Beauchesne Éditeur

  • Le succès rencontré par la « nouvelle formule » du livret du candidat de l'Éducation musicale nous engage à poursuivre dans cette voie : celle de la couleur, des tableaux, des flash-codes, mais aussi de l'adéquation des questionnements aux problématiques imposées par l'Éducation nationale.

    Alors que les sujets du bac se modifient lentement vers une interrogation d'ordre esthétique et philosophique plus qu'une véritable étude des oeuvres et une connaissance des périodes et écoles, cela peut paraître paradoxal. D'autant plus que le ministère a définitivement opté pour une étude comparative, aussi bien en option facultative qu'en enseignement de spécialité. C'est pourtant bien à cette comparaison que nous préparons les candidats, sans jamais cependant perdre de vue le fait que cette comparaison doit être étayée par une connaissance solide des oeuvres au programme, mais aussi des principes d'écriture musicale.

    C'est pourquoi nous tenons depuis plusieurs années à combler d'éventuelles lacunes des candidats sur le plan théorique. On présente à tort la théorie musicale comme une matière rébarbative, alors qu'elle n'est que l'apprentissage d'un outil indispensable à qui veut vraiment pénétrer les arcanes des oeuvres. Aussi avons-nous choisi de placer en fin de volume une petite "mise à niveau solfégique", pour ceux qui en ont besoin. Les oeuvres de Debussy et Ravel imposées cette année sont difficiles pour qui souhaite aller à fond dans leur étude. Et nous espérons que ces petits "mémentos" aideront les plus démunis.

    Comme nous le redirons plus loin, les analyses sont conçues pour les plus exigeants d'entre eux. Nous avons fait en sorte que ceux qui souhaitent se limiter à l'essentiel puissent le faire.

    Cependant les candidats à l'option facultative comme à l'option de spécialité auront intérêt à lire l'ensemble des analyses, en plus des annexes.

  • Extrait

    16 novembre 1944. — « Apprends de Ma Miséricorde qu’à mesure que les âmes profiteront de tes écrits, tu seras toi-même comblée de joies dans les mêmes proportions.
    « Et chaque lecteur sera favorisé de la même Grâce.
    « Tous ne formeront qu’une famille dont les membres sont solidaires : la Famille de Mes amis intimes.
    1. — 22 août 1936. Sur le paquebot. — Pendant le concert classique, je Lui o0rais en gerbe» les sons et la douceur qui en sortait. Il m'a dit tout doucement, comme une fois : « Ma petite Fille. »
    2. — 23 août. — On a fait un autel sur le piano, je pensais aux goélands, aux avions qui viennent se poser sur les paquebots: « Cette fois, c’est le Christ. »
    3. — Je disais au milieu du roulis : « Vous savez bien que tout est pour Vous, alors, je ne Vous le dis pas. » Lui : « Il faut Me le dire parce que J’aim« l’entendre. « Dis-le Moi souvent : quand tu sais que quelqu’un t’aime, tu es contente qu’on te le dise. »
    4. — 24 septembre. Canada. — La chapelle est à la porte de ma chambre, à chaque fois que je passe, je Lui souris. Il m’a dit : « Souris h tous. J’attacherai une Grâce à ton sourire. »



  • Gabrielle Bossis (1874-1950) : une catholique dans le monde, animatrice, écrivain de théâtre, actrice, voyageuse intrépide. Cette joie d'agir pour les autres suffirait à combler une vie. Ce serait compter sans ce rayonnement, sans cette force que Gabrielle va puiser à la Source même, au cours de ce dialogue quotidien qu'elle noue avec Lui : le Christ.
    Elle consigne cette conversation, jour après jour, dans ses carnets. Un livre suit en 1949, dont la diffusion ne fait que s'élargir, considéré aujourd'hui par beaucoup comme l'un des grands textes mystiques du XXe siècle. Lui et moi. Conversations spirituelles crée une chaîne d'âmes en quête de la Parole du coeur, conduite par la présence et la voix de Gabrielle Bossis. L'ensemble des Carnets sera publié dans en sept volumes.

  • Extrait

    PRÉFACE
    C’est une bien étonnante et belle histoire, — l’histoire d’une âme, elle aussi, — que nous racontent les deux petits livres intitulés Lui et Moi. Le premier, paru il y a deux ans, s’est constitué un cercle de lecteurs fervents : le second va paraître, non moins riche, non moins émouvant. Et maintenant que la mort la relève de ce vœu secret de discrétion que, tout naturellement elle avait prononcé, on a le droit de dire qui était l’écrivain anonyme (ne disons pas l’auteur, nous verrons pourquoi) qui avait mis sur le papier ces fragments fulgurants d’amour sublime, ces pensées si souvent lourdes de la plus surnaturelle vérité.
    Elle se nommait Gabrielle Bossis. C’était, aux derniers temps de son existence terrestre, une demoiselle de province, assez vieille quant à l’âge (elle était née en 1874), mais dont tous les témoins s’accordent à dire qu’elle avait su garder une extraordinaire jeunesse de cœur et de comportement. En principe, elle habitait Nantes ou quelque village proche du bord de la Loire, en principe car sa vie avait été assez errante, pour la plus inattendue des raisons.
    Élevée dans un milieu de bonne bourgeoisie (son père, comme il en allait en d’heureux temps n’avait jamais eu d’autre profession que celle de « propriétaire ») Gabrielle Bossis, dernière d’une famille de quatre enfants, avait été longtemps une petite fille timide, effacée, silencieuse, qu’on trouvait plus souvent méditative dans les coins que jouant avec les autres. Commençait-elle alors, en tâtonnant, cette grande expérience qui devait couronner sa vie ? En tout cas il fallut bien qu’elle eût quelque raison pour refuser toutes les demandes en mariage : il n’est pas interdit de penser que cette raison était d’un ordre infiniment intérieur. On dit aussi qu’elle possédait maints dons pour ces arts d’agrément où s’appliquaient nos grand-mères : broderie, peinture, enluminure, musique et même, ce qui est déjà plus difficile, sculpture. Tout cela ne dépasse pas le niveau de maintes jeunes filles « bien » des débuts de notre siècle, dans les milieux traditionalistes de nos provinces.
    Le hasard l’amena à se découvrir une fibre nouvelle ; celle d’auteur théâtral. Pour quelque patronage d’Anjou, elle écrivit une de ces pièces à la fois de bon ton et de morale parfaite, dont il est de mode de sourire, mais qui ne sont pas si faciles à faire que cela. Le succès ayant couronné cette tentative elle en écrivit d’autres, beaucoup d’autres, et toutes entraînèrent la chaleureuse amitié de publics croissants. Tant et si bien que leur notoriété sortit des limites de sa province natale et que, quittant Nantes et ses alentours, elle alla jouer elle-même ses œuvres, dans maintes villes de France puis dans divers pays étrangers, Belgique, Italie, voire Maroc et même Canada et même Palestine ! De cette provinciale, le gentil démon de la scène des patronages avait fait une grande voyageuse.
    C’est dans de telles conditions qu’elle poursuivit son expérience intérieure. On pense au mot fameux de Bergson : « Les grands mystiques ont généralement été des hommes et des femmes d’action, d’un bon sens supérieur. » Il s’applique parfaitement à Gabrielle Bossis, car, tout en jouant ses saynètes, de Kairouan aux Montagnes Rocheuses, elle vivait d’une vie spirituelle extraordinairement intense : comme les vrais mystiques, elle aurait pu reprendre le mot fameux de saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. »
    L’avouerai-je ? Cette existence si justement partagée entre une face donnée au prochain, souriante, vouée à distraire autrui, et une autre face consacrée à la contemplation me touche profondément. Certes nous admirons comme il convient le mystique qui s’enferme dans une cellule et poursuit sous la coule monacale une expérience ardue entre toutes. Mais enfin, les religieux, les religieuses, pour trouver Dieu, ont choisi d’écarter de leur route tous les obstacles, hélas innombrables, que le monde met sur la nôtre. Un homme une femme qui, tout en demeurant, humainement, semblable à nous, dans des conditions proches de celles que nous connaissons, arrive à s’élever haut vers la cime inaccessible où Dieu se révèle à ses élus, a de quoi nous emplir davantage encore d’admiration.
    Ce fut, à n’en pas douter, une vraie mystique que Gabrielle Bossis, et les deux petits tomes de Lui et Moi sont le compte rendu, presque la sténographie de ce qu’elle reçut au cours d’un face à face sublime avec le Christ. De tels journaux intimes ne sont pas rares et notre époque en a vu paraître bon nombre, dont certains fort extraordinaires, tels celui de Lucie Christine, celui de la Sœur Josefa Menendez, celui d’Élisabeth Leseur si pathétique dans sa simplicité, et ces pages qui furent réunies sous le titre de Cum Clamore valido ; la fameuse autobiographie de la chère petite Sœur Thérèse de Lisieux couronne cet ensemble comme un diadème. Aucun de ces ouvrages ne laisse indifférent un chrétien. Le dialogue d’une âme avec Dieu est à la fois unique et exemplaire ; pour chacun de ceux qui en ont le bénéfice, il est exclusif et ne s’adresse qu’au plus intime de l’être, mais chacun de ceux qui en lisent les phrases peut en entendre l’écho dans son propre cœur.
    Les textes de Gabrielle Bossis se présentent comme des paroles de Jésus lui-même, entendues par la mystique et mises par elle sur le papier aussitôt. Dans quelle mesure faut-il admettre que ce fût là la vérité et que le Christ lui-même ait daigné parler à cette femme de notre temps ? Il arriva à la bénéficiaire d’avoir des doutes et à plusieurs reprises elle se demanda si ce n’était pas son imagination ou son orgueil qui l’abusaient. A quoi la voix intérieure lui répondait, avec une admirable sagesse : « Tu doutes si c’est Moi ? fais comme si c’était vrai. » Ou encore : « Mais lors même que ces paroles sortiraient de ton naturel humain, n’est-ce pas moi qui ai créé ce naturel ? Ne dois-tu pas tout reporter à Moi ? » Ce qui était vraiment la meilleure de toutes les réponses.
    Et c’est cela qui fait excellente impression au lecteur de ces textes, à qui considère cette expérience. De Gabrielle Bossis on n’a jamais rapporté qu’elle ait eu des visions, des extases, des manifestations très étonnantes, elle n’a été ni voyante ni stigmatisée. En apparence rien ne la distinguait d’une femme semblable à une autre, une aimable vieille demoiselle qui aimait la jeunesse, dansait et jouait sur les planches, et savait être souriante à tous et cependant, en même temps, les mots qu’elle entendait au plus profond d’elle-même sonnaient le son de la vérité surnaturelle la plus haute — un authentique écho du Christ.
    Car l’impression qu’on éprouve en lisant Lui et Moi est bien celle-là : comme disaient les chrétiens des premiers temps on y respire « la bonne odeur du Christ ». Rien de forcé ni d’excessif ; rien qui viole la nature humaine ou la contraigne au delà de ses forces. Un appel répété, fervent, certes, à la discipline intérieure, à l’ascèse, à l’effort de soi sur soi, mais qui demeure profondément humain. Le second tome, surtout, où la mystique a franchi les premiers obstacles et s’est approchée de Dieu rend un son de plénitude simple et joyeuse, de sérénité dans l’amour qui, en maints endroits, l’assimile aux plus authentiques chefs-d’œuvre de la littérature spirituelle. L’abbé Brémond en eût raffolé. Que le Christ ait vraiment parlé à cette âme, en personne, il n’appartient pas à un simple lecteur de le dire : mais une chose est sûre, c’est que cette âme a vécu en Lui et qu’elle nous réfléchit un peu de Sa lumière.
    DANIEL ROPS.



  • Extrait

    1. — 17 mars 1938. Après la communion. J’étais en esprit au pied de la Croix. Il m’a dit : « Tu vois, Mes pieds ne pourront plus jamais marcher sur la terre, Eux qui ont eu le pouvoir de marcher sur les eaux.
    « J’ai rempli vos désirs, et Je laisse Mes veines se vider de tout leur sang. C’est que J’ai mis toute ma volonté à souffrir. »
     
    2. — 18 mars, dans le train de Paris à Vesoul, je regardais un petit clocher dans la campagne. De là, Il m’a dit : « Tu es dans ta Patrie en tous lieux, puisque Je suis partout, t’attendant. »
     
    3. — 21 mars. Vesoul. Après la communion, j’honorais Sa Sainte Face d’une couronne de baisers aux trous des épines, d’un collier de réparations et de compassions. Il m’a dit : « Maintenant, rends hommage à Ma Volonté, à Ma Mémoire, à Mon Entendement, à tout ce que tu sais qui peut souffrir dans les facultés de l’homme.
    « Rappelle-toi surtout Ma délicatesse, plus grande que celle des autres hommes. »
     
    4. — 23 mars. Le Fresne. Dans le printemps des cerisiers en bouquet, je plantais des fleurs et Lui disais gaiment : « Je Te donne mon cœur et tout ce qu’il y a dedans. » Il m’a répondu : « Les saluts que tu M’adresses, Je te les rends en mêmes termes, mais en Dieu », signifiant que je recevais plus que je ne donnais.
    Au milieu des arbres fruitiers en fleurs blanches, au-dessus de la Loire bleue ponctuée de mouettes, je Le célébrais de Sa Puissance. Il m’a dit : « Tout ce qui est à Moi est à toi », me rappelant que tout ce qui est à Son Père est à Lui.
     
    5. — 24 mars. Saint-Gabriel. 5 h. 30, chemin de la Croix, au dépouillement de Ses vêtements. Il m’a montré : « Mon Église est en ce moment dépouillée de ses chrétiens, en Russie, Allemagne, Mexique et autres. Offre-Moi au Père, offre-Moi dépouillé. »
     
    6. — 26 mars. Pendant que je me coiffais, je cherchais des mots affectueux. Il m’a dit : « Jamais tu ne me donneras des noms trop chargés d’amour ! »
    Dans le train pour Rennes. — « Montre ce qu’est la paix d’un cœur qui vit appuyé sur le Cœur de son Dieu. »
    « Fais plus souvent des actes de confiance. Confiance ! »
     
    7. — 28 mars. Dans le train, de Combourg à Nantes, tandis que je cherchais, avec l’aide de la Sainte Vierge, à panser avec amour les trous de Son Front : « Tu Me fais du bien. »
    Influence. « Commence à semer. Je ferai le reste. Mais commence… »
     
    8. — 29 mars. Le Fresne. Après la communion, je Lui disais : « Offrez-moi à Votre Père. » Il m’a reprise délicatement : « Notre Père », et m’a montré qu’Il partageait même Son Père avec nous.



  • Extrait

    Avertissement
    Il n’est sans doute pas nécessaire de revenir ici sur les explications données dans les deux premiers volumes intitulés Lui et Moi, d’abord par S. Exc. Mgr Villepelet, évêque de Nantes, et le R. P. Jules Lebreton, doyen de la Faculté de théologie à l’Institut Catholique de Paris, puis par M. Daniel-Rops, sur le livre et l’auteur. Lui et Moi contient des textes écrits par Gabrielle Bossis, morte en juin 1950, et dont la vie a été racontée par l’une de ses amies, Mme Pierre de Bouchaud, en un émouvant petit volume (Gabrielle Bossis auteur de Lui et Moi, Beauchesne 1951). Ce sont des « paroles intérieures » attribuées à Notre-Seigneur, et dont la simplicité, le charme, la tendresse, parfois la profondeur, ont touché un grand nombre de lecteurs. Les deux premiers recueils d’extraits sont composés de textes choisis à travers les dix gros cahiers laissés par l’auteur, qui vont de 1936 à 1950. En ce tome III, on trouvera d’abord les « mots d’ordre » donnés au début de chaque année par la voix intérieure. Puis une série de textes courts pris dans les premiers cahiers, suivis de tous les textes plus importants et non encore publiés, des années 1941 à 1945.
    Il reste, de mai 1945 à juin 1950, un assez grand nombre de pages inédites, qui pourront fournir la matière d’un dernier volume.
    A. DE PARVILLEZ, s. j



  • Extrait

    Avertissement
    Pour ceux de nos lecteurs qui ne connaîtraient pas les premiers volumes de Lui et moi, il est utile de rappeler ici l'origine et la nature de cette oeuvre.
    Gabrielle Bossis, écrivain catholique, auteur d’un certain nombre de pièces de théâtre souvent représentées dans les salles d’oeuvres, est morte le 9 juin 1950, laissant dix gros cahiers où depuis 1936 elle écrivait au jour le jour des « paroles intérieures » qui lui paraissaient venir du Christ lui-même. De son vivant avait paru chez Beauchesne un volume contenant des extraits de ces cahiers, et préfacé par S. E. Mgr Villepelet, évêque de Nantes, et par le P. Jules Lebreton, s. j., doyen de la Faculté de théologie à V Institut catholique de Paris. Sans se prononcer sur Vorigine divine de ces écrits, tous deux en garantissaient l'orthodoxie. L'auteur vécut assez pour avoir connaissance de l’accueil très favorable fait par le public à ce volume. Une foule de témoignages attestèrent le bien que ces pages faisaient à un grand nombre de lecteurs. Après la mort de Gabrielle Bossis parut un tome I I , où une préface de Daniel Rops révélait le nom de l'auteur. Trois autres volumes suivirent, donnant des séries de textes allant de 1941 jusqu’au 25 mai 1950.
    Une femme de lettres, Mme Pierre de Bouchaud, qui avait bien connu Gabrielle, publia chez Beauchesne une brève et intéressante biographie (Gabrielle Bossis, auteur de « Lui et moi » 1951), que le souverain Pontife honora de la Bénédiction apostolique. Mais les lecteurs de plus en plus nombreux demandaient la publication intégrale des cahiers et des renseignements plus détaillés sur l'auteur. On trouvera en ces tomes V I et VI I , qui paraissent simultanément, d'abord une biographie plus complète où Mme de Bouchaud nous apporte des précisions sur l'enfance de Gabrielle, nous permet de suivre le développement de sa pensée et de sa vie intérieure, nous donne une idée de ce que furent ses continuels voyages — elle allait jouer elle-même le rôle principal de ses pièces, ce qui lui donna l'occasion de parcourir la France, F Afrique du Nord et le Canada — et nous présente le texte intégral du pittoresque récit de l’une de ces tournées. Avec le tome V I I s'achève la publication complète des cahiers de Gabrielle. Peut-être, si les lecteurs le souhaitent, aurons-nous quelque jour une édition qui reprenne l’ensemble selon l’ordre chronologique.
    Gabrielle déclare à plusieurs reprises que cette voix intérieure dont elle perçoit lés paroles lui assigne cette mission, de montrer que le recueillement, l’union à Dieu sont compatibles avec la vie encombrée et plus ou moins trépidante que nous menons aujourd'hui. Un nombre grandissant de lecteurs et de lectrices attestent que ce but n’est pas inaccessible, et que Lui et moi les aide à faire à Dieu, dans leur pensée et leurs affections, sa place légitime et primordiale.



  • De nos jours, les pasteurs comme les théologiens ne savent plus très bien comment présenter la doctrine correspondant à l'appellation classique de « péché originel » et dérivant des perspectives augustiniennes. Les tentatives de formulations nouvelles suscitées par l'ouverture préconisée par Vatican II n'ont pas encore apporté la solution espérée. Quant aux autorités romaines, elles se cantonnent prudemment sur les positions classiques.
    Cet ouvrage vise à reposer le problème, sans donner de solution toute faite, mais en ayant recours à l'histoire des idées. Il était nécessaire de reprendre le dossier dès le début, non seulement à partir du message de Jésus et de sa compréhension par les disciples, mais dès l'Ancien Testament, et dans l'environnement culturel des anciennes civilisations. Il fallait aussi prendre en compte les positions diverses des chrétiens des premiers siècles. On s'aperçoit alors qu'il n'y a pas de consensus sur une doctrine commune. Même constatation à propos de Vatican II.
    Le volume présenté laisse entrevoir plusieurs pistes d'interprétation. Il met en lumière les tentatives anciennes d'inculturation et permet de prendre le recul nécessaire et préalable à l'élaboration de nouvelles synthèses mieux adaptées à notre temps. Mais il ne faut pas perdre de vue, tout au long de cet ouvrage, que le mystère du mal, qui est au coeur de l'idée de péché originel, reste et restera toujours un mystère.

  • Avant-propos

    Le baccalauréat « ancienne mouture » vit donc sa dernière année... Faut-il le déplorer ? Peut-on encore parler d'« examen » pour une épreuve dont le taux de réussite approche ou dépasse les 90 % ? (alors qu'en 1967, ce taux était de 61,7 %, il est cette année de 88,1 % et 91,2 pour le bac général) ! L'état d'esprit coura- geux qui semblait à l'origine de la réforme pouvait laisser espérer aux lycéens, en plus d'une revalorisation du niveau, une ouver- ture plus large dans le choix des matières. Pour la première fois, un élève pourrait en n choisir comme enseignement de spécia- lité (par exemple) mathématiques et musique ! Et une spécialité artistique ne serait plus forcément liée à la lière littéraire ! Oui, mais voilà... Si l'on ignore encore le nombre de créations ou de fermetures d'options que cette réforme a induit en France, dans le lycée où j'enseigne - pour l'exemple que je connais le mieux - elle a purement et simplement abouti à la fermeture des options

    artistiques (arts plastiques et musique). Drôle de progrès ! En imaginant que ce cas ne soit pas unique dans l'hexagone, cela signi e que la préparation au bac que nous proposons dans cette revue pourrait rendre service l'année prochaine à un nombre bien plus important de candidats musiciens (en tout cas en ce qui concerne les candidats libres). Quoi qu'il en soit, nous conti- nuerons à proposer à tous une formule qui va bien au-delà des compétences attendues à l'examen, même si elle ne les élude absolument pas ; en cherchant à toujours stimuler leur curiosité, et à parfaire leurs compétences « pratiques », nous aimerions convier les lycéens à une sorte d'initiation - ou d'incitation si l'on préfère - à la musicologie, qui, j'espère, les satisfera.

    Philippe Morant

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  • Le mythe de l´Antichrist n´a rien perdu de la fascination qu´il exerce avec l´écoulement du temps. Les mentalités ont certainement beaucoup changé. Très peu de gens, y compris parmi les chrétiens dits « pratiquants », croient encore vraiment à l´apparition, vers la fin de l´histoire, d´un personnage mi-réel, mi-fabuleux, tel qu´il est décrit par la plupart des Pères de l´Église. Mais son image, retravaillée, revalorisée, mise à jour, continue de hanter les esprits, surtout dans les périodes troubles, dont l´histoire moderne n´a pas été épargnée . Au sein de la chrétienté, c´est l´interprétation « collective » et « spiritualiste » qui a finalement eu gain de cause.
    L´Antichrist n´est plus guère imaginé comme un personnage individuel qui, à un moment précis de la fin des temps, entrera sur la scène de l´histoire (pareille croyance resurgit cependant à chaque moment de crise ). On l´imagine plutôt sous la forme d´une énergie diffuse et insidieuse qui imprègne peu à peu, dès le présent, le tissu de notre existence. Certains l´identifient au progrès technologique et à l´avancée « irraisonnable » de la science ; d´autres à l´individualisme et au pragmatisme du mode de vie contemporain ; d´autres, enfin, au sécularisme généralisé de notre époque. Ainsi, à peu près toutes les facettes de la modernité deviennent l´expression d´une antichristologie up to date.
    Avant de commencer notre enquête dans l´Antiquité chrétienne, il convient peut-être de s´interroger sur la signification « ultime », selon l´expression de Paul Tillich, dont ce mythe est porteur depuis déjà presque deux mille ans. Que représente-t-il du point de vue philosophique ?

  • Parmi les manières d´aborder le livre de Monique Vincent - chaque lecteur peut avoir la sienne - j´en indique deux, fécondes l´une et l´autre.
    La première consiste à flâner à travers le livre, afin d´y cueillir telle ou telle pensée d´Augustin, sans chercher à en tirer une doctrine d´ensemble. De cette manière, on fera une riche moisson de prières ardentes, de formules brillantes, telles qu´elles jaillissaient de source au fil de son commentaire. A cet égard, les Enarrationes sont un véritable « miroir » de l´âme d´Augustin. La seconde manière de lire, qui est à recommander ici, consiste à parcourir l´ouvrage d´une seule traite, selon l´ordre des chapitres. On sera alors impressionné par la solide cohérence de la pensée d´Augustin, sa doctrine fortement pensée.
    On a parfois regretté qu´Augustin n´ait jamais écrit un traité sur la prière, en bonne et due forme, bien qu´il en ait souvent parlé. Ce traité, Monique Vincent l´a recomposé, non pas artificiellement, mais en se livrant à l´analyse minutieuse de ces Enarrationes, encore trop peu exploitées pour la connaissance de la pensée d´Augustin. (Extrait de la préface) Alors que tant de traités sur la prière datant de moins d´un siècle nous tombent des mains dès que nous essayons de les aborder et semblent irrémédiablement voués à l´oubli et à la poussière des bibliothèques, rien n´a vieilli de ce qu´Augustin prêchait ou écrivait à ce sujet voici quinze siècles. Monique Vincent, après une carrière universitaire en Afrique, publie, a remanié et a allégé sa thèse d´Etat consacrée à Saint Augustin. Ce faisant, elle a offert « une pierre précieuse » à ses lecteurs qui resteront éblouis par la beauté de la prière selon Augustin.

  • Extrait

    1. — 1er février 1945. Heure sainte. — « Ne sois pas étonnée que Je t’aie suggéré de demander inlassablement la miséricorde, l’humilité, la douceur. Ne sont-ce pas là les signes distinctifs du cœur de ton Époux ? Ne dois-tu pas chercher à Lui ressembler ? Ne serais-tu pas plus heureuse si tu possédais ces vertus ? Et ne cherché-Je pas toujours ton bonheur ? Ce n’est pas par hasard, c’est bien Ma volonté que tu cherches à acquérir ces trois qualités si rares et si douces.
    « O douce douceur !
    « O douce humilité !
    « O douce miséricorde !
    « Demande-les à Ma Mère. Offre des sacrifices pour les posséder. Commence à en sentir le désir, ce sera leur germe. Et comme toujours, appelle-Moi à ton secours
    « Et, simplement, montre-toi Moi. Aies-en l’intention. Et, Moi, Je paraîtrai par toi. Tu es si petite, tu te demandes comment cela pourra-t-il se faire ?
    « Tu sais la grâce qui donne l’onction ? A la voix, au regard, à un geste ? Tu l’as remarqué hier, quand cette parente qui ne t’avait vue depuis trois ans, s’est écriée : « Oh ! que je t’aime ! »
    « Elle s’adressait à Moi passé dans ta voix ».
    « Seigneur, que ce soit toujours ainsi que l’on trouve en moi des éclaboussures de Toi. »
    « Disparais donc de plus en plus, Ma petite Fille. Répands-toi, perds-toi en Moi, ton océan infini. C’est si simple à toi de t’y perdre ! puisque Je t’attends : une seule volonté, la Mienne. Un seul but, la gloire du Père. Une seule parole : « Je t’aime de toutes les forces de ce cœur que Tu m’as donné. » Et c’est tout.
    « Et le Père nous prend ensemble comme une seule offrande,
    « Une seule : Moi, toi. »



  • Avant-propos
    Alors que les discussions, approbations, contestations allaient bon train concernant le nouveau Baccalauréat, et la part importante (40 %) que le ministre avait dévolue au contrôle continu pour l'ob-tention du nouveau diplôme, un virus veillait ! Ce ne sont pas 40, mais 100 % des notes du contrôle continu qui furent - à cause de la Covid19 - prises en compte pour la session 2020 ! Le virus étant toujours parmi nous, nous ne retrouverons pas encore intégralement, pour la session 2021, les dispositions prévues par les bulletins officiels : comme l'a annoncé, le 5 novembre 2020, le ministre de l'Éducation nationale, les épreuves d'évaluation communes de Première et Terminale seront encore cette année remplacées par le contrôle continu. Il est donc important de faire le point, et pour cette année, et pour l'an prochain ! C'est l'objet du préambule de ce livret, même s'il n'est pas exclu que de nouvelles modifications interviennent avant le mois de mars ! Au cours des pages suivantes, comme chaque année, nous analyserons bien entendu les oeuvres du « programme limitatif ». Les candidats à l'épreuve optionnelle de musique du Baccalauréat, comme ceux de l'enseignement de spécialité, y trouveront suffisamment d'informations pour bien connaître ces oeuvres. Ils y rencontreront également des liens vers l'Internet, ainsi que des reports vers un autre manuel qui a vu le jour en même temps, La musique au logis, qui s'adresse à tous ceux qui souhaitent aller plus loin dans la compréhension de la musique, qu'ils envisagent ou non de se diriger vers des études plus poussées de musicologie. Enfin, pour ceux qui se sentent saisis du soudain courage d'affronter la technique, la partie annexe est là pour leur fournir des méthodes rapides pour apprendre à lire les notes, à lire les rythmes, à affronter une partition, même une partition d'orchestre ! L'initiation à l'acoustique permet de rendre plus logiques les partis pris solfégiques, et de mieux comprendre le développement de l'harmonie. Puisse cette initiation « sans douleur » les pousser plus avant dans l'art musical, qui, comme tout art, nécessite un savoir technique, une pratique assidue et une curiosité sans faille !
    P. Morant

  • Sophrone de Jérusalem : un moine, au siècle de Mahomet, ermite, poète, orateur, voyageur, lutteur, enfin patriarche de Jérusalem. Un jeune théologien, dominicain autrichien, Christoph von Schönborn, nous introduit en un milieu coloré, violent, perturbé, profondément vivant et en dégage des leçons très actuelles. Sophrone écrit dans un style prenant et souvent lyrique, avec une grandiose vision des choses, où la contemplation des mystères divins reste inséparable de la vie intérieure et de l´engagement dans la cité des hommes. Souvent il commente la liturgie du jour. En faisant la synthèse théologique latente sans les écrits et les actes de Sophrone, l´auteur présente les lumières d´un homme quotidiennement aux prises avec la politique de Byzance, l´invasion musulmane, les querelles de personnes et les rivalités d´Eglises. D´autre part il n´es pas jusqu´aux problèmes de la vie monastique qui n´en puissent tirer de profondes leçons. L´analyse de la coopération de Dieu et de l´homme dans la croissance et l´épanouissement du chrétien, la « divinisation » dans la « synergie », conçues par saint Sophrone selon la tradition méditative et pratique du monachisme oriental, est décrite avec tact et soin. Cette étude intéresse le renouveau de la vie religieuse, l´animation vraie de la liturgie, le dialogue oecuménique, les grands problèmes théologiques et humains. Elle réjouira les fervents de l´admirable pensée dogmatique et mystique des Pères orientaux.

  • Première étude approfondie portant sur l'ensemble de l'oeuvre de Tertullien depuis trente ans, cette recherche sur le thème de la chair offre une présentation complète de la philosophie, de la théologie et de la morale de celui en qui la tradition a tôt reconnu le premier grand théologien de l'Occident latin.
    Pourquoi la chair ? Parce qu'elle est ordinairement méprisée, tenue pour pécheresse, trahie dans sa vérité, alors qu'elle est le mystère entre tous capable d'engager la foi la plus totale ou d'en interdire aussi totalement l'accès. Tertullien l'affirme tout au long de son oeuvre : Dieu aime cette chair qu'il a créée, que son Fils a revêtue, en laquelle il a souffert, est mort, à laquelle il promet la béatitude éternelle. Si bien que la chair est l'authentique réel sans lequel plus rien, de Dieu comme de l'homme, n'est digne de foi.
    Elle est le lieu même de l'adhésion à l'économie divine, la raison de l'espérance, ou, comme le dit une des formules dont cet écrivain carthaginois de génie a le secret : elle est la charnière du salut.

  • Irakien de rite syriaque, Emmanuel-Pataq Siman ouvre aux lecteurs occidentaux un accès imprévu et inespéré aux trésors spirituels théologiques d´une des plus anciennes liturgies d´Orient.
    Son livre est écrit dans un style vivant, fort agréable. On y trouvera une analyse approfondie de tous les thèmes qui gravitent autour de l´affirmation, fondamentale dans cette liturgie syriaque d´Antioche, du rôle de l´Esprit-Saint dans la naissance, la croissance et le rayonnement mystique de l´Eglise. Le lien intime, inconnu de la tradition latine séparée de celles de l´Orient, entre l´action liturgique et la densité de la pensée théologique y est mis un relief saisissant. Une conception chrétienne de l´histoire et un sens admirable des sources sémitiques de la spiritualité syrienne animent sans cesse la recherche de l´auteur. Cette spiritualité - avec la théologie et l´ecclésiologie qu´elle suppose - accorde une place primordiale à l´Evènement de Pentecôte.
    De ce foyer, de ce centre découle la manière de concevoir l´Eglise comme nouveau Peuple de Dieu, les sacrements essentiels du christianisme comme actualisant l´Evénement pentecostal, la nature charismatique de l´existence chrétienne. On saura gré à E.-P. Siman de nourrir la recherche universelle des Eglises, soucieuses aujourd´hui de se redécouvrir dans leur oecuménicité et leurs caractères spécifiques, en alimentant cette recherche par les valeurs les plus authentiques de sa propre Tradition.

  • Le troisième tome de Bible de tous les Temps est entièrement consacré à Augustin d´Hippone. Fidèles aux intérêts majeurs de la collection, Anne-Marie la Bonnardière et ses collaborateurs ont étudié la pratique augustinienne de la Bible, autant que les idées de l´évêque africain sur cette dernière. Cette visée originale vaut à leurs essais d´offrir une initiative neuve à l´univers de pensée tant étudié d´Augustin. En même temps, les apports particulièrement abondants d´A-M. la Bonnardière constituent la somme d´une vie entière vouée à de telles recherches. La fréquentation des Livres saints est vérifiée, décrite, approfondie, dans la carrière intellectuelle et religieuse du converti. Elle est examinée avec une certaine ampleur dabs le cadre de la liturgie chrétienne, connue de l´évêque. Elle est éclairée par l´expérience spirituelle de cet homme de prière que fut Augustin. Elle prend tout son sens, dans la vie quotidienne du pasteur d´Hippone, à la lecture des chapitres consacrés à son activité épistolaire, à sa prédication ou à ses polémiques. Enfin, le rôle de la Bible est cerné dans les conceptions politiques et éthiques d´Augustin. Des traductions originales complètent cet ouvrage, dédié par les collaborateurs unanimes à leur maître d´oeuvre.

  • Le présent essai voudrait être une question posée aux Eglises réformées sur le sens de leur vocation en relation avec leurs origines. Se souviennent-elles qu´elle sont été suscitées pour manifester localement l´existence d´une Eglise catholique réformée par la parole de Dieu ? Comment en est-on venu, historiquement, de la réforme de l´Eglise une à l´existence de communautés séparées les unes des autres ? Poser un problème n´est pas le résoudre. Peut-être est-ce tout de même une étape sur le chemin de sa solution.

  • Prenant en compte l'ensemble des témoignages historiques de l'époque des Pères de l'Église, ce livre montre que le monachisme a eu sa source dans l'assemblée eucharistique de tous les baptisés tout autant que dans la solitude du désert. De grandes figures monastiques comme St Ephrem, St Basile, St Martin ou St Augustin sont là pour le rappeler.
    Entre le IVè et le VIIIè siècle, les moines ont été peut-être plus nombreux dans les basiliques que dans les lieux retirés. Presque toutes les villes ont eu à cette époque un ou plusieurs monastères de basilique. En étudiant d'un point de vue historique et théologique cette tradition monastique de l'Église des Pères, ce livre veut éclairer l'actuelle renaissance du monachisme dans l'assemblée de tous les fidèles.
    « A la suite du Concile Vatican II, écrit le P. Louis Leloir dans sa préface, des fraternités monastiques diocésaines sont nées dans plusieurs villes de France, renouant avec une tradition ancienne et remise à jour par l'ecclésiologie de l'Église locale qui se dégage des documents conciliaires. Le point commun entre ces diverses réalisations semble être le désir de ces fraternités de faire partager les richesses de la vie monastique avec l'assemblée de tous les fidèles, dont elles font partie et dont certaines assument la charge pastorale. »

  • Péluse était au Vè siècle de notre ère le second port d'Égypte, situé à l'est du delta du Nil, sur la route qui menait en Palestine. Devenu moine, non loin de Péluse, il resta, jusqu'à sa mort (435 environ), en communication, le plus souvent épistolaire,

  • Table des matières

    Avant-propos, par François LEBRUN
    Chapitre premier. DES ORIGINES A L'AN MIL, par Jean-Marc BIENVENU
    Chapitre II . RENOUVEAU DE L'ÉGLISE ANGEVINE (an mil-1148), par Jean-Marc BIENVENU
    Chapitre III . L'ÉGLISE D'ANGERS AU TEMPS DES GRANDS CONCILES (1148-1317), par Joseph AVRIL
    Chapitre IV. DE LA GUERRE DE CENT ANS A LA RENAISSANCE (1317-1499), par Joseph AVRIL
    Chapitre V . Au TEMPS DE LA RENAISSANCE ET DE LA RÉFORME PROTESTANTE (1500-1650), par François LAPLANCHE
    Chapitre VI. VIGUEUR ET ESSOUFFLEMENT DE LA RÉFORME CATHOLIQUE (1650-1789), par François LERRUN
    Chapitre VII . L'ÉGLISE ABOLIE ? (1789-1802), par Serge CHASSAGNE
    Chapitre VIII . LA RECONSTRUCTION D'UNE CHRÉTIENTÉ (1802-1869), par Serge CHASSAGNE
    Chapitre IX. LA CONTRE-OFFENSIVE CATHOLIQUE (1870-1906), par Jean-Luc MARAIS
    Chapitre X. LA DÉFENSE DE L'ANJOU CHRÉTIEN (1906-1950), par Jean-Luc MARAIS
    Chapitre XI . L'ÉCLATEMENT DE L'ANJOU CHRÉTIEN (1950-1980), par Jean-Luc MARAIS
    LISTE DES ÉVÊQUES 289
    SAINTS HONORÉS DANS L'ACTUEL DIOCÈSE 292
    BIBLIOGRAPHIE 293
    CARTES 301



  • « Spacieuse est la voie qui mène à la perdition... Resserrée la voie qui mène à la vie » (Mt 7, 13 s).
    Familier d'un langage imagé et populaire, Jésus a utilisé le symbole traditionnel des deux voies qui, mettant en relief la liberté essentielle

  • Lorsque, vers le début du IIIè siècle, apparaissent à côté de la triade ministérielle classique (évêque, presbytres et diacres) les fonctions de lecteur et de sous-diacre, on pourrait croire que l´essentiel de la structure hiérarchique de l´Eglise est désormais constitué. Pourtant, la naissance de fonctions inférieures n´est que la première des étapes qui mènera l´organisation ecclésiale vers la formation d´une hiérarchie où les notions de cursus, de grades et de mérites joueront un rôle prépondérant, où le clergé concentrera en lui toutes les perfections et tous les pouvoirs relatifs à la vie de foi.
    Une enquête aussi systématique sur les mécanismes historiques et psychosociologiques qui ont abouti à la hiérarchisation des fonctions et à l´établissement d´un état de cléricature de plus en plus séparé d´un laïcat n´avait jamais été menée avec une telle ampleur. Le lecteur se trouve devant un dossier complet et bien documenté ; il peut aborder la question en possession de toutes les données du problème. Les sources sont présentées et commentées avec beaucoup de rigueur.
    L´analyse ne laisse aucun détail dans l´ombre et cherche avec une grande honnêteté scientifique à rendre compte des moindres obscurités. Les conclusions permettent d´avoir une vision renouvelée de ces fonctions ecclésiales que l'on appellera « ordres mineurs » et de voir comment se trace de plus en plus fermement la frontière entre les laïcs et le clergé et, à l´intérieur du clergé, entre les « ordres mineurs » et les « ordres majeurs ». Il faut suivre dans le détail les glissements survenus dans la société ecclésiale, du charisme au service, de la délégation de services à la substitution des fonctions, de la fonction à l´état clérical, pour découvrir comment l´on en est arrivé à l´idée d´un cursus dans lequel la fonction supérieure est la somme de toutes les autres.
    Cet ouvrage ne se limite pas à chercher quels sont les contours, les frontières et l´évolution des différents groupes composant l´organisation ecclésiastique, il nous conduit également - et ce n´est pas un des aspects les moins intéressants de ce livre - à nous interroger sur les fondements historiques et théologiques de la distinction clerc/laïc au sein du peuple de Dieu.

  • Athanase, évêque d´Alexandrie du 328 à 373, reste une des figures les plus remarquables de l´histoire du christianisme. Au siècle des mutations constantiniennes, où l´Eglise prit une conscience nouvelle de son identité mystique et de son rôle dans la société, saint Athanase pesa de tout le poids original de sa personnalité sur des institutions qui allaient traverser les siècles. Les traits caractéristiques du ministère de l´évêque se retrouvent dans l´oeuvre de l´écrivain Athanase. Les traités "Contre les Ariens" révèlent au mieux le double registre de l´initiative athanasienne, doctrinale et polémique d´un côté, pastorale et contemplative de l´autre. Une étude du plan et du contenu de ces traités conduit à des découvertes. Le prologue du traité I, avec la citation célèbre de la Thalie d´Arius, paraît postérieur. Il reste, en tout cas, ignoré dans le corps de l´ouvrage. Les traités I et II semblent dériver du remaniement d´un traité unique, originel. Le traité III se singularise à un tel point, qu´il faut se résoudre à le détacher des autres et à lui chercher une nouvelle paternité. La discussion de ces points, décisifs pour toute interprétation d´Athanase, conduit à reprendre un débat ancien sur la datation des traités "Contre les Ariens". Ils sont datés ici des alentours de 340. Ce travail prépare une édition prochaine dans « Sources Chrétiennes ». Il anticipe aussi le projet plus ambitieux d´écrire une biographie du plus célèbre évêque de l´après-concile de Nicée.

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