Metailie

  • Kate, étudiante à la dérive, fait des « enquêtes » cinématographiques dans les rues désertées des banlieues pavillonnaires. Son père vient de mourir brutalement et elle noie son chagrin dans la défonce. Au cours d'une de ses déambulations, elle rencontre Jean, une vieille dame en pleine forme qui coupe son bois et prépare des thés délicats. Jean propose un étrange marché : elle veut bien raconter ses histoires, mais à condition que Kate cesse de boire.
    Tandis que Jean déroule le mirage du rêve américain et règle ses comptes avec quelques fantômes, Viêtnam, guerre froide, mouvements contestataires, Kate affronte enfin son deuil impossible et retrouve une place dans le monde.

  • "Nul ne pourrait dire que ce fut un choix de ma part de tuer les jumeaux, pas plus qu'une décision de les mettre au monde.
    Ces événements s'imposèrent l'un et l'autre comme une nécessité inéluctable, un des fils dont est tissée la toile de ce que l'on pourrait appeler destin, faute de mot plus approprié... un fil que ni moi ni personne n'aurait pu ôter sans dénaturer le motif entier." Premier roman d'un auteur reconnu comme un grand poète, ce texte d'une violence clinique exceptionnelle est le récit d'une "expérimentation" sur deux enfants jumeaux élevés sans contact avec la parole humaine.
    La violence s'infiltre peu à peu dans le récit amoral conduit sur un ton détaché, sans recherche d'effet spectaculaire, d'une écriture précise et ciselée de poète. Plongée dans les méandres les plus noirs de l'esprit humain, réflexion sur la perversion du pouvoir paternel, vertige du désir de la connaissance, réflexion sur le langage, un roman troublant.

  • Le monde entre dans l'âge de glace, il neige à Jérusalem et les icebergs dérivent le long des côtes. Pour les jours sombres qui s'annoncent, il faut faire provision de lumière - neige au soleil, stalactites éclatantes, aurores boréales.

    Dylan, géant barbu et tatoué, débarque au beau milieu de la nuit dans la petite communauté de Clachan Fells, au nord de l'Écosse. Il a vécu toute sa vie dans un cinéma d'art et essai à Soho, il recommence tout à zéro. Dans ce petit parc de caravanes, il rencontre Constance, une bricoleuse de génie au manteau de loup dont il tombe amoureux, et sa fille Stella, ex-petit garçon, en pleine tempête hormonale, qui devient son amie. Autour d'eux gravitent quelques marginaux, un taxidermiste réac, un couple de satanistes, une star du porno.

    Les températures plongent, les journaux télévisés annoncent des catastrophes terribles, mais dans les caravanes au pied des montagnes, on résiste : on construit des poêles, on boit du gin artisanal, on démêle une histoire de famille, on tente de s'aimer dans une lumière de miracle.

    Dans ce roman éblouissant au lyrisme radical, peuplé de personnages étranges et beaux, Jenni Fagan distille une tendresse absolue qui donne envie de hâter la fin du monde.


  • Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?

    Sal a préparé leur fuite pendant plus d'un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube.
    Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite soeur.
    Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l'odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette soeur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.
    Un premier roman passionnant et tendre, qui parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature.
    Une vraie réussite.

  • Mary Peace ne sait pas lire. Pas correctement. Elle se débrouille avec les nombres, elle sait faire sa signature. En fait, elle sait faire tout un tas de signatures en fonction de ce qu'elle signe. Mary Peace n'est pas allée à l'école, elle n'a pas de numéro de sécurité sociale, n'a jamais payé d'impôts ou de cotisations sociales. Mary Peace est descendante de Charles Peace, un célèbre criminel de l'époque victorienne pendu à Leeds en 1879. C'était un meurtrier et un cambrioleur.
    Mary a tout appris de son père, Nigel - leader d'une communauté hippie alternative et gérant d'une exploitation de culture de fraises, qui lui a lu dès son enfance la Bible, le Coran, le Livre des Morts tibétain, Mein Kampf, Le Manifeste communiste... Il lui a aussi appris à ne rien vouloir de matériel, mais il n'a pas réussi sur ce coup-là. Un été, Mary croise le regard d'un des cueilleurs de fraises saisonniers et décide de tout quitter : « Quand j'ai vu Tony, je n'avais jamais rien vu d'aussi beau. Il était bête. Et gentil. Et il avait une bite énorme. Il avait vingt ans et moi dix-sept. » D'arnaque en arnaque, Mary - avec ses multiples pseudonymes - sillonne le pays. Elle arnaque, vole et fuit. Les jeunes hommes sont sa proie de prédilection. Mary a du métier et sait effacer ses traces. Mais Jimmy Shaski, un ado débrouillard, le fils qu'elle a abandonné quand il était bébé et qui a promis à son père de ne jamais essayer de la retrouver, est à ses trousses. Ainsi que Julie Jones, « la grosse flic »...
    Un roman drôle, puissant et lumineux. Avec son style simple et fluide, l'auteur touche à des sujets complexes comme l'abandon, la misère et la déception, mais avec un humour et une légèreté qui captivent et émeuvent.

  • Une femme fait face à ses juges. Pour le public, c'est un monstre.

    Diana Jager n'est pas la reine de l'empathie, mais c'est une chirurgienne douée et respectée. Sous le nom de Scalpelgirl, elle dénonce le sexisme échevelé du milieu hospitalier dans un blog féroce et s'est réfugiée à Inverness, dans le nord de l'Écosse, pour échapper aux menaces des trolls qui ont dévoilé son identité.

    Alors qu'elle désespérait de trouver l'amour, elle rencontre Peter et se marie très vite. Six mois plus tard, on retrouve la voiture de Peter au fond des Chutes de la Veuve, par un soir glacial. Fin du conte de fées.

    La police s'étonne du peu de chagrin de cette jeune veuve, la soeur du disparu charge un journaliste à la réputation sulfureuse, Jack Parlabane, de mener une enquête, tandis que le docteur Jager raconte sa propre descente aux enfers : trois voix qui resserrent l'étau à chaque chapitre et vous clouent à la page.

    Brookmyre construit une intrigue bluffante et pleine de twists, un thriller psychologique intense où le plaisir du suspense ne nuit ni aux personnages ni à la profondeur des thèmes abordés - et qui peut même être drôle. Ne faites jamais confiance à un auteur de polars.

  • Dans une région très septentrionale de la Norvège, quasiment déserte, un endroit magnifique et spectral, où l'hiver est sombre et enneigé et l'été miraculeusement doux et radieux. Comme généralement chez J. Burnside, le monde est à la fois beau et sinistre. Liv vit avec sa mère, un peintre qui s'est retiré là en pleine gloire pour mieux travailler. Son seul ami est un vieil homme qui lui raconte des histoires de trolls, de sirènes et surtout de la huldra, une créature surnaturelle qui apparaît sous les traits d'une femme à l'irrésistible beauté pour séduire les jeunes gens et les conduire à affronter les dangers et la mort.
    Un été, deux des camarades de classe de la jeune fille meurent noyés l'un après l'autre, par des nuits calmes et claires, puis c'est le tour d'un troisième homme, avant qu'un quatrième ne disparaisse sans laisser de trace. Cet été-là, la huldra pourrait bien prendre les traits de Maia, une amie de Liv et des deux jeunes lycéens noyés. Ces morts sont-elles accidentelles ou les jeunes gens ont-ils été poussés par un esprit malfaisant ? Liv observe tout cela et tente de comprendre ce qui arrive mais elle ne parvient pas à donner du sens aux choses.
    Voici un livre d'une intense poésie. Lyrique. Féérique. Dérangeant. Qui interroge mais ne donne pas de réponses. C'est un livre sur le regard, le regard du peintre, les diverses manières de regarder de la jeune Liv. Comme souvent chez J. Burnside, on est à la limite - difficile à appréhender - entre ce qu'on sait et ce qu'on rêve. Le lecteur est envahi par un sentiment d'inquiétude et, peu à peu, de peur quand il comprend que le sujet central du livre n'est pas les disparitions successives, mais l'incapacité de Liv à vivre dans le monde réel et à accepter les autres. Elle aurait aimé vivre « avant », quand les gens n'existaient pas encore. Et, dans les nuits blanches de l'été arctique, le roman a l'atmosphère hallucinatoire des rêves mais donne à voir un moment de profonde horreur. C'est aussi un grand et vrai thriller.

  • Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d'enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d'enfer contemporain. Année après année, dans l'indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs.
    Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l'Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d'espoir et de passion, il aime les livres et les filles.
    Il y a dans ce roman tous les ingrédients d'un thriller mais le lecteur est toujours pris à contrepied par la beauté de l'écriture, par les changements de points de vue et leur ambiguïté, par le raffinement de la réflexion sur la façon de raconter les histoires et les abîmes les plus noirs de la psychologie. On a le souffle coupé, mais on ne sait pas si c'est par le respect et l'admiration ou par la peur. On est terrifié mais aussi touché par la grâce d'un texte littéraire rare.

    " Un joyau exceptionnel qui va au-delà d'une histoire déconcertante et troublante pour éclairer les possibilités infinies du roman. "Irvine Welsh John BURNSIDE est né le 19 mars 1955 dans le Fife, en Écosse, où il vit actuellement. Il a étudié au collège des Arts et Technologies de Cambridge. Ancien écrivain en résidence à l'université de Dundee, il enseigne aujourd'hui à l'université de Saint Andrews. Poète reconnu, il a reçu en 2000 le prix Whitbread de poésie. Il est l'auteur des romans La Maison muette (Métailié, 2003), Une vie nulle part (Métailié, 2005), Les Empreintes du diable (Métailié, 2008) et Un mensonge sur mon père (Métailié, 2009).

  • Anais s'est violemment débattue pour échapper à la police et elle a blessé une commissaire de police, qui se trouve dans le coma. Elle ne se souvient pas de ce qui s'est passé, sa jupe est tachée de sang. Elle est dans le fourgon qui l'amène dans un de ces centres pour adolescents difficiles conçus au XIXe siècle comme un panoptique, destiné à ce que les prisonniers soient toujours visibles par les geôliers.
    Anais a connu de nombreuses familles d'accueil, et elle a l'impression d'être un sujet de laboratoire, de faire l'objet d'une expérimentation. Mais elle a 15 ans, est intelligente, belle et insoumise. C'est surtout une enfant qui a été abandonnée, ou pire, par tous les adultes qu'elle a rencontrés.
    Dans ce centre d'hébergement elle va vivre avec d'autres adolescents. Isla l'anorexique, pratiquant l'automutilation, séropositive et mère de deux jumelles, et Natasha qui l'aime, veut l'emmener ailleurs avec elle et se prostitue pour gagner l'argent de l'appartement où elles vivront ensemble. Les garçons sont tout aussi perdus et perturbés. Les travailleurs sociaux qui les surveillent sont dépassés ou indifférents. Là elle va décider de mettre fin à l'expérience et de recouvrer sa liberté.
    Dans un style rapide, brillant, plein de l'énergie de ses personnages, Jenni Fagan nous communique sa tendresse pour cette héroïne touchante et vitale autour de laquelle elle construit son roman.

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  • 1969. Glasgow.

    Trois jeunes femmes sont allées danser dans un dancing populaire, elles y ont rencontré un garçon que leurs amies décrivent comme bien de sa personne et correct, elles ont été très discrètes sur cette relation, puis on a retrouvé leurs cadavres sur des terrains vagues, elles ont été violées et étranglées avec leurs bas.
    Les recherches piétinent, les policiers de la criminelle sont à cran, ils se perdent dans les détails. L'inspecteur principal Duncan McCormack est appelé pour auditer la désastreuse enquête, ce qui a le don d'irriter les membres de l'équipe qui ont déjà dû essuyer les railleries de la presse pour leur tentative vaine d'attraper le tueur en se mêlant à la foule des danseurs.
    Parallèlement on suit Alex Patton, un perceur de coffres-forts venu de Londres pour cambrioler une salle des ventes dans sa ville natale et dont l'histoire croise celle du tueur à mesure que l'intrigue se noue et que McCormack est impliqué dans les deux affaires.
    L'auteur dresse un portrait vivant d'un quartier lugubre en pleine démolition, un témoignage sur l'état de la police de Glasgow et ses préjugés, à l'apogée du règne de la mafia locale, tout en menant une intrigue policière solide, tenue par des personnages inoubliables. Il donne alternativement la parole aux victimes et aux enquêteurs.
    Liam McIlvanney s'inspire d'un fait divers pour nous raconter la ville et sa police dans les années 60, au moment où un tueur en série, qu'on n'a toujours pas retrouvé, a violé et étranglé trois jeunes femmes rencontrées dans un dancing.

  • Samantha doit s'occuper de sa petite soeur quand sa mère est emprisonnée et voit son rêve d'aller à l'université s'évaporer. Mais elle se rend compte de ce que c'est de se sentir impuissante quand un hacker la fait chanter, d'autant plus qu'elle est très douée pour l'informatique. Jack Parlabane est journaliste d'investigation. Il vient de retrouver du travail dans un tout nouveau site d'information en ligne après avoir commis des erreurs graves lors d'une enquête récente. Mais sa nouvelle réussite doit beaucoup à une source anonyme qui peut lui créer des problèmes avec la loi.

    Se rendant compte qu'ils ont un ennemi commun, Samantha et Parlabane vont s'associer pour mener cette enquête et réaliseront que cet ennemi n'est pas la seule chose qui les lie...

    Comme dans Sombre avec moi, Chris Brookmyre construit ici un thriller implacable où il fait non seulement monter le suspense à des niveaux presque insupportables mais manipule aussi le lecteur avec des twists surprenants et un dénouement machiavélique. Une expérience de lecture inquiétante et jouissive.

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  • 1919.
    Sibérie. Le long de la voie du Transsibérien, Jazyk occupée par une légion tchèque, attend l'offensive des rouges. La ville est dominée par une secte religieuse sous la conduite de balashov. Arrive samarin. Il sort de la forêt et raconte s'être évadé d'un bagne et être poursuivi par un cannibale. anna petrovna, une jeune veuve, s'intéresse à ce nouveau venu. Un shaman de la région est assassiné et la peur et la folie s'abattent sur la ville.
    Le pervers capitaine Matula rêve de fonder un royaume dans ce bout du monde glacé, nomme un tribunal pour juger samarin et affronte mutz, le lieutenant plein d'humanité. Dans une grange piaffe un étalon noir. Les rouges arrivent.
    Des personnages exceptionnels d'intensité et de grandeur. Et J. Meek combine avec un exceptionnel talent de conteur le charme des grands romans russes au rythme d'un thriller moderne.

  • Lanark, a modern vision of hell set in the disintegrating cities of Unthank and Glasgow, tells the interwoven stories of Lanark and Duncan Thaw. A work of extraordinary, playful imagination, it conveys a profound message, both personal and political, about humankind's inability to love, and yet our compulsion is to go on trying. First published in 1981, Lanark immediately established Gray as one of Britain's leading writers, compared with - among others - Dante, Blake, Joyce, Orwell, Kafka, Huxley and Lewis Carroll. This new edition includes an introduction by William Boyd as well as the author's fascinating addendum, the 'Tailpiece' (2001).

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  • Gerry Conway, responsable de la rubrique politique au Sunday Tribune de
    Glasgow, désespère de trouver un sujet digne de ce nom, en cette période de
    vacances parlementaires, quand il reçoit l'appel d'un correspondant anonyme,
    détenteur de révélations sur Peter Lyons, jeune politicien flamboyant promis au
    poste de Premier ministre. L'inconnu lui remet une photographie où l'on
    aperçoit Lyons au milieu d'un groupe de paramilitaires unionistes en armes :
    les Nouveaux Covenantaires. Très vite, Conway comprend qu'il tient là plus
    qu'un scoop : un séisme politique. Lui, le catholique désabusé, en proie aux
    affres du divorce, s'immerge alors dans l'univers trouble des combattants
    unionistes protestants, en Écosse d'abord, puis en Ulster. Ce thriller
    politico-historique qui se déroule entre Glasgow et Belfast, dans le milieu des
    militants unionistes protestants, est une vraie plongée au coeur de la violence,
    de l'intolérance religieuse, avec un meurtre en toile de fond. Servi par une
    écriture fine et réaliste et des dialogues colorés, ce roman offre tout à la
    fois le portrait d'un monde inquiétant où le ressentiment affleure, et une
    vision satirique de l'univers du journalisme politique. « Un premier roman
    authentique et ambitieux. » Val McDermid Liam McIlvanney est professeur de
    littérature à l'université Otargo, en Nouvelle-Zélande. Il est le fils de
    William McIlvanney que publie Rivages.

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  • Murdo a seize ans, il vient de perdre sa mère, emportée par un cancer, comme sa soeur Eilidh quelques années plus tôt. Son père l'emmène en voyage chez des cousins installés dans le sud des États-Unis. En chemin, Murdo rencontre une famille de musiciens de zydeco dans une petite ville où ils échouent par hasard entre deux bus longue distance ; il se met à jouer avec eux - il est accordéoniste - et ils l'invitent à un grand concert deux semaines plus tard, en Louisiane.

    En attendant, il s'ennuie vaguement, se réfugie dans sa chambre au sous-sol pour échapper à la pitié embarrassée des adultes, découvre les atlas, tente de marcher dans un pays où même les footings se font au centre commercial. Avec son père, qui fuit le chagrin en lisant tout le temps, les relations sont difficiles, marquées par l'incompréhension et la maladresse, malgré leurs efforts et tout l'amour qu'ils se portent.

    Spécialiste des flux de conscience et des âmes d'écorchés, Kelman nous embarque ici dans la tête d'un adolescent banal et génial, anxieux et naïf, avec la juste distance et une incroyable tendresse. On est Murdo, on a honte, on rougit, on tombe amoureux avec lui, on bataille pour devenir adulte, on pense que la musique peut nous sauver, et on a raison. Un immense roman qui remue et fait entrer la lumière.

  • Mon père a passé sa vie à dire des mensonges et, parce que je ne savais pas faire autrement, je les ai répétés. Mon monde était un tissu de mensonges, grands et petits, sur tout.

    L'infarctus qui l'a emporté l'a surpris au pub à Corby entre le bar et le distributeur de cigarettes. C'était un enfant trouvé, un fabulateur, un buveur morose et menaçant à la main leste, il n'avait pas revu son fils depuis des années.

    L'extraordinaire histoire de cette relation manquée est aussi l'évocation d'une enfance perdue et saccagée. C'est aussi l'histoire du monde du père, un monde où les hommes se définissaient par les quantités d'alcool qu'ils pouvaient boire et le degré de souffrance auquel ils pouvaient résister. Des hommes construits sur la culpabilité et le machisme. Symbole de tout ce qui n'allait pas, John était devenu le destinataire de la haine de soi paternelle sous la forme d'une violence furieuse et, pire, d'une humiliation mesquine et cruelle. Il a appris à mentir à son père, puis plus tard sur son père.

    Poussant le langage à ses limites, voici un texte inoubliable sur deux hommes perdus : le père et le fils. Sur la façon de pardonner sans rien oublier.

  • Seriez-vous capable de trahir un être cher ?
    Rebecca, alias Bec, est une grande chercheuse scientifique, elle travaille sur la malaria, son frère Ritchie est une ex-rock star devenue producteur de télévision. Leur père, un officier, a été tué en Irlande pour avoir refusé de trahir un informateur.
    Lorsque Bec refuse d'épouser le puissant directeur dun magazine people, celui-ci se venge en menaçant Ritchie de révéler ses frasques s'il ne lui donne pas d'informations scabreuses sur sa soeur. Bec est à son tour mise à l'épreuve dans son mariage avec Alex lorsqu'elle décide d'avoir un enfant malgré tout.
    Le frère et la soeur devront choisir entre la loyauté et la trahison.
    Voici un grand roman classique sur des thèmes ultra contemporains. Une moderne histoire de famille, de secrets, d'amour, de mort, d'argent, à l'ère des magazines trash, des intimités devenues publiques, de la transparence sur Internet. Un impressionnant thriller moral.

  • Mo a dit

    James Kelman

    Helen travaille de nuit dans un casino comme croupière, et vit dans un minuscule appartement de la banlieue londonienne, avec sa petite fille de six ans et son compagnon, Mo, anglo-pakistanais, qui trouve qu'elle est tordue. Plus que tordue, dit-elle.

    Les pensées filent en roue libre - racisme ordinaire, sexisme à la petite semaine, résistance au quotidien -, Helen somnole, se souvient, rêve et s'obsède, comme une Molly Bloom de banlieue, en moins frivole. Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme, entre la bouilloire qui fuit et le sommeil qui ne vient pas, l'avalanche des problèmes matériels et une vie exiguë qui paraît sans issue.

    Le monologue intérieur d'un personnage à la Ken Loach, dans la langue bouillonnante de James Kelman, toujours au plus près de ce qu'on n'appelle plus la classe ouvrière.

  • Rien ne prépare la substitut du procureur Maddy Shannon à ce qui l'attend dans le parc de Kelvingrove, en ce matin de printemps frais et fleuri. En jupe et talons aiguilles, encore endormie, elle a bien du mal à enfiler la combinaison réglementaire pour pénétrer sur la scène du crime : deux ados morts qui se tendent les mains, le visage affreusement mutilé, en survêtement Le Coq Sportif.
    Mi-italienne, mi-irlandaise, pourvue d'une solide ascendance catholique et d'une famille envahissante et sentimentale dont l'épopée fait contrepoint à l'intrigue (grand-père Nonno et sa Grande Aventure), Maddy Shannon n'a vraiment pas la tête de l'emploi et passe son temps à outrepasser ses fonctions, et son look de célibataire pulpeuse et fêtarde fait jaser dans les couloirs.
    Tandis qu'on tente de retrouver l'identité de ces gamins que personne ne réclame, l'enquête remonte à une série de meurtres non élucidés du même genre à New York. Entre les bonnes oeuvres, les familles de givrés et les ex-snipers de l'IRA, Maddy navigue à vue et se retrouve toujours à l'endroit où il ne faut pas, avec un remarquable sens de l'inapproprié. À force d'aller à la messe avec sa mère, elle découvrira que le salut n'est peut-être pas là où l'on croit, et que l'enfer est pavé de bonnes volontés...

    Pour cette première incursion dans le roman policier, Chris Dolan frappe fort avec un personnage maladroit et attachant bien loin des flegmatiques enquêteurs d'antan, dans une Glasgow sombre et sans merci qui dévore ses enfants.

    « Prose viscérale, sujet très sombre et humour noir font de ce roman un heureux nouveau-venu dans le Tartan noir. » Publisher's weekly
    « Chris Dolan en sait long sur le crime... et son premier polar est excellent. » Ian Rankin

  • En 1746, exilé en Jamaïque après la bataille sanglante de Culloden, au cours de laquelle furent massacrés les partisans des Stuarts, le jeune John Wedderburn, se faisant passer pour un médecin, fait fortune, aidé par ses frères, dans les plantations de canne à sucre. Vingt ans plus tard, il retourne en Écosse pour se marier et réhabiliter le nom de sa famille, en amenant avec lui Joseph Knight, un jeune esclave noir.
    A la fin de sa vie, en 1802, il fait rechercher par l'avoué Jamieson Joseph, dont il ne sait plus rien depuis vingt-cinq ans, depuis le procès où se sont affrontés maîtres et esclaves, blancs et noirs, propriété et liberté, riches et pauvres. Il n'a pas oublié. Tant que Joseph Knight ne sera pas retrouvé, Sir Widderburn ne pourra échapper à son passé.
    Jamieson essaie de comprendre la véritable histoire de ces deux hommes et commence à se poser des questions sur ses propres motivations. Comment peut-il, et pourquoi, chercher un homme qui ne veut pas être retrouvé?
    Un roman émouvant sur l'histoire, l'identité et les idées.
    Des personnages fascinants, une atmosphère trouble, un roman magnifique et austère sur les relations de domination et l'esclavage, qui tient le lecteur en haleine sans aucune concession aux facilités classiques du thème.

    " Un livre de cette qualité nous convainc du talent du romancier qui fouille le passé pour que nous puissions mieux nous connaître, car c'est dans le passé que son imagination trouve sa liberté et sa vérité. " The Daily Telegraph

  • Une nuit d'hiver, il y a très longtemps, alors que la neige venait de tomber, le diable a traversé le village de pêcheurs de Coldhaven en laissant la trace de ses pas dans les rues et sur les toits.
    Michael a toujours vécu à Coldhaven et il s'y est toujours senti étranger, mais lorsque Moira, une de ses anciennes petites amies, décide que son mari violent est le diable et qu'elle se tue avec ses deux plus jeunes enfants en épargnant son aînée Hazel, elle met en marche un terrible enchaînement de faits qui va tout changer. Séduit et fasciné par la jeune Hazel, Michael va se laisser entraîner dans un voyage au bout duquel il sera forcé de faire face à ce qu'il est, d'affronter les démons de son passé.
    Dans un style qui a la force limpide des contes traditionnels, l'auteur nous raconte l'histoire d'un homme marqué par la peur et la culpabilité et nous révèle ce que peut cacher une vie ordinaire. John Burnside écrit là un roman d'une beauté aussi mystérieuse et terrifiante que les traces de pas sur la neige.

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  • Alan Tealing est professeur de littérature anglaise. Sa vie est en suspens depuis la mort, vingt ans auparavant, de sa femme et de sa fille, tuées dans un attentat inspiré par celui de Lockerbie en 1988. Alan est totalement obsédé par «l'Affaire». Il ne peut plus rien faire de sa vie. Il ne croit pas à la culpabilité de l'homme désigné par l'enquête. Au fil du temps, les documents et les preuves qu'il accumule finissent par remplir une pièce entière de sa maison.

    Quand un agent de la CIA atteint d'un cancer en phase terminale frappe à sa porte et lui offre l'adresse d'un témoin, il ne peut que partir à la recherche de la vécrité.

    Alternant l'enfermement du chagrin et la frénésie de la recherche, le roman nous interroge : comment peut-on vivre quand un événement mondial a un effet sur sa vie personnelle, comment faire quand votre entourage vous demande de lâcher ce qui est devenu une obsession, comment dépasser un chagrin aussi écrasant et continuer à vivre ? Pour Alan la peine n'est pas seulement aggravée par l'injustice, elle se transforme en quelque chose d'universel. L'Affaire devient une cause qui nous dépasse.

    Dans les circonstances actuelles, après les attentats qu'a connus la France, la lecture de ce roman est troublante et dérangeante. Au-delà de son thème, Robertson réussit une fiction littéraire profonde.

  • Sur la côte ouest de l'Ecosse, Alasdair Mor exploite la petite ferme familiale seul après la mort de son père et le départ pour la ville de son frère. Il vit de la pêche au homard. Sans pouvoir l'exprimer, il aime profondément la nature sauvage et grandiose qui l'entoure. Un couple vient s'installer dans les environs et les casiers à homards d'Alasdair sont régulièrement pillés. Alasdair poursuit An Sionnach, le voleur en mer mais finit par lui sauver la vie; en retour ce dernier lui vole sa barque et l'abandonne blessé sur un rocher en pleine mer. Alasdair s'intéresse aussi de loin à la femme de An Sionnach, ce qui met un comble à la fureur destructrice de l'homme. Il s'en prend aux animaux d'Alasdair, et s'ensuivent une poursuite hallucinante à travers les collines et un affrontement à mort.
    Les descriptions de la mer ou du passage des saisons vers un inévitable "coeur de l'hiver" sont inoubliables.
    Ce texte poétique et lyrique aux accents steinbeckiens est écrit dans une langue magnifique.


  • Elspeth Baillie, jeune actrice écossaise, est choisie par Lord Coak, un énigmatique imprésario, pour jouer dans la troupe de théâtre qu'il veut créer dans l'île de la Barbade. Après un accueil flatteur de la part de l'aristocratie coloniale, sa vie dans les Caraïbes est bouleversée par le passage meurtrier d'un ouragan.

    Elspeth est contrainte d'endosser un rôle ambigu dans le monde fermé d'une lointaine plantation de sucre. L'intendant, le Capitaine Shaw, s'emploie à construire une nouvelle Calédonie, peuplée d'émigrés écossais fuyant la misère du pays natal. Les espoirs d'Elspeth pour un nouveau monde plein de théâtre et de passion entrent en collision avec les drames trop réels et les amours illusoires de la vie coloniale. Elle devient prisonnière de la Colonie, cette entreprise dont le principe fondateur est la domination blanche.

    Avec sa richesse linguistique et sa narration hypnotique pleine de retournements, ses personnages pleins de désir de vivre et de croire, le roman de C. Dolan interroge sur ce qui fait une nation. Les lignées ? Le langage ? L'Histoire ? Ou un idéal pour l'avenir ?

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