Presses universitaires de Rennes

  • Littéraire, fictionnel, documentaire, poétique, politique, court, long, en couleurs, en noir et blanc, le cinéma d'Agnès Varda est de ceux qui incitent aux adjectifs, aux qualificatifs, par amour du mot ou du jeu mais surtout en raison de sa multiplicité et de sa complexité. Depuis 1954, avec près de quarante films, la cinéaste manifeste une liberté créatrice témoignant d'une démarche toujours innovante, d'une volonté d'explorer le cinéma dans toute sa richesse et de lui donner un prolongement par ses récentes installations. Ainsi, dès le début, si La Pointe Courte fut une tentative pré-Nouvelle Vague d'aller à la rencontre de la vie telle qu'elle est, cette intrusion dans le monde réel n'a jamais constitué une fin en soi pour Varda. L'originalité et l'imagination de la cinéaste l'inciteront toujours à dépasser les apparences pour leur préférer sa vérité. Ses films et installations font alors la part belle aux sentiments des protagonistes à travers lesquels elle nous convie à appréhender des univers divers et variés, quels qu'en soient les difficultés ou les drames : celui de Cléo comme en suspens durant une heure et demie d'une attente douloureuse dans Cléo de 5 à 7, celui, utopique et finalement tragique, de François dans Le Bonheur, celui de Mona si réfractaire aux autres dans Sans toit ni loi, celui, forcément cloisonnant, de Quelques Veuves de Noirmoutier, celui, ludique et autobiographique, de L'Île et Elle ou bien celui de la France occupée dans son Hommage aux Justes de France. Ce volume est issu d'un colloque international organisé à l'université Rennes 2 en novembre 2007. Il réunit une vingtaine de textes qui mettent en évidence la richesse et la cohérence du cinéma d'Agnès Varda ainsi que ses prolongements et saluent ce parcours unique, d'une liberté jamais démentie.

  • En interrogeant les effets de l'intégration de l'impératif participatif dans la gestion du logement social, Jeanne Demoulin étudie les transformations produites par l'intégration de la participation dans les structures sociales. Après une mise en perspective historique des pratiques de gestion et des démarches participatives des organismes d'Habitation à Loyer Modéré (HLM), l'auteure analyse les pratiques actuelles des organismes à partir d'une enquête en immersion de trois ans au sein d'un organisme HLM et se penche en particulier sur les mécanismes de la concertation locative et du développement social, deux dispositifs phares de l'époque contemporaine. L'ouvrage permet ainsi d'enrichir la compréhension des dispositifs participatifs tout en proposant une lecture originale de la manière dont est géré le logement social aujourd'hui. Il vient en outre apporter des éclairages sur la gestion des organisations, le management, l'action sociale, les relations entre usagers et institutions et les effets de pratiques néolibérales sur les structures sociales. L'ouvrage intéressera tous ceux qui souhaitent enrichir leur réflexion sur ces sujets. Il interpellera notamment les chercheurs, enseignants et étudiants engagés dans ces domaines mais également les « participants », qu'ils soient citoyens, usagers ou habitants, ainsi que les acteurs des politiques publiques ayant des fonctions politiques ou opérationnelles (bailleurs sociaux, collectivités territoriales, cabinets de conseil...).

  • Apparu sur les scènes de la Révolution française, le mélodrame, périodiquement donné pour mort, régulièrement renaissant, n'a cessé d'infléchir la fiction populaire ou savante, depuis le XIXe siècle. Le tournant des années soixante-dix marque pourtant le point de départ d'une nouvelle relation au mélodrame : Fassbinder redécouvre Douglas Sirk et sa trilogie allemande instaure une relation directe à l'émotion, aux codes et aux enjeux du genre. À sa suite, Pedro Almodóvar comme Todd Haynes, Iñarritu, Gus van Sant, Amos Gitai ou Robert Guédiguian explorent les multiples voies du mélodrame. Au même moment, la critique savante, puis la philosophie s'emploient à réévaluer le mélodrame, à mettre au jour à la fois son esthétique et sa signification sociale et politique. Comment cerner et définir le mélodrame tel que l'aborde le cinéma contemporain ? Quels échos, quelles résonances du cinéma classique viennent animer les plans d'aujourd'hui, jusqu'à rendre perceptible, par-delà l'émotion directe, le feuilletage de la temporalité ? Que reste-t-il, surtout, dans le cinéma des trente dernières années, du projet esthétique et politique qui sous-tendait le théâtre de Pixérécourt, les romans d'Eugène Sue, puis les films de Griffith ? Conçu pour installer le peuple au coeur du drame, pour en faire à la fois le destinataire et le sujet d'une fiction aux ambitions éducatives, le mélodrame n'a cessé, cependant, de poser la question du peuple, de sa définition, de sa permanence. Ce questionnement interroge plus que jamais le cinéma contemporain, de l'Inde au Pakistan, de la Turquie aux États-Unis, des Philippines à l'Europe ou au Japon. Si les réponses sont parfois indécises, toujours complexes, elles s'attachent aujourd'hui encore à réinventer la mission originelle du mélodrame : faire advenir le peuple, créer une communauté d'émotion et de désir dont le sens transcende la fugacité du moment, dépasse les clivages, ouvre la voie d'une possible émancipation.

  • L'enseignement ménager, rangé aujourd'hui au rayon des disciplines scolaires disparues, reflète les bouleversements culturels, idéologiques, économiques, démographiques, politiques et scolaires de 1880 à 1980. Centrale dans la scolarité et la fabrique de nombreuses générations de femmes, cette éducation ménagère institue les fondements rationnels des façons de faire et des manières de penser les occupations domestiques. La puériculture, l'hygiène alimentaire, la cuisine, l'entretien de la maison, le blanchissage, le repassage, l'entretien des vêtements, la coupe, les divers travaux manuels, le jardinage, les élevages, etc. sont alors des pratiques raisonnées. Conçu au cours d'un siècle comme science des détails, science ménagère, sciences domestiques, sciences appliquées, sciences de la vie heureuse, éducation du consommateur ou technologie du quotidien, l'enseignement ménager est à la fois une discipline scolaire et une action éducative au service des progrès industriels, du bonheur de la famille et de la professionnalisation des femmes. La redécouverte de ses contenus, de leur sélection et leur organisation, de sa doctrine pédagogique, de sa mise en ordre pour l'enseignement primaire, l'enseignement agricole, l'enseignement secondaire et l'enseignement technique, de son essor et de son déclin puis de son sursis, permet de saisir les enjeux et les conditions d'existence des propositions contemporaines prônant la préparation à la vie dans la scolarité de base. Avec une chronologie générale, des notes de bas de page détaillées, des encarts restituant des parcours professionnels, un recensement exhaustif des textes prescriptifs et de nombreux extraits de manuels scolaires, ce livre parcourt un siècle de cet enseignement résolument féminin. En quatre parties et douze chapitres, le texte très documenté fournit aux lecteurs tous les éléments leur permettant de s'approprier l'esprit de chaque temps, d'apprécier les styles des époques, la générosité des personnalités généralement oubliées, leur engagement tenace et leur stratégie pour des évolutions fécondes. Grâce à la mise à disposition des références essentielles et peu accessibles et d'une bibliographie complète, cette histoire est un ouvrage de référence pour les recherches sur cet enseignement scolaire parfois ignoré et souvent dénigré, mais longtemps fondamental pour l'éducation des jeunes filles.

  • Né en 1930 à Boston (Massachusetts) et de formation juridique, Frederick Wiseman produit, réalise, prend le son et monte tous ses films, quarante à ce jour. Après une décennie planifiée de formation, où il pénètre les grandes institutions américaines, il s'oriente vers les sociétés privées, puis suit l'armée à Panama, dans le Sinaï et en République fédérale allemande, trois lieux névralgiques de la présence américaine. Ensuite, avec la conquête de la couleur, il défie la critique militante par l'observation sans a priori des classes possédantes, tout en conférant à ses films leur durée intérieure et l'horizon de vastes communautés humaines. Parallèlement, son attention à la mise en scène de la vie quotidienne, à ses acteurs et sujets tenant leur partie à l'instar de personnages de Beckett, se différencie de son amour pour les plateaux de théâtre et de danse. Singulièrement à Paris où il a signé diverses mises en scène et tourné quatre films. Vérité enregistrée et fiction construite se fondent en un cinéma exigeant, contradictoire, respectueux des intérêts, ambiguïtés et oppositions de chacun, qui met le spectateur devant son civisme, ses valeurs et ses choix. Ainsi s'instruit-il de ceux qu'ils filment, laisse vivre au fil du temps les moments faibles, les corps, les gestes et les silences. La Bibliothèque publique d'information du Centre Georges-Pompidou offre la plupart de ses titres, et les transmet aisément aux services de prêt des médiathèques françaises, quand ils ne les possèdent pas déjà dans leurs collections.

  • Le parcours de Charlotte Delbo (1913-1985), femme de lettres et assistante de Jouvet, est exceptionnel. Résistante, déportée à Auschwitz-Birkenau puis à Ravensbrück, elle survit. Ainsi que l'écrit Joël Huthwohl dans la préface de cet ouvrage, « il y a soixante-dix ans s'ébranlait le convoi du 24 janvier. Il y a quarante-huit ans paraissait Aucun de nous ne reviendra. Il y a vingt-huit ans elle mourait. Insensiblement sa vie s'éloigne comme disparaissent ceux qui disaient : "pendant la guerre, je...", "à Auschwitz, nous...". [...] Nous passons avec une certaine appréhension le seuil fragile après lequel nous continuerons sans les témoins. » Il s'agit donc d'assurer la transmission de son oeuvre, mission que s'était donnée Claudine Riera-Collet (aujourd'hui décédée) fondatrice de l'association Les Amis de Charlotte Delbo et à l'initiative du colloque international de mars 2013 à la BnF et à la Comédie-Française. On limite souvent son oeuvre aux textes sur la déportation, or elle traite aussi des événements de son époque. Son entrée officielle dans la littérature se fait avec Les Belles Lettres (1961) recueil de textes contre la guerre d'Algérie. Suit, le premier tome de la trilogie d'Auschwitz et après : Aucun de nous ne reviendra (1965), écrit à son retour en 1945. Avec Le Convoi du 24 janvier (1965), la trilogie fait saisir l'horreur de la barbarie mais aussi la solidarité des déportées qui se soutiennent dans la détermination d'un acte à accomplir : rentrer pour porter ce qu'elles ont vécu à la connaissance du monde. À l'avant-garde des recherches esthétiques de l'après-guerre, sa recherche formelle, marquée par sa rencontre avec Jouvet, la conduit vers une écriture à dire et à entendre. Elle choisit progressivement le théâtre et la poésie pour rendre compte de l'irreprésentable d'Auschwitz : Qui rapportera ces paroles ? (1966), Et toi, comment as-tu fait ? (1971). Ces textes, avec Ceux qui avaient choisi, Les Hommes, Kalavrita des mille Antigone, La Mémoire et les jours, portent la trace de la séparation brutale de nombreux couples sous les régimes totalitaires. Cet ouvrage, fruit du colloque et de l'année de commémoration de sa naissance, aborde plusieurs thèmes qui le structurent en trois parties (« L'engagement », « Écriture et témoignage », « Le théâtre : écrire pour la scène ») dans lesquelles poésie, littérature, théâtre se questionnent et s'enrichissent permettant de saisir dans sa pluralité l'impact actuel de l'oeuvre qui ne peut se réduire à une approche disciplinaire stricte et qui, au-delà du témoignage, fait surgir une vérité encore difficilement écoutable.

  • Quel rôle les États-Unis ont-ils joué dans les guerres de l'information depuis la guerre froide ? Quelles stratégies d'influence ont-ils mis en oeuvre pour favoriser leurs objectifs de politique étrangère ? Cet ouvrage apporte un éclairage inédit sur le rôle de la diplomatie publique au sein de la fabrique de la politique étrangère américaine. Outre la description de son fonctionnement institutionnel à Washington, il propose une analyse de l'évolution des stratégies mises en oeuvre dans les « zones critiques » à l'Ouest et à l'Est dans l'Europe de la guerre froide. Au-delà du « siècle américain », Maud Quessard analyse la transition vers une nouvelle ère, un monde « post-américain ». Elle aborde l'impact des attentats du 11 septembre qui remet en cause le rapport au monde des États-Unis et annonce, sous les administrations Bush puis Obama, une « nouvelle diplomatie publique » associant le secteur privé, la société civile et les grandes entreprises. À l'ère numérique, elle aborde les enjeux et les difficultés de s'adapter aux menaces protéiformes du XXIe siècle et à s'inscrire durablement dans des stratégies de smart power, subtil dosage de hard et soft power.

  • Le point de départ de cette étude se situe en 1875, avec le premier Congrès des américanistes et s'achève en 1945, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et la mort d'un des principaux artistes sélectionnés, Jean Puiforcat. Entre ces deux dates, il s'agit d'appréhender l'histoire des transferts culturels entre le Mexique, le Pérou et la France, en mettant d'abord l'accent sur les liens entre les intérêts diplomatiques et le développement culturel de l'américanisme. À partir de là, le regard se concentre sur l'évolution de la perception française des arts précolombiens au travers de l'analyse des expositions temporaires, du marché de l'art et des revues d'art en France.

  • Les missions d'évangélisation catholiques auprès des populations autochtones nord-amérindiennes de l'Ouest canadien, au XIXe siècle et au XXe siècle, s'offrent à la recherche en sciences sociales comme un laboratoire d'expériences de la rencontre interculturelle propice à l'étude des processus d'adaptation à l'altérité. Missionnaires et missionnés s'observent, interagissent et construisent une histoire commune. Sur une toile de fond teintée de post-colonialisme, les protagonistes s'expriment au sujet de cette période de cohabitation forcée. Entre individualités et collectivités, entre mémoire et renouveau, la rencontre entre religieuses et autochtones se donne à voir. La fabrique de cet espace commun est ici abordée sous l'angle du féminin, par l'intermédiaire des mémoires féminines des missions. Cet ouvrage propose une mise en confrontation de deux cultures en contexte de missions d'évangélisation et ce, à travers les mécanismes de rencontre dans lesquels les constructions culturelles du masculin, du féminin et de la relation entre les sexes ne sont pas étrangères.

  • Décors tourmentés, perspectives dépravées, expressivité des corps d'acteurs, jeux d'ombre et de lumière, sensations de fi n du monde... Pourquoi cet expressionnisme-là, celui du Cabinet du docteur Caligari, est-il resté si célèbre ? Mais pourquoi ce même expressionnisme ne peut-il établir aussi une liste immuable des films qui le composent, pourquoi doit-il toujours prouver sa validité, suspecté dès l'origine de n'exister que par abus de langage ? Cet ouvrage suppose l'inverse : non qu'une définition du phénomène soit aisée ou même possible (il existe toute une histoire, racontée ici, de cette aventure intellectuelle), mais que ce « mouvement » ou ce moment si contesté a joui d'une forme de postérité qui le prouve presque en retour. D'Orson Welles à Tim Burton, de Maya Deren à Kenneth Anger, de Blade Runner à David Lynch pour ne citer que quelques noms d'un seul continent, le cinéma expressionniste s'avère paradoxalement une des grandes virtualités accomplies du cinématographe. Depuis son origine jusqu'à aujourd'hui, il pose des questions d'esthétique, d'histoire, des questions qui dévoilent tout un pan du 7e art.

  • Depuis près de quatre siècles que la France possède des colonies ou des territoires d'Outre-Mer, elle a toujours hésité, pour ce qui concerne leur statut et leur législation, entre deux principes contradictoires, celui de l'assimilation et celui de la spécificité. La question se pose dès Colbert et n'est toujours pas tranchée aujourd'hui. Comment la Révolution française a-t-elle pris en considération la question de la législation des colonies ? S'il y a un maintien de la spécificité législative sous l'Assemblée constituante, à partir de la loi de 1792 instituant l'égalité politique entre les blancs et les libres de couleur, les assemblées dirigeant la France adoptent une législation révolutionnaire radicalement nouvelle dans les colonies. Cette période est marquée par la première abolition de l'esclavage, en 1794, et l'adoption, en 1795, d'une constitution transformant les colonies en départements. Ces avancées décisives permettent à l'outre-mer français d'être régi selon le principe de l'identité législative avec les départements de la France situés en Europe, nouveauté impensable quelques années plus tôt. Toutefois, d'une part, cette législation radicale connaît une application contrastée selon les colonies, et d'autre part, après le coup d'État de Bonaparte, la Constitution de 1799 remet en place le système de la spécialité législative. Une réaction coloniale s'opère et aboutit, en 1802-1803, au rétablissement de l'esclavage en Guadeloupe et en Guyane. Saint-Domingue y échappe par la lutte et proclame son indépendance, sous le nom d'Haïti, le 1er janvier 1804. La positivité des lois révolutionnaires, uniques en leur temps, a permis des avancées déterminantes dans le statut des libres de couleur et des esclaves, malgré un climat de violence lié à des guerres civiles et à un conflit international majeur. L'influence de la loi révolutionnaire se fait sentir également dans les colonies des autres puissances européennes, mais aussi dans les débats précédant la seconde abolition de l'esclavage. Ces avancées légales constituent encore le socle des luttes actuelles pour la liberté, l'égalité et la fraternité.

  • Au croisement de la sociologie de l'action publique et de la sociologie pragmatiste, l'ouvrage de Johann Michel explore les transformations depuis l'après-guerre des régimes mémoriels de l'esclavage en France. En s'appuyant sur une grande variété de matériaux empiriques (archives, entretiens, ethnographie), l'auteur distingue trois catégories de régimes mémoriels de l'esclavage, les conditions historiques de leur production et de leur autonomisation, les raisons de leur antagonisme, les possibilités de leur cohabitation. D'une part, le régime mémoriel abolitionniste tend à commémorer la République et les métropolitains blancs qui ont oeuvré à l'émancipation des esclaves en 1848. D'autre part, le régime mémoriel anticolonialiste, qui prend son essor dans les mouvements nationalistes des DOM au cours des années 1960-1970, célèbre les luttes anti-esclavagistes et les héros de couleurs qui ont contribué à la libération des esclaves. Enfin, le régime victimo-mémoriel, qui se développe surtout à partir des années 1990, rend hommage aux souffrances des esclaves et s'inquiète de l'aliénation des sociétés post-esclavagistes. À travers cette typologie, Johann Michel cherche à théoriser, à la frontière de la mémoire collective et de la mémoire officielle, la notion pragmatiste de mémoire publique lorsque des groupes problématisent et publicisent un trouble mémoriel comme modalité de déni de mémoire.

  • À notre époque, les nouvelles technologies contribuent largement à l'évolution des langages scéniques modifiant profondément les conditions de représentation et intensifiant toujours davantage les effets de présence et les effets de réel. Ces technologies sont souvent liées à l'émergence de nouvelles formes scéniques qui transgressent les limites des disciplines et se caractérisent par des spectacles à l'identité instable, mouvante, en perpétuelle redéfinition. Projections, installations interactives, environnements immersifs, spectacles sur la toile, les sens(ations) sont plus que jamais sollicité(e)s. Le performeur y est confronté à un Autre virtuel, à la fois personnage et partenaire. Quant au corps, charnel, physique, palpable, il constitue encore la trace incontestée de l'homme dans ces espaces où la déréalisation fait loi. Contre-point d'une culture du virtuel, le corps semble rester au coeur des dispositifs (scénique, interactif, immersif). Quel(s) corps ces oeuvres convoquent-elles ? Comment ces dernières renouvellent-elles la dynamique entre performeurs, spectateurs et dispositifs ? Quelles sont les diverses modalités d'interpénétration entre le virtuel et le réel dans ces formes d'art ? Voilà autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre. Celles-ci sont le résultat de plusieurs années de recherche consacrées aux effets de présence et aux effets de réel. C'est le résultat de ces explorations effectuées par l'équipe de recherche « Performativité et effets de présence » de l'université du Québec à Montréal (sous la direction de Josette Féral et Louise Poissant), que le lecteur pourra trouver dans ce premier volume consacré au corps. Body Remix reprend le titre du spectacle de la chorégraphe Marie Chouinard présenté en 2005.

  • De Charcot à Charlot : Mises en scène du corps pathologique, publié en anglais en 2001, est le premier livre à proposer une analogie entre le spectacle populaire et l'hystérie à l'hôpital dans le dernier tiers du XIXe siècle. Il met en lumière un rapport direct entre la gestuelle des hystériques et celle des artistes du café-concert et du cinéma burlesque. Chanteurs et comiques s'emparent du langage corporel de l'hystérie avec ses mouvements saccadés, automatiques et convulsifs, rehaussés de tics et grimaces, pour inventer un nouveau répertoire gestuel. De nouveaux genres sont créés : le Chanteur Agité, le Comique Idiot ou encore la Chanteuse Épileptique (dont Mistinguett). Les symptômes psychopathologiques sont ainsi à la source d'une esthétique nouvelle, perçue comme l'incarnation de la modernité. Les premiers films comiques français reprennent ce répertoire de mouvement frénétique. Il s'agit d'un moment culturel en France où l'imprégnation de la culture populaire par le savoir médical est exceptionnelle, vulgarisé par maints articles sur l'hystérie et l'hypnose dans la presse. Le livre s'attache aussi - et c'est une deuxième contribution majeure - à repérer et analyser les réactions physiologiques des spectateurs. Dès 1880, les expériences en psychophysiologie sur les phénomènes d'imitation démontrent en effet que la simple vue d'un mouvement chez autrui donne lieu à l'ébauche du même mouvement chez le spectateur (ce que confirmera la découverte récente des « neurones-miroirs »). Explorant les ramifications de cette imitation inconsciente chez les spectateurs autour de 1900, l'auteure propose ainsi une nouvelle théorie de la réception du spectacle par le public, tant au café-concert que dans les numéros de magnétiseurs et dans les premiers films burlesques.

  • Lieux de conservation et de transmission des textes, les bibliothèques médiévales ont une histoire qui s'écrit en même temps que celle de l'affirmation du livre comme outil de communication culturelle et sociale. Cet ouvrage retrace l'évolution de l'aspect et de la structure du manuscrit en occident, de l'époque carolingienne au XVe siècle. On y voit les auteurs s'impliquer de plus en plus concrètement dans le processus d'écriture, sous l'influence des usages documentaires. Les bibliothèques, détentrices de la mémoire et de l'autorité, ont pour mission d'encadrer une pratique de la lecture exclusivement finalisée à l'étude, à l'enseignement et à l'argumentation, tant écrite qu'orale. Les bibliothèques sont aussi de véritables institutions qui, à la fin du Moyen Âge, sont appelées à canaliser la demande d'un public de lecteurs de plus en plus large. Alors que l'acquisition de livres ne reflète plus, souvent, qu'un choix d'ordre privé, les grandes collections manuscrites allient la qualité des textes et l'universalité des savoirs dans un modèle culturel d'excellence, à l'intention des savants.

  • Dans les « sombres temps » du XXe siècle, le poids de l'Histoire s'est accru des horreurs de masse, jusqu'à affecter l'image même de l'homme : aussi certains appellent-ils le théâtre à éveiller de nouveau, selon la formule d'Aristote, « le sens de l'humain ». L'objet réel peut-il prétendre à ce rôle ? Introduit dans le champ de l'art en 1912, puis, sous son aspect de reste ou de ruine, immédiatement après la Première Guerre mondiale (Schwitters) ou la Seconde (Kantor), il est certain que l'objet pauvre entretient un rapport avec la disparition - des idées, des êtres, des choses. L'observation du théâtre qui, à la marge, se développe depuis une trentaine d'années sous l'égide de l'objet récupéré, permet de cerner comment, malgré son insignifiance, il se présente sur les scènes marionnettiques, des arts de la rue ou d'un certain théâtre « régulier », comme un objecteur : au jeu théâtral, à la représentation, mais aussi à l'obsolescence et l'oubli consécutif que prétendent compenser musées et commémorations. Ce témoin inerte, dont la présence modifie pourtant substantiellement les usages scéniques, donne aujourd'hui naissance à des esthétiques diverses, parfois canularesques, où la mémoire tient du refuge contre les soubresauts de l'Histoire, et de la résistance à l'engloutissement des anonymes. Poétiquement, il exige de l'acteur qu'il ne soit plus seul en scène et dialogue avec celui que Kantor tenait pour un partenaire à part entière. C'est, in fine, du metteur en scène disparu en 1990 que ce travail voudrait inventorier l'héritage, tant sont nombreux ceux qui, du Théâtre du Radeau à la compagnie Deschamps-Makeïeff en passant par les 26 000 couverts, reconnaissent en lui un des inspirateurs de leur propre démarche.

  • La publication des actes du colloque qui s'est tenu à Brest en 2006 met en lumière les rapports complexes qui existent entre musiques, rythmes et danses : toute musique n'est pas forcément faite pour être dansée, mais lorsqu'une musique est composée pour l'orchestique elle est toujours vocale. La découverte de papyrus musicaux, les reconstitutions d'instruments antiques et leur pratique, la restitution de la métrique et des rythmes antiques, l'exécution de chorégraphies antiques sur des partitions musicales ont déjà renouvelé considérablement les connaissances sur le sujet. Il restait cependant à s'interroger sur des questions majeures telles que les mouvements des instrumentistes, l'utilisation de la métrique et du rythme pour danser sur un texte dont la musique n'est pas conservée (poésie ou théâtre), le rôle des accents grecs dans la mélodie et dans le rythme, l'utilisation de sources spécifiques telles que l'épigraphie. Les débats ont été orientés autour de quatre thèmes : musique et mouvement ; musique, rythme et métrique dans la danse ; des modèles dans la danse et la musique ; musique, rythme et danse face au christianisme. Le présent ouvrage a permis encore d'approfondir la réflexion. La première partie regroupe les rapports entre musique et mouvement dans les périodes pharaonique, grecque, ou chrétienne, ainsi que les définitions de l'ethos : il existe en effet un ethos des mélodies et des rythmes, destiné à donner sa couleur à chaque morceau musical, à exprimer ainsi une ou plusieurs émotions par le mouvement du corps ou bien par la danse. Le second axe de l'ouvrage se pose la question du texte grec, rythme ou musique, qu'il s'agisse de textes en vers ou en prose, dans la mesure où la langue grecque est musicale par nature, y compris ses accents qui ont une incidence sur la mélodie et sur le rythme. Le dernier volet du livre met en oeuvre la diversité des méthodes d'étude, souvent liée à l'étude de sources spécifiques : sources littéraires y compris les chroniques de l'époque byzantine, épigraphie et archéologie.

  • Le colloque à l'origine de cet ouvrage était consacré à la fabrique de l'histoire des premiers temps de Rome (vie-iiie siècles avant J.-C.). Cette initiative avait essentiellement été inspirée par la conviction des deux organisateurs, Bernard Mineo et Thierry Piel, qu'une approche purement positiviste des textes historiques antiques condamnait l'historien moderne à ne pas comprendre réellement la nature de l'information qui lui était transmise. La très grande pauvreté des sources dont disposaient les Anciens pour évoquer l'histoire la plus reculée de Rome avait de fait conduit ces derniers à s'inspirer, pour le fond comme pour la forme, de modèles prestigieux, ceux qu'offraient l'environnement international et notamment le monde grec. Les premiers récits littéraires évoquant l'histoire de la Rome archaïque sont tardifs, puisqu'il faut attendre la deuxième moitié du IIIe siècle av. J.-C. pour les voir apparaître. Ils prennent alors des formes diverses, poétiques (avec les épopées de Naevius et d'Ennius) ou prosaïques (avec les P de Fabius Pictor). Ces récits ne sortent pas du néant. Ils résultent en effet de plusieurs facteurs historiques que l'équipe de chercheurs réunis à l'occasion de ce colloque se sont attachés à définir.

  • Vingt ans après la publication de La Fille d'Athènes, Mythes, cultes et société, ouvrage majeur de Pierre Brulé, il convient de suivre les traces de ces petites Athéniennes, sans doute devenues épouses et mères et, chemin faisant, de revenir sur les travaux pionniers de cet helléniste hors norme. En effet, il importe de se mettre en quête de la place que le féminin tient dans les mythes et les rites grecs, de reconsidérer la vision que les hommes proposent des pratiques religieuses des femmes et de revisiter les divinités qui les concernent plus spécifiquement, autant de pistes abordées dans le présent ouvrage. Il s'agit de se demander comment les femmes grecques appréhendaient le domaine cultuel et si elles le faisaient d'une manière particulière, spécifique à leur « nature féminine ». S'agissait-il d'un des seuls domaines dans lequel elles auraient pu trouver une forme d'expression publique et de reconnaissance sociale ? Peut-on parler encore de « citoyenneté cultuelle » pour les femmes grecques ? Il convient toutefois de ne jamais oublier que la « religion des filles c'est celle que les hommes font fonctionner, et d'une certaine façon, utilisent ». Dans le présent volume des contributions sont rassemblées et organisées autour de trois parties : les figures féminines, déesses et héroïnes ; les mots et les noms du féminin et, enfin, les passages et les transmissions féminins.

  • Madrid naît au milieu du IXe siècle, fruit de la volonté du prince omeyyade de Cordoue Muammad Ier : vers 860, l'émir décide de fonder une fortification aux confins septentrionaux de son État sous le nom de Mar « là où l'eau abonde ». Mar fut une petite ville fortifiée de quatre hectares, auxquels s'ajoutaient des noyaux d'habitat ouverts et dispersés autour de l'enceinte. Elle était peuplée d'artisans, célèbres pour leur travail de l'argile, de paysans, mais aussi de savants et de fonctionnaires, le gouverneur et le cadi, qui représentaient la cour omeyyade et veillaient à la bonne marche des affaires urbaines. Après la conquête de Mar par les Castillans en 1085, la ville conserve de ses origines islamiques son nom, qui devient Magerit, puis Madrid, et elle maintient le principal axe de circulation de la petite ville omeyyade, la grand'rue de Mar formant aujourd'hui la partie finale de la Calle Mayor madrilène. Au bout de celle-ci, se dresse la cathédrale de la Almudena, dont le nom perpétue la mémoire d'un terme arabe, al-mudayna, la citadelle. À partir des sources textuelles et archéologiques, cet ouvrage s'efforce de suivre le chemin parcouru par Mar depuis sa fondation jusqu'à nos jours : pour comprendre la genèse de la ville, il faut revenir vers le site qui l'accueille, le nom qu'elle reçoit et l'homme qui décide de la faire édifier. Pour saisir le fonctionnement de la ville, il faut se tourner vers ses territoires, nourricier et administratif, et vers les espaces avec lesquels elle est en contact, celui du Même et celui de l'Autre. L'histoire de Mar au-delà du XIe siècle est celle des mudéjars et des morisques, celle d'un vif intérêt autour des origines de la ville choisie par Philippe II pour être la résidence de sa cour, celle d'un legs islamique dont la reconnaissance patrimoniale peine encore parfois, en ce début de XXIe siècle, à se faire entendre.

  • En France, la profession de journaliste, massivement masculine jusqu'aux années 1960-1970, s'est progressivement féminisée, les femmes représentant 43% des professionnels des médias en 2009. Cet ouvrage collectif questionne les modalités et les enjeux de ce processus de féminisation en Europe et interroge les rapports de genre qui se jouent dans le fonctionnement des rédactions et le traitement de l'information. Il s'appuie sur des terrains d'enquête variés, proposés par une douzaine d'auteur-e-s de disciplines et de pays différents. L'enjeu est d'abord de dégager les diverses logiques qui contribuent à expliquer la féminisation du métier : Entrée des femmes par le haut ou par le bas ? Signe de dévaluation du métier ou de professionnalisation ? Phénomène autonome ou articulé à d'autres évolutions de la profession ? Progrès vers l'égalité ou reproduction de formes de spécialisation et de ségrégation sexuées ? En effet, on constate dans tous les pays européens que les hommes et les femmes sont inégalement répartis selon les secteurs des médias, les spécialités journalistiques et selon les niveaux hiérarchiques. Il s'agit ici d'expliquer ces écarts de manière dynamique, en se plongeant, au coeur des rédactions, du travail des journalistes, des interactions concrètes et des positionnements des hommes et des femmes. Comment se produisent et se déplacent, dans un même mouvement, les processus de ségrégation horizontale (spécialisation dans des thématiques dites féminines) et de ségrégation verticale (accès restreint aux responsabilités) ? Enfin, les auteurs s'interrogent sur l'existence et les contours éventuels d'un journalisme « au féminin ». Quelle est la part des assignations subies et reproduites, des inventions de nouvelles manières de traiter l'information, de l'adaptation à des règles et routines professionnelles masculines ? Quelles sont les diverses stratégies, positionnements professionnels et rapports au genre des hommes et des femmes ? Refusant une définition essentialiste des identités de genre, les auteur-e-s s'efforcent ainsi de cerner, à travers la diversité des terrains étudiés, les mécanismes sociaux, organisationnels, professionnels par lesquels se construisent les cadres d'exercice du journalisme selon des logiques de genre.

  • La découverte des premiers films d'Abbas Kiarostami tels que Où est la maison de mon ami ? (1987) fut l'objet d'un engouement immédiat d'une part importante de la critique occidentale qui s'empressa de souligner la parenté de son oeuvre avec le Néoréalisme italien. Dans le même temps, force était de constater que l'esthétique et le récit des films de Kiarostami révélaient des influences de la culture iranienne ancestrale telles que la miniature persane et les poèmes mystiques. Ainsi, d'emblée, l'oeuvre se présentait comme située à la croisée de plusieurs chemins, géographiques, esthétiques et historiques complexes à articuler. Les films plus récents tels que Le Goût de la cerise (1997), Le Vent nous emportera (1999) ou Ten (2002) ont encore enrichi cette problématique de par l'épure de leur stylistique et l'évolution du dispositif (avec, notamment pour Ten, le recours à la vidéo digitale grand public), recoupant des questions essentielles concernant le cinéma contemporain (perte d'aura, maniérisme, minimalisme, place du spectateur). Cette étude des lignes de force de l'oeuvre d'Abbas Kiarostami prise sous ses multiples facettes (films, vidéos, installations, poèmes, opéra) est traversée par un double objectif : tenter d'en saisir, sous l'apparent dépouillement, la complexité cachée en prenant en compte la manière dont elle s'inscrit dans un contexte particulier - l'Iran d'avant et après la prise de pouvoir par les Mollahs en 1979 - qui l'amène à inventer une subtile logique de contournement de la censure. Elle offre aussi l'occasion de remettre à l'ouvrage la notion même de modernité dans une perspective plus vaste suscitée par l'oeuvre elle-même, incluant les champs de l'art et de la philosophie.

  • La description classique de l'accompagnement du film muet consiste à dire qu'un pianiste ou un orchestre jouait pendant la projection. Cet ouvrage a pour ambition de retrouver la réalité complexe des spectacles cinématographiques avant 1914, dont le spectre d'écoute était d'une variété extrême. En explorant les archives municipales, les rubriques des spectacles des quotidiens locaux, la presse corporative, aussi bien qu'en observant les cartes postales de l'époque, on découvre un capharnaüm littéralement inouï. La multitude des lieux de projection explique l'éventail infini des sons entendus par les spectateurs. Car ceux-ci ont découvert les films dans des cafés, des music-halls, des grands magasins, des cirques aussi bien que dans des églises, des salles de classe ou même des patinoires ! L'étude d'un grand nombre de villes françaises donne une idée précise de la vie pendant les projections. Le foisonnement sonore permet de redécouvrir l'expérience du spectateur de la Belle Époque. L'importance de la participation du public est un point fondamental. Les cris, applaudissements et paroles diverses dans des patois variés, accompagnaient les films. Les projections étaient vivantes et, à chaque fois, uniques. Sur les champs de foire, les machines à vapeur - dynamo vrombissantes, les grognements des fauves et le vacarme des orchestrions résonnaient plus fort que le piano. Dans des lieux plus calmes, les paroles des conférenciers, des prêtres, des vulgarisateurs scientifiques et des bonimenteurs captaient l'attention de l'auditoire. Les bruiteurs, eux aussi, influençaient la vision des films et les musiciens, dans des orchestres de toutes tailles rivalisaient avec les chanteurs d'opéra pour amplifier l'émotion provoquée par les images en mouvement. Enfin, la synchronisation mécanique des films était bien plus courante qu'on ne le pense. C'est cette diversité sonore oubliée que ce livre entend remettre en oreille. Ce faisant, il déplace la façon dont l'historiographie traditionnelle présente la réception des films.

  • Une polyphonie s'orchestre ici selon des mouvements bien distincts : le premier consiste à envisager les « affinités électives » qui inspirent le cinéma de Rohmer - depuis sa filiation éprouvée avec Kleist, avec André Bazin, jusqu'à ses interprétations plus personnelles de Murnau ou de Jean Renoir (en passant par des coïncidences inattendues avec l'art d'un David Hockney...). Le second cercle est celui des études transversales, qui s'attachent à dégager la modernité du récit rohmérien à travers tous les manques qui le constituent ou les ambiguïtés du point de vue ; une modernité à quoi se dérobent en même temps ses personnages, dans leur idéalisme amoureux et leur nostalgie d'une « nature humaine » devenue problématique. Autant d'éléments que précisent six analyses de films, tout en remontant vers un sous-texte métaphorique (dans Le Signe du Lion, dans L'Amour, l'après-midi), ou une re-présentation picturale et historique (dans L'Anglaise et le Duc). Enfin, une série d'entretiens dessine ce qu'on pourrait appeler « l'atelier d'Éric Rohmer » : qu'il s'agisse de production ou de montage, du recours au son direct, à la lumière naturelle ou aux essais vidéo, on y découvre une sorte de conspiration artisanale et familiale, sans exemple depuis Georges Méliès ou Marcel Pagnol - et où un certain ésotérisme dissimule une absolue liberté.

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