Les Presses de l'Université de Montréal

  • Ce livre propose un modèle explicatif des mouvements sociaux contemporains. Il réexamine dans cette optique les classiques de la sociologie, puis il passe en revue les théories plus récentes de la mobilisation des ressources et de la sociologie de l'action. Il montre comment ces mouvements naissent de la résistance d'individus et de groupes aux acteurs dirigeants, à ceux qui contrôlent les flux financiers et la fabrication de l'information. L'enjeu pour ces mouvements ne se situe donc plus sur le terrain de la lutte des classes, mais tient plutôt à la détermination des symboles et des codes culturels des divers secteurs de la vie sociale, depuis la santé jusqu'à l'éducation, en passant par les médias et l'environnement.
    Antimo L. Farro est diplômé de l'École des hautes études en sciences sociales de Paris. Il enseigne la sociologie à l'Université La Sapienza de Rome.

  • Les politiques de soutien qui visent les sans-emploi sont de plus en plus souvent assorties de conditions que l'on regroupe sous le terme de contrepartie. Ces politiques dites « actives » font appel à la responsabilité des personnes et imposent des conditions plus ou moins contraignantes. Parallèlement, l'aide tend à devenir moins généreuse. Ce livre étudie la transformation de ces politiques dans six pays : le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et le Danemark. Cette étude comparative transversale fait ressortir les relations entre les sans-emploi et l'État, le marché du travail et l'environnement social.
    La contrepartie témoigne de la transformation de l'action sociale des États. La situation varie beaucoup d'un pays à l'autre, et ces différences sont révélatrices de tendances plus larges à l'oeuvre dans les politiques sociales. On trouve d'un côté des pays qui organisent le traitement des sans-emploi sous un mode plutôt collectif et de l'autre, des pays où l'individu et la sanction du marché constituent la référence première. Par ailleurs, si l'intervention de l'État passe de plus en plus par un soutien aux familles, celui-ci varie beaucoup au point d'apparaître comme la dimension la plus discriminante des nouvelles politiques sociales.
    Ce livre propose une analyse systématique des logiques d'intervention qui façonnent ces nouvelles formes de protection sociale. Il s'adresse non seulement aux chercheurs, mais aussi aux professionnels qui interviennent auprès des personnes sans emploi et aux décideurs.
    Pascale Dufour est chercheur post-doctoral à l'Institut d'économie politique de l'Université Carleton (Ottawa) et membre du Groupe de recherche interdisciplinaire Engendrer la Cohésion sociale, de l'Université de Montréal.
    Gérard Boismenu est professeur titulaire et directeur du Département de science politique de l'Université de Montréal.
    Alain Noël est professeur titulaire au Département de science politique de l'Université de Montréal et directeur du Centre de recherche sur les politiques et le développement social (CPDS).

  • Les différents diffuseurs offrent à leurs auditoires respectifs ni tout à fait la même information, ni le même traitement de l'actualité. En tenant compte de variables qu'on peut mesurer, comme le temps de parole accordé aux acteurs politiques ou le temps consacré par chaque chaîne aux nouvelles communes, Denis Monière et Julie Fortier montrent, chiffres à l'appui, que le journalisme canadien obéit, comme on s'y attendait, à des règles différentes selon le public auquel il s'adresse. Ils montrent aussi cependant que l'information est moins tributaire qu'on pourrait le croire des mandats officiels : ce n'est pas tant le statut public ou privé d'une chaîne qui importe en ce cas, que sa langue de diffusion.
    Denis Monière est professeur invité à la Chaire d'études canadiennes de la Sorbonne (Paris-III) pour l'année universitaire 2000-2001.
    Julie Fournier a fait des études de science politique à l'Université de Montréal et de journalisme à l'Université Laval.

  • À défaut d´analyses sociologiques, l´appui à la souveraineté du Québec est devenue la terre promise des spéculateurs : on a devisé sur son déclin comme s´il s´agissait d´un fait, on l´a expliqué par le caractère rétrograde de l´idée politique qui en faisait l´objet et, avant de tourner la page, on a même imputé aux mensonges de ses « leaders » les appuis résiduels.

    Tournant le dos à ces lectures, on trouvera dans cet ouvrage quelques faits sociaux assez têtus. Le projet de souveraineté du Québec a soulevé les passions depuis quarante ans et il a profité, en le renforçant, d'un vaste mouvement social favorable aux institutions politiques de la société québécoise. Il est solidement implanté dans toutes les régions du Québec et sa lente progression dans les groupes sociaux qui lui sont naturellement le plus défavorables semble indépendante des conjonctures ; si bien que le niveau de l'appui qu'il recueille en 2001 est comparable à celui observé au début de la campagne référendaire de 1995 et cela alors même que le groupement où il recueillait les deux tiers de ses appuis cette année-là se trouve relativement démobilisé. C'est justement sur ce fait - la mobilisation et la défection sélective des différents types d'électeurs - que le présent ouvrage jette une lumière inédite, montrant que ceux dont dépend le plus massivement la souveraineté sont aussi les plus prompts à faire varier abruptement leur appui.

    Gilles Gagné est directeur du Département de sociologie de l´Université Laval. Il a publié des travaux sur l´État et la théorie sociologique et il a coordonné l'ouvrage Main basse sur l´éducation. Il est membre du Groupe interuniversitaire d´étude de la post-modernité qui publie la revue Société.

    Simon Langlois est professeur au Département de sociologie et titulaire de la chaire CEFAN de la Faculté des lettres de l´Université Laval. Il a publié des travaux sur les conditions de vie et sur la société québécoise et il a dirigé l´ouvrage La société québécoise en tendances 1960-1990. Il coordonne les travaux du Groupe international pour l'analyse comparée du changement social.

  • L'innovation technologique a une histoire. Elle ne surgit pas tout armée du cerveau d'un inventeur de génie, non plus qu'elle ne naît spontanément d'un besoin pressant du marché. Loin des explications simplistes par l'offre et la demande, il faut plutôt chercher à comprendre l'innovation par l'organisation qui tente de la susciter. Dans ce contexte, l'innovation technologique apparaît paradoxalement comme une affaire de gestionnaires - surtout quand elle requiert la mise en oeuvre de grands projets, qui impliquent des ressources si considérables que seules des sociétés d'État ou des grandes entreprises peuvent les engager.
    Philippe Faucher, Kevin Fitzgibbons et Olga Bosak dressent ici un bilan des plus ambitieuses tentatives d'innovation technologique au Canada dans la seconde moitié du XXe siècle. Avec leurs collaborateurs, ils racontent l'histoire des centrales hydro-électriques de Manicouagan et de La Grande, des réacteurs nucléaires CANDU, du chasseur Arrow, du moteur d'avion PT6 et du jet d'affaires Challenger, des équipements de télécommunication mis au point par Northern Telecom et du satellite de communication Hermès. Ils exposent les conflits internes et les arbritages, les tâtonnements et les initiatives risquées, bref la dynamique institutionnelle des sociétés qui ont pris en charge ces grands projets. Ce livre permet ainsi d'expliquer leurs résultats variables, qui vont de l'abandon pur et simple à des succès éclatants sur la scène internationale, et il montre la diversité des arrangements organisationnels qui permettent de gérer au mieux le risque technologique.

  • Dans toutes les démocraties occidentales, la télévision est devenue le moyen d'information principal - celui qui rejoint le plus large auditoire et auquel les gens accordent le plus de crédibilité. Présent dans pratiquement tous les foyers, le petit écran ouvre sur l'espace public fondamental de notre temps et sous-tend les liens les plus essentiels qui unissent les citoyens à leurs représentants politiques. Pourtant, en dehors des campagnes électorales, peu d'analystes politiques se sont intéressés aux informations télévisées.
    Denis Monière cherche ici à combler cette lacune. Il analyse systématiquement les journaux télévisés de quatre chaînes publiques francophones (Radio-Canada, France 2, la Radio-télévision belge et la Télévision suisse romande) pour la période qui va de décembre 1996 à mars 1997. En tenant compte des différences du cadre juridique et des situations politiques, il mène une étude empirique et comparative du contenu et de la forme des informations. À partir d'un sujet aussi précisément délimité, Denis Monière élargit sans cesse la perspective pour s'intéresser au rôle des médias dans le processus démocratique. Il montre qu'à l'ère du « village global », l'information continue néanmoins à s'accompagner d'un traitement différencié culturellement selon le public auquel on la destine.
    Denis Monière est professeur de science politique à l'Université de Montréal. Il a été invité à la Chaire d'études canadiennes de la Sorbonne (Paris-III) pour l'année universitaire 2000-2001.

  • Le système de santé que l'État québécois avait mis en place à la fin des années 1960 n'est plus ce qu'il était. Et l'on ne sait trop à quoi il ressemblera au XXIe siècle quand s'achèvera sa réforme. Ce second ouvrage du Réseau de recherche sociopolitique et organisationnelle en santé ne cherche pas à dresser un bilan des changements en cours, il veut plutôt soulever un certain nombre d'interrogations qui concernent tous les acteurs du système, ses gestionnaires comme ses bénéficiaires.
    Les auteurs traitent d'abord des principes et des normes qui fondent le système de santé : on y discute d'éthique et de services aux communautés culturelles, mais aussi des normes que le gouvernement fédéral impose aux provinces. La seconde partie porte sur les modalités de financement et d'allocation des ressources, sur les raisons entre autres du niveau élevé des dépenses de santé au Québec, et sur les correctifs qu'on pourrait y apporter. La troisième partie est consacrée à l'organisation et à la gestion des établissements : on évalue les politiques actuelles de décentralisation et on dresse une typologie des administrateurs ; la délimitation même du champ de la santé publique y est remise en question. La dernière partie traite de l'évaluation des services et du rôle qu'elle joue dans les changements actuels.
    Les auteurs se montrent souvent critiques à l'égard des politiques et des transformations qui touchent le système de santé québécois. Cependant, la perspective de comparaison avec les autres pays de l'OCDE qu'ils adoptent devrait permettre d'alimenter le débat et de mieux l'éclairer.

  • On peut concevoir les politiques de décentralisation comme des politiques encadrantes qui transfèrent de l'autorité, des compétences ou des sources de financement à des organisations dont elles modifient ainsi le statut. Les politiques de décentralisation font l'objet, comme les autres politiques publiques, de jeux de pouvoir entre les acteurs qui y participent. Des études de cas portant sur différents pays (France, Québec, États-Unis, Sénégal, Australie, Pays-Bas) montrent qu'il en est bien ainsi, qu'il s'agisse de politiques de déconcentration, de politiques de délégation, de politiques de dévolution ou de politiques de privatisation. Les constats tirés de ces études conduisent à la formulation d'une vingtaine d'hypothèses en vue de recherches futures sur les politiques de décentralisation, et plus généralement sur les politiques publiques. À la fin de l'ouvrage une annexe propose une voie de formalisation et d'analyse structurale des relations de pouvoir inhérentes aux politiques publiques.

    Vincent Lemieux est professeur émérite au Département de science politique de l'Université Laval. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les partis, les politiques publiques, la décentralisation, les coalitions et les réseaux sociaux. Il a publié en collaboration avec André J. Bélanger, Introduction à l'analyse politique, paru aux Presses de l'Université de Montréal, en 1996.

  • Plusieurs raisons militent en faveur d'une étude du processus de désengagement de l'État dans le domaine de la protection sociale. Certains voudront mieux connaître les fondements et l'organisation du filet de sécurité sociale au Canada. D'autres voudront savoir aussi en quoi a consisté sa restructuration profonde à partir de 1975. D'autres, enfin, s'intéresseront au processus de désengagement en tant que tel ou encore aux stratégies politiques que le gouvernement fédéral a mises en place pendant une vingtaine d'années pour restructurer la sécurité du revenu au moindre coût politique possible.

    Cet ouvrage poursuit trois grands objectifs. D'abord, il vise à analyser le processus et les formes de désengagement du gouvernement canadien dans le domaine de la sécurité du revenu entre 1975 et 1995. Pour ce faire, il examine les changements qui se sont produits dans quatre grands programmes fédéraux : pensions de vieillesse, assurance-chômage, Régime d'assistance publique du Canada et prestations financières pour enfants. Ensuite, il compare les approches et stratégies que le gouvernement fédéral a poursuivies au cours de cette période pour se désengager de certaines obligations financières envers les citoyens. Enfin, il établit des distinctions importantes entre les facteurs associés à l'expansion de l'État providence canadien (1950 à 1974) et ceux associés au désengagement (depuis 1975).

    Nicole F. Bernier, docteure en science politique, fait partie du Groupe de recherche interdisciplinaire en santé (GRIS) de l'Université de Montréal.

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