Éditions Dominique Leroy

  • La première édition de L'École des biches ou Moeurs des petites dames de ce temps a été imprimée en 1868 à Bruxelles à soixante-quatre exemplaires, sans nom d'auteur. Dans les différentes éditions parues, de 1868 à 1880, les éditeurs ont fourni des renseignements sur les auteurs possibles ainsi que sur les personnages. La plupart des bibliographes et catalogueurs de littérature érotique pensent, comme J. M. Lo Duca, que le seul auteur possible pour cette oeuvre est Ernest Baroche (1829-1870), fils d'un ministre de la justice écorché par Victor Hugo dans Les Châtiments. Ernest Baroche s'inspire visiblement de la structure exemplaire des Dialogues de Luisa Sigea de Nicolas Chorier, son confrère au parlement de Grenoble. Malgré cet exemple auguste, il ne nous offre pas un chef-d'oeuvre de la littérature, il se contente de nous proposer un chef-d'oeuvre du roman érotique dans toute son efficacité. Le comportement de ses personnages - deux hommes et trois femmes - est déchaîné : chez les femmes surtout, dont le langage devance les fioritures habituelles.
    L'École des biches est « un manuel théorique et pratique de libertinage », un « manuel en action » qui eut son heure de gloire grâce à une préface de Sylvestre Bonnard (pseudonyme de Pierre Dufay). C'est un récit très osé qui se présente comme une vaste pièce de théâtre, selon une solide tradition discursive. Les scènes les plus scabreuses sont plus dites que décrites. L'impact érotique n'en est que plus fort et permet de réaliser à peu près tous les fantasmes de l'accouplement amoureux, à deux, à trois... Dans ce genre, fort d'un équilibre exemplaire, L'École des biches a rarement été égalé. Sa fraîcheur demeure, preuve de son charme et de sa qualité.
    Collection l'Enfer de la Bibliothèque nationale de France. (Enfer de la BNF, cote n° 21).
    Pièce de théâtre illustrée numérique , 121 pages, orné de 2 illustrations, couverture en couleurs et en noir et blanc.



  • Roman galant naturaliste publié en 1880, année pornographique !
    Dans ce roman, Florentine et Julia sont mariées grâce à leur cousine, la colonelle Briquart. Elles découvrent les plaisirs du sexe et la recherche de la volupté est le moteur du livre. Par un style clair et une étude des moeurs de son époque la Vicomtesse de Coeur-Brûlant montre son sens de l'observation et son habileté à décrire des scènes érotiques avec finesse.
    « Un des seins de la jeune femme s'était échappé à demi de son fourreau blanc et dressait sa petite tête avide de jouissance : délicatement, Gaston la saisit entre ses lèvres en feu et la roula doucement. Julia, sous cette enivrante caresse se tordait de volupté. D'une main envahissante, il lui caressait les reins, glissait aux aines en gravissant doucement sur les collines ; enfin, il saisit à deux mains les cuisses de la jeune femme, les écarta et promena sa langue avide sur les contours purpurins qui bordent l'entrée du temple de l'amour... ».
    C'est par un récit « parsemé de recommandations sur la façon de déshabiller et de caresser une femme » que la Vicomtesse de Coeur-Brûlant entre en littérature érotique. Considérée comme l'une des éclaireuses de la sexualité féminine, on s'est pourtant longtemps posé la question sur la véritable identité de l'auteur de ce roman. Est-ce Guy de Maupassant comme on l'a souvent supposé ? Le doute est vendeur et les éditeurs ont rusé pour entretenir le mystère. On sait aujourd'hui que son auteur fut la marquise de Mannoury d'Ectot (1835-1890), petite-fille du chimiste Nicolas Leblanc.
    Collection l'Enfer de la Bibliothèque nationale de France créée par J.-M. Lo Duca.
    Enfer : « Partie fermée d'une bibliothèque où l'on tient les livres licencieux, interdits au public. » (Larousse 1966).
    Roman numérique, 273 pages, couverture en couleurs et en noir et blanc. (Enfer de la BnF, cote n° 52).

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