Sophie Bretesché

  • La mutation du rapport au temps représente une des caractéristiques les plus marquantes du fonctionnement de la société contemporaine. Le "mobile" se substitue à l'"acquis", le "flexible" à l'"établi", le "transgressif" au transmis. Peut-on envisager le changement comme ce mouvement perpétuel qui renouvelle le présent par oubli du passé et réinvention continuelle du présent ? Malgré l'apparent mouvement de nos organisations et institutions, l'accélération du temps et la succession de changements rappellent constamment le rôle de la mémoire dans l'appréhension du temps présent. Si en apparence, flexibilité, mobilité et autonomie structurent notre rapport au temps, la relation au passé représente le contrepoint souvent occulté de ce phénomène contemporain.

    Cet ouvrage propose d'analyser le rôle de la mémoire dans des contextes de changement. L'analyse appuyée sur trois terrains d'enquête vise à éclairer comment la "mise en mémoire" constitue une ressource collective qui permet de construire de la permanence et du sens collectif. Cette mise en mémoire rencontre à la fois l'expérience collective et ce qui relève du mémorable, mais également son autre face, c'est-à-dire les pratiques délibérées d'oubli dans un monde en changement. Alors même que la mobilisation du passé est fréquemment interprétée comme la manifestation d'une résistance au changement, l'analyse proposée explore les registres de la mémoire à l'oeuvre dans des contextes de mutations. Elle montre comment la mise en récit de l'expérience constitue une ressource majeure pour conserver et maintenir son identité en contexte incertain.

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  • Si le terme "Transformation" est couramment employé pour décrire les changements impulsés par le déploiement des technologies digitales, il masque néanmoins des réalités plurielles et des mutations organisationnelles et culturelles.

    Cet ouvrage rassemble précisément un ensemble d'acteurs concrètement engagés dans des processus de changements technologiques, managériaux et professionnels. À contre-courant des utopies trans-humanistes qui célèbrent l'avènement d'un humain augmenté par les technologies ou des prophéties catastrophistes qui annoncent une apocalypse généralisée, le regard porté sur les bouleversements induits par la révolution digitale s'ancre résolument dans des mondes vécus, des réalités professionnelles et des contextes productifs.

    Dans cette perspective, chercheurs et praticiens ont été sollicités pour rendre compte d'expériences conduites au sein de leurs organisations et de recherches menées au plus près des univers productifs. Il ne s'agira donc pas ici de promouvoir des "modèles" au sens de "one best way" mais bien d'identifier des chemins, des trajectoires adoptées afin de conjuguer innovation, efficience et sens donné à l'activité.

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  • Les organisations émergentes (start-up, plateformes), tout autant que les grandes entreprises et les institutions publiques qui se digitalisent, jouent un rôle crucial dans le développement de l'économie ainsi que dans l'évolution de nombre de réalités sociétales. La métamorphose numérique a donné naissance à quelques global leaders bien connus (Apple, Google, etc.) qui sont désormais des catalyseurs importants et souvent indispensables de l'innovation dans le domaine du numérique. Mais cela, pour le meilleur comme pour le pire. Ces modes de développement économique favorisent le primat de la valorisation financière et de la flexibilité, souvent au détriment des équilibres sociaux, des impacts écologiques et des aspirations de plus en plus fortes en termes d'éthique. Et si l'éthique se voit ainsi directement mise en question dans ces jeux de tension qui caractérisent la « nouvelle économie », de telles interrogations demeurent encore trop dissociées d'un nécessaire travail de déconstruction des représentations économiques et sociales dominantes. Vis-à-vis de tels défis, un enjeu important du présent ouvrage est de souligner que c'est au sein des grandes transitions industrielles qu'une part de notre avenir se voit préfigurée. L'économie des plateformes mérite à cet égard une analyse critique approfondie. C'est à cette condition que de nouveaux horizons de sens pourront s'ouvrir, ceci aussi bien à l'échelle des échanges économiques que d'un grand nombre de nos réalités sociales et politiques.

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  • Peut-on se libérer des mails ? " On devient assujettis aux mails qui tombent ", " On ne peut jamais se vider la tête ", " On met tout le monde en copie pour se déresponsabiliser ", " Certains sont pros dans la mise en visibilité par le mail ", " Si on ne répond pas vite, on est soupçonné de ne pas être loyal ". Ces témoignages montrent la prégnance de l'usage du mail dans le travail contemporain. En effet, nombreux sont ceux qui ne déconnectent jamais de leur travail.
    Par choix, obligation ou incitation, près de 80% des cadres regardent leurs mails le soir ou durant leurs congés. Par ailleurs, le développement sans limites des mails a un impact sur la productivité des salariés dont les tâches sont sans cesse interrompues. Faut-il imposer des journées sans mail comme l'ont fait Canon ou Sodexo ou former à un nouvel usage du mail comme l'a initié Engie ? A partir d'une recherche - action conduite dans une collectivité de l'Ouest de la France - cet ouvrage propose de questionner le rôle que jouent l'organisation du travail et le management dans le développement des mails.
    A contre-courant des poncifs sur la place omnipotente du numérique, il suggère de repenser l'organisation pour canaliser l'usage du mail, car loin de simplifier la coordination et la coopération, ce dernier peut créer des e-bureaucraties en exacerbant des comportements d'évitement, de déresponsabilisation ou de déni du réel.

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  • La façon dont les sociétés prennent en charge la question de l'environnement met en jeu des transactions entre les différents acteurs sociaux impliqués. Le défaut de consensus social sur ce qui est dangereux ou non, sur le niveau de dangerosité ou sur ce qu'il convient de faire en situation d'incertitude et, en définitive, sur le degré d'acceptation du risque, constituent des défis sociétaux majeurs.
    La notion de " risque " englobe aussi bien les grandes menaces planétaires (destruction de la couche d'ozone, effet de serre...) que les comportements individuels qui ponctuent notre quotidien (tabagisme, conduite automobile...). Les risques écologiques ou technologiques révèlent le fossé qui sépare les experts des profanes et suscitent de nouvelles exigences démocratiques, tandis que les risques individuels modifient notre façon de concevoir nos rapports avec autrui.
    Nous proposons une lecture interdisciplinaire du risque environnemental sous trois aspects : sa mesure, sa perception et sa gestion. Cet ouvrage initie des regards croisés entre scientifiques, gestionnaires et acteurs publics autour du sol, de l'air et de l'eau. C'est dans une démarche de science accessible au citoyen que cet ouvrage souhaite s'inscrire.

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  • Depuis la construction de la première centrale nucléaire jusqu'à la gestion des déchets à vie longue, la question du nucléaire renvoie à des temporalités à la fois inédites et multiples : le temps éternel, le temps cyclique et le temps perdu.

    Au travers d'une approche combinant sociologie, philosophie, physique et chimie, cet ouvrage aborde la question du nucléaire et des temporalités associées pour apporter un regard pluridisciplinaire sur ces questions et dessiner de nouvelles voies de recherche. Il s'appuie sur les communications effectuées lors de la première journée thématique "Temps, technique et uranium" organisée par le département de Sciences Sociales et de Gestion (SSG) et le laboratoire Subatech, en février 2013.

    Subatech et le département SSG de Mines Nantes collaborent depuis plusieurs années autour d'objets de recherche communs dans l'optique de mieux appréhender le rapport entre nucléaire et société, que ce soit pour enterrer les déchets indestructibles pour des milliers d'années, concevoir les réacteurs du futur ou gérer les traces d'un passé marqué par la bataille de l'uranium.

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  • Le parti pris de cet ouvrage est de proposer une lecture " incarnée " des démarches compétences en relatant la façon dont salariés, managers et dirigeants s'y engagent.
    Ce sont ainsi des trajectoires et des histoires contemporaines d'entreprises qui sont proposées au lecteur afin d'éclairer les enjeux que pose la question de la compétence. A partir d'un travail empirique -, conduit dans neuf entreprises des Pays de la Loire, les auteurs esquissent quatre " figures " de la compétence. Dans chacune des figures évoquées, ce sont autant de nouvelles façons de travailler, de produire et de gérer les Hommes qui se dessinent Néanmoins, mises à l'épreuve des faits et des aléas de la production, les compétences s'avèrent aussi fragiles au point de reposer avec acuité la question du " compromis " sur lequel elles entendent se fonder.

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