Peinture / Arts graphiques

  • Cet ouvrage aborde l'oeuvre de Pierre Klossowski (1905-2001) dans tout son long. Reconnu et admiré par ses pairs (Bataille, Blanchot, Parain, Gide, Foucault, Deleuze, Lyotard, Lacan.), c'est un grand écrivain, un grand théoricien, un grand peintre. C'est aussi un grand traducteur du latin et de l'allemand. Cette oeuvre tourne autour du regard porté à son incandescence, métamorphosant ceux qui le rencontrent. Le destin d'Actéon, auquel l'écrivain et ses héros masculins sont identifiés, est toujours en point de mire. Comment voir l'invisible divinité ? Voilà la question qui harcèle Klossowski et qu'il déplacera dans des rituels pornographiques inlassablement répétés. Il y a ce moment systématiquement traqué où, dans la conversation intime entre un homme et une femme (l'époux - l'épouse), les mots échangés s'interrompent. La scène, ouvrant à la rencontre sexuelle des corps, se fige dans le silence. Le corps, pris par le désir - Klossowski dit les démons -, devient le lieu d'une singulière rencontre. L'âme de l'épouse fait l'expérience que Dieu est le mal déclinant ce nouage du corps désirant et de la théologie dogmatique. Un spectacle se déplie sous le regard de l'époux, nouvel Actéon : la vérité de la théologie est la pornographie. Le corps de l'épouse, Roberte (à laquelle Denise, la propre épouse de Pierre, prête sa physionomie), inscrit cette vérité devenue conjointement spectacle pornographique et preuve logique de l'existence de ce nouvel être-suprême-en-méchanceté (selon l'expression de Sade) qu'est le Dieu klossowskien. L'oeuvre fictionnelle, plastique et conceptuelle de Klossowski célèbre ces noces toujours renouvelées des corps théologiques et des exercices pornographiques.

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  • Du dessein au dessin Dans le cadre de leur centenaire, les Instituts Saint-Luc de Bruxelles ont organisé, en novembre 2004, un colloque pluridisciplinaire sur le thème du dessin au studio du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
    Le dessin y fut évoqué en tant qu'instrument et capteur du réel, actualisation d'une potentialité ou d'une latence, mais encore en tant que projet, le disegno que le français traduit par le terme de " dessein ", expression visible d'une idée, d'une représentation mentale où sont convoqués le langage, le corps, l'espace et le temps. Le dessin fut encore envisagé en tant qu'écriture vectorisant l'espace de la feuille, de la toile, du lieu où et d'où l'on écrit.
    Et puis il y eut l'irrépressible plaisir du trait, le vibrato de l'émotion, la légèreté d'horizons insoupçonnés et tant d'autres signes à venir.

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