Bruno Amable

  • This book considers why institutional forms of modern capitalist economies differ internationally and proposes a typology of capitalism based on the theory of institutional complementarily. Different economic models are not simply characterized by different institutional forms, but also by particular pattern of interaction between complementary institutions which are the core characteristics of these models. Institutions are not just simply devices which would be chosen by 'social engineers' in order to perform a function as efficiently as possible; they are the outcome of a political economy process. Therefore, institutional change should be envisaged not as a move towards a hypothetical 'one best way', but as a result of socio-political compromises. Based on a theory of institutions and comparative capitalism, the book proposes an analysis of the diversity of modern economies and identifies five different models; the market-based Anglo-Saxon model; Asian capitalism; the Continental European model; the social democratic economies; and the Mediterranean model. Each of these types of capitalism is characterized by specific institutional complementarities. The question of the stability of the Continental European model of capitalism has been open since the beginning of the 1990's: inferior macroeconomic performance compared to Anglo-Saxon economies, alleged unsustainability of its welfare systems, too rigid markets, etc. The book examines the institutional transformations that have taken place within Continental European economies and analyses the political project behind the attempts at transforming the Continental model. It argues that Continental European economies will most likely stay very different from the market-based economies, and that political strategies promoting institutional change aiming at convergence with `nglo-Saxon model are bound to meet considerable opposition.

  • Existe-t-il une alternative au capitalisme libéral ? Le modèle social européen n'est-il pas condamné à disparaître ? Ces questions récurrentes du débat public sont souvent mal posées, parce qu'elles supposent implicitement que le capitalisme se réduit à une seule forme, alors qu'historiquement l'existence de capitalismes différents est plutôt la règle.
    Même après vingt ans de " mondialisation libérale ", les grandes économies développées se différencient toujours par leurs institutions économiques et sociales (système financier, protection sociale, relations professionnelles, système éducatif, marché du travail). Ce livre décrypte la nature, les causes et les conséquences de cette diversité. Il identifie cinq capitalismes : le modèle néolibéral, le modèle continental européen, le modèle social-démocrate, le modèle " méditerranéen " et le modèle asiatique.
    /> L'analyse s'appuie sur une " économie politique " des institutions, démontrant comment ces dernières résultent d'un processus politique dynamique au cours duquel s'élaborent des compromis entre les forces sociales et politiques. Les conditions historiques, culturelles et sociales de cette élaboration sont spécifiques à des régions du monde et à des époques de l'histoire. Cette approche remet en question les idées reçues sur l'avenir du modèle social européen continental.
    La convergence annoncée de tous les pays vers un même capitalisme néolibéral anglo-saxon n'est pas inéluctable. La greffe forcée de ce modèle inadapté aux spécificités de l'Europe continentale se heurtera à une opposition politique croissante. Une autre Europe que l'espace de libre-échange néolibéral est donc, non seulement possible, mais aussi probable.

  • La crise politique française entre dans sa phase la plus aiguë depuis plus de trente ans, avec l'éclatement des blocs sociaux traditionnels, de gauche et de droite. L'éloignement des partis «?de gouvernement?» des classes populaires semble inexorable?; il laisse sur la touche, d'un côté, artisans, commerçants et petits entrepreneurs déçus par la timidité des réformes de la droite libérale et, de l'autre, ouvriers et employés hostiles à une unification de l'Europe des marchés à laquelle le parti socialiste reste attaché. La présidence Hollande est de ce point de vue moins une anomalie que l'échec définitif des tentatives de concilier la base sociale de la gauche et la «?modernisation?» du «?modèle français?». Ce projet se prolonge désormais par la tentative d'édifier un «?bloc bourgeois?» fondé sur la poursuite des «?réformes structurelles?», destinées à dépasser le clivage droite/gauche par une nouvelle alliance entre classes moyennes et supérieures.
    L'émergence, en réaction, d'un pôle «?souverainiste?», coexiste avec les tentatives de reconstruire les alliances de droite et gauche dans un paysage politique fragmenté. L'avenir du «?modèle français?» dépend de l'issue d'une crise politique qui n'est donc pas liée à des querelles d'appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant. Elle est loin d'être terminée.

    Nouvelle édition actualisée et augmentée.

  • Y a-t-il une alternative au capitalisme ? Le modèle social européen n'est-il pas condamné à se fondre dans le capitalisme néolibéral anglo-saxon ? Ces questions récurrentes sont souvent mal posées car elles supposent implicitement l'unicité du capitalisme, niant sa réelle multiplicité: malgré vingt ans de mondialisation libérale, les grandes économies développées se différencient par leurs institutions économiques et sociales, ce qui façonne des modèles capitalistes très variés. Ce livre décrypte la nature, les causes et les conséquences de cette diversité. Il identifie cinq capitalismes : le modèle néo-libéral, le modèle continental européen, le modèle social-démocrate, le modèle méditerranéen et le modèle asiatique. Chacun de ces modèles est caractérisé par des complémentarités institutionnelles spécifiques. L'analyse s'appuie sur une « économie politique » des institutions. Celles-ci ne sont pas des « instruments » que manipuleraient à leur guise d'improbables « ingénieurs sociétaux » en vue d'atteindre un quelconque optimum économique théorique. Elles résultent d'un processus politique, d'une dynamique historique, au cours de laquelle s'élaborent des compromis entre les forces sociales et politiques.
    Cette approche renouvelle les idées reçues sur l'avenir du modèle social européen. Depuis les années 1990, la pensée dominante a promu l'idée d'une réforme nécessaire des économies européennes, offrant aux marchés plus de liberté et de flexibilité, c'est-à-dire une convergence vers le modèle anglo-saxon jugé plus efficace. Or la montée du néolibéralisme n'est pas un projet économique de convergence vers un modèle optimal. C'est un projet politique. Projet paradoxal, puisqu'il veut étendre au reste du monde le résultat d'un compromis politique spécifique à une société particulière. Aussi l'auteur ne croit-il pas à la réussite d'un tel projet. La tentative de greffe forcée d'un modèle anglo-saxon et néolibéral sur l'Europe continentale se heurtera à une opposition politique croissante. Une autre Europe que l'espace de libre-échange néolibéral est donc non seulement possible, mais aussi probable.

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  • D'ordre politique empêcheraient l'adoption de mesures économiques d'inspiration néolibérale qui seraient "indispensables", ce livre analyse la mise en oeuvre d'un programme économique néolibéral en France et en Italie comme une réponse aux crises politiques que connaissent les deux pays depuis plus de deux décennies.
    La dissolution des anciennes alliances sociales y a rendu nécessaire la reconstitution d'un bloc social dominant. Mais le "noyau dur" du bloc néolibéral constituant une minorité politique, la stratégie consiste à s'appuyer sur une coalition sociale élargie. En France, le programme de "rupture" de Sarkozy a été conçu comme une médiation entre d'une part les attentes du "noyau dur", et d'autre part celles de la majeure partie des salariés du secteur privé.
    En Italie, la stratégie de Berlusconi a été de former une alliance entre le "noyau dur" et les classes précaires et assistées. Quant à la participation à l'Union européenne, elle implique dans les deux pays une pression politique forte qui est favorable à la mise en place d'une stratégie néolibérale sous des formes politiques variées.

  • Depuis les années 1990, les politiques de soutien à l'innovation suscitent un intérêt toujours croissant. Des travaux influents ont étudié le rôle que pourrait jouer la libéralisation des marchés de biens et services dans les incitations à innover. Ils reposent sur des études empiriques qui tentent de mettre en évidence un lien négatif entre niveau de réglementation et productivité. Leur message est relativement simple : la libéralisation, qui favorise les nouveaux entrants, conduirait les firmes à innover pour échapper à la concurrence dans un contexte de stagnation économique.
    S'appuyant principalement sur des données sectorielle pour les pays de l'OCDE, B. Amable et I. Ledezma montrent que cette conclusion selon laquelle un haut niveau de réglementation serait nuisible à l'innovation ou à la croissance peut être renversée en fonction des spécifications empiriques adoptées : périmètre sectoriel de l'échantillon, spécification des équations estimées, etc.
    Il ressort notamment de leur étude que la réglementation sur les marchés de biens et services n'apparaît nullement comme un obstacle à l'innovation dans l'industrie manufacturière. Il faut donc mettre en place des politiques spécifiques dédiées à la promotion de l'innovation, qui vont bien au-delà de la fourniture d'un cadre concurrentiel adéquat aux entreprises.

  • Depuis les années 1990, les politiques de soutien à l'innovation suscitent un intérêt toujours croissant. Des travaux influents ont étudié le rôle que pourrait jouer la libéralisation des marchés de biens et services dans les incitations à innover. Ils reposent sur des études empiriques qui tentent de mettre en évidence un lien négatif entre niveau de réglementation et productivité. Leur message est relativement simple : la libéralisation, qui favorise les nouveaux entrants, conduirait les firmes à innover pour échapper à la concurrence dans un contexte de stagnation économique.
    S'appuyant principalement sur des données sectorielle pour les pays de l'OCDE, B. Amable et I. Ledezma montrent que cette conclusion selon laquelle un haut niveau de réglementation serait nuisible à l'innovation ou à la croissance peut être renversée en fonction des spécifications empiriques adoptées : périmètre sectoriel de l'échantillon, spécification des équations estimées, etc.
    Il ressort notamment de leur étude que la réglementation sur les marchés de biens et services n'apparaît nullement comme un obstacle à l'innovation dans l'industrie manufacturière. Il faut donc mettre en place des politiques spécifiques dédiées à la promotion de l'innovation, qui vont bien audelà de la fourniture d'un cadre concurrentiel adéquat aux entreprises.

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