FeniXX réédition numérique (Fleurus)

  • La pratique de la « révision de vie », née d'une intuition providentielle au sein de l'action catholique ouvrière, s'est répandue aujourd'hui, non seulement à travers l'ensemble des mouvements d'apostolat laïc, mais encore dans les « Unions » de religieuses (où l'on emploie plus couramment l'expression de « réflexion apostolique »). Au désir grandissant de s'engager dans cette voie, se joint, en nombre de communautés, une appréhension : « On voudrait bien... mais on ne sait pas ! » M. le chanoine Maraval a pu être témoin de cette inquiétude à partir de plusieurs « postes d'observation » : il est aumônier d'une importante maison-mère, supérieur ecclésiastique de deux congrégations et aumônier-conseil de l'Union des Religieuses d'action hospitalière et sociale de son diocèse. Persuadé de la puissance extraordinaire de la révision de vie, tant pour l'acuité du regard de foi de la religieuse dans sa « présence au monde », que pour l'authenticité de son action apostolique, et pour un renouveau de vie à l'intérieur des congrégations, l'auteur s'est efforcé de saisir la méthode dans son fond, de la décrire en un langage clair, et avec une très grande précision technique, de montrer à quelles conditions elle pouvait être pratiquée avec fruit. Ces pages reflètent donc une triple préoccupation spirituelle, pastorale et pédagogique. Elles seront utiles, non seulement aux religieuses, mais à tous les prêtres qui travaillent avec elles, en « action concertée » ou en « pastorale d'ensemble ».

  • Le 28 mars 1968, Mère Suzanne Guillemin, Supérieure générale des Filles de la Charité depuis 1962, était rappelée à Dieu à l'âge de 62 ans. Sa mort prématurée a plongé dans la consternation non seulement sa famille spirituelle, mais tout le monde des religieuses et, on peut le dire, toute l'Église. Car, dans l'Église, Mère Guillemin était « la femme numéro un » ; non seulement par sa fonction à la tête de l'Institut religieux le plus important du monde, mais aussi par sa personnalité hors pair, qui en avait fait le symbole de la promotion féminine au sein de l'Église. Elle fut une des premières auditrices au Concile, une des premières femmes membres de la Curie romaine. Elle laisse, à l'Église tout entière, un message extraordinairement lumineux et courageux, d'un caractère nettement « prophétique », qui ne devait pas être perdu. D'une voix posée, douce et ferme à la fois, sans élever le ton, Mère Guillemin, ne reniant jamais rien de ce qu'il y a de plus authentique dans la vie religieuse, affirmait la nécessité d'un véritable retournement de positions traditionnelles, conduisant à des options graves : ne pas accepter cette reconversion, disait-elle, ce serait aller à l'encontre de la marche du monde et de l'Église... et se condamner à en subir les conséquences. Ses conférences, et même des interventions plus familières - et combien savoureuses ! - jusqu'ici éparses ou inédites, sont maintenant rassemblées. Leur publication va permettre à toutes les religieuses, dont les diverses familles s'interrogent en ce moment sur les modalités de leur « aggiornamento » selon les directives du Concile, de ne rien perdre d'une pensée qui doit continuer à guider leur effort nécessaire de « promotion » dans le peuple de Dieu.

  • Le Père Ranquet est l'auteur du petit livre remarqué "Vie religieuse et réalités naturelles". Prédicateur de retraites, animateur de sessions, aumônier d'Action catholique, il aborde ici une question intéressant toute personne. Quel religieux, quelle religieuse ne s'est posé, par rapport au laïcat, des questions de ressemblance et de différence ? Quel laïc, soucieux d'aller jusqu'au bout de sa vocation baptismale, n'a perçu, fût-ce par éclairs, l'appel et la saveur des « conseils évangéliques » ? Sous la double pesée du Concile et de l'expérience quotidienne, nous sommes invités à examiner de plus près l'articulation délicate qui unit et distingue, au service de la même Église, vie laïque et vie religieuse. C'est à quoi tendent ces pages. Partant de mises en question actuelles, elles constituent un essai de synthèse attendu par beaucoup en ce domaine. Alertes et graves, elles annoncent, pour la vie religieuse, un exigeant renouveau.

  • « L'Église servante », c'est une expression que l'on a souvent entendue depuis le Concile Vatican II. « Aucune ambition terrestre ne la pousse ; elle ne vise qu'un seul but : continuer... l'oeuvre du Christ, venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité, pour sauver non pour condamner, pour servir non pour être servi » (Constitution Lumen gentium). À partir de cette notion de service, Yvon Bodin et Jean Pihan convient les religieuses à réfléchir sur le spécifique de leur fonction dans l'Église. Après un regard prolongé sur l'Église et sur le monde, et sur la nature de l'aide que l'Église offre aujourd'hui au monde, la lumière des textes conciliaires est projetée sur « l'état religieux ». Quittant tout pour n'être que des « permanents » du service de Dieu, de l'Église et des hommes, c'est à travers toutes les réalités humaines, dans un monde qui est celui d'aujourd'hui... et non d'hier, que les religieux et les religieuses ont à donner leur témoignage. Ils sont « les témoins de l'absolu de Dieu ». Ne serait-ce pas là leur spécifique ? Mais à quelles conditions peuvent-ils, peuvent-elles, rendre aux hommes ce service et prétendre en vérité à être tout simplement « signes de Dieu dans le monde » ?

  • Le Concile Vatican II déclare, à plusieurs reprises, que la vie religieuse doit apparaître aux yeux des hommes comme un signe. Le décret sur la « rénovation adaptée » de la vie religieuse dit même : « ... comme un signe éclatant du royaume de Dieu. » « La réforme, écrit un analyste de ce décret, est donc commandée par la façon dont la vie religieuse apparaît aux autres. » Cet aspect de la question, à la fois fondamental et insolite, a-t-il fait l'objet de réflexions suffisantes ? Comment les Instituts signifieront-ils encore ce qu'ils veulent être ? Comment les religieux seront-ils les témoins de ce qu'ils prétendent signifier ? Le mieux était de questionner ceux devant qui les religieuses (il ne s'agit ici que du monde religieux féminin) doivent « être signes », c'est-à-dire : les laïcs. C'est ce qu'a fait l'auteur. Ensuite, méditant sur les réponses - franches, parfois mordantes comme un acide qui décape - il convie les religieuses à en faire leur profit. Chaque « interpellation à une « proposition ». Il sait - et il le redit en s'appuyant sur la proclamation d'une grande supérieure générale, que « cela représente un véritable retournement de positions traditionnelles et que cela demande une longue et persévérante préparation des esprits ». Il sait aussi - et il le dit - que ne pas écouter cet appel du peuple de Dieu, ce serait refuser de répondre à Dieu.

  • « Présence au monde », c'est un des mots d'ordre de Vatican II ; peut-être même est-ce le plus connu, ou du moins le plus répété. L'expression n'avait rien qui puisse faire peur aux religieuses de paroisse, « femmes consacrées vivant en pleine pâte humaine ». Elles en ont fait le thème de leur huitième Congrès national. Les plus hautes autorités de l'Église les en ont félicitées. Mais le mot « présence », s'il est riche de sens, est lourd d'ambiguïté. Il en est de même du mot « monde ». Il fallait donc y voir clair ! Qu'est-ce que c'est que « ce monde d'aujourd'hui », dont on dit bien souvent que l'Église, les prêtres, les religieuses, n'en sont que trop « coupés » ? Quelles en sont les « valeurs » - encore un mot qui fait florès - ? De quelle « présence » s'agit-il ? Quelles en sont les modalités, s'agissant de femmes vouées à la pratique des conseils évangéliques et vivant en communauté ? Quelles exigences ces nouvelles formes de leur témoignage requièrent-elles, pour que soit efficace en elles la paradoxale prière du Christ : « Père, je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les garder du monde ? » À toutes ces interrogations, parfois angoissées, un sociologue, un militant ouvrier, un théologien, un pasteur, un spécialiste de l'audio-visuel et, finalement, un évêque, ont répondu. Les Actes du 8e Congrès de l'U.R.E.P. seront désormais le « guide » du cheminement quotidien de la religieuse de paroisse, dont l'unique ambition est d'accomplir l'Évangile dans le creuset du monde.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il y a trois ans, Mgr Garrone, alors archevêque de Toulouse, confiait à cette collection - groupées sous le titre général : La religieuse, signe de Dieu dans le monde - toute une série de réflexions, primitivement destinées aux Religieuses de son diocèse. Ce petit volume obtint un très grand succès. Aussi, l'éditeur, se fondant sur les instances des Religieuses de France et de l'étranger, demanda-t-il à l'éminent auteur de bien vouloir continuer, en livrant à un plus vaste public ces précieux « petits mots », par lesquels il aidait ses Religieuses à faire leur récollection mensuelle. Entre-temps, Mgr Garrone était appelé par le Saint-Père à une haute fonction dans la Curie romaine. Ces nouvelles « méditations pour une action véritable » se trouvent ainsi présentées d'elles-mêmes, sans qu'il soit nécessaire de les commenter ici. Elles sont « dans le sillage des précédentes », nous dit l'auteur. Et aussi dans le sillage du Concile, comme le suggèrent à la fois leur titre et la place qu'a prise Mgr Garrone à Vatican II, notamment comme rapporteur de la Constitution pastorale sur l'Église dans le monde d'aujourd'hui. Dieu, le monde : double présence, double - et unique - fidélité.

  • Prédicateur de retraites, animateur de sessions, aumônier d'Action catholique, le P. Ranquet reprend et précise en ces pages ses interventions dans divers congrès de Religieuses tenus ces dernières années, au plan national ou régional. Séparée par sa consécration religieuse, la « Soeur », qu'elle soit enseignante, hospitalière, éducatrice paroissiale ou même contemplative, n'en reste pas moins aux prises avec la réalité terrestre de chaque jour. Un certain porte-à-faux en résulte, qui nuit souvent et à l'épanouissement personnel et à l'accomplissement, lucide et généreux, des tâches d'Église. Ce petit livre veut contribuer à dissiper ce malaise. Doctrinal, il analyse brièvement - mais clairement - les rapports, souvent si flous à nos yeux, de la grâce et de la nature (1re partie). Concret, il débouche très vite sur des exigences (2e partie) et envisage, à titre d'exemple, une application privilégiée : la fonction professionnelle (3e partie). En lisant ces pages, la Religieuse comprendra mieux que « tout est grâce », même les réalités naturelles !

  • Dans la civilisation de productivité qui s'élabore sous nos yeux, à un rythme de plus en plus accéléré, les personnes âgées ont-elles la place qui leur est due ? Il semblerait - à première vue - que le monde d'aujourd'hui n'est plus le leur, que rien ne les apparente à sa vie, à ses centres d'intérêt, à son orientation foncière. Pour nombre de nos contemporains, le vieillard est l'homme du passé dans un monde tourné vers l'avenir. Cet ouvrage, qui rassemble une série de conférences faites à des Religieuses au service de personnes âgées, a pour but essentiel la redécouverte de la personne du vieillard, de son rôle irremplaçable, et de sa mission providentielle dans le monde et l'Église d'aujourd'hui. Les divers aspects psychosociaux, médicaux, spirituels, et apostoliques du problème de la vieillesse et des vieillards, sont tour à tour abordés par des spécialistes, dont l'expérience se révèle à la fois profonde, nuancée et exaltante. L'ensemble prouvera au lecteur qu'il est lui-même concerné par ce problème ; il lui montrera à l'évidence que, selon le mot du chanoine Lochet : « Il faudra peut-être au vieillard le prêtre et la Religieuse, le militant et le petit enfant, toute l'Église autour de lui, pour lui faire découvrir qu'on a besoin de lui - et non pas autrement qu'il n'est - dans cette vieillesse même où il apporte - pour tous - le don de tout ce qu'il est ».

  • « Je crois que les sacrements sont, aujourd'hui, la part la plus dévaluée dans l'Église. » Ainsi s'exprimait, à la veille du Concile, l'abbé du Plessis de Grénédan. Étrange paradoxe en effet : bien des gens qui « demandent les sacrements » le font sans foi suffisante, alors que ceux qui ont la foi demandent de moins en moins les sacrements. Or, les sacrements, c'est le Christ réellement présent et agissant dans l'Église, qui est elle-même « le sacrement universel » (Vatican II). Le chanoine Maraval, à qui nous devons déjà d'excellentes réflexions sur l'évangélisation et sur la révision de vie, et qui possède l'art de présenter très clairement des questions doctrinales fort complexes aux auditoires de Religieuses, a étudié cette situation paradoxale. Il se demande « comment mettre en oeuvre une pastorale des sacrements qui soit vraie, dans les conditions historiques que nous vivons, qui ne sont plus celles de la chrétienté, mais où l'on en retrouve des séquelles ; qui sont celles des « pays de mission », mais sans que nous en ayons bien vu les exigences. Sa réflexion le conduit à définir l'attitude requise des pasteurs, et de tous ceux qui collaborent avec eux à une pastorale concertée : être centrés sur l'éducation de la foi, créer des communautés accueillantes et « envoyantes », cheminer sous le signe du dialogue. Et, finalement, c'est tout un équipement apostolique « ad hoc » qui est requis. Cet ouvrage vient à son heure si l'on veut « remonter le courant », c'est-à-dire revaloriser les sacrements, foyer de la sainteté de l'Église. Puisse-t-il dépasser le cercle des Religieuses : il sera tout aussi utile au clergé et à tous les baptisés.

  • Les grands maîtres de la vie spirituelle, les grands fondateurs d'ordres, ont - dans l'Église - un rôle qui dépasse considérablement les frontières de leur famille religieuse. La grandeur et les perfections de Dieu sont telles, qu'aucune spiritualité particulière ne peut en rendre compte adéquatement. La richesse du message évangélique est telle que, sans les « accentuations », mises par tel « prophète » de l'Évangile sur l'un ou l'autre des aspects de ce message, nul ne peut être disciple de Jésus-Christ sans tenir compte de ces éclairages divers. Nul ne peut dire en vérité : la spiritualité de mon fondateur me suffit. Le propos de cette collection, est de faire connaître - à toute Religieuse - ce qui lui est nécessairement utile, même dans les domaines qui ne sont pas de son ministère spécifique. Nous avons pensé que cette règle était tout autant valable dans le domaine des spiritualités. Ce volume inaugure donc une nouvelle série. Il montrera aux Religieuses - de toute obédience - ce qu'elles peuvent recueillir du message du « plus humain de tous les Saints ».

  • Depuis le Concile, la vie religieuse est en plein travail d'aggiornamento : chapitres, congrès, sessions, tout y concourt. Mais « une rénovation efficace et une juste adaptation, ne peuvent s'obtenir qu'avec le concours de TOUS les membres de l'Institut » (Décret Perfectae caritatis). Or, il y a toujours un risque de décalage entre les « Capitulantes » et le... gros de la troupe. Il faut que la base, c'est-à-dire les communautés locales, accomplisse - à sa façon et à son rythme - tout un cheminement laborieux. En définitive, tout dépend des communautés (et, pour une bonne part, de leurs « responsables » locales). Tout dépend même de leur dynamisme, c'est-à-dire de leur capacité d'aller de l'avant. L'auteur, déjà connu par son livre : "Écouter les hommes pour répondre à Dieu", veut donc aider chaque communauté à faire sa Pâque. Son nouveau message est le fruit d'une longue écoute, observation et fréquentation de nombreuses communautés pendant des années. Il ne serait pas inutile que toutes les communautés religieuses en prennent connaissance : elles seront séduites par la bonhomie du style, et sainement aiguillonnées par les exigences que ces pages manifestent. Prêtres et Laïcs, notamment ceux qui ont à collaborer avec des Religieuses, en tireront aussi grand profit.

  • Qu'est-ce que l'évangélisation selon Vatican II ? Dans l'Église et le monde de ce temps, quelles sont les exigences d'une pleine insertion dans l'évangélisation ? Telles sont les questions, qui constituent la matière de ce volume. Il serait difficile d'en contester l'actualité et l'importance. Certes, ces pages s'adressent d'abord aux Religieuses car, dans l'action apostolique de l'Église, elles prennent une place de plus en plus reconnue, appréciée, recherchée. Mais elles intéresseront aussi tous ceux qui, à quelque titre que ce soit, ont à participer activement à la « pastorale d'aujourd'hui », et veulent assimiler les acquisitions dont le Concile vient d'être à la fois l'aboutissement, la consécration, et le prolongement. La manière d'aborder et de traiter des questions si complexes, nous a paru digne d'éloges. Nous ne connaissons guère d'ouvrages, où les composantes et les exigences de l'action évangélisatrice aient été analysées avec une telle précision, et une telle profondeur.

  • En novembre 1955, un petit bulletin Retraites, destiné à aider les Religieuses dans leur recollection mensuelle, prenait naissance à Toulouse. Vers cette même date, la ville de Toulouse se préparait pour une Mission générale, à laquelle les Religieuses devaient être étroitement associées : dans un feuillet joint au bulletin, l'archevêque - à la demande des Religieuses et à leur intention - commentait le thème mensuel de prière et de réflexion proposé au diocèse. Ce petit feuillet survécut à la Mission... et dépassa largement les limites du diocèse de Toulouse. On a souhaité voir ces pages rassemblées. Les voici donc, gardant leur libre allure, et la trace des événements ou des circonstances qui en fournirent le thème. Ce sont bien des méditations « pour une action véritable » qui, en mots toujours très simples, font réfléchir l'âme consacrée sur le sens divin de son action quotidienne, afin de lui permettre d'être « signe de Dieu dans le monde ».

empty