Langue française

  • Quelle est l'essence du droit? Qu'est-ce qui rend compte de la juridicité en général? L'auteur met en avant le rôle fondamental des exigences d'ordre, de sens et de valeur, allant ainsi au-delà de la pure interrogation sur le droit pour confronter le lecteur philosophe aux divers horizons normatifs qui tissent la modernité.

  • Les auteurs de cet ouvrage (J.-F. Bordron, A. Bouvier, C. Giolito, D. Maingueneau, F. Cossutta) viennent d'horizons différents (sémiotique, sociologie cognitive, histoire de la philosophie, analyse du discours), mais ont en commun le souci de ne pas réduire les oeuvres philosophiques à leurs seules structures doctrinales, et prennent en considération leurs dimensions spécifiquement langagières et discursives. Ils s'interrogent sur la nature de l'argumentation philosophique, et proposent des modèles théoriques, permettant de relier les contraintes qu'une doctrine se donne dans la recherche de sa légitimité, avec les formes expressives présidant à leur mise en oeuvre. Le cartésianisme offre, à ce titre, un exemple particulièrement éclairant, puisqu'il prétend refuser le recours aux figures de rhétorique comme aux procédés scolastiques, et veut élaborer des formes d'expression qui garantissent simultanément la véracité et la communicabilité de son propos. En étudiant la langue, les modes d'exposition, les genres, les formes énonciatives et narratives adoptées par Descartes dans ses écrits, les contributions ici réunies montrent que, sous la clarté revendiquée d'une langue qui se voudrait celle de la raison même, s'opère un travail discursif complexe. Le philosophe doit, en effet, simultanément, dire au plus près et au plus juste ce qu'exige l'enchaînement nécessaire des raisons, et composer avec les reformulations ou les voix multiples qu'imposent la conversion du lecteur et les stratégies d'institution de la doctrine. Ce travail dans l'ordre du discours n'est pas dissociable de l'effort consenti pour philosopher, et c'est le mérite d'une théorie de l'argumentation philosophique de montrer comment une pensée fait oeuvre.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La pensée contemporaine est celle des singularités, différences, jeux et multiplicités. Mais leur inflation nous a fait oublier les identités qui, elles aussi, dans la science et hors de la philosophie, doivent se dire au pluriel. Pour les distinguer de leurs images philosophiques (les totalités unitaires), on les appellera les identités-de-dernière-instance : vivantes, inaliénables, elles ne se perdent pas dans le monde, l'histoire, le pouvoir, le langage, etc., mais déterminent notre rapport réel à ces autorités. De là quelques conséquences pour la pensée même : une description dite non-épistémologique des sciences et de leur autonomie à l'égard de la philosophie : la science est la pensée qui se rapporte en dernière instance à ces Identités comme au réel même ; une généralisation, dans les limites de la science, des concepts de fractalité et de chaos, qui sont ainsi étendus des objets géométriques au savoir scientifique lui-même et, de là, au langage naturel (à la philosophie et à l'art) ; une nouvelle pratique de la pensée fondée sur la priorité de la science : par exemple une modélisation fractale et chaotique de la philosophie, d'où le concept d'une philosophie artificielle, d'une synthèse d'énoncés qui ne soit pas le simple prolongement de l'intelligence artificielle. Loin de la consommation morose de l'histoire et des textes, voilà quatre objets nouveaux en vue d'une réforme scientifique et esthétique de l'entendement.

  • Cet ouvrage se penche sur les différents discours de crise, sur leurs raisons comme sur leurs résultats. Lyotard, Kuhn, Habermas, Rorty, Apel et d'autres, trouvent ici leur place dans un tableau systématique qui permet d'en voir les complémentarités. Mais Carrilho va bien au-delà. C'est la rhétorique même de la dissolution du philosophique qu'il examine, et qu'il ressource en retour par une nouvelle conception de la raison et de la rhétorique centrée autour de l'activité de problématisation. Problématisation mais aussi argumentation : la vérité du discours est dans la remise en question toujours possible, et celle-ci s'inscrit au sein d'une communauté visée ou présupposée. La rationalité scientifique, elle-même, n'échappe pas à l'emprise de la communauté, même si ses méthodes de résolution lui sont propres. Le rôle du langage naturel devient déterminant en ce qu'il véhicule les adhésions comme les différends. L'interrogativité, avec ses multiples critères de résolution, s'avère occuper la place centrale de cette reconstruction. Par la positivité nouvelle que le questionnement se voit attribuer, il devient solution à part entière. Par la dynamique qu'elle assure à la science, au langage et à l'argumentation, cette interrogativité se présente comme le lieu de tous les pluralismes, et de leur unité au sein de la rationalité. Le livre de Carrilho, en articulant tous ces thèmes, se révèle l'un des meilleurs diagnostics de la pensée contemporaine. Sa vision de la rationalité, comme des problèmes philosophiques, nous ouvre une perspective originale pour un dépassement des apories de cette modernité.

  • La révolution scientifique, au XVIIe siècle, voit Descartes inventer la géométrie analytique et Leibniz l'analyse des infinis. D'où vient ce renversement de l'analyse, sa fécondité, qui s'achève avec Kant? Avec une histoire de l'évolution des sciences aux

  • L'idéologie commence lorsque l'interrogation philosophique cesse. Elle ne se développe pleinement que par la mise en service de certitudes pour permettre au sujet de se réaliser historiquement. La nation en fut la première expression moderne. Toutefois, par delà son apparition dans le tumulte de la Révolution et la véhémence de sa critique sous la Restauration, l'idéologie inaugure un mode de pensée qui, depuis Marx particulièrement, pose le problème de son rapport avec les autres discours, surtout la philosophie et la science. Loin d'ajouter une voix de plus à l'éternel cantique de la fin de l'idéologie, il s'agit plutôt ici de prendre le problème au sérieux et dans tous ses aspects, à la lumière des grands débats philosophiques contemporains. Ce livre s'efforce de resituer l'idéologie par rapport à l'histoire de la philosophie. De la Renaissance à cette hypothétique postmodernité, de Descartes à Rorty, il cherche à en retracer les signes annonciateurs (l'utopie, la métaphysique de l'humanisme, l'esprit de conquête, etc.), les instruments conceptuels (la conscience de soi, la prise en main du devenir, l'utilitarisme de la connaissance, etc.) et les formes d'interpellation de son oubli (par la science, par le désenchantement du monde et par le renvoi à l'immanence d'une nature des choses). Le questionnement proposé est construit autour de quatre plans d'analyse. L'idéologie y est saisie comme une démarche pour assigner une identité (qui suis-je ?), une prescription de l'action (que faire ?), une détermination du temps (où vais-je ?) et l'établissement d'un savoir sur les choses (que sais-je ?). Les attaques du scepticisme et le rejet du fondationalisme ont affecté notre conception du sujet, de la modernité, de l'histoire et de la connaissance. Aujourd'hui, le défi qui incombe à la pensée demeure entier. Cet ouvrage intéressera tous ceux qui sont préoccupés autant par l'absence de philosophies constructives aujourd'hui, que par la perte d'idéal dans les sociétés occidentales actuelles.

  • L'argumentation joue un rôle de plus en plus crucial dans les sciences humaines depuis Habermas et Perelman. La linguistique, la stylistique et la philosophie, pour ne citer qu'elles, s'y intéressent de plus en plus. L'argumentation permet aujourd'hui une meilleure compréhension de l'humain, et des rapports subjectifs dans la société. Le questionnement joue un rôle majeur dans ce renouvellement théorique, avec l'avènement de la problématologie. Ce volume se propose de repenser quelques-uns des thèmes majeurs de l'argumentation sous une nouvelle approche : dépasser l'aspect résolutoire de la rhétorique pour revenir à la démarche première de toute philosophie, qui est de s'interroger.

  • Définir la littérature, et assigner une continuité à son histoire, ont animé la critique littéraire contemporaine depuis un siècle et demi, dans ses perspectives philosophiques, linguistiques, formalistes, esthétiques. Jean Bessière relève les impasses de ces perspectives, place cette littérature, sa caractérisation, son histoire, sous le signe d'une relecture rhétorique. De Mallarmé à Valéry, de Flaubert et Joyce à Antonio Tabucchi, de la révolution poétique de la fin de siècle à notre modernité littéraire, il rapporte le littéraire à ses explicites lieux communs, à son jeu manifeste avec l'ordinaire, que peuvent partager l'oeuvre et ceux qui la lisent. Contre les incertitudes et la saturation de la critique contemporaine, Jean Bessière restitue à la littérature moderne un développement cohérent et une fonction d'émancipation, sans doute paradoxale aujourd'hui. Ce livre, limpide et novateur, dont le message passe par de vives analyses, invite à abandonner l'idée d'une singularité du poétique, et à dépasser les divisions théoriques, souvent mal fondées, qui ont dominé la réflexion sur la littérature durant ce siècle.

  • Où vont les sciences sociales ? Quelles directions apparaissent actuellement, à la fois théoriquement prometteuses et empiriquement praticables ? Quelles perspectives sont, au contraire, obsolètes ou pleines d'écueils ? En examinant quelques domaines de la sociologie (de la théorie sociologique de l'action, à la sociologie de la connaissance), cet ouvrage repère trois grandes traditions. L'une est issue de Durkheim, l'autre de Weber et de Simmel, et la troisième est liée à Pareto et à Tarde. A. Bouvier montre que ces traditions sont irréductibles, malgré les efforts de synthèse que l'on trouve chez Parsons ou Habermas. L'auteur cherche tout particulièrement à remettre à l'honneur une certaine tradition empiriste en sciences sociales (Stuart Mill, Pareto, etc.), méconnue et sous-estimée, parce que confondue avec la tradition utilitariste, alors même qu'elle est l'un des fondements de la théorie du choix rationnel. Les possibilités de dépassement ou d'élargissement de cette théorie sont actuellement au centre de bien des débats. Mais, plus encore, l'auteur veut montrer comment la tradition empiriste peut fournir un terreau particulièrement favorable pour un point de vue centré sur l'argumentation dont le but est d'examiner les raisons que les individus peuvent donner de leurs croyances et de leurs actions.

  • Qu'est-ce que l'esprit ? Qu'est-ce que la raison ? Ces questions classiques sont aujourd'hui renouvelées par d'inédites approches de la cognition et de la norme. Tant la philosophie, que les sciences de l'homme, s'en trouvent bouleversées. Dans ce livre, c'est à une vaste traversée des débats théoriques contemporains que nous convie Jean De Munck. Présentant, avec rigueur et simplicité, les positions fondamentales en présence, il trace le fil rouge d'une problématique reliant des écoles et des auteurs aussi divers que la théorie du choix rationnel, le connexionnisme et la phénoménologie, les théories de l'action située, Putnam, Searle, Gadamer ou Habermas. De ce dialogue résultent des déplacements conceptuels. Du calcul à l'imagination, de l'intention à l'interaction, de la règle à la procédure, de l'apprentissage individuel à l'apprentissage collectif, c'est une nouvelle approche de l'esprit qui prend forme sous nos yeux. Loin d'être limité à la conscience individuelle, l'esprit se découvre immergé dans le monde et la société ; loin de se ramener à un centre de calcul, la raison redécouvre son ancrage perceptif et les procédures sociales qui la tissent. Au coeur de ce voyage théorique, la notion d'institution émerge comme un carrefour. Les concepts fondamentaux de norme et de pouvoir sont reformulés, et des perspectives insoupçonnées s'ouvrent aux sciences sociales. Initiation à des questions émergentes, ce livre nous introduit à la constellation philosophique nouvelle qui permet, à l'aube du troisième millénaire, de saisir notre temps dans la pensée.

  • Le livre se veut une synthèse philosophique sur la perception. Il critique les grandes thèses sur la perception en les organisant en une antithétique ; il les dénonce comme des masques idéologiques ; il s'efforce enfin de montrer comment on peut sortir des contradictions qui paraissent inévitables. Le thème de la perception ne saurait être isolé des questions liées à l'imagination et aux passions ; ses difficultés ne pourraient être résolues indépendamment des problèmes soulevés par les divers modes de la sensibilité. L'horizon de cette antithétique et de son effort de résolution, est celui des fondements des sciences de l'homme telles qu'elles orientent leurs travaux au cours des dernières décennies. Ces fondements relèvent de l'examen de plusieurs catégories, mais aussi d'un effort pour repenser, par exemple, l'espace et le temps. Il est clair que le présent ouvrage est l'esquisse d'une tâche qui devra en passer par l'ensemble des aspects de la sensibilité. L'enjeu de cette enquête est de savoir si une telle théorie réussira, dans une tâche où de grandes philosophies du XIXe et du XXe siècles paraissent avoir échoué.

  • La littérature du XXe siècle n'a cessé de répondre sur elle-même, comme si elle avait subitement compris qu'il lui fallait exprimer la problématicité du monde, des valeurs, des comportements. Jean Bessière nous propose ici un voyage à travers les différents aspects de cette énigmaticité du champ littéraire : un voyage passionnant, argumenté, systématique, qui n'est rien d'autre qu'une anatomie de la fiction contemporaine. Esthétique et philosophie, écriture et lecture, questions et réponses : autant de couples à travers lesquels Jean Bessière nous convie à réfléchir notre modernité.

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