Sciences humaines & sociales

  • Juin 1816 au bord du lac Léman : un groupe de jeunes gens parmi lesquels Byron, Shelley et Mary, sa future épouse, décident d'écrire des histoires de revenants. Ainsi naquit Frankenstein sous la plume de Mary Shelley, qui ignorait alors qu'elle fondait un mythe contemporain. Plus encore, cette fille des Lumières au destin singulier, anticipe là ce qui allait advenir deux siècles plus tard : procréations artificielles, manipulations génétiques, eugénisme, transhumanisme, etc. De nos jours, la fabrication de l'humain n'est plus imaginaire. À partir de la vie et de l'oeuvre de Mary Shelley, Monette Vacquin dénonce dans ce livre les dangers de la science mis en acte. « La question du chercheur fou est maintenant déplacée vers celle de la science folle », comme l'écrit le biologiste Jacques Testart dans sa préface. « La figure la plus terrifiante et la plus repoussante de notre temps, c'est la conjonction de l'immaturité psychique la plus complète avec les moyens d'action les plus sophistiqués », conclut le philosophe Olivier Rey dans sa postface au livre de Monette Vacquin.

  • Qu'est-ce qu'être une femme ou un homme ? Ce que nous pensons « féminin » ou « masculin » l'est-il bien ? Est-ce conjoncturel, culturel, ou bien profondément inscrit dans nos corps et plus ou moins intangible ? Ces questions se posent de nos jours dans un contexte radicalement nouveau : celui de la remise en cause globale de la domination masculine, celui des recherches foisonnantes que cette contestation a engendrées, celui des politiques publiques qui tentent de mettre en oeuvre l'égalité des sexes. Autant d'approches qui viennent bousculer les idées reçues et les pratiques sociales. Le domaine de la recherche scientifique n'échappe pas à ces tiraillements. Les études se sont multipliées depuis une trentaine d'années et aboutissent aux mêmes constats : l'inégalité entre femmes et hommes formate inconsciemment nos esprits, agissant jusque dans les opérations conçues comme les plus « scientifiques », les plus « objectives », quand elle ne conduit pas à de véritables blocages du fonctionnement de la pensée. C'est à l'exploration de ces questions que nous invite ce livre iconoclaste, auquel ont travaillé des spécialistes venus d'horizons très divers - des « humanités » aux sciences de la vie, en passant par le droit, les arts, la primatologie...

  • Ce livre est une analyse critique de la théorie selon laquelle les femmes et les hommes, les hétérosexuel(le)s et homosexuel(le)s, auraient des prédispositions psychologiques différentes en raison de l'influence (ou pas) de certaines hormones sur leur cerveau pendant la vie foetale. Cette « théorie hormonale de l'organisation cérébrale » est présentée comme un fait établi dans la plupart des manuels de psychologie, médecine, journaux scientifiques, grands médias et livres à succès. Ainsi, les hormones prénatales conditionneraient l'orientation et les comportements sexuels des femmes et des hommes, leurs aptitudes cognitives ou encore leurs centres d'intérêt, créant entre eux des différences sinon irréductibles, du moins naturelles. Dans ce livre passionnant, l'auteure retrace l'histoire de cette théorie et des recherches visant à la valider. Elle démontre l'inconsistance des données scientifiques censées l'étayer. Mettant en évidence certains biais dans les méthodes de la recherche et l'interprétation de ses résultats, elle plaide pour une science plus rigoureuse du développement humain et des différences entre les sexes en particulier. Il s'agit là d'un texte de référence sur les questions de genre analysées à la lumière des recherches en sciences sociales et biomédicales.

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