formes inexplicables », ces « trois cercles triangulaires », ces « formes qui diffèr[ent] toutes les unes des autres » et qui « diffèr[ent] d´elles-mêmes en l´espace d´une seconde » vus par les témoins de ces projections...
    Maurice Leblanc en quittant pour un temps l´univers lupinien nous entraîne dans le domaine de ce merveilleux scientifique théorisé par un autre Maurice, Maurice Renard: « Il n´y a de merveille que dans le mystère, dans l´inexpliqué. Tout prodige cesse d´en être un aussitôt que nous pénétrons ses causes réelles et sa véritable nature, dès qu´il passe du ressort de l´ignorance ou de celui du doute dans celui de la science. » Car derrière l´étrange se cache la science et l´écran sur lequel apparaissent les Trois Yeux est l´image même de ce merveilleux scientifique qui « brise notre habitude et nous transporte sur d´autres points de vue, hors de nous-mêmes.» Philippe Ethuin, extrait de la présentation. 

  • Qui donc n'aurait pas lu Le chat noir, demande Baudelaire ?

    Un de ces textes qui le décideront à se faire le traducteur d'Edgar Poe, et ont assuré l'immense célébrité de l'Américain.

    Célébrité évidememment due à l'impacable cheminement de la nouvelle vers sa fin horrifique.

    Le coeur révélateur fait partie de ces histoires où Poe joue délibérément avec le crime, l'horreur, le macabre - et en rit, sardoniquement.

    Dans Le masque de la mort rouge, on rit moins.

    Mais des trois, on se souvient longtemps.

    FB

  • Près du village de Werst, en Transylvanie, se dresse le château des Carpathes qui, depuis le départ du dernier représentant, Rodolphe de Gortz, est complètement abandonné. Un jour, une fumée est aperçue en haut du donjon. Malgré leur peur, le jeune forestier Nic Deck et le docteur Patak partent en reconnaissance et sont victimes de phénomènes surprenants. Peu après ces événements, le comte Franz de Telek qui voyage pour oublier la mort de sa fiancée, arrive à Werst. Apprenant que le château des Carpathes appartenait à celui qui l'avait maudit au moment du décès de la cantatrice Stilla, il décide de s'y rendre.

  • Fascinante cette littérature qui, au sens strict, anticipe les possibles, et les confronte à son présent.

    C'est cette friction, plus que fiction, qui nous semble à rebours si passionnante: comme l'empreinte en creux de nos rêves et nos désirs pour aujourd'hui.

    S'élever vers le ciel, oui. Mais celui-ci veut s'élever plus haut que le ciel. Et son voyage n'a peut-être pas d'autre but que fuir la condition terrestre.

    C'est ce qui le rend si émouvant, en même temps qu'il convoque Herschell, la découverte des anneaux de Saturne, ou ce portrait d'inventeur incompris.

    Samuel-Henri Berthoud, qui est un continent de littérature à lui seul, écrit en 1841 ce Voyage au ciel que nous vous proposons.

    E-styx inaugure, sous la direction avisée de Philippe Ethuin, le fondateur d'archéoSF, une collection d'archives de la science-fiction, curiosités et textes rares. Sa présentation est en elle-même le récit d'une enquête, qui fait surgir des mondes. Un rythme mensuel prévu, mais des milliers de textes à redécouvrir, qui sont notre aventure même.

    FB - e-styx

  • Le pacte avec le diable est un thème ancré dans toutes nos cultures d'Europe (voir Rabelais, le diable et le laboureur, dans le Quart Livre), et le "Melmoth" sera une énorme pierre dans toute la littérature du XIX° siècle.

    Mais avec le bref et tendu "Peter Schlemihl", il se passe autre chose. L'histoire se passe dans notre monde, de gens cultivés, dans une ville comme la nôtre, mais s'il y a ce merveilleux chapitre d'ouverture avec débarquement dans la ville inconnue. Tout va se jouer entre Schlemihl, ses deux domestiques, et le bonheur bourgeois qui s'éloigne. "La peau de chagrin" et tant d'autres naîtront de ce récit décalé, ténu, tout en nuances, de Chamisso l'exilé, qui choisit d'écrire dans la langue du pays de l'exil.

    C'est la première traduction que nous présentons ici, celle établie par le propre frère de l'auteur, Hyppolite von Chamisso, avec l'aide de celui qui ne s'appelle plus Louis-Charles-Adélaïde Chamisso de Boncourt, mais sera dans toutes les anthologies du romantisme allemand, celui du fantastique et des rêves, sous le nom d'Adalbert von Chamisso.

  • "Et si..." La science-fiction invente des récits à côté du réel, ou qui le prolongent. Elle peut s'en aller dans le futur, inventer des mondes. Mais qui l'empêche, sur ce même principe, de refaire l'histoire ?

    Alors on revient sur le bivouac du jeune Bonaparte, devant Saint-Jean d'Acre, et de cette tour qui résista à 60 de ses assauts. Qu'elle eût été prise, la face du monde pouvait changer : une autre relation orient-occident naître.

    C'est une des toutes premières "uchronie" que nous présente Philippe Ethuin, pour le 3ème opus de notre collection ArchéoSF : un virage décisif pour l'histoire de la science-fiction elle-même.

    Joseph Méry est souvent cité, mais cette "Histoire de ce qui n'est pas arrivé" n'avait jamais été rééditée depuis 1859... La voici en numérique, introduite, commentée et annotée par Philippe Ethuin.

  • Le Golem

    Gustav Meyrink

    On finira essoufflé, on aura perdu tout rapport au réel le plus simple. On aura traversé des crimes sordides, on aura traversé les lieux les plus secrets du vieux ghetto de Prague, pièces secrètes et passages mystérieux. On aura croisé des personnages au bord de la folie, d'autres qui s'immergent dans le plus haut de la mystique juive, un brocanteur aux étranges trafics, un livre de magie à déchiffrer, et le narrateur qui lui-même est peut-être l'énigme la plus décisive : n'obtient pas qui veut, dans un roman fantastique, de vous faire frissonner lorsque le narrateur découvre son double face à face.

    Publié par Gustav Meyrink en 1915 (et la chance de cette belle traduction de Denise Meunier, en 1929, devenue elle aussi un classique), le Golem sera décisif pour Kafka et ses amis. Stylistiquement aussi : s'il n'avait pas été le traducteur tchèque de Dickens, est-ce que Meyrink aurait pu faire surgir ainsi ses personnages à travers les pages, de la même façon qu'il leur fait littéralement traverser les murs ?

    Et ce serait bien dommage, dans nos lecture numériques, de ne pas nous offrir nous aussi une bonne lampée de ces meilleures peurs, celles qui naissent du livre terrifiant... Les amoureux de Prague y retrouveront l'enchantement mystérieux de la ville. Pour les autres, bonne nuit blanche.

    FB

  • Le plaisir de retrouver la langue souple du premier traducteur de Hoffmann, Henry Egmont, pour en accompagner les lentes et terrifiantes constructions : un reflet à l'étage d'une maison qui semble abandonnée, en pleine ville, et on entre dans un nouveau monde. "La maison déserte" est ce monde de reflets, de danger, avec évidemment la folie et la mort au rendez-vous. Mais c'est aussi l'irruption de la ville dans la narration, à l'aube du XIXe siècle.

    Parce qu'ils sont constamment en mouvement, les personnages de Hoffmann, tout se transforme et se déplace : si le monde bascule dans l'horreur ("Ignace Denner") ou dans le mystère ("Le coeur de pierre") c'est parce qu'on su progressivement déconstruire tous les repères qui nous aident, dans la vie ordinaire.

    Et toujours avec cette sensibilité, presque douce, qui est sa marque.

    La première traduction de "Les mines de Falun" n'est pas d'Egmont, mais voilà aussi un des récits les plus troublants - reprise de la trame traditionnelle d'un vieux conte, transgresser le destin en faisant un pacte avec les forces surnaturelles, et mêler à cela amour et mariage bien sûr, mais Hoffmann nous embarque dans la Suède du XIXe siècle, d'abord dans le monde des marins, puis dans celui de la mine. Et c'est parce qu'on descend avec lui au fond de la terre, pour y chercher la mort, que ce récit est si fort.

    FB

  • Le boucher de Meudon

    Jules Mary

    On n'aurait jamais dû laisser le thriller devenir une spéciatlité américaine.

    On est en 1893, banlieue de Paris. Les gares et les trains prendront ici une grande place. Jules Mary a connu Rimbaud, vous savez : "Un joli crime piaulant dans la boue de la rue". Ici, c'est juste dans l'arrière-boutique de la boucherie de Meudon, que tout se passe.

    L'enquête, le médecin légiste et ses experts, le juge d'instruction, le procureur général, on balaiera tous les étages de la vie parisenne, et c'est à couper le souffle.

    Mais tout s'enracine dans la vieille campagne, dans les pulsions brutes, la présence des animaux et le sang sur les mains.

    Jules Mary a été un des grands initiateurs de la littérature populaire en France. La plus noble. Il a beaucoup écrit, après ce "Boucher de Meudon" qui l'a lancé, on l'a un peu oubié - c'est à tort. C'est grâce à des gens comme lui qu'ont pu venir ensuite des Simenon (auquel on pense souvent dans ce livre), et d'autres.

    C'est la période des Troppmann, c'est le moment où la ville devient tentaculaire. Mais il n'y a pas besoin de prétextes raisonnables pour s'enfoncer dans un livre qui se lit à telle allure, jusqu'au bord de la guillotine.

    Un vrai, vrai grand livre. Et il faut que ça se sache.

    FB

  • L'Automate

    Ralph Schropp

    On sait peu de choses de Ralph Roderich Schropp. On connaît de lui cette nouvelle et trois traductions de Goethe. On le trouve aussi comme auteur de deux livres publiés en allemand. Il a vécu à Nice : le texte y a été écrit si l'on en croit les derniers mots de l'avant-propos et la région niçoise est le lieu où est découvert le manuscrit.

    Le rêve de la création de la vie par l'homme est un thème majeur de la science-fiction. Que ce soit des robots, des androïdes ou des clones, l'écrivain-démiurge de récits conjecturaux se met de la sorte en compétition avec Dieu.

    L'automate de Ralph Schropp surpasse nombre de ses devanciers : l'automate a la capacité de s'accoupler avec une humaine et à procréer. Ce n'est pas seulement la création de la vie dont il s'agit, mais aussi sa transmission : l'Homunculus est de ce fait complètement vivant. Ce qu'il lui manque pour être parfaitement humain c'est un coeur, non pas l'organe, mais bien la disposition aux sentiments : l'Homunculus ne ressent nulle pitié, nul amour, nul regret, nulle affection, nul intérêt pour les autres car c'est bien le coeur qui est tout. Ralph Schropp nous interroge ainsi sur la nature même de l'homme à travers cette caricature de l'Humanité que constitue son automate.

    PE

  • Sleepy Hollow

    Washington Irving

    La nouvelle narre l'histoire d'un jeune homme nommé Ichabod Crane, natif du Connecticut et venu dans le « val dormant », à Greensburgh (surnommé « Tarrytown » par les épouses des villages environnants à cause de l'habitude qu'avaient leurs époux de traîner dans les tavernes) en tant que professeur. Ichabod Crane mène une vie itinérante, logé et nourri par les fermiers habitants Tarrytown. Il est attiré par les récits fantastiques de fantômes, de sorcières et de revenants, récits qui abondent à Tarrytown. Selon Washington Irving, un docteur allemand ou encore un chef amérindien aurait jeté un sort sur Sleepy Hollow conduisant ses habitants à avoir toutes sortes d'hallucinations.

    Ichabod Crane souhaite se marier avec la fille d'un riche fermier, Katrina Van Tassel. Cependant, Ichabod Crane doit faire face à un rival de taille : Brom Van Brunt surnommé « Brom Bones ». À la suite d'une reception donnée par le baron Van Tassel, le père de Katrina, Ichabod tente de discuter avec Katrina. L'histoire reste très vague quant au contenu de leur discussion et ne rapporte aucune parole. On sait simplement que le jeune Ichabod repart l'air affligé. Sur le chemin du retour, le Cavalier sans tête, supposé être le fantôme d'un mercenaire hessois décapité par un boulet de canon pendant la guerre d'indépendance des États-Unis, apparaît. Ichabod Crane est poursuivi par le cavalier sans tête jusqu'à ce qu'il atteigne une petite église non loin. Le cavalier se sert alors de sa tête comme projectile et frappe Ichabod Crane à la tête. Le lendemain, les habitants de Grennsburgh partent à sa recherche mais ne trouve que la selle du cheval sur lequel était monté Ichabod, son chapeau, et plus loin une citrouille. Quant à Ichabod Crane, il a disparu, et on ne peut donc pas dire clairement s'il est mort ou vivant. L'histoire laisse néanmoins entendre qu'il s'agissait en fait de son rival, « Brom Bones » qui se serait déguisé pour effrayer le jeune enseignant, et lui aurait jeté une citrouille, le conduisant ainsi à quitter le village.

  • Les Navigateurs de l'infini, qui date de 1925, est sans doute son chef-d'oeuvre. Une mission d'exploration débarque sur Mars où elle découvre une race extra-terrestre, les Tripèdes, « irradiant une surnaturelle beauté ». Ils sont les derniers représentants d'une espèce très ancienne et très évoluée qui disparaît peu à peu, cédant la place à une nouvelle forme de vie, les Zoomorphes. Lors de son retour sur Terre, l'expédition ramène avec elle deux de ces êtres, un père et sa fille. Cette dernière tombe amoureuse de l'un des terriens et le mode de reproduction sur sa planète étant quasiparthénogénétique, elle donne naissance à un hybride en pensant très fort au père qu'elle souhaite pour son enfant...

  • Dans un futur lointain, la Terre est devenue, du fait de sa super-exploitation par l'espèce humaine, un immense désert desséché. Les quelques communautés restantes limitent les naissances et incitent les humains à pratiquer l'euthanasie pour obtenir une mort plus rapide. Targ, sa femme, sa soeur, et leurs enfants, les derniers vivants sur Terre encore prêts à survivre, partent à la recherche d'eau et de nouvelles terres pour reconstruire. En parallèle, une autre race d'êtres mi-vivants mi-minéraux, prospère sur les ruines de la civilisation humaine : les ferromagnétaux.

  • Afin de pouvoir épouser Isabel, la fille de Lord Bakefield, pair du royaume d'Angleterre, Simon Dubosc accepte le défi fou de devenir, en moins de vingt jours, l'égal de Guillaume le Conquérant. Face à l'impossible, Simon n'a plus d'autres solutions que de s'enfuir en compagnie d'Isabel. Mais le destin pourrait lui donner le coup de pouce qui lui manque pour accomplir sa mission, sous la forme de ce qui restera dans les esprits comme un formidable événement.

  • Le jeune Paul et la petite Virginie sont éperdument amoureux l'un de l'autre. Le narrateur, un savant dont Paul est l'élève, part à l'étranger. Il revient Trois ans plus tard et apprend que Virginie est morte, Paul quant à lui est cloîtré dans son château. Le savant s'empresse de retrouver ce dernier : à sa grande stupéfaction, Paul n'a pas l'air peiné. En fait, Paul s'enferme pendant des heures dans son château et à l'aide de l'incroyable mémoire dont la nature l'a doté, il fait revivre Virginie...

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