Michel Callon

  • Alors que s'opposent avec une rare violence partisans et contempteurs de l'économie de marché, une question préalable se pose : qu'est-ce qu'un marché ?
    Michel Callon montre que l'organisation des activités marchandes ne se réduit pas à la simple confrontation entre des offres et des demandes. Comment une « chose » se transforme-t-elle, après d'immenses efforts, en marchandise ? Par quels moyens les agents deviennent-ils capables d'évaluer les biens et de calculer leurs décisions ? Leur rencontre n'exige-t-elle pas de méticuleux réglages ? Quels sont les ressorts de la mobilisation et de l'encadrement des passions ? Comment ont lieu la captation des clients et l'obtention de leur consentement à payer ? À partir d'une multitude d'exemples pris dans la finance, l'énergie, l'alimentation, l'immobilier, les jeux de hasard, la santé, la grande distribution, le commerce électronique, le réchauffement climatique et même les pompes funèbres, l'auteur met en évidence la diversité et le foisonnement des activités déployées et des investissements consentis pour imaginer des solutions à ces problèmes.
    Au terme d'un passionnant voyage, qui permet de suivre la carrière des biens depuis leur conception jusqu'à leur circulation dans la sphère de la consommation, le lecteur prend conscience de la multiplicité des configurations. Les « agencements marchands », notion que Michel Callon place au coeur même de sa réflexion et qui se substitue à celle de marché, permettent de rendre compte de la richesse et de la complexité des processus à l'oeuvre. Ils donnent aussi de nouvelles possibilités d'agir à tous ceux qui refusent de se soumettre sans discussion à l'emprise des marchés existants.

  • PRESENTATIONM. Callon, C. Licoppe, F. Muniesa - pp.7-12CONSTRUCTION D'UN MARCHE ET PERFORMATION THEORIQUE. Sociologie historique d'une Bourse de produits dérivés financiers D. Mackenzie, Y. Millo - pp.15-60OUTILS DE MARCHE. Sociotechnologie de l'arbitrage dans une salle de marché à Wall Street D. Beunza, D. Stark - pp.63-108LA TECHNOLOGIE HABITEE. La forme de vie globale des marchés financiers K. Knorr cetina, U. Bruegger - pp.111-132LES HOMMES DE LA BOURSE ET LEURS INSTRUMENTS MERVEILLEUX. Technologies de transmission des cours et origines de l'organisation des marchés modernes A. Preda - pp.137-165LA SOCIOLOGIE DES SCIENCES ET LA NOUVELLE ECONOMIE DE L'INFORMATION . P. Mirowski - pp.167-184LES MARCHES ECONOMIQUES COMME DISPOSITIFS COLLECTIFS DE CALCUL. M. Callon, F. Muniesa - pp.189-232DU SILENCE AU SCANDALE. Des difficultés des médias d'information à se saisir de la question de l'amiante E. Henry - pp.237-272JOURNAUX ALGERIENS. De la presse à la toile. Panorama des sites web des quotidiens arabophones et francophones G. Kraemer - pp.273-284NOTES DE LECTURE - pp.285-309RSUMS- pp.311-320

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  • Des déchets radioactifs aux ondes électromagnétiques en passant par les OGM, les controverses se multiplient qui mettent en cause le monopole des experts sur l'orientation des décisions politiques relatives aux questions technologiques. Loin de déplorer une crise de confiance, les auteurs de ce livre analysent les nouvelles relations entre savoir et pouvoir qui émergent de ces débats. Refusant les traditionnelles oppositions entre spécialistes et profanes, professionnels de la politique et citoyens ordinaires, ils s'interrogent sur les moyens de faire advenir des forums démocratiques capables de répondre aux incertitudes du « progrès ». L'enjeu est de taille : affronter les défis des sciences et des techniques en redéfinissant l'espace public.

  • Et s'il fallait enfin tirer les conséquences des crises à répétition que nos sociétés traversent lorsqu'elles sont confrontées aux débordements inattendus des sciences et des techniques ? s'il fallait en finir une bonne fois pour toutes avec la vision héroïque des décisions tranchantes et tranchées que le souverain prend en situation d'incertitude et en toute méconnaissance de cause ? si alexandre rengainait son épée, le monde s'effondrerait- il ? non, mais la démocratie, elle, en ressortirait fortifiée.
    Tel est le propos des auteurs de ce livre. ces derniers refusent les traditionnelles oppositions entre spécialistes et profanes, professionnels de la politique et citoyens ordinaires. ils concentrent plutôt leur attention sur les nouvelles relations entre savoir et pouvoir qui émergent des controverses socio-techniques et sur les procédures inventées pour les traiter. l'enjeu est de taille : faire apparaître les conditions dans lesquelles les sociétés démocratiques vont se rendre capables d'affronter les défis des sciences et des techniques, redéfinir un espace public réunissant non pas des individus désincarnés mais des femmes et des hommes pris dans des histoires singulières.
    Après l'âge de la démocratie délégative, celui de la démocratie dialogique ?.

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  • On peut soit débattre de la légitimité d'une sociologie des connaissances scientifiques, soit la faire. Ce volume prouve le mouvement en marche. Il rassemble quelques-unes des meilleures études publiées en langue anglaise au cours des quinze dernières années et a pour but de présenter des faits scientifiques analysés en détail par des sociologues et des historiens qui n'établissent a priori aucune frontière infranchissable entre les facteurs sociaux et cognitifs. Contrairement à la littérature épistémologique qui ignore tout du fonctionnement technique et social des sciences, et contrairement à la littérature sociologique qui fait généralement l'impasse sur les contenus scientifiques, de nombreuses études existent en anglais qui proposent une autre façon de parler des sciences. Elles mettent en scène des acteurs sociaux - scientifiques ou autres - qui construisent à chauds des connaissances, dont certaines finissent par s'imposer. En suivant les controverses, les conflits d'interprétation, les doutes, les coups de force, on assiste à l'élaboration de connaissance qui, une fois acceptées, font oublier les conditions de leur production. On se convainc progressivement que pour apprécier la science faite, pour comprendre pourquoi elle se répand irrésistiblement, il faut étudier la science en train de se faire. Ces études, déjà publiées pour la plupart en tirage limité par l'association Pandore, sont à nouveau disponibles. Elles ont été enrichies d'une longue présentation, où Michel Callon et Bruno Latour (Centre de sociologie de l'innovation, École nationale supérieure des mines de Paris) les restituent par rapport aux travaux de ces dernières années, pour souligner leur actualité et montrer le rôle qu'elles ont joué dans le renouveau des travaux consacrés aux rapports entre les sciences, les techniques et les sociétés.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1991.)

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