Littérature argumentative

  • étoile au grand large Nouv.

    Si Guy de Larigaudie a « mené l'aventure d'un bord à l'autre des cinq continents », porté par une vitalité hors du commun autant que par sa sensibilité à la beauté du monde, il avait conscience qu'il ne faisait là que reculer les murs de son jardin d'enfance, et que son âme, elle, était toujours en prison. Ce recueil de pensées pudiques et vibrantes, écrites dans les quelques semaines précédant la Seconde Guerre mondiale dans la perspective d'un « vrai livre d'homme », témoigne ainsi d'une quête spirituelle intense et exigeante. Comme si elle entraînait derrière elle l'existence tout entière du jeune homme.

    Le testament spirituel d'un routier légendaire, aventurier possédé par la joie de vivre et le désir de Dieu. Un livre culte.

  • Arrivé au terme de sa vie, Pierre Teilhard de Chardin éprouve le besoin de revenir sur la profonde unité de son itinéraire, en deux lignes convergentes, celle de la science et celle de la foi. Le Coeur de la Matière, autobiographie intellectuelle et spirituelle, affirme sa foi en une évolution cosmique, biologique et humaine dont le sens s'accomplit en un point de convergence spirituelle de la Terre, qui pour lui est le Christ. Celui-ci unifie et intériorise, en effet, dans l'Amour le mouvement d'évolution qu'il achève. C'est pourquoi Teilhard complète sa méditation par ce qu'il nomme « l'essence de son message » : Le Christique, testament spirituel qui évoque l'amorisation de l'Univers.

    Ces textes ultimes ouvrent des voies encore partiellement inexplorées à la théologie comme à la spiritualité.

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  • Arthur Rimbaud reste, plus qu'aucun autre, le symbole des interrogations et des espérances liées au pouvoir du verbe. Et relire les textes du poète c'est constater que sa quête, sur le plan existentiel, est d'ordre proprement religieuse : il s'agit bien, pour reprendre le titre d'un de ses textes perdus, d'une « chasse spirituelle ». Élève dans le catholicisme, Rimbaud a écrit des poèmes qu'il a conçus comme un nouvel évangile. Il a ensuite confronté son image à celle du Christ, y compris dans ses « Proses évangéliques », ou dans son ultime poème, « Génie » - un contre-évangile sur un mode païen et mystique. Puis il se tourna vers l'islam, et peut-être, sur le seuil de la mort, retrouva une foi née de l'enfance.
    Rimbaud est un mystique, qui rejette toute Église : un païen en butte à des démons qu'il dompte, et à la recherche d'un Christ renouvelé, ce qui n'a cessé de le rendre contemporain à toutes les générations. Il indique la voie : il s'agit, au sortir d'Une saison en enfer, de trouver le chemin des Illuminations - un vocabulaire mystique qui indique assez que l'essentiel tient entre le néant et le salut, et que c'est le propre de l'esprit que d'exalter un verbe qui puisse sauver.

  • D'une rarissime radicalité, l'oeuvre de Simone Weil est celle d'une mystique intégrale. Libre de toute attache, et particulièrement religieuses, l'écrivain n'a jamais tempéré sa pensée en fonction d'un dogme - mais elle a interpellé l'Église comme une personne attentive à l'expérience religieuse. Il y a aussi en elle une coïncidence totale entre sa pensée et l'expérience vécue. Elle tire les conséquences de celle-ci avec une admirable dureté, jamais départie de justice et de charité.
    Au fil des textes de la philosophe, d'abord agnostique, Ghislain Waterlot nous propose de comprendre de quoi s'est nourrie cette attitude et comment elle s'est développée. L'expérience du travail le plus aliéné, dans les usines, a été primordiale, car elle a fait découvrir à Simone Weil le malheur au sens plénier et, à travers lui, le christianisme. Aucun dolorisme pourtant chez la mystique, mais une profonde réflexion sur le don qu'est la Croix : décentrement de soi, effacement volontaire dans l'amour. Là est la clé de l'attente de Dieu à notre égard. Qui a compris la signification spirituelle du malheur renonce au jeu spontané de la force, auquel l'Église elle-même se laisse prendre, renonce à s'affirmer au milieu du monde.

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