Delcourt Littérature

  • GRAND PRIX DE LITTÉRATURE AMÉRICAINE 2019  ! 
    Cette plantation est au centre du second roman de Kevin Powers, dans lequel il tente d'approcher la vérité de ceux qui y ont vécu. Nul n'a jamais su par exemple ce qu'il était advenu d'Emily Levallois. A-t-elle péri en 1865 dans l'incendie criminel de la plantation, dont elle est la coupable désignée, et qui a causé la mort de son esclavagiste de mari ? Ou bien a-t-elle réinventé sa vie ailleurs, comme le suppose la rumeur. L'Histoire ne le dit pas, laissant au romancier le soin d'en décider. L'Histoire ne dit pas plus ce que sont devenus Rawls et Nurse, ce couple d'esclaves affranchis dont le destin est intimement lié à la plantation. Des années plus tard (dans les années 1950), à Richmond, un vieil homme cherche lui aussi à retracer sa propre histoire. De ses origines il ne sait rien, sinon qu'il a été recueilli par Miss Dolores à l'âge de trois ans, après qu'elle l'ait trouvé devant sa porte, avec ce mot : « Suffolk, Virginie 1866. Je m'appelle Georges. J'ai presque trois ans. Prenez soin de moi. » À travers les destins croisés de ces personnages à la dérive, Kevin Powers replonge dans l'histoire violente et déchirée du Sud et explore cette question depuis toujours au coeur des hommes : quelle trace sur terre laissons-nous ?

  • Korede est un peu amère. Il faut dire que sa soeur Ayoola abuse vraiment : non contente d'être la plus belle, la favorite, elle est aussi un peu/beaucoup sociopathe. Et voilà qu'elle l'appelle à nouveau au-secours sous prétexte que son amant numéro 3 est raide mort dans son salon. Avec le temps, Korede est passé experte pour faire disparaître les traces de sang, et le coffre de sa voiture est bien assez grand pour y cacher un cadavre. Et tout ça, sans un merci.
    Mais Korede a une vie à mener, elle aussi : elle est secrètement amoureuse de Tane, le séduisant médecin qu'elle croise tous les jours dans les couloirs de l'hôpital où elle travaille comme infirmière. Aussi, lorsque sa jeune soeur jette son dévolu sur Tane, Korede se trouve face à un dilemme : comment continuer à protéger sa soeur, sans risquer la vie de l'homme qu'elle aime ?

  • Idiot wind

    Peter Kaldheim

    « J'avais 37 ans, j'étais sans emploi et fauché. Pour couronner le tout, j'étais sans abri, excepté le casier où je conservais mes fringues et mes affaires de toilettes à Penn Station. Bref, ma vie n'avait rien de glorieux, il fallait juste y survivre, et pour ça, je n'avais personne d'autre à blâmer que moi et mes complices : l'alcool, la cocaïne et un travers bien ancré que mon vieux professeur de philosophie grecque aurait appelé akrasia - une faiblesse de caractère qui pousse certain à agir contre le bon sens. Si le grec n'est pas votre truc, appelez-le comme Bob Dylan: idiot wind. » Le 26 janvier 1987, une énorme tempête s'abat sur New York quand Peter Kaldheim fuit la ville et Bobby Bats, le dealer impitoyable auquel il doit pas mal d'argent... Il le sait, il n'y aura pas de retour possible. Il saute dans le dernier bus en partance. Commence alors pour lui une vie d'errance. Sans un sou et sans domicile, il entreprend de traverser le pays en stop. Alors que les kilomètres défilent, c'est aussi un portrait de l'Amérique qui se dessine à travers les vies minuscules des chauffeurs qui lui instillent une nouvelle « sagesse » et l'aident à s'ouvrir de nouveau aux autres.

  • Premier roman français.
    Le monde de Jean, c'est Pierre, le fils qu'il a élevé seul. Depuis presque vingt ans, il maraude chaque nuit à bord de son taxi, pour ne pas perdre une miette de son fils. Il lui a aussi transmis son goût pour la plongée, ces moments magiques où ensemble ils descendent se fondre dans les nuances du monde, où la pression disparaît et le coeur s'efface. Mais depuis quelque temps, Pierre est fatigué. Trop fatigué. Il a beau passer son temps à le regarder, Jean n'a pas vu les signes avant-coureurs de la maladie. Alors de l'imagination, il va lui en falloir pour être à la hauteur, et inventer la vie que son fils n'aura pas le temps de vivre. Quand la vérité s'embrouille, il faut parfois choisir sa réalité. Un premier roman pudique et poignant, le roman de l'amour fou d'un père pour son fils.

  • La vertigineuse ascension d'un génie du Jazz, contraint d'improviser la vie dans l'Amérique ségrégationniste.
    Ludlow Washington est né différent, aveugle. Abandonné à cinq ans aux mauvais traitements d'une institution, il endure les brimades jusqu'à ce que ses prodigieux talents de musicien lui offrent un ticket d'entrée dans le monde. Un monde auquel il n'est pas préparé, et où il doit apprendre la vie à tâtons. Il devient dès lors la propriété de Bud Rodney, le chef d'un orchestre qui se produit au Café Boone, à New Marsails, une petite ville du Sud. Bientôt lassé par le répertoire limité et suranné de Rodney, Luddy emboîte le pas aux pionniers du Jazz et part à la conquête de la scène new-yorkaise, où il invente un nouveau son et devient vite une icône de l'avant-garde de Harlem. Mais la musique ne suffit plus à adoucir ses démons intimes. Désorienté par la mémoire de son enfance volée, meurtri par les trahisons amoureuses, Ludlow est hanté au point de vaciller.

  • Au loin

    Hernán Diaz

    Jeune paysan suédois, Håkan débarque en Californie, seul et sans le sou. Il n'a qu'un but : retrouver son frère à New York. Il entreprend alors la traversée du pays à pied remontant à contre-courant le flux continu des pionniers qui se ruent vers l'ouest. Les montagnes et les plaines se succèdent, les caravanes et les embûches aussi. Trop souvent, la nature et les hommes essaieront de le tuer. Håkan croise ainsi la route de personnages truculents et souvent hostiles : une tenancière de saloon, un naturaliste éclairé, des fanatiques religieux, des arnaqueurs, des criminels, des Indiens, des hommes de lois...
    Et, tandis que s'écrivent à distance les mythes fondateurs de l'Amérique, il devient un héros malgré lui, peu à peu sa légende grandit. Håkan n'a bientôt d'autre choix que de se réfugier loin des hommes, au coeur du désert, pour ne plus être étranger à lui-même et aux autres.

  • Porc braisé

    An Yu

    Des mondes flottants... Un premier roman intense et onirique qui évoque les films de Wong Kar-Wai et les romans de Murakami.
    Un matin d'automne, Jia Jia pousse la porte de la salle de bains de son opulent appartement de Pékin et découvre son mari sans vie dans la baignoire. Il a laissé pour elle, sur le lavabo, le dessin énigmatique d'un homme poisson. Cette étrange figure aquatique ne cessera dès lors de la hanter. Perdue et sous le choc, Jia Jia déambule dans la ville, boit plus que de raison, et noue peu à peu une relation avec un barman, Leo, susceptible de lui donner l'amour qu'elle croyait impossible. Libérée d'un mariage asphyxiant, Jia Jia se redécouvre, renoue avec sa passion pour la peinture et affronte son passé et toutes ces choses que ceux qu'elle aime ont trop longtemps tues. Une odyssée intérieure qui la mènera jusqu'aux plateaux du Tibet et cet autre monde auquel elle aspire et qui la terrifie.

  • Il y a mille façons de disparaître au coeur de l'hiver, et le printemps toujours retrouve notre trace.
    On a coutume de dire qu'il y a deux types d'histoires : celle où le héros part en voyage et celle où un étranger arrive en ville. Les derniers touristes se sont envolés depuis longtemps quand, ce jour de décembre 2007, « l'étranger » - Daniil - pousse la porte de l'auberge dans laquelle travaille Kathleen, au coeur du parc naturel. À son accent et son allure, il n'est à l'évidence pas d'ici, mais Kathleen, qui a choisi ce coin pour son silence, n'est pas du genre à jouer les indiscrètes. À seulement 27 ans, elle est veuve depuis quatre ans déjà, depuis l'accident de voiture qui a coûté la vie à son mari... « L'étranger » dit être un étudiant ouzbek - rien ne le prouve, par contre il semble évident qu'il a peur, qu'il fuit quelque chose, quelqu'un. Les jours passent, se ressemblent, peu à peu une amitié se noue. Plus Kahtleen apprend des secrets de Daniil (« J'ai trahi »), plus il lui devient impossible de continuer à ignorer les siens. Et, pendant ce temps, le danger se rapproche...

  • Trois époques, trois états : trois versions d'une femme borderline.
    UNE FEMME fait de longues promenades avec son chien sur la plage. Quand elle ne travaille pas à l'Observatoire ornithologique, elle traduit Dany Laferrière. Elle veut tout oublier de ce qui a été. Mais les remparts de la mémoire menacent de céder...
    UNE FEMME marche vers sa boîte aux lettres. À l'intérieur, il y a la lettre qu'elle attend depuis si longtemps. Une lettre qui pourrait changer sa vie : l'agrément d'adoption des Services à l'enfance.
    UNE FEMME déambule dans une zone résidentielle, traînant derrière elle une valise à roulettes. À l'intérieur, il y a un chat mort. Il serait un message. Le message est : Tu. N'es. Pas. En. Sécurité.

  • Roman traduit de l'hébreu.
    Guy, Emily et Eric sont des agents secrets d'un autre type : « d'abord secret et accessoirement des agents ». Leur mission : créer des coïncidences pour influencer le cours de la vie des gens. Car, dans le monde de Yoav Blum, le destin ne relève pas d'une autorité divine ou d'un hasard désincarné, mais bel et bien d'une organisation invisible, véritable ruche d'opérateurs dont les champs d'action varient en fonction de leurs accréditations. On y débute souvent comme tisseur de rêves, ami imaginaire, distributeur de chance... jusqu'à accéder, pour les plus zélés, à la fonction supérieure de « faiseur de coïncidences ».
    S'ils ont suivi la même formation, potassé ensemble Introduction à la Sérendipité, nos inséparables mousquetaires ont développé leurs propres spécialités : tandis que Guy est devenu un formidable entremetteur même s'il ne croit pas à l'amour, Emily, plutôt du genre fleur bleue, a le don de révéler des vocations, sans parler d'Eric...
    Pourtant quand Guy se voit assigner une mission spéciale impliquant « L'homme au hamster », un mystérieux tueur à gages fraîchement débarqué en ville, l'équilibre du trio vole en éclat tout en leur assénant au passage une bonne leçon sur les arcanes du destin, le libre arbitre et la nature véritable de l'amour.

  • Une saga ukrainienne moderne. L'histoire de quatre générations de femmes en butte aux cahots politiques de leur pays.
    « Pendant que j'écrivais ce roman, le sang a coulé pour une Ukraine libre, or c'était celui de personnages fictifs. C'est tristement devenu réel en février 2014. »
    Durant l'été 1988, Marianna, sublime soprano de l'Opéra de Lviv, est emportée par une balle, lors d'une manifestation de patriotes ukrainiens contre le pouvoir soviétique. Sa fille, encore enfant à l'époque, nous raconte l'histoire de leur famille à travers quatre générations de femmes qui vivent sous le même toit , avant et après ce moment pivot.
    À l'image de leur ville à l'identité mouvante, les femmes de la famille connaissent des existences contrariées par les renversements politiques, mais aussi par leur propre incapacité à exprimer leurs sentiments.
    « Je m'étais toujours appliquée à lire la ville comme un livre ouvert, mais il s'avéra que lui seul en maîtrisait l'alphabet. »
    Lviv (inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco) est aussi un des personnages majeurs du roman. Au fil des promenades de la narratrice avec son amant (professeur à l'Académie des Beaux-Arts), on entrevoit les trésors architecturaux et les incarnations successives de la ville : l'austro-hongroise Lemberg, la polonaise Lwow, la soviétique Lvov et la Lviv ukrainienne actuelle. Lumineuse et foisonnante, cette histoire est aussi celle de l'éveil émotionnel, sexuel, artistique et politique d'une jeune fille en quête de sa propre voix qui, à l'instar de son pays, marche vers son émancipation.

  • « C'est peut-être autour de la nourriture que se fait partout dans le monde le plus simple des partages entre les hommes. » Une table dressée pour un dîner entre amis est le lieu propice aux meilleures conversations: on parle du monde, de politique, de religion, de culture et bien sûr de bouffe. Be my guest nous invite à cette table pour une méditation tout à fait singulière et personnelle sur le sens de l'hospitalité envers les siens et les autres, dans un monde où certains ont en abondance et d'autres pas assez, où les migrants et les réfugiés sont à la fois bienvenus et vilipendés, et où la plupart d'entre nous consacrons de moins en moins de temps à cuisiner et manger ensemble.
    Entremêlant des moments de son histoire personnelle - son héritage Sikh, ces années passées au Kenya, en Inde, en Angleterre et en Allemagne, - aux idées de Derrida, Platon, Arendt et Peter Singer, Basil apporte un éclairage surprenant sur cette question : que signifie être un hôte ? Un invité ? Un étranger ? Ce faisant, elle propose un plaidoyer passionnant pour un monde plus généreux et accueillant, et rappelle que ce qui nous rassemble est fondamentalement plus fort que ce qui nous divise.

  • Joan Ashby a toujours voulu devenir écrivaine et a établi dès l'âge de 13 ans quelques préceptes de vie pour mettre toutes les chances de son côté : « Ne pas perdre de temps», « Écrire tous les jours », mais surtout : « Éviter l'amour », « Ne jamais avoir d'enfants », « Ne céder à aucune proposition de mariage »... Elle touche au but dix ans plus tard et devient la nouvelle sensation de la scène littéraire new-yorkaise avec un premier recueil de nouvelles singulières et explosives. Elle fait toutefois un premier pas de côté en épousant Martin, puis découvre peu après avec effroi qu'elle est enceinte. Elle prend alors une décision fatale à sa carrière et s'efface dans une vie de famille non préméditée. Mère de deux fils diagnostiqués précoces, Joan laisse filer les années par dizaine avant de pouvoir achever son roman monstre. Sur le point de retrouver la lumière, et de renouer enfin avec la vie qu'elle a mise en suspens, une trahison aux proportions shakespeariennes va l'acculer à questionner tous les choix qu'elle a faits.

  • Du jour au lendemain, les résidents noirs d'une petite ville imaginaire d'un État du Sud désertent, à la suite de l'acte de protestation d'un jeune fermier, descendant d'esclave.
    Juin 1957. Sutton, petite ville tranquille d'un état imaginaire entre le Mississippi et l'Alabama. Un après-midi, Tucker Caliban, un jeune fermier noir, recouvre de sel son champ, abat sa vache et son cheval, met le feu à sa maison, et quitte la ville. Le jour suivant, toute la population noire de Sutton déserte la ville à son tour.
    Quel sens donner à cet exode spontané ? Quelles conséquences pour la ville, soudain vidée d'un tiers de ses habitants ?
    L'histoire est racontée par ceux qui restent : les Blancs. Des enfants, hommes et femmes, libéraux ou conservateurs, bigots ou sympathisants.
    En multipliant et décalant les points de vue, Kelley pose de façon inédite (et incroyablement gonflée pour l'époque) la « question raciale ».

  • "« Corentin était un petit garçon curieux... Tous les petits garçons sont curieux, me direz-vous. Vous avez raison. Je devrais plutôt dire : Corentin était un curieux petit garçon. Curieux dans le sens où il n'était pas seulement étonné, mais aussi étonnant. Différent, si vous préférez. Il possédait un secret ! Un secret tellement incroyable que lorsque je vous le révélerai, vous ne me croirez pas, et pourtant... Corentin connaissait le langage des objets ! »
    C'est un sacré atout pour regarder et rêver le monde autrement. C'est aussi une source d'histoires inépuisables ! Parce que les objets ont bien plus d'imagination qu'on ne croit. Il suffit d'écouter le grain de sable qui sait tout de l'amour, le toucan qui voudrait être libre, les barreaux de l'échelle qui débattent, les boîtes aux lettres qui bavardent, un sapin empoisonné qui ne manque pas de piquant, un agenda qui livre ses secrets... Un livre qui nous parle : « Tu plonges dans mes pages, et hop je t'emporte ! »"

  • Peur

    Dirk Kurbjuweit

    Un roman social sous tension qui s'attaque à une question morale universelle : jusqu'où est-on capable d'aller pour protéger sa famille ?
    « J'avais toujours cru mon père capable de commettre un massacre. Dès qu'il était question d'une tuerie aux informations, je retenais mon souffle jusqu'à ce que le nom du coupable tombe. Pure paranoïa, j'en conviens, mais nos peurs d'enfant ont la peau dure. » Randolf Tiefenthaler affirme avoir eu une enfance normale, même si son père collectionnait à leur domicile un véritable arsenal. Marié et père de deux enfants, Randolph s'enorgueillit d'avoir acheté pour sa famille un nouvel appartement situé dans un quartier cossu de Berlin. Mais son confort bourgeois et ses convictions progressistes sont torpillés le jour où il rencontre l'homme qui vit sous leurs pieds. Dieter Tiberius se révèle vite un voisin menaçant, un harceleur au comportement de plus en plus erratique et inquiétant. Randolf Tiefenthaler devra répondre à une question que l'on n'aimerait jamais avoir à se poser : De quoi est-on capable pour protéger sa famille quand la loi n'est pas de notre côté ?

  • Dans une bourgade du comté de Meath, Maurice Hannigan, un vieux fermier, s'installe au bar du Rainsford House Hotel. Il est seul, comme toujours - sauf que, ce soir, rien n'est pareil : Maurice, à sa manière, est enfin prêt à raconter son histoire. Il est là pour se souvenir - de tout ce qu'il a été et de tout ce qu'il ne sera plus. Au fil de la soirée, il veut porter cinq toasts aux cinq personnes qui ont le plus compté pour lui. Il lève son verre à son grand frère Tony, à l'innocente Noreen, sa belle-soeur un peu timbrée, à la petite Molly, son premier enfant trop tôt disparu, au talent de son fils journaliste qui mène sa vie aux États-Unis, et enfin à la modestie de Sadie, sa femme tant aimée, partie deux ans plus tôt. Au fil de ces hommages, c'est toute une vie qui se révèle dans sa vérité franche et poignante...

  • Un pilote américain se crashe dans le désert et, à l'évidence, le Major Ellie n'est pas tout à fait entraîné pour ce genre de pépin. Sa détresse monte d'un cran, lorsqu'il découvre le contenu de son kit de survie : quatre bricoles et un mini paquet d'After Eight. Une chose est sûre, ça ne va pas être une partie de plaisir. À quelques kilomètres de là, dans un camp de réfugiés à l'abandon, Momo, un petit caïd de 14 ans, a lui aussi des problèmes : ses rêves de fortune stagnent à l'état de mirages ; son chien Clebs se prend pour ce qu'il n'est pas ; une universitaire reconvertie dans l'humanitaire s'est mis en tête de le prendre pour sujet de sa thèse sur « le mental des adolescents musulmans » ; pire enfin, son frère a disparu. C'est bien sûr dans ce nid de coucou que le Major Ellie va trouver refuge...

  • Un renard traverse le Waterloo Bridge, à l'heure de pointe. La distraction provoque la collision entre deux piétons : Attila Asare, un éminent psychiatre ghanéen, spécialiste des syndromes post-traumatiques et Jean Turane, une biologiste américaine, fraîchement divorcée, qui étudie le comportement des renards en milieu urbain. De cet accident va naître une profonde amitié...
    Plusieurs raisons ont conduit Attila à Londres : prononcer le discours de clôture d'un séminaire, et prendre des nouvelles de sa « nièce » qui n'a donné aucun signe de vie depuis un moment. Il découvre bientôt qu'elle a été embarquée par erreur par les services de l'immigration et que, depuis, son fils Tano a disparu. Il y a urgence, combien de temps un enfant de 10 ans peut-il survivre seul dans cette ville ? Jean propose de l'aider à le chercher, en mobilisant son réseau de guetteurs (de renards), composé principalement d'émigrés d'Afrique de l'Ouest : gardiens, portiers, agents de sécurité...

  • « J'avais été heureux, comblé et odieux. En vieillissant, je m'en suis rendu compte, mais il était trop tard. Je n'avais pas su être bon. La bonté m'est venue après, je ne peux pas dire quand exactement. »
    C'est le jour sans doute où un vieil Indien lui a confié ce chiot, Dan. Lorsque Benoît Lévesque est rentré à Montréal ce jour-là, il a fermé pour de bon la porte de son grand appartement vide. Ce n'était pas un endroit pour Dan, alors Benoît est allé s'installer dans son chalet du Saguenay, au coeur du parc national.
    Mais quand vient un nouvel automne, le fragile équilibre est rompu. Parce que Dan se fait vieux et qu'il est malade. Et parce qu'on a aperçu des loups sur le territoire des chasseurs. Leur présence menaçante réveille de vieilles querelles entre les clans, et la tension monte au village...
    Au-delà des rivalités, c'est à la nature, aux cycles de la vie et de la mort, et à leur propre destinée que devront faire face les personnages tellement humains de ce roman au décor grandiose.

  • Les jours de l'usine sont comptés, et les quelques travailleurs encore présents - un cuisinier, un manoeuvre et deux agents de sécurité - savent que viendra bientôt le temps d'éteindre les machines et l'interrupteur principal. Viendra le temps de tout fermer. La nouvelle gardienne de nuit (et narratrice) scrute les écrans de sécurité. Rien ne bouge. Pour elle, cependant, le site de l'usine est un nouveau terrain d'exploration, où tout est encore possible. Quand on découvre les signes apparents de la présence d'un loup, la monotonie se craquelle. Le loup existe-t-il vraiment ? Est-il un danger ? Plus elle piste sa trace, plus le doute s'installe, plus réalité et imaginaire se confondent. Y a-t-il une connexion avec « l'homme tombé du ciel » près de l'aéroport, ce nouvel icare qui a quitté son Afrique natale pour gagner l'Europe dans le train d'atterrissage d'un avion ? Et que dire du portrait-robot de la braqueuse de banque qui ressemble tant à la gardienne ?
    Un monde au bord de la disparition, un roman hanté par la peur sournoise de l'autre, les identités confuses, les frontières et les limites que l'on impose à nos vies.

  • Et j'essaie. Et j'ai peur. J'ai peur d'écrire sur les faux-fuyants, les sentiments, le surmenage, la dépression et les crises, parce que je reste persuadée qu'assumer ma vulnérabilité me fait paraître fragile et non pas forte. J'ai peur de reconnaître que je suis jeune, mignonne et impuissante. J'ai peur d'assumer tout ce qu'il y a de difficile, tout ce qu'il y a de moche, tout cequ'il y a de déplaisant. J'ai peur de me dévoiler. J'ai peur qu'on me prenne en pitié. Qu'on m'en veuille. Qu'on m'engueule. J'ai peur d'être cette femme qui dérange. Et peur de ne pas déranger assez. J'ai peur. Mais je le fais quand même. » Emilie Pine écrit ici toutes les choses qu'elle ne dira pas. À la tradition du récit linéaire personnel, avec début et fin, Emilie Pine préfère la forme fragmentaire, plus à même d'exprimer tous les moments et sujets qui bouillent en elle et de les explorer sous différentes perspectives, d'oser la contradiction, d'en tirer l'essentiel. Abordant les thèmes de l'addiction, de la famille, de l'infertilité, du féminisme, des violences sexuelles ou encore de la dépression, Notes à usage personnel est cru, drôle et radicalement honnête. Poignant et juste, ce livre dessine l'histoire en creux d'une femme formidable en rébellion contre le silence.

  • Roman traduit du danois.
    Un mètre quatre-vingts et de grands yeux bleus, Sonja a pourtant l'impression d'être un mouton noir et souffre de « la moderne solitude » des villes. Elle a quitté son Jutland natal, dont les paysages et le silence lui manquent tant, pour s'établir à Copenhague.
    « Toi tu es une battante », lui disait toujours sa mère, comme si c'était censé la réconforter. Un peu quand même... Elle gagne sa vie en traduisant les romans de
    Gsta Svensson, star du polar suédois. Ses fans disent qu'il « éclaire la société par en dessous », Sonja, quant à elle, n'en peut tout simplement plus de tous ces cadavres. D'autant que ça ne l'aide pas vraiment à être en confiance avec ses contemporains.
    Mais voilà, Sonja a quarante ans, et elle a décidé d'apprendre à conduire. Il est grand temps, sa vie est au point mort et elle a bien besoin de passer une vitesse... Avis au lecteur : bouclez votre ceinture avant d'embarquer pour ce rodéo existentiel.

  • Après six années d'une drôle de vie menée au loin en solitaire, Troy Falconer retourne dans la petite ville où il a grandi. Il s'est tôt fait la promesse de ne jamais rien posséder et emprunte depuis la vie des autres : leurs porte-feuilles, leurs valises, leurs costumes et leurs voitures... Pourtant lorsqu'il apprend que la femme de son frère s'est enfuie avec le maigre pécule hérité du père, Troy met le cap sur New Cona (tableau miniature de l'Amérique rurale), bien décidé à aider Harlan à retrouver l'argent. Ils embarquent alors dans un road trip chaotique à travers les paysages austères du Texas. Seul hic, une passagère non déclarée est à l'arrière de la voiture : Martha, une gamine qui n'a pas froid aux yeux et une idée fixe en tête, retrouver son père au Mexique. Les frères Falconer ne sont plus simplement recherchés pour un banal vol de véhicule, mais pour kidnapping...

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