Sciences humaines & sociales

  • Extrait
    Abréviations utilisées
    Introduction
    Une situation paradoxale
    L’art général des conjectures : un discours de la méthode
    Une méthode individualisée
    Le concept de conjecture
    Les principes et les règles de la méthode
    Plan de l’oeuvre
    Premier livre
    Second livre
    Note sur la traduction
    LES CONJECTURES
    [Première Partie]
    [Prologue]
    Chapitre 1. L’origine des conjectures
    Chapitre 2. Le nombre est l’exemplaire symbolique des choses
    Chapitre 3. La progression naturelle
    Chapitre 4. Les quatre unités
    Chapitre 5. La première unité
    Chapitre 6. La deuxième unité
    Chapitre 7. La troisième unité
    Chapitre 8. La dernière unité
    Chapitre 9. Unité et altérité
    Chapitre 10. Explication
    Chapitre 11. [Participation]
    Chapitre 12. Les trois mondes
    Chapitre 13. Les trois distinctions trines
    [Deuxième Partie]
    [Prologue]
    Chapitre 1. [De la racine profonde de toutes les recherches scientifiques]
    Chapitre 2. [Suite]
    Chapitre 3. Différence et concordance
    Chapitre 4. Les éléments
    Chapitre 5. Élément et composé élémentaire
    Chapitre 6. Éclaircissement
    Chapitre 7. Le sénaire, le septénaire et le dénaire
    Chapitre 8. La différence des individus
    Chapitre 9. Les différences des modes d’être
    Chapitre 10. Les différences des composés d’âmes et de corps
    Chapitre 11. La vie
    Chapitre 12. Nature et art
    Chapitre 13. La nature de l’intellectuel
    Chapitre 14. L’homme
    Chapitre 15. [Concordance et différence des hommes entre eux]
    Chapitre 16. De l’âme humaine
    Chapitre 17. De la connaissance de soi
    Glossaire
    Bibliographie
    Table des figures
    Index des citations bibliques
    Index des notions
    Index des noms

  • De nos jours, les pasteurs comme les théologiens ne savent plus très bien comment présenter la doctrine correspondant à l'appellation classique de « péché originel » et dérivant des perspectives augustiniennes. Les tentatives de formulations nouvelles suscitées par l'ouverture préconisée par Vatican II n'ont pas encore apporté la solution espérée. Quant aux autorités romaines, elles se cantonnent prudemment sur les positions classiques.
    Cet ouvrage vise à reposer le problème, sans donner de solution toute faite, mais en ayant recours à l'histoire des idées. Il était nécessaire de reprendre le dossier dès le début, non seulement à partir du message de Jésus et de sa compréhension par les disciples, mais dès l'Ancien Testament, et dans l'environnement culturel des anciennes civilisations. Il fallait aussi prendre en compte les positions diverses des chrétiens des premiers siècles. On s'aperçoit alors qu'il n'y a pas de consensus sur une doctrine commune. Même constatation à propos de Vatican II.
    Le volume présenté laisse entrevoir plusieurs pistes d'interprétation. Il met en lumière les tentatives anciennes d'inculturation et permet de prendre le recul nécessaire et préalable à l'élaboration de nouvelles synthèses mieux adaptées à notre temps. Mais il ne faut pas perdre de vue, tout au long de cet ouvrage, que le mystère du mal, qui est au coeur de l'idée de péché originel, reste et restera toujours un mystère.

  • Sommaire
    Prologue .– Gérard Lebrun contemporain (Michèle Cohen-Halimi)
    I.– Comment peut-on être hégélien ?
    Chapitre 1.– D’un ton irreligieux en philosophie (Pierre Macherey)
    Chapitre 2.– Le pari de Lebrun, la raison de Hegel (Isabelle Thomas-Fogiel)
    Chapitre 3.– La tentation spéculative et les "eschatologies post-kantiennes" (Flamarion Caldeira Ramos)
    Chapitre 4. – Lebrun, unique en ses particularismes (José Arthur Gianotti)
    II.– Le kantisme de Gérard Lebrun
    Chapitre 5.– Kant et l’aporétique de Lebrun (Paulo Licht Dos Santos)
    Chapitre 6.– Les mésaventures de la pensée. Erreur et problème chez Kant, Lebrun et Deleuze (Emma Ingala Gomez)
    III.–Mises en perspectives
    Chapitre 7.– La réflexion, le concept et la vie. Georges Canguilhem dans l’épistémologie critique de Gérard Lebrun (Nuria Sanchez Madrid)
    Chapitre 8.– Du régime kantien de l’esthétique au régime esthétique de l’art. Notes sur Gérard Lebrun et Jacques Rancière (Eduardo Maura Zorita)
    IV. Epilogue
    Chapitre 9.– Sur le principe d’"action réciproque" ou de "communauté", Kant, Hegel, Nietzsche, Spinoza (Juliette Simont)
    Chapitre 10.– La philosophie en tant qu’art, ou la "topique indéfinie" de Gérard Lebrun (Marcio Suzuki)
    Inédit
    Le Pascal de Gérard Lebrun, chapitre 1, traduit par Francis Wolff
    Bibliographie raisonnée (Victor Béguin)
    Présentation des auteurs

  • Salué par Paul Ricoeur comme un de ses maîtres mais souvent ignoré du public, Jean Nabert (1881-1960) est un des plus grands moralistes du XXe siècle. Son oeuvre est habitée à la fois par une haute exigence philosophique et par une affirmation éthique qui rejoint tout lecteur dans son cheminement existentiel.
    Les quinze études réunies dans le présent ouvrage conjuguent la volonté de rendre plus accessible la lecture de ce penseur difficile et, en le confrontant à d'autres pensées (Heidegger, Bergson, Ricoeur et d'autres), d'attester de la fécondité d'une oeuvre qui nous permet de penser l'éthique aujourd'hui.
    Ont participé à cet ouvrage :
    Paul Naulin, Frédéric Worms, Emmanuel Doucy, Yasuhiko Sugimura, Maria Villela-Petit, Laszlo Tengelyi, Fabio Rossi, Carla Canullo, Jean-Christophe Goddard, Jean Greisch, Stéphane Robilliard, Philippe Capelle.
    Textes inédits de Jean Nabert
    Morphologie du temps (1941)
    De l'exigence d'une certitude suprême en philosophie (1940)
    Dialectique des vertus (1972)

  • Jean-Luc Nancy et Sarah Kofman, deux lecteurs de Blanchot en différend.

    Jean-Luc Nancy dialogue avec Maurice Blanchot sur le fil historique du communisme et d'un fondement théologique inavouable de la communauté comme étant d'emblée humaine et politique. Y a-t-il entre communisme et communion une déconstruction possible du « commun » qui restitue le tragique ? Trois interlocuteurs l'interrogent ici dans cette configuration, où c'est la « déconstruction du christianisme » qui opère l'autocritique de la modernité.
    Sarah Kofman traverse et déplace le texte-Blanchot, sa pensée de l'écriture et de l'« absolu » de l'histoire, pour revenir à la parole et à la lecture « après Auschwitz ». Dans cette épreuve, l'intellectuel est le témoin contraint de dire. Parvenir à renverser cette contrainte périlleuse en « parole sans pouvoir » rouvre un pouvoir de tenir parole, laisser parler, promettre, qui seul s'oppose au « pouvoir de tuer ».
    Sans spéculer, mais sans renoncer à la rigueur philosophique, ce livre appose ces deux dialogues en valorisant leur différend. Et avec Nancy lui-même, deux interlocuteurs interrogent le geste méconnu de Kofman.
    Les interrogations du livre arpentent un espace pluriel négligé de l'autoréflexion culturelle marquée par la perte de la modernité - perte de l'expérience de la liberté et du temps, et perte de la confiance dans la culture. Pour frayer d'autres voies dans le rapport des sociétés contemporaines à elles-mêmes, où règnent trop uniment le présentisme, le désenchantement politique et la disjonction des sphères publiques.

  • AVANT-PROPOS
    Les discours sur la performance et sur la dignité humaine représentent aujourd’hui les ultimes figures de l’idéalisme dans une société où les idéologies ont toutes été discréditées les unes après les autres. Ils appartiennent respectivement à des ordres de langage différents, peutêtre irréductibles, mais dont la réconciliation devient le grand défi des institutions publiques, notamment des établissements de santé partout en Occident. Leur montée en puissance dans les débats confine désormais à l’inflation, à telle enseigne que la multiplication des recours à ces deux vocables procure à la fois les identifiants et les mots de passe qu’il faut posséder pour accéder à une reconnaissance dans la société. Cependant, plus leur usage se propage, plus leur signification les rend solubles dans le magma des évidences communes dont les fondements semblent nébuleux, voire étrangers à l’esprit critique. D’un côté, la performance attire l’attention sur l’univers des moyens, parce qu’elle se développe dans la recherche de l’efficacité optimale et du rendement à tout prix. De l’autre, la dignité humaine avive la lumière d’une finalité minimale dans la torpeur des systèmes de sens où le relativisme et le « polythéisme des valeurs », comme disait Max Weber, ont achevé le nivellement des références à des croyances universelles. La rupture du productivisme avec les derniers relents de l’humanisme moderne fait-elle échec à l’espérance d’éviter la dislocation de la culture occidentale dont les deux piliers se trouvent dans l’antagonisme des deux verbes de base dans la plupart des langues européennes : avoir et être ?

  • Placer les pages qui suivent, consacrées à l'acte de lire en milieu monastique féminin et à la place du livre et de l'écrit dans la formation, la spiritualité, voire la polémique dans la vie religieuse féminine, sous les auspices d'un roman libertin, peut sembler provocateur. Pourtant, ce célèbre roman rappelle à la fois que le livre tient une place discrète, mais essentielle, dans les monastères, et que cette place reste malgré tout difficile à définir, pour l'historien d'aujourd'hui comme pour les contemporains, tentés de prêter à la religieuse, à la fois une ignorance qui confine à la niaiserie, et un irrépressible désir de livres. L'acte de lire se situe au croisement de deux éléments : d'une part, un environnement livresque, et d'autre part un accès, permissif ou transgressif, aux livres. Ces deux conditions réunies, se déploient des pratiques variables et inventives d'appropriation des textes. Ce sont et ces conditions, et leur résultat en situation monastique que nous souhaitons mettre ici en évidence, dans le contexte particulier d'un lectorat féminin ayant, après une année de noviciat et au moment de la cérémonie des voeux, accepté de se fondre dans un corps collectif, dont chaque membre n'est plus que la déclinaison d'un idéal de pauvreté, d'obéissance et de chasteté, auquel s'oppose le livre, symbole de richesse, d'émancipation et de dérèglement de l'imagination.
    Fabienne Henryot est docteur en histoire moderne, responsable des collections de théologie et de sciences des religions à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (Suisse) et maître de conférences associée à l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques. Ses travaux portent sur les pratiques de lecture et d'écriture dans le monachisme français d'Ancien Régime.
    Philippe Martin est professeur d'histoire moderne à l'université Lumière-Lyon 2 et directeur de l'Institut Supérieur d'Études des Religions et de la Laïcité. Ses travaux portent sur l'histoire du livre et de la lecture de piété entre le XVIIe et XIXe siècle.
    Avec la collaboration de Caroline Bowden, Matthieu Bréjon de Lavergnée, Amélie Candéla, Véronique Castagnet-Lars, Marie-Élisabeth Henneau, Bernard Hours, Odon Hurel, Simon Icard, Claude Langlois, Jean-Marc Lejuste, Alix Mérat, Pierre Moracchini, Claire Pibarot, Juliette Pinçon, Antoine Roullet, Sabrina Stroppa, Éric Suire.
    In common popular imagination as well as in the most part of historiography, a nun would read very little, if not at all. It is widely believed that, due to numerous constraints limiting her reading opportunities, as well as the obligation for her to report what she read to her spiritual adviser, her confessor, her abbess or her novice supervisor, and faced with scant material community resources, she would eventually do without books, except of course her prayer book, an Imitation and some Saints' lives. The time has come to reconsider those preconceived notions.
    This work, made up of seventeen contributions mostly focusing on France but also Italy, the Lowlands and Spain, aims at showing how surprisingly varied reading practices were in women secluded convents between the Renaissance days and the late 19th century, between Thérèse of Avila and Thérèse de Lisieux. The places, times and reading gestures helped prop up various activities, ranging from personal devotion and liturgy to teaching, conscience supervision, spiritual evolution along tricky lanes, if not academic knowledge. Not all nuns were critical and full-fledged readers. Still, it is possible to find in a monastery, whatever its form may be, a rich imagination world related to reading , materializing or not in the common or personal libraries of the nuns, making it possible to put preconceived ideas right as far as the relationship between cloistered women and books is concerned.

  • Textes réunis par Guillaume Bady et Diane Cuny.
    Cet ouvrage en hommage à Bernard Pouderon rassemble vingt-quatre contributions qui éclairent d'un jour nouveau le rôle des polémiques religieuses du Ier au IVe siècle de notre ère. Il illustre la variété des approches et l'importance des discussions scientifiques menées par des chercheurs de divers pays. Divisé en quatre chapitres, il s'organise autour de quatre questions : quel rôle jouent les origines pour les courants religieux de l'Antiquité ? Jusqu'où vont l'apologétique juive et les polémiques antijuives ? Quels sont les enjeux des controverses entre auteurs chrétiens et païens ? Quels sont la teneur et la visée des débats au sein du christianisme ?
    Textes juifs, païens et chrétiens, mais aussi gnostiques, manichéens ou orphiques sont ici convoqués et étudiés. De Flavius Josèphe à Grégoire de Nysse, les auteurs montrent comment l'histoire a été instrumentalisée, les citations scripturaires détournées, les sources altérées. Ce faisant, ils mettent en lumière la fécondité des polémiques dans cette période d'effervescence qui est déterminante pour comprendre les religions et leur histoire.
    Les auteurs : Guillaume Bady, Pier Franco Beatrice, Christian Boudignon, Régis Burnet, Marie-Ange Calvet-Sebasti, Matthieu Cassin, Laetitia Ciccolini, Diane Cuny, Gilles Dorival, Michel Fédou, Benoît Gain, Anthony Glaise, Anders-Christian Jacobsen, Alain Le Boulluec, Bernard Meunier, Simon Claude Mimouni, Sébastien Morlet, Olivier Munnich, Tobias Nicklas, Paul-Hubert Poirier, Maryse Robert, Madeleine Scopello, Frederick Stanley Jones, Anna Usacheva, Andrea Villani.
    This collection of twenty-four essays in honor of Professor Bernard Pouderon sheds new light on a number of 1st century through 4th century A. D. religious polemics. These essays combine a variety of academic viewpoints and scientific approaches from researchers who hail from many countries. They cover four questions, each in their own chapter: what role do the origins play for ancient religious currents? How far do Jewish apologetics and anti-Jewish polemics go? What are the stakes of the controversies between Christian and pagan authors? What are the content and purpose of debates within Christianity? These essays delve into Jewish, pagan and Christian, as well as Gnostic, Manichaean or Orphic texts. The authors explain how history was used to further specific objectives, how biblical quotations were made to serve the ideologies of the time, and how sources were altered to shape the desired narrative. The collection shows the importance of polemics from Flavius Josephus to Gregory of Nyssa from this stirring period that is crucial to the understanding of religions and their history.

  • Ce Guide s'adresse aux étudiants en musicologie, aux chercheurs, aux instrumentistes, aux chefs de choeurs et d'orchestre, comme aux discophiles ou aux mélomanes. Il offre un aperçu du vocabulaire essentiel et de la terminologie musicale française et anglaise. Il suppose l'acquisition des connaissances de base de la langue et de la grammaire anglaises. Certaines expressions typiques sont replacées dans leurs divers contextes ; une attention particulière a été réservée aux « faux-amis », qui hantent tous les traducteurs. Ce Guide est également un manuel pratique proche des activités du chercheur ou de l'interprète, séjournant dans un pays anglophone ; il leur apportera la solution aux problèmes pratiques de la vie quotidienne (achat de livres, disques, partitions ; location d'une place de concert, commandes, réparations ... ). On y trouvera également un dialogue très vivant entre deux étudiants. Au moment où l'Europe s'ouvre à la recherche internationale et compétitive, la connaissance des langues étrangères et de la terminologie spécifique à chaque discipline est absolument indispensable. Ce livre y contribuera largement.

  • Extrait

    Liste des abréviations
    Introduction
    Chapitre I - Le précédent du jeune Lukács : roman et durée
    1. Le roman : l’épopée des temps modernes
    2. La durée, élément vital du roman
    3. Forme romanesque et durée dans le Mahler d’Adorno
    Chapitre II - Dramatique et épique : le temps de la musique symphonique
    1. L’idée du drame pour la symphonie
    2. La totalité dynamique chez Beethoven
    3. La théorie des types : les temps intensif et extensif
    4. La destination finale de la musique : Bloch et Adorno
    Chapitre III - La musique épique et l’art de narrer
    1. Le lyrisme épique des lieder mahlériens
    2. La ballade et la prose musicale
    3. La banalité du matériau populaire
    /> 4. Roman et narration : l’influence de Benjamin
    Chapitre IV - Le « temps espace » opposé au « temps-durée » : le mythe et l’épopée
    1. Le rythme, le choc : Stravinsky du côté du jazz
    2. L’antithèse Mahler/Stravinsky
    3. Espace, mimèsis, mort
    4. La tendance antimythologique du roman
    5. La fin du bergsonisme musical
    Chapitre V - L’ambivalence de Wagner
    1. Le geste de la battue ou la ruine historique de l’expérience musicale
    2. Mythe, conte, nature : jouer Beethoven contre Wagner
    3. La fantasmagorie et la disparition de l’élément politique : musique et humanité
    4. Sauver Wagner ?
    Chapitre VI - Le geste épique de la musique de Mahler
    1. Théâtre épique et musique gestuelle
    2. Le mimétique, le niais : Benjamin et Adorno
    3. L’enfance : le livre d’or de la musique
    Conclusion D’une physionomie : l’archaïque tristesse de la musique
    Bibliographie



  • Le pouvoir

    Collectif

    Sommaire

    Présentation par D. DUBARLE
    I. LE CHAMP RELIGIEUX
    J . CHATILLON : L'exercice du pouvoir doctrinal dans la chrétienté du XIIIe siècle : Le cas d'Étienne Tempier
    D. DUBARLE : Pouvoir et autorité dans l'Église chrétienne
    II. LE CHAMP PHILOSOPHIQUE
    B. QUELQUEJEU : « Démiurge de persuasion » - Recherches sémantiques, sophistiques et rhétoriques sur les sémantiques, sophistiques et rhétoriques sur les rapports entre langage et pouvoir
    P COLIN: Le pouvoir de la philosophie
    J. GREISCH : Le pouvoir des signes. les insignes du pouvoir - Notes sur les nouvelles questions du pouvoir
    III. LE CHAMP POLITIQUE
    P.-J. LABARRIÈRE : La rationalité du pouvoir ou comment gérer l'héritage hégélien
    H. FAES : Pouvoir politique et forces productives

    />

  • Pensée contemporaine et problème de Dieu.
    Comment se situe, dans les divers courants de la pensée contemporaine, l'effort de la raison naturelle pour atteindre Dieu, en quoi consiste la théo dicée?
    Aujourd'hui, une part grandissante du labeur de l'esprit se porte vers l´univers matériel, pour le connaître et le dompter; de plus la réflexion appelle en toute recherche une référence à l´homme, une attention vigilante à sau vegarder et enrichir les valeurs humaines; enfin, chez ceux qui affirment le divin, la transcendance de Dieu est vivement ressentie, et Dieu est recher ché, par-dessus tout, dans les démarches d'une foi qui dépasse la simple raison.
    Exprimées en ces termes, ces trois orientations sont plus que légitimes; la philosophie peut et doit en tenir compte; elles n'égareraient la pensée que si elles devenaient exclusives.

  • On admet communément que la philosophie moderne commence à Descartes. C'est une vue simpliste et fausse. Nous commencerons comme tout le monde à Descartes, mais au moins faut-il savoir que c´est par convention.
    La philosophie moderne commence à la Renaissance. Le xve et le xvie siècle présentent un foisonnement d´idées, de doctrines, de tendances, assez confus et même incohérent, mais qui dans l´ensemble a ce trait caractéristique d´être une réaction contre la scolastique et l´Église, sinon contre le Christianisme et toute espèce de religion.
    Cet ouvrage en contient les grandes lignes.

  • Table des matières

    Préface, par Robert Chenavier
    Abréviations utilisées
    Prélude
    Approche de Simone Weil. Fragments d’un Journal relu des années après
    1. Des camarades et un maître
    2. Apprentie philosophe et militante 88
    3. Un fil rouge, le travail
    4. Jamais au-dessus de la mêlée
    5. Guerres d’Espagne
    6. « Le désarroi de notre temps »
    7. Le mal de l’Occident
    8. Dans la lumière de la Méditerranée
    9. Seuls les amis savent écouter
    10. Bâtir une civilisation nouvelle
    Épilogue
    « Dit-elle vrai ou non ? »
    Postface
    Simone Weil telle que je l’imagine, par Daniel Lindenberg
    Simone Weil : étapes d’une vie
    Sources et bibliographie
    Index des noms



  • Extrait

    AVERTISSEMENT
    BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE
    INTRODUCTION
    Chapitre préliminaire. - PRÉSENCE DE L' HOMME A L'ÊTRE
    PREMIÈRE PARTIE. - STATIQUE DE L'ÊTRE
    Première Section. - CONTACT DIRECT AVEC LES ÊTRES RÉELS
    ANALYSE DES ÊTRES DE CE MONDE
    I. - Structure des êtres en tant que changeants
    II. - Structure des êtres en tant que multiples
    III. - Structure des existants finis
    SYNTHÈSE DES ÊTRES DE CE MONDE
    IV. - Communication du type aux individus.
    V. - Communication de l'existence aux individus
    INVENTAIRE DES GENRES D'ÊTRES DE CE MONDE
    VI. - Les prédicaments
    VII. - La substance et les accidents
    VIII. - La qualité
    IX. - La relation
    Deuxième Section. - PRISE DE CONSCIENCE RÉFLEXIVE DE LA NOTION D'ÊTRE
    LOGIQUE DE L'ÊTRE : ABSTRACTION ET ATTRIBUTION DE L'ÊTRE
    I. - De la notion concrète et spontanée à la notion abstraite et réfléchie de l'être
    II. - Le statut logique de la notion d'être en tant qu'être
    INVENTAIRE DE L'ÊTRE
    III. - Du premier concept au premier principe
    IV. - Les transcendantaux
    DEUXIÈME PARTIE. - DYNAMIQUE DE L'ÊTRE
    I. - Rappel des causalités formelle et matérielle
    II. - La cause efficiente
    III. - La cause finale
    CONCLUSION. - La participation
    TRADUCTION DES TEXTES LATINS
    INDEX



  • On divise parfois l'ensemble des disciplines philosophiques en trois grands secteurs :
    1) Une logique ou science des lois idéales de la pensée dans la recherche et la démonstration de la vérité. Instrument de la connaissance vraie, la logique se présente donc comme une propédeutique de la philosophie et de la science.
    2) Une philosophie spéculative, dont la partie principale est constituée par l'ontologie ou science de l'être en tant que tel. Avec l'ontologie et son couronnement, la théodicée, la pensée humaine se propose de répondre aux problèmes fondamentaux de l'être et de l'existence, du fini et de l'infini, de l'un et du multiple.
    3) Une philosophie pratique, qui, à la différence de la philosophie spéculative, ne se tient pas sur le seul terrain de la pure connaissance, mais oriente le savoir vers le faire et l'agir. Sans doute s agit-il toujours d'une étude de l'être et d'une étude par mode spéculatif, mais cest d'un être particularisé quil est question : l'être à réaliser dans une oeuvre ou dans une action. Considérée comme science des actes humains, elle prend le nom de morale ou éthique.

  • Extrait

    INTRODUCTION
    PREMIÈRE PARTIE À LA RECHERCHE DU « PRINCIPE » DE STRUCTURATION
    Chapitre premier. MÉTHODE ET SYSTÈME
    I. Méthode et auto-mouvement du contenu
    II. Auto-déploiement systématique du contenu et méthode
    Chapitre II. RÉFLEXION ET AUTO-MOUVEMENT
    I. Réflexion posante
    II. Réflexion extérieure
    III. Réflexion déterminante
    Chapitre III. CORRÉLATIONS INTERNES
    I. « Principe » de structuration du contenu de la Science de la Logique
    II. Classification et caractéristiques des indices et des parallèles
    DEUXIÈME PARTIE AUTO-STRUCTURATION SYSTÉMATIQUE DU RÉEL DANS LA SCIENCE DE LA LOGIQUE
    Chapitre premier. DEVENIR DE L'ÊTRE COMME POSITION DE L'EN-SOI DU CONCEPT
    I. Auto-déploiement de la Qualité et activité médiatrice de la réflexion posante
    II. Quantité comme extériorisation de la Qualité et réflexion extérieure
    III. Auto-détermination de la Mesure ou de la Quantité qualifiée et réflexion déterminante
    Chapitre II. L'ESSENCE ET SON EXTÉRIORISATION. LE POUR-SOI DU CONCEPT DANS SON APPARENCE ET SON APPARITION
    I. Auto-position des essentialités en elles-mêmes
    II. Auto-extériorisation de l'essence et phénomène comme immédiateté posée
    III. Auto-détermination de l'essence en l'absolu effectif
    Chapitre III. AUTO-DÉTERMINATION DU CONCEPT EN-ET-POUR-SOI
    I. Subjectivité du concept dans son mouvement d'auto-position
    II. Objectivité comme processus d'auto-partage de l'universalité du concept
    III. Auto-détermination de l'unité du rationnel et du réel
    CONCLUSION
    I. Autour du sujet, de la méthode et du mouvement réfléchissant de la médiation
    II. Structure systématique du réel
    a. Structure binaire
    b. Structure ternaire
    APPENDICES
    I. Liste complète des parallèles et des indices
    II. Indices, Parallèles de mouvement, parallèles de structure
    BIBLIOGRAPHIE



  • Table des matières

    Avant-propos
    Introduction
    La révolte des Zélotes dans l’histoire
    La révolte des Zélotes dans l’historiographie
    Une chronologie
    Le dossier des textes traduits
    Les sources sur les Zélotes. Traduction
    A. Jean Cantacuzène, Histoires
    A1. La révolte d’Andrinople (1341)
    A2. Cantacuzène et le prôtostratôr* Synadènos (1342)
    A3. Les Zélotes de Thessalonique (1342)
    A4. L’épisode Tzamplakôn (1342)
    A5. Manuel Cantacuzène à Berroia – Exactions des Zélotes à Thessalonique (1343)
    A6. L’ambassade de Cabasilas et le massacre des aristocrates (1346)
    A7. La fin des Zélotes (1350)
    B. Nicéphore Grégoras, Histoire romaine
    B1. Description des Zélotes (1343)
    B2. Le massacre des aristocrates (1346)
    B3. Le régime des Zélotes (1347-1350)
    C. Chronique de Thessalonique
    C1. Le massacre des archontes (1346)
    D. Philothée Kokkinos, Vie de Sabas de Vatopédi
    D1. La tyrannie des Zélotes (1342-1350)
    D2. André Paléologue (1346.1336)
    E. Dèmètrios Kydonès
    E1. Lettre 12L / 5T à Jean Cantacuzène (été 1342)
    E2. Lettre 17L /6T à Manuel Cantacuzène (1344)
    E3. Lettre 6L /7T à Jean Cantacuzène (1345)
    E4. Lettre 7L /8T à Jean Cantacuzène (1346)
    E5. Lettre 8L /10T à Jean Cantacuzène (1346)
    E6. Lettre 43 L /16T au hiéromoine Isidore Boucheiras (1346)
    E7. Lettre 87L /18T à Nicolas Cabasilas (mars-avril 1347)
    E8. Lettre 77L /95T à Phakrasès (1371 ou 1372)
    E9. Discours 1 à Jean Cantacuzène (1347)
    E10. Discours 2 à Jean Cantacuzène (1347)
    E11. Monodie sur les morts de Thessalonique (1346 ou 1347)
    F. Grégoire Akindynos, Correspondance
    F1. Lettre 27 sans nom de destinataire (fin février 1343)
    F2. Lettre 37 à Jean Kalékas (juin 1343-printemps 1344)
    F3. Lettre 40 sans nom de destinataire (printemps-hiver 1343)
    F4. Lettre 39 sans nom de destinataire (hiver 1343-automne 1344)
    F5. Lettre 41 à Branas (début 1345)
    F6. Lettre 50 au très saint Matthieu (1345)
    F7. Lettre 52 à Jacques Koukounaris, évêque de Monembasie (1345)
    F8. Lettre 56 à Magistros (automne 1345)
    F9. Lettre 57 sans nom de destinataire (1345 ou 1346)
    F10. Lettre 58 à l’archidiacre Bryennios (1345 ou 1346)
    F11. Lettre 60 à Lapithès (mai 1346)



  • La médaille royale fut introduite sous François Ier. Conçue comme un présent, elle proposait un portrait du roi au naturel avec son emblème de la salamandre. Sous Henri II et les derniers Valois, l'usage se généralisa de représenter le monarque en rex/imperator, sous la forme d'un portrait pseudo-antique ou d'un portrait à l'antique. Sous Henri IV, se développe aussi le portrait mythologique du souverain en héros (Hercule, Mars, etc.), et de Marie de Médicis en Junon. Les revers renvoyaient, quant à eux, à des registres emblématiques, antiques ou mythologiques : la salamandre, Persée, Bellérophon, et surtout Hercule.
    Cet ouvrage est destiné aux étudiants, numismates, historiens et historiens de l'art, ainsi qu'aux collectionneurs.
    Marie Veillon (1961-2017), docteur de l'E.H.E.S.S. en 1990, est devenue en 1992 chargée de recherches au Centre National de la Recherche Scientifique. Elle a effectué toute sa carrière au Centre d'études supérieures de la Renaissance, poursuivant une oeuvre scientifique et d'enseignement sur les médailles et leur interprétation, depuis l'Antiquité jusqu'à la période moderne.
    Daniel Saulnier (Centre d'études supérieures de la Renaissance,Tours) a réalisé la mise au point du manuscrit de cet ouvrage.
    Medals of the kings of France in the sixteenth century Representation and fancy
    The royal medal was introduced under Francis I. Conceived as a present, it proposed a portrait of the king in the natural with his emblem of the salamander. Under Henry II, and the last Valois, the custom became generalized to represent the monarch in rex/imperator, in the form of a pseudo-antique portrait or an antique portrait. Under Henry IV appears also the mythological portrait of the sovereign as a hero (Hercules, Mars, etc.), and of Mary of Medici in Juno. For their part, the reverse referred to emblematic, ancient or mythological registers: the salamander, Perseus, Bellerophon, and especially Hercules.
    This book is intended for students, numismatists, historians and art historians, as well as collectors
    Marie Veillon (1961-2017), PhD of E.H.E.S.S. in 1990, became in 1992 researcher at the National Center for Scientific Research. She has spent her entire career at the Centre d'études supérieures de la Renaissance, pursuing a scientific and teaching work on medals and their interpretation, from antiquity to the Modern period.

  • Aux marges du roman antique a fleuri une constellation de textes, fictions biographiques, hagiographies romancées ou récits de voyages et d'aventures, qui ont pour commune particularité une forte composante fictionnelle. Souvent désignés sous la commode étiquette de fringe novels, ces écrits à l'identité générique indécise, gravitant à la croisée du roman et de l'histoire, de la littérature édifiante et du divertissement, ont connu une destinée parfois bien différente de celle des romans antiques, oubliés au Moyen Âge et redécouverts par les humanistes de la Renaissance. Ce sont les divers aspects de leur réception, de la Renaissance à l'époque moderne, que les auteurs des treize articles réunis dans le présent volume ont choisi d'explorer, en se demandant si les lecteurs du passé étaient sensibles à la dimension fictionnelle des fringe novels et percevaient les affinités qui, à nos yeux, relient ces différents textes. L'étude des traductions, adaptations ou réécritures auxquelles des fringe novels comme la Cyropédie de Xénophon, la Vie d'Ésope ou Barlaam et Joasaph ont donné lieu, celle des oeuvres nouvelles que ces « romans de la marge » ont inspirées, l'analyse des commentaires, critiques ou polémiques qu'ils suscitèrent parfois, et le rôle qu'ils ont pu jouer dans la réflexion littéraire et les débats d'idées des temps modernes sont autant d'indices précieux aidant à mieux cerner la perception générique qui fut réservée à ce groupe d'écrits, le type de lecture auquel ils donnèrent lieu et le profit que leurs lecteurs en escomptaient.
    Les auteurs : ?Corinne JOUANNO, Pascale MOUNIER, Emmanuel BURY, Catherine GAULLIER- BOUGASSAS, Noreen HUMBLE, Marie-Gabrielle LALLEMAND, Jean-Jacques VINCENSINI, Antoine BISCÉRÉ, Nicolas CORREARD, Marie-Ange CALVET-SEBASTI, Bernard POUDERON, Barbara SELMECI CASTIONI, Marion UHLIG et Nancy ODDO.
    Corinne JOUANNO est professeur de langue et littérature grecques à l'université de Caen-Normandie. Elle travaille sur la littérature d'imagination à Byzance, et a consacré une part importante de ses recherches à l'histoire du Roman d'Alexandre.
    Bernard POUDERON est professeur de langue et littérature grecques tardives à l'université de Tours et membre senior (honoraire) de l'Institut universitaire de France. Son domaine de spécialité est la littérature chrétienne des premiers siècles.

  • Entée sur un large millénaire de dévotion des humbles et des rois envers sainte Geneviève, la décision que prit Louis XV, en 1744, de lui dédier une nouvelle église sur sa « montagne », trouva en Jacques-Germain Soufflot l'architecte audacieux qui lui donna corps dans un édifice grandiose.
    Trop grandiose, peut-être. L'ouvrage, déjà objet de controverses, n'était pas achevé que la Révolution s'en saisit et en fit le Panthéon français, mausolée des grands hommes.
    Ce fut le premier d'une série singulière d'avatars. Le xixe siècle vit chaque régime politique s'appro­prier le monument qui dominait alors Paris. Croix, drapeaux et essais de statues monumentales alternèrent sur son dôme ; quatre frontons se succédèrent sur sa façade ; à deux reprises, le sang coula sur ses dalles.
    Cela jusqu'à ce qu'en 1885, l'hommage national à l'homme dont la plume avait vibré de toutes les fièvres de son siècle offrît à la IIIe République l'occasion de le figer en Panthéon.
    Ce récit fait revivre les phases de cette histoire tumultueuse, où se lisent plus largement les soubresauts de l'histoire nationale pendant un siècle et demi.

  • Les textes ici réunis correspondent à une importante période de maturation philosophique de l'auteur. Conscient du caractère crucial de la question de la chair pour la phénoménologie et perplexe devant la manière dont Merleau-Ponty l'élabore, Barbaras interroge le sens d'être du sujet : comment celui-ci peut-il être sous le même rapport, c'est-à-dire sans qu'il soit nécessaire d'introduire en lui la coupure de l'empirique et du transcendantal, appartenir au monde et s'en distinguer, être à la fois devant et au coeur des phénomènes ?
    Avec Patocka, la critique radicale de l'intuitionnisme husserlien et du Dasein heideggerien le conduit à une détermination existentiale de l'existence et du corps propre comme mouvement. Mobilisant ses travaux sur la vie, irréductible à la fois aux lois de la matière et à la conscience, l'auteur comprend ce mouvement du sujet comme celui de la vie même et définit tout vivant comme un existant. Le mouvement vivant par lequel les sujets phénoménalisent le monde s'inscrit dans un mouvement plus originaire du monde lui-même, oeuvre d'une archi-vie et renvoyant à une dynamique phénoménologique.
    Arrimant la phénoménologie à une cosmologie et à une métaphysique, Barbaras la conduit à s'interroger sur ses propres limites. Demeure alors la question du passage de l'apparaître anonyme du monde à l'apparaître à une conscience, de la physis au sujet, de l'archi-vie du monde à la vie des vivants. Rompant ici avec Patocka et écartant l'écueil du naturalisme, l'auteur assume la scission entre la physis proto-phénoménalisante et notre existence phénoménalisante : le mouvement subjectif résulterait d'une rupture au sein de l'archi-mouvement du monde et relèverait d'un pur événement. Par cet archi- événement scissionnaire, le procès de la physis, se séparant de lui-même, donnerait naissance à un sujet dont le mouvement serait nécessairement aspiration à une réconciliation avec soi, tentative de rejoindre l'archi-vie originaire, bref, désir. Celui- ci repose la question de l'unité originaire de la chair. En effet, la dualité qui structure toute la démarche de Barbaras, entre mouvement et événement, apparaît comme l'avatar ultime de la dualité conscience/monde ou sujet/objet ; elle vient buter sur l'épreuve du corps comme sa limite interne.
    Le volume est complété par une bibliographie exhaustive des travaux de Renaud Barbaras, élaborée par Mathias Goy, avec l'aide de Marco Barcaro, Mariana Larison et Petr Prásek.

  • Les textes ici réunis correspondent à une période importante de l'activité philosophique de l'auteur et accompagnent la maturation de sa pensée propre dont rendent compte les Recherches phénoménologiques, éditées parallèlement dans la même collection du « Grenier à sel ». Publiés sur une quinzaine d'années (1999-2015), ils ont incontestablement participé à l'effort d'élaboration théorique qui a traversé ces années, dont ils livrent une sorte de photographie.
    L'effet de perspective produit est saisissant : selon l'aveu même de l'auteur, ils montrent « en accéléré », en en rapprochant un certain nombre d'étapes, le mouvement qui l'a conduit de sa lecture critique de Merleau-Ponty, de Sartre et de Patocka, ainsi que de quelques autres (Maldiney, Garelli), jusqu'à ses ouvrages récents et aux bilans dont témoignent les entretiens également réunis dans les Recherches phénoménologiques. Chacun des articles du présent volume constitue une lecture des auteurs manifestement aimantée par une interrogation théorique qui dépasse l'auteur abordé, mais, à l'évidence, la méditation historique vient nourrir en retour le questionnement philosophique qui en porte la trace. Ainsi, au moment même où il se sépare de Merleau-Ponty, Sartre ou Patocka, Renaud Barbaras semble redevable de leurs analyses. Ce sont ces dialogues ouverts et non clos qu'exposent finalement ces Lectures phénoménologiques.
    Elles intéressent à ce titre aussi bien ceux qui veulent s'introduire à la phénoménologie française dans ses concepts majeurs, comme la chair (Merleau-Ponty) ou le désir (Sartre), ressaisis dans la pensée vivante et agissante de Renaud Barbaras, que ceux qui veulent plus spécifiquement étudier la philosophie que l'on dira à présent proprement « barbarassienne ».

  • Saturne, c'est ici l'Absolu de Hegel, un Absolu pensé si seul qu'il ne vit que de la perpétuelle dévoration de ses propres enfants, craignant d'être détrôné de son absoluité s'il n'absorbe pas, à mesure qu'il la produit, sa propre altérité. C'est cette solitude de Dieu qui est ici interrogée, en suivant au sein de l'oeuvre hégélien l'évolution, puis le plein déploiement conceptuel de la notion de Singularité, qui n'est autre que le nom divin par excellence. Si Dieu, l'Absolu, est pour Hegel la Singularité même, ce n'est que parce qu'il est le mouvement de réflexion réciproque de l'Universel et du Particulier : l'Esprit est la réflexion du Logique dans la Nature, et de la Nature dans le Logique.
    Hegel ou le festin de Saturne se présente alors comme une enquête destinée à dévoiler le meurtre rituel dont la Singularité est le nom dans le Système hégélien. Or, cette Singularité, que nous sommes habitués à entendre individuelle, s'y révèle être boulimique ou, justement, saturnienne. S'ouvrant sur la faillite spéculative des singuliers sensibles au début de la Phénoménologie de l'Esprit, le présent ouvrage ne pourra se conclure qu'avec le triomphe de la Singularité dialectique ne laissant rien - pas même ou surtout pas - son Autre hors d'elle-même, lorsque ce triomphe sera mesuré à l'aune de la conceptualité chrétienne dont se revendique le protestant Hegel, mais qu'il trahit sur un point capital en voulant l'accomplir.
    Mais Saturne, c'est aussi le « soleil noir » des alchimistes, que l'on a pu associer au soleil obombré au moment de la mort du Christ : quoi de plus naturel, dès lors, que d'en faire l'astre tutélaire d'un système qui se construit tout entier autour d'un « Vendredi-saint spéculatif » ? Car, comme Dante dut traverser les neufs cercles de l'Enfer avant d'espérer pouvoir s'élever au Purgatoire, puis au Paradis, l'homme pensant doit traverser le Système de la Science, en subir peut-être les glaçantes tentations, en méditer en tous cas la fascinante rigueur conceptuelle, pour pouvoir ensuite espérer voir scintiller devant lui les lueurs matinales d'un inattendu « dimanche de Pâques spéculatif ».

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