Plume De Carotte

  • Une belle rencontre entre trois des plus grands noms de la botanique actuelle, qui s'expliquent et « s'affrontent » avec intelligence autour de la notion d'espèces voyageuses : ces plantes et ces animaux sont-ils bénéfiques ou bien envahissants ?...
    À l'échelle de la vie, les « voyages » des plantes et des animaux à travers la planète ont toujours existé. Mais ce grand « brassage planétaire » des êtres vivants s'accélère singulièrement depuis quelques dizaines d'années, avec l'accroissement des activités humaines sur la planète Vitesse des transports, augmentation de possibles rencontres, naturalisations, hybridations... Tout cela crée des bouleversements écologiques, des opportunités aussi, pour des nouveaux « écosystèmes émergents » issus de ces rencontres. Tandis qu'une part de la diversité biologique en souffre, une autre part en bénéficie.
    Le temps d'un échange, Gilles Clément, Francis Hallé et François Letourneux se sont retrouvés lors d'une conférence au centre Pompidou à Paris. Une discussion à bâton rompu, passionnante, savante et parfois provocante, s'est engagée entre ces trois hommes, ces trois points de vue sur le brassage planétaire. Est-il un mécanisme ordinaire de l'évolution ? Quels sont ces plantes et ces animaux vagabonds ? Doit-on les contrôler et comment ? Et quel rôle doit jouer l'homme dans tout ça ?...

  • Les serpents sont gluants, les renards sont en surpopulation, le lierre tue les arbres et la forêt doit être entretenue par l'homme pour ne pas "mourir" ! Toutes ces affirmations sont autant de lieux communs et de fausses allégations qui surgissent dans les conversations et font des dégâts considérables dans les mentalités. Voici un traité philosophique et engagé, plein d'humour quant à ces idées reçues sur la nature qui ont la vie dure. Non les chauves-souris ne sont pas irrésistiblement attirées par vos cheveux pour venir s'y emmêler ! Non les plantes envahissantes ne doivent pas être exterminées à tous prix ! Non les vieux arbres ne sont pas dangereux ! Dans une conversation engagée, l'auteur, comme au café du commerce, déconstruit pas à pas les idées saugrenues et pourtant persistantes sur une nature dont les hommes se méfient. Un guide où piocher quelques répliques bien senties pour vos prochaines discussions de comptoir !

  • Notre époque est à la croisée des chemins : soit nous choisissons de nous réconcilier avec la nature, en retrouvant « l'expérience de nature », soit nous continuons, comme depuis le néolithique, vers le transhumanisme, en pensant que tout a une solution technique ! Quel est notre objectif au final ? Pour François Letourneux, c'est d'être heureux à 9 milliards d'habitants sur notre planète, en accompagnant la biodiversité et son évolution.
    L'homme est la seule espèce capable de modifier sa capacité d'adaptation et il l'a prouvé depuis le néolithique. Mais la stratégie d'adaptation de l'homme a été tellement efficace qu'elle risque d'entraîner sa perte. C'est la première fois qu'un élément du vivant modifie suffisamment le tissu vivant pour se mettre en péril. L'ennemi de la nature, c'est l'indifférence, l'homme coupé de ses racines naturelles. L'espèce invasive, c'est nous !
    Que s'est-il passé ? On a vécu sur les flux jusqu'à la fin du XVIIIe siècle et on tape dans les stocks du produit de la biodiversité : les sols, le bois, les micro-organismes, les insectes, les oiseaux... En 300 ans, on aura tout épuisé. Beaucoup de gens en sont conscients et aimeraient bien garder la Terre vivante, mais que fait-on ?
    On peut encore changer les stratégies. Les solutions existent. Il faut sortir du néolithique par le haut en continuant à progresser, c'est-à-dire en conservant les services gratuits de la biodiversité mais sans la détruire. Il faut ouvrir les yeux, renouer le contact avec la nature, se réconcilier avec elle, arrêter de vouloir la canaliser comme l'Homme l'a fait depuis 6 000 ans. Tout ce qu'on pourra faire pour que les services écologiques soient aussi bien rendus que possible sera bénéfique.

    À paraître
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