Arts et spectacles

  • La question des frontières est centrale dans le monde d'aujourd'hui : une logique d'ouverture métissée dans un univers globalisé se confronte sans relâche à la résistance de positions conservatrices entravant les flux migratoires, le nomadisme, l'exil de populations de plus en plus nombreuses. un paradoxe générateur d'une intolérable violence prenant la forme d'exclusions, de réclusions et de répressions. Les artistes contemporains rendent compte, à travers différents registres d'expression, de ce présent problématique en mettant en crise un réel corseté dans ses propres contradictions, tandis que se brouillent inexorablement les identités culturelles.
    Mais cette question des frontières peut aussi être adressée à la discipline elle-même, tant du point de vue des réflexions théoriques que des pratiques artistiques : qu'en est-il des catégories de création héritées du xxe siècle ? Qu'en est-il des réseaux habituels de diffusion, principalement institutionnels ? Quels critères de reconnaissance et d'appréciation mettre en oeuvre face à un art qui s'invente sous nos yeux ? Quelles sont les formes hybrides émergentes, transgressives, et comment touchent-elles un nouveau public ? ici aussi, un conservatisme ambiant doit affronter une guérilla esthétique d'infiltration voire d'alternatives au monde de l'art établi. L'urgence d'un changement de paradigme se fait donc sentir tant au niveau du sujet de l'art que de son objet.

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  • Cet ouvrage aborde l'oeuvre de Pierre Klossowski (1905-2001) dans tout son long. Reconnu et admiré par ses pairs (Bataille, Blanchot, Parain, Gide, Foucault, Deleuze, Lyotard, Lacan.), c'est un grand écrivain, un grand théoricien, un grand peintre. C'est aussi un grand traducteur du latin et de l'allemand. Cette oeuvre tourne autour du regard porté à son incandescence, métamorphosant ceux qui le rencontrent. Le destin d'Actéon, auquel l'écrivain et ses héros masculins sont identifiés, est toujours en point de mire. Comment voir l'invisible divinité ? Voilà la question qui harcèle Klossowski et qu'il déplacera dans des rituels pornographiques inlassablement répétés. Il y a ce moment systématiquement traqué où, dans la conversation intime entre un homme et une femme (l'époux - l'épouse), les mots échangés s'interrompent. La scène, ouvrant à la rencontre sexuelle des corps, se fige dans le silence. Le corps, pris par le désir - Klossowski dit les démons -, devient le lieu d'une singulière rencontre. L'âme de l'épouse fait l'expérience que Dieu est le mal déclinant ce nouage du corps désirant et de la théologie dogmatique. Un spectacle se déplie sous le regard de l'époux, nouvel Actéon : la vérité de la théologie est la pornographie. Le corps de l'épouse, Roberte (à laquelle Denise, la propre épouse de Pierre, prête sa physionomie), inscrit cette vérité devenue conjointement spectacle pornographique et preuve logique de l'existence de ce nouvel être-suprême-en-méchanceté (selon l'expression de Sade) qu'est le Dieu klossowskien. L'oeuvre fictionnelle, plastique et conceptuelle de Klossowski célèbre ces noces toujours renouvelées des corps théologiques et des exercices pornographiques.

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  • Avec des arts (peinture, littérature, cinéma) et ses protagonistes (Cézanne, Proust, Claude Simon) qui est à l'origine de l'esthétique de Merleau-Ponty, et dans d'autre part, l'impact de la pensée merleau-pontienne sur les arts, depuis le Minimal Art américain en passant par le Body Art et la danse contemporaine.
    Tandis que certaines contributions s'intéressent, en s'appuyant sur les inédits, au rapport jusqu'ici moins étudié que Merleau-Ponty entretenait avec la musique, mais aussi avec la photographie, d'autres contributions jaugent l'héritage merleau-pontien dans des arts sur lesquels il n'a pas lui-même écrit (la danse, l'architecture ou le théâtre). Ce volume propose donc une première synthèse générale du rapport de Merleau-Ponty aux arts, tout en en indiquant les lignes de fuite et les horizons qui en font aujourd'hui, à la veille du cinquantenaire de la mort, toute l'actualité.

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  • Questions pour Jacques Rancière.
    Si la proposition essentielle qui anime depuis une quinzaine d'années les travaux de Jacques Rancière consiste simultanément à débusquer la tension entre les régimes éthique, représentatif et esthétique des arts, d'une part, et, d'autre part, à repérer les modalités du partage du sensible comme opération fondamentale du politique, c'est sans doute en fonction de ce nouage inextricable que l'image s'offre comme un terrain de prédilection pour penser, analyser et réarticuler le dicible, le visible et le pensable, les manières de faire et les manières d'être. Qu'il s'agisse de circuler à l'intérieur ou autour de l'image, de critiquer la société du spectacle, du règne du visuel et des emportements éplorés sur la fin des images ; de la définition d'un cinéma "politique" et de la prétendue coupure entre le cinéma classique et le cinéma moderne ; de la notion d'"irreprésentable" ; des spécificités médiatiques et techniques censées assurer une "pureté" de l'image conforme à sa non moins prétendue ontologie ; ou encore de la migration des images en mouvement des salles de projection vers les espaces d'exposition à la révolution numérique ou à la dématérialisation des oeuvres par l'image, la vigueur et la radicalité peu communes de la pensée de Jacques Rancière nous invitent, à chaque fois, à rendre l'image à ses opérations singulières comme à ses enjeux politiques.

  • Du dessein au dessin Dans le cadre de leur centenaire, les Instituts Saint-Luc de Bruxelles ont organisé, en novembre 2004, un colloque pluridisciplinaire sur le thème du dessin au studio du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
    Le dessin y fut évoqué en tant qu'instrument et capteur du réel, actualisation d'une potentialité ou d'une latence, mais encore en tant que projet, le disegno que le français traduit par le terme de " dessein ", expression visible d'une idée, d'une représentation mentale où sont convoqués le langage, le corps, l'espace et le temps. Le dessin fut encore envisagé en tant qu'écriture vectorisant l'espace de la feuille, de la toile, du lieu où et d'où l'on écrit.
    Et puis il y eut l'irrépressible plaisir du trait, le vibrato de l'émotion, la légèreté d'horizons insoupçonnés et tant d'autres signes à venir.

  • Les Fables du visible Pour décrire le visible, Gilbert Lascault a recours à la fiction.
    Il invente ainsi une esthétique, plus soucieuse de déployer les ruses et la magie des images que de s'enfermer dans un système. Ce volume prend pour point de départ un colloque consacré à son rouvre qui a eu lieu à Amiens en mars 2002.

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  • mimèsis qui dira l'incroyable résistance de cette notion chargée d'un héritage des plus lourds, son inépuisable faculté de renouvellement, sa façon de revenir au premier plan là où l'on croyait en avoir fini avec elle ? la mimèsis n'a cessé de subir les assauts de la critique moderniste depuis la fin du xixe siècle tandis que la réflexion historiographique incite à en user avec la plus extrême prudence, eu égard aux fluctuations sémantiques incessantes qu'elle a subies depuis platon et aristote.
    aujourd'hui autant qu'hier, pourtant, elle demeure un incontournable lieu de pensée. l'esthétique et la théorie de l'art le démontrent : maniée avec la circonspection qui s'impose, elle reste un outil conceptuel précieux. son champ d'application dépasse d'ailleurs de loin l'horizon classique pour s'étendre aux cultures antérieures ou extérieures à son règne ; de l'egypte ancienne aux peintures pariétales du paléolithique, la mimèsis revisitée ouvre ainsi la voie à de fascinantes relectures.
    a travers la diversité des objets et des points de vue, l'ouvrage porte ce message : l'outil herméneutique et le problème philosophique qu'est depuis si longtemps la mimèsis ont encore bien des lumières à nous offrir, bien des interrogations à éveiller.

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