Sciences humaines & sociales

  • En hiver, la Norvège est plongée dans le noir. Mais est-ce vraiment le cas ? Deux tiers des Norvégiens, comme 80 pour cent des Américains du Nord, ne peuvent plus distinguer la Voie lactée pendant la nuit. Les lampadaires, néons et écrans illuminent le ciel et empêchent de le voir.
    Quels sont les effets de cette lumière artificielle sur les humains, les animaux, et toute chose vivante ?
    Aussi loin que remontent ses souvenirs, Sigri Sandberg a eu peur du noir. Elle entreprend un voyage en solitaire dans les montagnes, en plein hiver, pour éprouver l'obscurité et pour comprendre ce qui se cache derrière sa peur. Au cours de son périple, elle nous fait découvrir une autre femme, Christiane Ritter, qui a passé un hiver entier dans une hutte de trappeur dans le Svalbard en 1934.
    Sigri Sandberg écrit sur ce qui se passe dans le corps pendant la nuit. Elle évoque le sommeil, les étoiles, les trous noirs, les lumières du Nord, mais aussi les lois du trafic aérien et la lutte pour préserver un ciel nocturne. Son livre cherche à donner un sens à l'obscurité.
    Depuis plus de vingt ans, Sigri Sandberg (née en 1975) travaille pour divers journaux norvégiens. Elle a vécu huit années sur une île arctique du Svalbard et a écrit quinze livres sur la nature, la philosophie de la vie sauvage, le climat et les régions polaires.

  • La saisie en 2016 d'une Vénus attribuée au maître de la Renaissance Lucas Cranach, de la collection du prince de Liechtenstein, révèle un scandale comme le monde de l'art n'en a jamais connu. L'un après l'autre, des tableaux passent sous le microscope de laboratoires américains et européens, dont plusieurs ont déjà été déclarés des faux modernes. Brillantes contrefaçons d'un maître faussaire ? authentiques chefs-d'oeuvre du passé ? ou tout simplement honorables copies d'époque ?
    Pendant cinq ans, à travers la France, l'Italie, le Royaume Uni et les Etats-Unis, Vincent Noce enquête pour retracer l'origine de ces tableaux et cela le conduit à la rencontre d'un homme retiré en Emilie, Giuliano Ruffini. Il proclame son innocence, mettant en cause marchands, experts, conservateurs et historiens d'art. Vrais ? Faux ? chacun des protagonistes livre sa part de vérité dans une affaire passionnante qui ébranle tous les fondements du marché et de l'histoire de l'art.
    Journaliste, écrivain, correspondant de The Art Newspaper à Paris et consultant éditorial de la Gazette de l'Hôtel Drouot, Vincent Noce a été pendant vingt ans critique d'art et journaliste d'investigation au service culture de Libération.

  • Pendant des années, Monika Sznajderman a connu le poids du silence. Son père n'avait jamais voulu parler de sa famille, de son odyssée à travers les camps, de sa fuite et de son retour à Varsovie. Jusqu'à ce que des photos lui parviennent d'Australie, envoyées par des parents dont elle ne connaissait même pas l'existence.
    « Faux poivre est un livre extraordinaire qui montre l'enchevêtrement des histoires ayant fait la Pologne. L'auteure reconstitue le destin de ses aïeux juifs, trouvant des traces de leur existence dans les journaux, les archives d'infimes indices éparpillés entre le ghetto de Varsovie, Radom et jusqu'à l'Amérique et l'Australie.
    Elle présente avec le même soin les parents et ancêtres de sa mère, issus d'une pittoresque famille de la noblesse polono-saxonne. Leur histoire se déroule à Varsovie, à Moscou, en Volhynie, sur les domaines et les grandes villes que bouleversaient les Années folles.
    Monika Sznajderman évoque ces deux mondes avec une égale dévotion, nous faisant prendre conscience à la fois de la fugacité de l'existence et de la complexité des identités polonaises, ainsi que de la valeur et du sens de la mémoire. »
    (Barbara Engelking)
    Monika Sznajderman dirige la maison d'édition Czarne, qu'elle a fondée avec son mari, l'écrivain Andrzej Stasiuk. Née en 1959, elle a obtenu son doctorat en sciences humaines à l'Institut d'art de l'Académie polonaise des sciences à Varsovie. Elle s'intéresse à l'anthropologie de la modernité (en particulier aux problèmes de la culture audiovisuelle populaire) et aux formes de l'imaginaire religieux contemporain. Auteure de plusieurs essais, elle a également dirigé, avec l'éditrice allemande Katharina Raabe, deux ouvrages collectifs réunissant des auteurs de toute l'Europe et parus aux Éditions Noir sur Blanc : Last & Lost. Atlas d'une Europe fantôme (2007) et Odessa Transfer. Chroniques de la mer Noire (2011).

  • À Saint-Pétersbourg, les bolcheviks ont déjà gagné la guerre civile. Mais en Sibérie, à l'extrême est de la Russie, les Iakoutes résistent et tentent un dernier assaut contre l'Armée rouge. En 1922, le général Anatoli Pepeliaïev, poète à ses heures, défenseur de la justice et de la liberté, rassemble les soldats dispersés de l'Armée blanche et met sur pied un détachement de volontaires pour soutenir l'insurrection iakoute.
    Face à lui se dresse un commandant de l'Armée rouge, Ivan Strod, anarchiste et futur écrivain à succès. Lui aussi est une figure énigmatique de la révolution de 1917. Les deux hommes, guidés par des idéaux très proches, sont devenus ennemis par la force du destin.
    Dans cet épisode méconnu de la guerre civile russe, Youzefovitch dépeint les passions humaines : l'amour et la souffrance individuelle qui se cachent derrière les idéologies, la soif de justice, mais aussi l'ambivalence des personnages, tout à la fois oppresseurs et victimes. Au coeur du récit, la rivalité tragique des deux héros, dans les neiges de Sibérie, se révèle comme une captivante histoire de vie, d'amour et de mort.
    Leonid Youzefovitch est né à Moscou en 1947. Historien, il est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment sur le baron Ungern-Sternberg, le « dictateur de la Mongolie ». Il est connu du public russe pour ses quatre polars historiques mettant en scène le commissaire Poutiline, chef de la police du tsar à Saint-Pétersbourg. Trois volumes ont paru en français aux Éditions Noir sur Blanc : Le Costume d'Arlequin, Une maison de rendez-vous et Le Prince des vents.

  • Soixante-quinze ans ont passé depuis le débarquement de Normandie, la plus grande offensive par la mer de l'histoire de l'humanité. Ce jour-là, le 6 juin 1944, l'issue de la guerre s'est trouvée suspendue à un fil, car le succès ou l'échec de l'opération colossale du Débarquement ouvrirait la voie, ou non, à une victoire alliée. C'est l'histoire des soldats que raconte ici Giles Milton, ces hommes souvent très jeunes qui ont combattu jusqu'à la mort pour mettre fin à la Seconde Guerre mondiale.
    Pour évoquer le jour J, Milton rapporte les récits des survivants : le jeune conscrit allié, le défenseur d'élite allemand, le résistant français, les civils de Normandie. Depuis les stratèges des forces alliées jusqu'aux soldats de la Wehrmacht dans les bunkers du littoral, D-Day : les soldats du Débarquement décrit avec force la terreur absolue de ceux qui étaient pris au piège de la ligne de front de l'opération Overlord. Milton donne la parole aux personnes que l'on n'avait jamais entendues : la fille du boucher du village, la femme du commandant de panzer, le chauffeur du général - tous les protagonistes de cette bataille monstrueuse trouvent ici leur voix.
    Un ouvrage magistral.
    « Un récit exemplaire, animé par le sentiment d'une humanité commune subtilement exprimée par l'auteur. » Trevor Royle, The Herald
    « Incroyablement authentique, révélateur et magnifiquement écrit. Un tour de force captivant. » Damien Lewis
    Né en 1966, Giles Milton est spécialiste de l'histoire des voyages et des explorations. Il a publié plusieurs ouvrages de non-fiction, dont huit traduits en français aux Éditions Noir sur Blanc : La Guerre de la noix muscade (2000), Les Aventuriers de la Reine (2002), Samouraï William (2003), Captifs en Barbarie (2006), Le Paradis perdu (2010), Wolfram, un jeune rêveur face aux nazis (2012), Roulette russe (2015) et Les Saboteurs de l'ombre (2018). Trois romans ont été traduits chez Buchet/Chastel, Le Nez d'Edward Trencom (2007), Le Monde selon Arnold (2010) et Le cadavre était presque parfait (2016), ainsi qu'un recueil d'histoires inattendues, Les Miscellanées (Libretto, 2016). Giles Milton a également écrit trois livres pour enfants, dont deux illustrés par sa femme Alexandra. Il vit à Londres.

  • L'ostalgie - la nostalgie de l'Est - est une mode qui connut un succès certain en ex-Allemagne de l'Est après la chute du mur de Berlin. La Trabant devint un objet culte, on collectionna les insignes et les képis de l'Armée rouge. À Moscou, à peu près à la même époque, des retraités manifestaient sur la place Rouge en brandissant des portraits de Staline.
    Car le totalitarisme avait ses avantages : on vivait dans la pénurie et sous contrôle policier, mais l'économie de marché n'existait pas, les loyers étaient insignifiants, la convivialité primait sur la course à l'argent. Le communisme avait été un enfer indiscutable, mais pavé des plus formidables intentions. D'où son pouvoir de fascination, même au-delà de sa mort.
    Entre la fin du mois d'octobre 1976 et le mois de février 1977, alors qu'il est correspondant à Paris pour le quotidien de Montréal La Presse, Louis-Bernard Robitaille fait la découverte de cet animal historique bizarre au cours de quatre voyages successifs à Berlin-Est, à Prague, à Varsovie, puis à Moscou et Tbilissi. Moscou ressemble à s'y méprendre au 1984 de George Orwell, mais la Pologne vit déjà en liberté conditionnelle : le système paraît indestructible, cependant les fissures sont déjà visibles. Au fil de ses rencontres, Robitaille cherche à comprendre de quelle manière le commun des mortels survit au totalitarisme : dans un mélange de résignation, de cynisme et de débrouillardise.
    Né à Montréal, Louis-Bernard Robitaille vit à Paris depuis une quarantaine d'années, où il a été correspondant pour La Presse et L'Actualité. Après le succès de Ces impossibles Français (Denoël, 2010), il a publié Les Parisiens sont pires que vous ne le croyez (Denoël, 2014). Il est l'auteur de six romans, dont Dernier voyage à Buenos Aires et La Péninsule (Notabilia/Noir sur Blanc, 2013 et 2015).

  • Le livre Figure emblématique et référence morale de l´intelligentsia polonaise, Joseph Czapski, avec ce recueil d´essais composés de 1945 à 1979, restitue les tourmentes, les espoirs, les contradictions, en un mot les « tumultes », du siècle entier.  En quelques touches incisives, il fait surgir des tableaux vivants et colorés, depuis les déserts de l´Irak jusqu´aux abattoirs de Chicago, des marchés de Dakar à la Côte d´Azur.  Témoin et acteur des événements, frayant autant avec les grands hommes qu´avec des inconnus, sur les rives de mondes que tout sépare en apparence (la géographie, la civilisation, l´idéologie ou la culture), Czapski le peintre et l´humaniste évoque ici des souvenirs - ces « spectres » du passé -, mais en se tournant vers le présent et l´avenir, il dit ses émerveillements et ses révoltes, ses émotions et ses répulsions devant la beauté du monde et l´horreur de l´existence.  « Ce qui n´est pas biographie n´existe pas », déclarait le philosophe Stanislaw Brzozowski. Assertion idéalement applicable à ces essais qui ont ponctué le débat intellectuel polonais ces dernières décennies   L'auteur Né à Prague en 1896 dans une famille aristocratique polonaise, Joseph Czapski passa son enfance en Biélorussie, puis fit des études de droit à Saint-Pétersbourg et de peinture à l´Académie des Beaux-arts de Cracovie. Czapski fut parmi les rares officiers de l´armée polonaise qui survécurent au massacre de Katyn en 1940. Son livre Souvenirs de Starobielsk retrace ses efforts pour faire connaître la vérité à propos de ce crime.
    Comme peintre, Czapski est connu notamment pour son appartenance au mouvement kapiste, qu´il contribua à fonder avec quelques amis, pendant son séjour à Paris (1924-1933). Après la Seconde Guerre mondiale, il vécut en exil en France, à Maisons-Laffitte, dans la banlieue de Paris. Il participa à la fondation du mensuel culturel polonais Kultura de Jerzy Giedroyc. Il y est mort en 1993.

  • « Ces derniers temps, il m´arrive de plus en plus souvent de regarder le monde d´aujourd´hui en prenant mes distances, comme si je le voyais avec les yeux d´un chasseur de rennes du paléolithique supérieur, et tout ce fracas d´admiration sur les possibilités de l´humanité actuelle ne signifie pour moi guère plus que le sourd grognement de joie de mon frère des cavernes au moment où il a inventé l´arc. » Avide de découvrir la vie du peuple mystérieux des Saamis - ou Lapons -, Mariusz Wilk a séjourné parmi eux sur la presqu´île de Kola, dans le Grand Nord russe. De rencontres en découvertes, il raconte la ville de Lovoziéro, ses explorations de la toundra et des montagnes environnantes, et la vie quotidienne des Saamis, sédentarisés de force par le pouvoir soviétique, qui ont su préserver leurs traditions, leur mythologie et leurs croyances chamanistes fondées sur les rennes sauvages dont ils sont l´âmes.


    En suivant leurs traces, Wilk se fraie son propre chemin et dans l´antichambre de l´autre monde, l´écrivain voyageur découvre les paysages qui recueillent les rêves de la Terre dans une communion avec le frère renne.


     

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