Lettre Volee

  • L'oeuvre poétique de François Muir - au même titre que ses romans et ses récits - demeure aujourd'hui encore peu connue en dehors du cercle restreint de ceux qui le côtoyèrent de son vivant. À peine ce cercle s'est-il élargi au fil des années, grâce notamment aux correspondances qu'il a su établir avec quelques auteurs et critiques, et non des moindres, et bien sûr grâce aux éditeurs qui s'engagèrent à publier cette oeuvre, dont une part est posthume. Et tout un travail à venir tarde à faire connaître les inédits dont l'importance ne semble faire aucun doute. Ce qui faciliterait la confrontation nécessaire de cette oeuvre avec la création poétique de l'époque, une oeuvre qui, en raison de son originalité et de sa fécondité, se tient à distance de la plupart des oeuvres qui lui sont contemporaines. La singularité de cette oeuvre poétique et l'aventure intime dont elle témoigne se prêtent peu à quelque comparaison.

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  • En 1933, s'ouvrit en caroline du nord un collège atypique, le Black Mountain college. au départ, celui-ci était destiné à démontrer que, grâce à un programme pédagogique original, il était possible de proposer une nouvelle forme d'enseignement supérieur aux États-unis. aux yeux de son fondateur, John rice, l'inclusion de cours d'art au sein même du programme allait jouer un rôle fondamental dans l'épanouissement de ses étudiants.
    À cette fin, il engagea un professeur du Bauhaus, Josef albers, qui allait y enseigner pendant près de quinze ans. De simple expérience pédagogique à ses débuts, le Black Mountain college acquit après la seconde Guerre mondiale une réputation de foyer expérimental non seulement dans le domaine de l'éducation mais aussi et surtout dans le domaine de la création artistique. John cage, robert Motherwell, Willem de Koning et Franz Kline y enseignèrent. Kenneth noland, robert rauschenberg et cy twombly firent partie de ses étudiants. c'est à l'initiative de John cage qu'eut lieu au Black Mountain college le premier happening de l'histoire, évènement qui contribua à donner au collège son statut quasi mythique. L'aventure dura un peu plus de vingt ans. Le monde avait changé et il manquait aux héritiers de rice et albers leur enthousiasme utopique.
    Cet ouvrage raconte l'histoire du Black Mountain college et les évènements qui contribuèrent à forger sa réputation.

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  • Au début des années 1960, un universitaire américain dénonçait la piètre estime dont jouissaient les enseignements artistiques à l'Université. "L'art en soi apparaît comme une matière dénuée d'utilité et n'est trop souvent considéré que comme une fioriture du programme, une futilité tout juste bonne pour les étudiants inaptes aux études techniques, un dépotoir pour athlètes, un training thérapeutique pour paraplégiques." A cette époque, les bandes dessinées n'avaient même pas droit de cité dans les sphères académiques.
    En pensant à Mad, Mac Luhan remarque pourtant que l'art populaire auquel il rattache les bandes dessinées - "est un clown qui nous rappelle toute la vie et toute la liberté dont nous nous privons dans notre routine quotidienne". Aujourd'hui, alors que le "neuvième art" fait l'objet de cours, de colloques et de publications universitaires, "liberté" est bien le maître mot permettant de comprendre l'intérêt que nous pouvons porter à son univers hétéroclite, non pas seulement parce que la bande dessinée nous donnerait à son contact l'illusion de rester en marge de la culture officielle, mais surtout parce que ses recherches plastiques et narratives témoignent, dans le meilleur des cas, d'une liberté radicale de création, rebelle au formatage de l'industrie culturelle, étrangère à l'ordre de la communication et à ses codes élémentaires.

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  • Saul Alinsky est aujourd'hui considéré comme l'un des « pères » du community organizing. Né en 1909 de parents issus de l'immigration juive russe, dans une famille religieuse et pauvre, il deviendra essentiellement célèbre pour son travail dans les quartiers pauvres américains de la fin des années 1930 à sa mort, en 1972. Ainsi, c'est dans les quartiers les plus défavorisés de Chicago et dans d'autres villes plus tard, qu'il rassemblera les citoyens dans de larges organisations communautaires d'inspiration syndicale, afin de défendre leurs droits et revendiquer de meilleures conditions de vie. À côté de cette activité militante, Alinsky écrira également plusieurs ouvrages importants dont deux - Reveille for Radicals et Rules for Radicals - sont directement liés aux questions du community organizing et des méthodes d'organisation. Ses travaux auront une grande influence sur le travail social aux Etats-Unis et de nombreux groupes militants ayant marqué les années 1970 s'en réclameront.

    Contributions de Daniel Zamora, « Introduction »; Saul Alinsky, « La guerre contre la pauvreté. De la pornographie politique »; Daniel Zamora, « Saul Alinsky et les sociologues de Chicago. Esquisse d'une sociologie contestataire au temps de la Grande Dépression »; Adrien Roux, « Community organizing : une méthode "résolument américaine" ? »; Mike Miller, « Organisation et éducation : Saul Alinsky, Myles Horton et Paulo Freire »; Claude Javeau, « Eugène Dupréel »; Anne Bessette, « Les enjeux du vandalisme sur les oeuvres d'art dans les musées depuis 1985 ».

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  • - Héritages et innovations est la première étude consacrée exclusivement à l'analyse des Recherches sur l'usage littéraire du langage, cours donné au Collège de France en 1953 par Merleau-Ponty. Cet ouvrage s'appuie sur l'édition critique du cours parue chez MetisPresses, et dont il présente le premier commentaire direct et approfondi.
    - L'approche adoptée par Michel Dalissier témoigne d'un intérêt renouvelé pour la métaphysique dans l'oeuvre de Merleau-Ponty. Toutefois, son originalité tient au fait qu'il se fonde sur ce que Merleau-Ponty entend lui-même, explicitement, par « métaphysique » et sur les notions à travers lesquelles le phénoménologue aborde ce champ, telles que « faire être », « structuration », « conscience » ou encore « intersubjectivité ».
    - L'objectif de l'ouvrage de Michel Dalissier est de montrer que le premier cours de Merleau-Ponty hérite d'une théorie métaphysique qui informe en profondeur son approche philosophique de l'écriture littéraire et permet d'expliquer en quoi l'usage littéraire, distinct du langage ou de la littérature, constitue une fonction conquérante de l'être par l'écriture.

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  • Avec ces Cahiers de Beyrouth, Jean-François Pirson revient sur les quatre séjours qu'il a effectués à Beyrouth entre septembre 2006 et avril 2009.
    Dans le premier cahier, " Là, entre Alep et Damas ", il découvre la ville pour la première fois, une incursion qui suit de près les bombardements israéliens. " Communities and Territories " rend compte de sa participation à un workshop sur l'espace public, organisé par Amazelas (Milan). "Pratiques exploratoires de l'espace" dévoile les interventions pédagogiques menées à l'Académie libanaise des Beaux-Arts.
    Le dernier cahier, " Marcher, autour et dans la Forêt des Pins " relate l'organisation, avec quelques comparses, d'un pique-nique au centre de ce magnifique jardin.

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  • Le présent numéro de la revue L'étrangère est exclusivement consacré à la poésie africaine de langue française.
    Il a été préparé par l'auteur tchadien Nimrod, poète, romancier et essayiste, auteur connu d'une oeuvre publiée notamment aux éditions Actes sud. Comme celui-ci le rappelle dans la présentation de ce numéro double, il ne s'agit pas d'un dossier exhaustif de la poésie africaine francophone, bien que ce qu'il a retenu demeure très représentatif de cette galaxie poétique. Le projet visait non seulement à situer celle-ci, ce que fait de manière remarquable l'auteur du dossier dans son introduction, en particulier en revenant sur l'histoire moderne et contemporaine de cette poésie, mais d'abord et surtout à proposer, il va sans dire, un ensemble de textes afin donner au lecteur la possibilité de forger sa propre opinion sur cette création à plus d'un titre exemplaire.
    Cherchant à caractériser cette poésie, l'auteur de l'introduction écrit : « Le poème ressemble souvent chez nous à la course d'un cheval fou. On ne s'en étonnera pas outre mesure. Le lyrisme est le marqueur identitaire de nous autres qui ne disposons pas encore du temps et de l'espace propices à la contemplation d'une carafe d'eau, une fleur, les yeux de l'amante. C'est l'idée qui nous importe, sa haute valeur d'abstraction. »

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    Stéphanie Ferrat

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  • Si la proposition essentielle qui anime depuis une quinzaine d'années les travaux de Jacques Rancière consiste simultanément à débusquer la tension entre les régimes éthique, représentatif et esthétique des arts, d'une part, et, d'autre part, à repérer les modalités du partage du sensible comme opération fondamentale du politique, c'est sans doute en fonction de ce nouage inextricable que l'image s'offre comme un terrain de prédilection pour penser, analyser et réarticuler le dicible, le visible et le pensable, les manières de faire et les manières d'être. Qu'il s'agisse de circuler à l'intérieur ou autour de l'image, de critiquer la société du spectacle, du règne du visuel et des emportements éplorés sur la fin des images ; de la définition d'un cinéma « politique » et de la prétendue coupure entre le cinéma classique et le cinéma moderne ; de la notion d'« irreprésentable » ; des spécificités médiatiques et techniques censées assurer une « pureté » de l'image conforme à sa non moins prétendue ontologie ; ou encore de la migration des images en mouvement des salles de projection vers les espaces d'exposition à la révolution numérique ou à la dématérialisation des oeuvres par l'image, la vigueur et la radicalité peu communes de la pensée de Jacques Rancière nous invitent, à chaque fois, à rendre l'image à ses opérations singulières comme à ses enjeux politiques.

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  • L'arpenteur marche pour prendre la mesure du monde dans les champs qui le préoccupent : phénoménologique, choréographique ou géographique, plastique, anthropologique et politique. L'arpenteur est aussi la personne qui parcourt, en la révélant à elle-même, un petit morceau de terre connu ou négligé, tentant de faire corps avec lui, sans but précis, la personne qui considère cette expérience comme un simple moyen - poétique - de lier sa vie à l'étendue de notre humanité. La danse de l'arpenteur découvre une part nomade du travail plastique de Jean- François Pirson dans ses pratiques : photographies, dessins, marches, actions et installations. Un cheminement dont la succession des chapitres se lit en une phrase ouverte : habiter / traverser / comme une danse / tout homme porte une chambre en lui / arpenter, glaner, cartographier / des limites comme chemins / dans l'étendue de notre humanité. Un texte de l'ethno-anthropologue Véronique Nahoum-Grappe introduit ce parcours.

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