Les Belles Lettres éditions

  • Sous le sigle NET (Nouvel Esprit Technologique), François Laruelle propose la description du rapport contemporain de la pensée occidentale à ses technologies. Il analyse l'histoire et la culture, les hésitations et les manières ambivalentes dont nous nous rapportons à des objets très anciens et très nouveaux, et les illusions qui se fabriquent à leur contact. Le Nouvel Esprit Technologique propose sur cette base une évaluation de ce qu'il y a de pensable et peut-être d'impensable dans l'expérience technologique. Il n'est pas sûr que « la » technologie, en sa simplicité, existe, c'est peut-être un fantasme nourri par la philosophie. Existe sûrement en revanche un esprit technologique partiellement nouveau dont il s'agit de décrire le mécanisme. Ce livre s'y emploie en élaborant une critique de la « raison technologique ». La thèse principale de cet ouvrage est que ni cette description, ni cette critique ne sont possibles en dehors d'une référence à la science et d'abord d'un renouvellement de la compréhension de l'essence de la science.

  • L'Univers infini dans le Monde des Lumières s'inscrit dans le prolongement de l'ouvrage de Jean Seidengart intitulé : Dieu, l'Univers et la Sphère infinie (2006). Dans ce dernier, il s'agissait d'élucider pourquoi et comment l'idée d'univers infini avait réussi à s'imposer largement en quelques décennies à l'aube de la science classique, alors qu'elle avait été rejetée durant plus de deux millénaires. Aussi était-il devenu absolument nécessaire d'innover et de former très précisément une nouvelle acception du concept d'infini afin de ne pas appliquer l'attribut « infini » de manière univoque à Dieu et à l'univers. Le présent ouvrage poursuit le cours de cette investigation à partir du moment où Newton parvint à établir les fondements mathématiques de la physique classique et à proposer une nouvelle image du monde qui s'imposa très largement dans toute l'Europe savante durant les deux siècles suivants. Malgré les aspects très novateurs de la mécanique classique, les différentes cosmologies d'inspiration newtonienne pouvaient encore s'accorder assez globalement avec les enseignements de la métaphysique classique. Pourtant, on assiste à un net affaiblissement progressif des arguments traditionnels en faveur d'un univers infini existant en acte. C'est pour cette raison que le titre de cet ouvrage dénote un écart assez important avec le livre le plus célèbre d'Alexandre Koyré non pas sur le plan de la révolution cosmologique des XVIe et XVIIe siècles, mais sur la suite des aboutissants de ladite révolution qu'il n'a pas eu le temps de traiter et de mener à bien.

  • Quelques années après avoir présenté, dans Du monde clos à l'univers infini, les thèmes cosmologiques liés à la révolution astronomique des XVIe et XVIIe siècles, Alexandre Koyré entreprend, dans le présent ouvrage, de dépeindre de façon précise et minutieuse cette révolution elle-même, « c'est-à-dire l'histoire de l'évolution et de la transformation des concepts clés à l'aide desquels l'astronomie essaie d'ordonner ou de "sauver" les phénomènes - salvare phenomena - en substituant au chaos des apparences sensibles une réalité intelligible qui la sous-tend et qui l'explique ». Selon les propres termes de l'auteur, « la révolution astronomique s'accomplit en trois étapes, liées, chacune, à l'oeuvre d'un homme. Avec Copernic, qui arrête le soleil et lance la terre dans les cieux, l'héliocentrisme se substitue au géocentrisme. Avec Kepler, la dynamique céleste - hélas, aristotélicienne - remplace la cinématique des cercles et des sphères de Copernic et des Anciens. De ce fait, même la hantise de la circularité se trouve partiellement - dans un monde clos elle ne peut l'être entièrement - surmontée et l'"astronomie elliptique" fait son entrée triomphale dans le monde. Enfin, avec Borelli, dans un monde désormais ouvert et régi par la dynamique, s'achève l'unification de la physique céleste et de la physique terrestre qui se traduit par la déroute du cercle au profit de la droite infinie. » Un ouvrage magistral sur une période clé de l'histoire des sciences. Alexandre Koyré (1892-1964) est un historien français d'origine russe. Il a été le fondateur, avec Hélène Metzger, Gaston Bachelard et Georges Canguilhem, de l'histoire philosophique des sciences.

  • Notre siècle se place sous le signe de la fin des totalités, de la dissémination, de la réalité atomisée, des multiplicités pures. Autrement dit, l'être prend congé de l'un. Mais il est aisé de constater que la domination n'a pas pris fin pour autant. La multiplicité à son tour impose son règne, qui a pour nom mondialisation. Ce n'est donc pas le multiple qui nous libère, mais au contraire l'un, si du moins celui-ci se libère de l'être comme l'être s'est libéré de l'un : une unité qui ne conduit donc pas nécessairement à l'unitotalité.
    À cette fin, Comme un nouvel Atlas noue le dialogue entre les trois grands philosophes (Plotin, Proclus, Damascius) du néoplatonisme, qui seul, dans l'histoire de la philosophie, a osé penser la différence radicale de l'un par rapport à l'être. Dans cette perspective, l'un apparaît comme une philosophie de la liberté, susceptible de répondre au primat actuel du monde sensible et du devenir autant et mieux qu'aux formes intelligibles et aux idées éternelles de la cosmologie antique à laquelle cette pensée originellement se rattache.
    Se définit alors un principe, qui tient et maintient le monde sans pour autant le déterminer et moins encore le dominer : un principe meilleur que la puissance.
    Pierre Caye, ancien élève de l'École Normale supérieure, directeur de recherche au CNRS, a consacré une part importante de ses recherches aux sources antiques de notre culture philosophique, artistique et politique. Il est aussi l'auteur de Critique de la destruction créatrice (Les Belles Lettres, 2015) dont le Nouvel Atlas donne les clefs métaphysiques.

  • Faut-il baptiser les enfants des juifs contre la volonté de leurs parents ? Cette question surgit à la fin du xiiie siècle dans une controverse scolastique qui forme le point de départ de l'enquête. Un fil rouge s'en dégage : plus que le baptême, c'est le rapt des enfants juifs qui est au coeur du débat dont le pouvoir du prince et les droits des parents forment les principaux termes. Enchâssé dans les représentations du péril juif pour l'enfance, le motif de longue durée des « arrachements sauveurs » trouve ici ses prémices. L'abstraction scolastique prend chair dans une histoire de violence, dont les enfants sont l'enjeu et les juifs la cible. Elle s'étaye de sources juridiques et judiciaires, de chroniques et d'exemples, de récits, de fictions et d'articles contemporains. Éléments théoriques, situations concrètes et discussion historiographique se tissent dans une étude qui embrasse le problème du baptême forcé des enfants juifs dans tous ses aspects. Ce livre aborde, à partir de leurs formes médiévales, les questions toujours actuelles sur la part de la filiation, de l'éducation, de la volonté et de la mémoire dans la construction des identités, sur les heurts entre droits et pouvoirs, sur l'imbrication et l'efficacité sociale des constructions intellectuelles, des croyances et des stéréotypes.

  • Comment Aristote en est-il venu à théoriser l'action et à penser son principe comme une prohairesis ? Que signifie cette prohairesis ? En rupture avec l'interprétation classique qui en fait un « choix délibéré », voire une « décision », Le Principe de l'action humaine selon Démosthène et Aristote montre que la prohairesis doit être pensée comme la « saisie anticipée » d'une fin, un « dessein » dont la structure ouvre la temporalité spécifiquement humaine de l'action. Première étude systématique de la prohairesis chez les auteurs grecs, depuis son apparition jusqu'à l'époque d'Aristote (Thucydide, Aristophane, Phérécrate, Lysias, Isocrate, Isée, Xénophon, Platon, Démosthène, Lycurgue, Eschine, Hypéride, Dinarque, Démade, Aristote), appuyée sur une saisie approfondie de la notion de hairesis à partir d'Homère, ce livre met à la disposition des lecteurs les résultats d'une enquête terminologique exhaustive et les accompagne d'une interprétation philosophique. L'analyse de l'Iliade et des discours des orateurs attiques y rencontre l'explication conceptuelle des traités éthiques d'Aristote, et Démosthène s'y révèle comme un personnage déterminant pour l'élaboration de la philosophie aristotélicienne de l'action. Anne Merker est agrégée de philosophie, et actuellement professeur de philosophie à l'université de Strasbourg. Elle a publié La Vision chez Platon et Aristote (2003), Une morale pour les mortels. L'éthique de Platon et d'Aristote (Les Belles Lettres, 2011 ; Prix Joseph-Saillet 2013, Académie des Sciences morales et politiques) et Aristote, une philosophie pour la vie (2016).

  • 1543 : Copernic divulgue ses nouvelles théories astronomiques et affirme que, d'une part la Terre n'occupe pas, au centre de l'univers, une place unique et privilégiée et que, d'autre part, elle se déplace dans l'espace céleste. Thomas S. Kuhn raconte dans cet ouvrage, par le menu, l'extraordinaire bouleversement découlant d'une telle découverte. En effet, bien que le mot « révolution » soit au singulier, l'événement fut multiple. Son noyau était une transformation de l'astronomie mathématique, mais qui embrassait des changements d'ordre conceptuel en cosmologie, en physique, en philosophie aussi bien qu'en matière de religion. À cause de ce caractère, la révolution copernicienne offre une excellente occasion de découvrir comment, et avec quelles conséquences, les concepts de plusieurs champs différents de la connaissance se trouvent intimement mêlés dans un canevas. La plus grande originalité du présent ouvrage tient donc à sa volonté de découvrir la signification du caractère multiple de la révolution copernicienne, qui se traduit par une constante transgression des frontières établies entre la « science », l'« histoire » ou la « philosophie ». Thomas Samuel Kuhn (1922-1996), philosophe des sciences et historien des sciences américain, s'est principalement intéressé aux structures et à la dynamique des groupes scientifiques. Il a été le promoteur d'une interprétation de l'histoire des sciences selon laquelle le développement historique des théories est discontinu ; pour rendre compte de ce processus il a repris, à Alexandre Koyré notamment, le concept de « révolution scientifique » et a introduit celui, devenu classique, de « changement de paradigme ». En dehors de l'ouvrage ici réédité, on trouve, traduite en français, sa Structure des révolutions scientifiques (2008).

  • Cette Histoire de la littérature grecque chrétienne présente en six volumes l'ensemble des textes et des auteurs chrétiens des premiers siècles, depuis les origines (les lettres de paul, les évangiles) jusqu'au concile de Chalcédoine (451). L'importance et l'intérêt de ces différents écrits ne sont plus guère contestés aujourd'hui, aussi bien pour connaître la naissance et l'évolution des dogmes du christianisme, dont ils sont les principaux témoins, que pour apprécier son apport spirituel ou son héritage dans la culture occidentale. La présente édition comporte de nombreux compléments et mises à jour par rapport à la précédente (Paris, 2008 et 2013), affirmant ainsi son rôle d'instrument de travail tant pour le grand public que pour les chercheurs confirmés. Le présent volume couvre les origines de la littérature chrétienne, depuis les écrits de l'apôtre paul jusqu'à ceux d'irénée, le premier des grands théologiens de l'Église. Les efforts pour définir l'identité chrétienne, la défense des communautés, la polémique avec le judaïsme et la mise en place de l'« orthodoxie » et de l'« hérésie » y occupent une place au moins aussi importante que la réflexion théologique et l'activité pastorale.

  • Cette enquête sur l'immense demande de quantification dans le monde moderne examine le développement des significations culturelles de l'objectivité depuis plus de deux siècles. Comment devons-nous tenir compte du prestige actuel des méthodes quantitatives et de leur puissance ? La réponse habituelle est que la quantification est considérée comme souhaitable dans l'enquête sociale et économique depuis ses succès dans l'étude de la nature. Cette justification ne satisfait pas Theodore Porter. Pourquoi, demande-t-il, le genre de succès obtenus dans l'étude des étoiles, des molécules ou des cellules devrait-il être un modèle attrayant pour la recherche sur les sociétés humaines ? Et d'ailleurs comment faut-il comprendre l'omniprésence de la quantification dans les sciences de la nature ? À son avis, nous devrions diriger notre regard dans la direction opposée : en comprenant l'intérêt pour la quantification dans les affaires, le gouvernement et la recherche sociale, nous apprendrons quelque chose de nouveau sur son rôle dans la psychologie, la physique et la médecine. S'appuyant sur un large éventail d'exemples issus des laboratoires et du monde de la comptabilité, des assurances, de l'analyse coûts-avantages et du génie civil, Porter montre qu'il est « parfaitement faux » d'interpréter la rigueur quantitative de la science comme une tendance en quelque sorte inhérente à l'activité de cette dernière, sauf là où les pressions politiques et sociales imposent un compromis. En réalité, la quantification naît d'une tentative pour élaborer une stratégie d'impersonnalité permettant de résister aux pressions de l'extérieur. C'est dans un contexte culturel que l'objectivité prend son essor, la quantification devenant plus importante lorsque les élites sont faibles et les négociations privées suspectes, et que la confiance fait défaut. Theodore M. Porter, professeur d'histoire des sciences à l'université de Californie, à Los Angeles, est l'auteur de The Rise of Statistical Thinking, 1820-1900 (1986), et de Karl Pearson : The Scientific Life in a Statistical Age (2004). Il est membre de l'American Academy of Arts and Sciences. Nouvelle préface de l'auteur. Traduit de l'anglais par Gérard Marino.

  • Les nouvelles études rassemblées sous ce titre, Vérité scientifique et vérité philosophique dans l'oeuvre d'Alexandre Koyré, sont issues du colloque international organisé à l'Université Paris Ouest-Nanterre en février 2012 et dont nous publions ici les actes. L'ouvrage se propose d'élucider les positions philosophiques défendues par Alexandre Koyré (1892-1964) dans ses principales recherches en histoire des idées scientifiques et philosophiques, tout en mettant à l'épreuve cette déclaration qui est au centre de son oeuvre : « Je suis, en effet, profondément convaincu, [...] que l'influence des conceptions philosophiques sur le développement de la science a été aussi grande que celle des conceptions scientifiques sur le développement de la philosophie. » Assurément, les écrits d'Alexandre Koyré en histoire de la physique, de l'astronomie et de la cosmologie ont réussi à montrer, au moins pour la science classique, l'étroite intrication de la science, de la métaphysique et de la théologie au sein de la pensée. C'est sûrement là que son oeuvre exerça sa plus grande influence sur le monde des chercheurs en histoire et philosophie des sciences, même si de récentes découvertes historiques ont permis d'apporter de nouvelles lumières sur ses sujets favoris depuis sa disparition en 1964. Les quatorze contributions qui figurent ici ont été réparties suivant trois axes principaux qui concernent respectivement : l'itinéraire philosophique et les engagements intellectuels de Koyré, les perspectives épistémologiques et méthodologiques en histoire de la pensée scientifique et enfin les études concernant plus particulièrement l'histoire de la philosophie. Ces contributions sont l'oeuvre des spécialistes suivants : Paola Zambelli, Gérard Jorland, Annarita Angelini, Walter Tega, Joël Biard, Jean-Jacques Szczeciniarz, Anastasios Brenner, Bernadette Bensaude-Vincent, Frédéric Fruteau de Laclos, Massimo Ferrari, Pietro Redondi, Emmanuel Faye, Alexandre Guimarães Tadeu de Soares, Jean Seidengart. L'ouvrage s'achève avec la publication d'un cours inédit qu'Alexandre Koyré donna en avril 1946 intitulé : « Galilée ». Ce document donne une idée de ce que fut la parole vivante de cet historien des sciences auprès d'un public de non-spécialistes.

  • Cette Histoire de la littérature grecque chrétienne présente en six volumes l'ensemble des textes et des auteurs chrétiens des premiers siècles, depuis les origines (les lettres de Paul, les évangiles) jusqu'au concile de Chalcédoine (451). L'importance et l'intérêt de ces différents écrits ne sont plus guère contestés aujourd'hui, aussi bien pour connaître la naissance et l'évolution des dogmes du christianisme, dont ils sont les principaux témoins, que pour apprécier son apport spirituel ou son héritage dans la culture occidentale. La présente édition comporte de nombreux compléments et mises à jour par rapport à la précédente (Paris, 2008 et 2013), affirmant ainsi son rôle d'instrument de travail tant pour le grand public que pour les chercheurs confirmés. Ce premier volume est entièrement méthodologique. Il a pour objet de définir les différentes problématiques propres à ce genre de littérature, et constituera pour le lecteur un outil irremplaçable de documentation et de recherche, dont l'intérêt dépasse largement les seuls écrits chrétiens.

  • À la fin du Moyen-Âge, et jusqu'au début de l'époque moderne, l'astronomie n'a pas réellement d'autonomie ni sa fin en elle-même : largement ancillarisée, elle a surtout pour fonction et pour tâche de mesurer les périodes planétaires, et donc le temps. Ce qu'en dit le théologien Andreas Osiander, dans l'Avis au Lecteur ajouté en tête du De Revolutionibus, énonce la définition et la fonction de l'astronomie encore valable - du moins certains le souhaiteraient-ils - au temps de Copernic : « Il revient en propre à l'astronome de faire l'histoire des mouvements célestes (...) de concevoir et d'inventer des hypothèses quelles qu'elles soient par la supposition desquelles on puisse calculer avec exactitude, à partir des principes de la géométrie, ces mouvements tant pour le futur que pour le passé. » Cet ouvrage travaille à vérifier la pertinence de cette définition, à en comprendre les enjeux, et aussi les limites, c'est-à-dire à comprendre comment et pourquoi cette définition de l'astronomie est rapidement devenue insuffisante, inadéquate, et finalement obsolète. Mais il montre aussi, à sa façon, comment la « science moderne » qui est « fille de l'astronomie... descendue du ciel sur la terre le long du plan incliné de Galilée » (Bergson), n'a pu constituer le temps en une variable indépendante qu'en séparant radicalement le temps réel, historique, d'un temps idéal, condition de possibilité des phénomènes physiques. Notre ouvrage peut aussi se lire comme une enquête sur l'origine de ce partage. Édouard Mehl est professeur de philosophie moderne et histoire des sciences à l'Université de Lille, et membre de l'UMR 8163 du CNRS (Savoirs, Textes, Langage). Nicolas Roudet dirige la bibliothèque de la Maison Interuniversitaire des Sciences de l'Homme en Alsace (MISHA), à l'Université de Strasbourg.

  • Cette Histoire de la littérature grecque chrétienne présente en six volumes l'ensemble des textes et des auteurs chrétiens des premiers siècles, depuis les origines (les lettres de Paul, les évangiles) jusqu'au concile de Chalcédoine (451). L'importance et l'intérêt de ces différents écrits ne sont plus guère contestés aujourd'hui, aussi bien pour connaître la naissance et l'évolution des dogmes du christianisme, dont ils sont les principaux témoins, que pour apprécier son apport spirituel ou son héritage dans la culture occidentale. L'ensemble de ces volumes, contenant à la fois de substantielles notices sur chacun des auteurs dont l'oeuvre nous a été conservée et des indications bibliographiques propres à susciter des recherches plus approfondies, constitue un instrument de travail indispensable pour l'étude des Pères.
    Le présent tome couvre toute la production littéraire du IIIe siècle. L'exégèse, l'historiographie, la pastorale, mais également les spéculations théologiques et la polémique religieuse, y occupent une place essentielle. Parmi les auteurs les plus importants ici présentés figurent Clément d'Alexandrie, Origène, Hippolyte de Rome (ainsi que le corpus attaché à son nom), Méthode d'Olympe et Eusèbe de Césarée, qui, dans la diversité de leurs écrits, ont donné non seulement à la pensée, mais aussi à la littérature chrétienne ses premières lettres de noblesse.

    Bernard Pouderon est professeur de littérature grecque tardive à l'Université François-Rabelais de Tours et membre senior (honoraire) de l'Institut universitaire de France.

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