Olivier Kempf

  • Cet ouvrage s'articule autour de trois thmes : " perspectives thoriques" : les rseaux emportent-ils une stratgie particulire ? La stratgie doit-elle intgrer les rseaux ? Ne l'a-t-elle pas dj fait dans le pass ? ; " perspectives militaires et gopolitiques" et "les points de vue techno-conomique" : celui du cyberespace proprement dit, mais aussi celui d'autres rseaux, comme les rseaux lectriques ou les rseaux d'nergie.

  • Les relations entre l'économie et la guerre sont depuis l'origine structurelles, l'économie permettant la guerre et la guerre affectant l'économie. Comment considérer la guerre face à l'économie ? Que signifie vraiment cette guerre économique que les médias nous annoncent ? Ce livre permet de poser les analyses actuelles que suscite le rapport contemporain entre la guerre et l'économie.

  • La logistique constitue une des trois fonctions stratégiques universelles avec le commandement et le renseignement. Bien souvent absente des débats stratégiques, la logistique serait-elle une fonction opérationnelle oubliée ? Elle devient de plus en plus une fonction opérationnelle majeure, et le centre de gravité opératif, voire stratégique des opérations aujourd'hui conduites ; elle devient le lieu des efforts de rationalisation.

  • Depuis vingt ans, l'Alliance n'a cessé de s'adapter à son environnement : opérations menées sur trois continents, accueil des pays de l'ancien bloc de l'Est, invention d'un dialogue avec l'Union Européenne ou les Nations-Unies, nouvelles procédures opérationnelles, modification radicale de son organisation ou réponses aux questions nouvelles comme la cyberdéfense, le terrorisme ou la défense anti-missile...
    En mutation permanente, le domaine d'action de l'Alliance Atlantique va bien au-delà de la relation entretenue avec la France. Les enjeux liés à l'OTAN sont bien plus intéressants que ce prisme réducteur, et il est temps de comprendre enfin comment s'est transformé ce qui n'était encore récemment qu'un héritage de la guerre froide.
    Cet ouvrage novateur et rigoureux décrit précisément cette formidable adaptation. Il trouve le ton juste qui permet sans complaisance de comprendre les permanences, de distinguer les évolutions, de pointer les lacunes et de situer les perspectives.
    Cette deuxième édition, revue et augmentée, constitue la synthèse la plus complète à ce jour sur l'OTAN, cet acteur incontournable des relations internationales contemporaines.
    L'auteur, spécialiste reconnu de la question, adopte un ton pédagogique qui répondra aux attentes et aux interrogations du citoyen comme du professionnel.

  • Introduction
    Le surgissement de l’islam politique apparaît comme une des grandes questions géopolitiques contemporaines. La simple écriture de l’expression pose d’ailleurs un problème immédiat : faut-il écrire islam ou Islam ? L’islam désigne la religion, l’Islam les pays où le pouvoir se réclame de la loi musulmane. Mais que dire de l’islam politique qui n’est pas religion et qui ne tient pas forcément le pouvoir ? Nous conserverons la minuscule par commodité mais cette simple question d’écriture illustre les nombreuses difficultés soulevées par cet islam politique qui est devenu aujourd’hui une question majeure.
    Or, la plupart des commentateurs de la grande presse utilisent plusieurs distinctions courantes : entre un islam « modéré » et un islam « radical », mais aussi entre l’islam sunnite et l’islam chiite. Cela ne suffit pas à expliquer les crises actuelles de l’islam politique et notamment ses expressions les plus radicales et violentes.
    Ainsi, l’opposition entre chiites et sunnites, couramment citée comme facteur explicatif des désordres actuels au Moyen-Orient, ne permet pas de rendre compte d’un certain nombre de luttes violentes, par exemple en Égypte (opposition des salafistes au gouvernement des Frères Musulmans conduit par M. Morsi), en Irak (les Kurdes sont sunnites et en lutte contre l’État Islamique – EI) ou en Libye (opposition entre l’EI et la coalition « islamiste » régnant à Tripoli). Dès lors, d’autres grilles d’interprétation doivent être utilisées en complément.
    Au sens premier, l’islamisme désigne l’islam politique. Il n’est pas forcément radical ni extrémiste, encore moins systématiquement violent.
    Souvent, les « radicaux » se présentent comme des fondamentalistes : ce mot signifie qu’il faut prendre à la lettre le Coran mais aussi les hadiths, ces recueils des traditions orales du prophète. D’une certaine façon, ce sont des littéralistes qui considèrent qu’on ne doit pas « interpréter » le texte sacré. Constatons ici que cette position de principe est en soi une interprétation, paradoxe rarement relevé. Le débat porte alors sur le degré d’application directe de la charia (ensemble des règles révélées) dans la société : s’agit-il d’une inspiration générale du vivre ensemble ou s’agit-il de textes à application directe ? De règles à appliquer à tous, au-delà des croyances, ou seulement par les fidèles ? Cela concerne-t-il la démarche individuelle ou cela affecte-t-il la communauté ? Enfin, la réforme doit-elle venir du bas (la transformation de la société conduit à l’établissement de la charia) ou par le haut (la direction de l’État permet la réforme imposée) ? Comment enfin parvenir à ses fins (activisme politique, activisme missionnaire et prédicateur, activisme violent) ? Autant de questions politiques qui sont au cœur de l’islam politique.
    L’islam politique présente des visages fort divers. Cela entraîne énormément de confusion ce qui entrave un bon calcul des rapports de force mais aussi la juste appréciation des lignes stratégiques mises en œuvre par les différents acteurs, étatiques ou non.

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