Mario Cyr

  • « Sel », « cheveux la critique » : en couverture du numéro 152 de Moebius s'affiche un titre des plus énigmatiques, et un graphisme qui l'est tout autant. Le double thème de la critique qui « vit, frise contamine; on la coupe, on l'épouille, mais elle marque » et des pouvoirs de la typographie (« que devient sel lorsqu'inséré entre guillemets? ») est tiré d'un vers de Roger Des Roches. Plus concrètement, quatre sections - fiction, poésie, les yeux fertiles et lettre à un écrivain - forment la structure de ce numéro d'hiver. Elles nous sont présentées dans le désordre, favorisant la surprise et la découverte au travers des textes de 13 auteurs. En conclusion, à Jean-Philippe Baril Guérard la mission d'écrire une lettre à Michel Houellebecq, « le porte-étendard du cynisme, l'über Chevalier des Ténèbres, le quintessentiel trou noir aspirant l'espoir et l'innocence de toute la France, voire du monde, mais je ne suis pas d'accord ». Comme le disait éloquemment l'introduction, « certaines oeuvres commencent « contre » ».

  • Tourisme, culture, écologie, politique et société: nos correspondants nous informent de ce qui se passe dans le monde.

  • Planetes

    Cyr Mario

    Ils ne viennent pas du même monde.
    Ils s'attirent comme des aimants.
    Au présent.
    À l'un le quotidien pèse,
    et l'autre apporte des réponses.

    La forme surprend. Les personnages n'ont pas de nom, et tout le récit
    est au présent. Pas de passé, pas d'imparfait. Ni futur ni conditionnel.
    La narration à la deuxième personne du singulier crée un effet de
    proximité, sinon d'intimité.

    Captivant par son écriture contemporaine, rythmée, précise, qui en quelques phrases nous donne à voir un monde, Planètes sait aussi nous toucher par la sensibilité sans mièvrerie qui l'anime, sa tendresse pour les déshérités et les vulnérables, son goût de la beauté, son adhésion à la vie.

  • Quand la mort côtoie l'enfance qui nous traverse d'un bout à l'autre, à quoi assistons-nous ?

    Voici des miracles ordinaires, des vertiges, des bonheurs fugaces qui réclament une parole. Voici l'aube fabuleuse, et une jeunesse qui ne cesse de fleurir, là même où on ne l'espérait plus.

    C'est un regard sur le petit, l'humble. L'imparfait. L'éphémère. Pour en faire valoir la lumière et la beauté. Et c'est aussi un défi stylistique : écrire de la poésie sans dire « je ». Ni « tu » d'ailleurs. Fine et épurée, l'écriture nous transporte autant qu'elle nous rive à nos racines les plus sourdes, à la terre, tendue de beauté.

empty