Roger Bozzetto

  • Ce qui singularise l'espèce humaine est sa capacité de mensonge. Le premier qui a crié au loup en l'absence de l'animal à ouvert à l'humanité le vaste champ des possibles, et la mère de toutes les fictions. Les mythes, par leur rapport à l'imaginaire, sont les premières traces de cette " fictionnalisation " du réel et inaugurent le début de toute symbolisation. Ce qui pour nous relève de la Nature est alors envisagé sous le seul angle du Surnaturel, où éclate la puissance des dieux. La littérature advient enfin., avec l'écriture. Elle va emprunter aux mythes, certaines de ses figures, en les transformant, comme Frankenstein que Mary Shelley qualifie de " nouveau Prométhée ". Elle va en inventer aussi, comme le mythe du progrès. Des domaines littéraires vont alors se dessiner devant les changements de paradigme intellectuels et sociaux dérivés de la Révolution Industrielle. Après l'imaginaire effréné des contes merveilleux, l'imaginaire des spéculations va prendre plusieurs voies, celles de l'utopie, celles de la science-fiction et surtout celles des fantastiques aussi bien en littérature qu'en peinture. C'est à une exploration de ces domaines que nous nous sommes attachés, et à laquelle nous convions les lecteurs.

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  • Les genres et les figures qui permettent à l'imaginaire et à l'inimaginable de se proposer au lecteur varient selon les époques, sans toutefois perdre leur ancrage dans un passé parfois ancestral, comme c'est le cas des merveilleux.
    Mais depuis le XIXe siècle ont été inventés puis explorés les domaines des fantastiques et des sciences-fictions sous des formes devenues classiques qui rendaient compte des espoirs et des horreurs de l'époque. Les contextes politiques, économiques, mythologiques du XXIe siècle sont terriblement nouveaux. Donc, les formes qui rendent compte des rapports de l'imaginaire comme de l'inimaginable ont évolué.
    Les frontières entre les genres, comme les idéologies et les pratiques qui organisent notre réalité, sont bouleversées, devenues poreuses. Elles s'hybrident, sont en dérive, en perte de sens. Les textes et les thèmes qui sont analysés ici posent un regard neuf sur les transformations de ces paysages culturels neufs et sur les problèmes qui en découlent.

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  • la science fiction propose des récits oú les aventures de personnages dessinent, sous une forme réaliste, des mondes imaginaires.
    ceux-ci dérivés d'hypothèses ou d'inventions, s'accordent avec une conception du monde oú sciences et techniques jouent un rôle déterminant. les romans de science fiction prennent pour point de départ le monde actuel ou une phrase de son histoire. ils en extrapolent les lignes narratives, permettant alors une interrogation critique ou simplement ludique sur le sentiment que nous avons de la réalité ou de la norme.
    cet ouvrage présente un large éventail de cette littérature des " mondes possibles ". il en décrit les racines et les évolutions, les thèmes et les principaux auteurs, ainsi que son influence sur le cinéma et la télévision. la science fiction est un monde, c'est aussi le nôtre.

  • Ce colloque est dirigé et animé par les rares (donc précieux) et éminents chercheurs universitaires travaillant sur l'imaginaire, ainsi que par des acteurs de la SF-Fantasy (écrivains, éditeurs, critiques) tels que Jean-Claude Dunyach, Francis Berthelot, Jacques Goimard ou Pierre Pevel. Après la mort des « grands récits », utopies et idéologies qui essayaient d'apporter des modèles, la SF cherche aujourd'hui des réponses différentes, en se distanciant de l'univers technocratique et des mythes brisés de l'ancien âge d'or. Elle exprime en outre le désir de revisiter les univers archaïques, les mythes, les légendes, démontré par l'essor de la Fantasy. Ces questions sont abordées à travers la littérature (J.G. Ballard, S. Brussolo, G. Bear, U. Le Guin, S. Baxter, H.G. Wells), le cinéma et le film d'animation (A. Tarkovski, Dark City, Alien, Babylon 5, Ghosts of Mars, Total Recall, The Truman Show, Gattaca, Existenz, L'armée des 12 singes, Ghost in the shell)...

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