Pu De Rennes

  • Le studio de la Tôei Dôga, fondé en 1956, est dans le Japon d'après-guerre tout à la fois le creuset d'une certaine conception de l'animation, le lieu de la formation d'une grande partie des animateurs, mais aussi le lieu d'émergence et de (ré)invention de l'animation japonaise. Le directeur du studio Hiroshi Okawa cherche à le définir comme le "Disney de l'Orient" et l'oriente vers la production de longs métrages d'animation pour le cinéma.

  • Cet ouvrage s'inscrit dans le sillage des historiens et sociologues qui, après Philippe Joutard et son maître-livre sur L'Invention du mont Blanc (1986), ont exploré la profession, l'origine sociale, l'âge et le genre des alpinistes, leurs traditions d'écriture, et les enjeux politiques et diplomatiques attachés au contrôle des espaces sommitaux et frontaliers. Il élargit aussi le propos vers le goût de l'aventure et de l'exploration, les progrès des sciences et des techniques ou l'expansion des loisirs. Mais, il veut surtout contribuer à explorer de nouvelles voies du côté des pratiques, des émotions et des imaginaires.

    Une attention particulière est ainsi accordée au renouvellement des sources : manuscrits des clubs alpins, objets, peinture, photographie, poésie. Les sciences du corps et de la montagne sont également mobilisées pour dialoguer avec l'histoire : physiologie et thanatologie, géochimie et paléoclimatologie, géographie. De nouveaux éclairages sont proposés sur les conquérants des sommets longtemps invisibilisés que sont les femmes, les ouvriers, les guides. Cet ouvrage résonne, enfin, comme un appel à dépasser l'histoire de l'alpinisme en envisageant une histoire mondiale des ascensionnismes qui soit davantage interconnectée et transnationale.

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  • Le Corbusier est un architecte qui non seulement construit, mais qui n'a de cesse de dire comment on doit construire. Faisant le pari de la force et de la cohérence de la pensée corbuséenne, cet ouvrage interroge l'oeuvre théorique de l'architecte au prisme de l'une de ses "colorations" les plus propres, à savoir sa dimension foncièrement normative. À travers une étude patiente et détaillée des textes de l'architecte, c'est la vision philosophique globale et paradoxale de l'un des grands créateurs de la modernité, qui est rendue dans la multiplicité de ses dimensions et dans la complexité de son projet. Ainsi, cet ouvrage permet de reprendre à nouveaux frais de nombreuses questions récurrentes au sujet de l'architecte : reproche de dogmatisme, d'application aveugle de recettes insensibles à la singularité des contextes ou des usages, autoritarisme, formulation d'une doctrine fonctionnaliste, etc.

    Sans tomber dans un exercice d'admiration stérile, il s'agit de faire justice à une expérience de pensée riche et complexe, en montrant notamment que le parcours de Le Corbusier forme un système vivant, faisant place à ce qui excède les procédures de normalisation, dessinant ainsi le visage singulier d'une tentative de production normative du hors-norme.

  • "Je fis, d'abord, alliance avec André Pironneau... II... publia quarante articles" (Charles de Gaulle).

    Ce livre n'aurait pas été conçu sans la découverte que les articles de L'Echo de Paris cités par le mémorialiste étaient principalement de sa plume - à lui, de Gaulle ; et que leur objet, politique et géopolitique, dépassait de loin la seule chose militaire. Un chapitre justifie, après la précision du contexte qui éclaire les preuves, l'attribution de ce qu'on appelle en conséquence "la source Pironneau-de Gaulle".

    Ces articles n'ont jamais été lus par les historiens de Charles de Gaulle. Ils constituent donc une source inédite au sens où elle n'a jamais été attribuée à son auteur principal. Ils courent de 1933 à 1937 ; mais leur croisement avec archives, documents diplomatiques français et britanniques, presse et témoignages permet de suivre l'histoire de huit ans, de 1932 à 1940. C'est dire qu'on a la source la plus considérable sur de Gaulle dans les années trente ; et sur d'autres personnages, qui peuvent être considérés comme de premiers gaullistes. Elle confirme combien le regard de Charles de Gaulle annonçait en lui l'homme d'État, embrassant l'horizon international le plus large.

  • Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours.

    Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies; ruine quelques évidences...

    La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf.

    Émergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen...

    Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien.

    Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h.

    Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.

  • La crise sanitaire mondiale qui bouleverse en profondeur les mondes du travail nous incite à considérer avec d'autant plus d'intérêt la nouvelle question posée aux concours (CAPES et agrégation), qui interroge les mutations économiques, sociales, politiques, culturelles et environnementales entraînées par l'industrialisation de l'Europe occidentale des années 1830 aux années 1930. La désindustrialisation qui s'accélère depuis les années 1970 ne se réduit pas à un recul de la production industrielle. Elle signifie aussi l'effritement d'une civilisation industrielle ainsi que la disparition de la centralité du travail qui érigeait la question ouvrière en enjeu politique et social majeur. Ce dossier réunit des spécialistes qui présentent et commentent des sources de natures variées - correspondances, photographies, textes législatifs, pétitions, caricatures, etc. - produites tant en France qu'en Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Italie et Espagne. Il permet d'éclairer les mutations de l'organisation du travail, leurs impacts sur les conditions de vie et de travail des mains-d'oeuvre artisanales et industrielles, et la place de la question sociale dans la constitution du mouvement ouvrier et des États sociaux.

  • Pourquoi des femmes s'engagent-elles dans les armées sous la Révolution et l'Empire ? Quelles sont les spécificités de leur expérience féminine du monde militaire? Quels discours produisent-elles sur leur parcours lors de leur retour à la vie civile ?

    Entre 1791 et 1815, plusieurs dizaines de femmes intègrent les troupes révolutionnaires, contre-révolutionnaires et impériales, pour défendre leur pays. Leurs parcours hors du commun illustrent l'implication des femmes dans les événements révolutionnaires et le caractère protéiforme de leur engagement. L'étude de leur passage à l'armée témoigne de la reconnaissance dont elles ont pu bénéficier de la part de l'institution militaire, malgré le caractère transgressif de leur démarche. En commentant leur passé militaire dans leurs récits autobiographiques, elles transmettent leurs propres représentations du monde militaire et prennent en charge le récit de leur histoire.

    Confrontant les sources militaires, l'iconographie révolutionnaire, les écrits personnels, les articles parus dans la presse, Maria Goupil-Travert examine une cinquantaine d'itinéraires biographiques de femmes aux armées. Elle questionne la nature de leur engagement, leur rapport au monde militaire et à la violence, ainsi que leur capacité d'action individuelle pour contourner les contraintes liées au genre.

  • Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre :
    Des explications en français facilitant l'auto-apprentissage ;
    Un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ;
    Un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ;
    Des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ;
    Des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel.
    Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.

  • Préface de Marie-Jean Sauret En 1858, un avoué périgourdin du nom d'Antoine de Tounens, âgé de 33 ans, s'embarque à Southampton sur un paquebot anglais en partance pour le Chili. Plusieurs mois s'écoulent, certainement en recherche de soutiens et en préparatifs secrets. À l'automne 1860, le voici qui franchit le Bio-Bio, pénètre en territoire mapuche et, après une tournée de quelques semaines des tribus locales parvient à se faire élire roi. Capturé par les Chiliens lors de ses pérégrinations, il sera emprisonné, expertisé puis expulsé. De retour en France, De Tounens, loin de se résigner face à un destin contraire, va revendiquer haut et fort ses droits de suzerain et ne renoncera jamais à régner sur les terres indiennes les plus extrêmes de l'Amérique du Sud. Il y reviendra à trois reprises dans des expéditions de plus en plus rocambolesques. S'appuyant sur une masse de documents d'époque, sur les écrits du personnage comme des historiens et des écrivains qui se sont penchés sur son extraordinaire destin, Jean-Luc Gaspard reconstitue minutieusement la logique et l'essai de rigueur que constitue la saga d'Antoine de Tounens. Fauteur retrace sa biographie à la lumière de la psychanalyse et décrit le laborieux développement de ce que l'on pourrait considérer comme une "psychose en actes". Nourrie des idéaux de son temps, la passion nobiliaire de notre personnage aura eu pour mérite de défendre la cause de peuples indiens voués à la lente dépossession de leurs terres. Cet ouvrage historique et clinique permet de poser le problème délicat du rapport entre revendication, déraison et lien social.

  • Barthes/Quignard Nouv.

    Cet ouvrage relie deux générations. Il s'intéresse à des auteurs dont l'ambition théorique s'adosse à une écriture littérairement assumée. La question qui l'anime est d'ordre généalogique : il cherche à comprendre ce que la "littérarisation" des formes du discours savant (philosophie, anthropologie, psychanalyse, etc.) peut nous dire, en retour, de l'idée que la littérature se fait d'elle-même. Il montre ainsi combien la revendication d'un savoir de la littérature tient à la fois de la fierté et de la résistance : de plus en plus contestée dans sa capacité à formuler des vérités, la littérature entend faire de sa relégation symbolique le lieu même d'une réaffirmalion statutaire. À chacun des chapitres correspond alors un faisceau de problématiques que l'on retrouve au carrefour des ?uvres de Roland Barthes et de Pascal Quignard, entre le dernier quart du XXe siècle et le début du XXIe siècle : la concurrence des sciences et des lettres, la résurgence de la rhétorique dans la pensée littéraire, la mise en scène de la figure du "lettré", la spectacularisation du rapport affecté au langage, la marginalisation héroïque de l'écrivain. De la revue Tel Quel aux Cahiers de L'Éphémère, de Bataille à Derrida, en passant par Rousseau et Lévi-Strauss, ce livre s'inscrit dans le jeu brouillé des généalogies pour retisser des solidarités inédites.

  • Dans le legs naturaliste des Lumières, François-Emmanuel Fodéré (1764-1835) incarne la figure du "précurseur" de la médecine légale moderne. Ce livre est le premier à lui être dédié. Il cadre le "moment Fodéré" où la médecine légale se certifie comme science des maux de la société. Faire parler les corps évoque Fodéré en sa formation, ses saillies épistémologiques et sa réception notamment italienne. Parmi une vaste production livresque, son projet ressort de sa somme médico-légale : Les Lois éclairées par les sciences physiques, ou Traité de médecine légale et d'hygiène publique (Paris, an VII); Traité de médecine légale et d'hygiène publique ou de police de santé : adapté aux codes de l'Empirefrançais et aux connaissances actuelles (Paris, 1813). Le savant prône l'alliance du droit et de la médecine, la salubrité sociale et la régulation étatique. Il dénigre les savoirs disséminés sous l'Ancien Régime pour un savoir médico-légal comme science positive. Elle greffera la modernité institutionnelle au positivisme pénal, au progrès scientifique, à la laïcisation des sociétés. Pour "toutes les classes sans exception de privilèges", elle escorte la gouvernance de l'Etat libéral. Suicide, crime, infanticide, folie, épidémie, hygiène publique : ces objets mènent Fodéré à la science investigatrice de l'anomie sociale pour en prévenir la causalité. Surveiller et guérir : tel est son credo positiviste !

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  • La France et les Amériques entre révolutions et nations : 1776-1871 Nouv.

    Les relations entre France et Amérique à l'ère des révolutions relèvent bien souvent d'une suite de lieux communs autour de l'aide française aux Etats-Unis naissants ou de la perte sanglante de Saint-Domingue. L'historiographie a fort heureusement fait de belles avancées en la matière et ce volume voudrait à la fois en témoigner et aller plus loin encore en suivant trois grandes directions. D'abord en insistant sur le travail des sources, en montrant que les historiens ont encore du pain sur la planche, des gisements connus à explorer à nouveaux frais et d'autres plus inattendus à explorer, en ouvrant les horizons et variant les méthodes.
    Ensuite parce ce le projet collectif dont est ici cet ouvrage veut voir large dans l'epace et dans le temps : il ne s'agit ni de se limiter à une première courte séquence révolutionnaire ni à l'Atlantique Nord, mais bien de couvrir un siècle de tensions créatrices autour des concepts de révolution et de nation, deux moteurs de l'évolution des sociétés de ces temps-là, tout en construisant la réflexion à l'échelle du continent américain dans son entier.
    Le lecteur arpentera donc un vaste monde, de la France au Pérou et à New York. Enfin, les auteurs réunis ici ne se contentent pas de réécrire une histoire diplomatique, même rénovée, mais pratiquent une histoire relationnelle complexe, abordant les circulations atlantiques sous de multiples angles et au travers de multiples groupes sociaux : exilés, migrants, combattants, intellectuels, etc...

  • La notion de caricature dans l'Antiquité : textes et images / preface de francois lissarrague Nouv.

    On entend aujourd'hui par caricature une "image tendant, par déformation ou accentuation des traits d'un modèle, des caractères d'une scène, à les rendre grotesques ou risibles" (La Grande Encyclopédie Larousse). Qu'en est-il pour les sociétés de l'Antiquité ? La plupart des spécialistes modernes de la caricature ont considéré qu'il s'agissait d'une invention de la fin du XVIe siècle, inadaptée aux cultures et aux sociétés du monde antique. Confrontant pour la première fois sur ce sujet les points de vue de spécialistes des textes et des images, cet ouvrage a pour ambition de partir à la recherche d'une possible caricature antique, en discutant ses conditions d'existence, en essayant d'identifier des auteurs d'oeuvres caricaturales, des domaines et des genres artistiques et littéraires plus particulièrement propres à la production de caricatures, en mettant en relief aussi des problèmes de sources ou de catégorisations.

  • La mobilisation des Gilets jaunes inscrit la défiance à l'égard des institutions au coeur de son discours. Le mouvement défie volontiers les médias institutionnels et surtout, il défie le politique en interpellant le chef d'État personnellement. Mais ce faisant, ne reproduit-il pas la grammaire individualisée dont Emmanuel Macron a usé tout au long de sa carrière politique ? Chacun à sa façon, le président et le mouvement des Gilets jaunes témoignent de la tendance contemporaine à récuser les grandeurs institutionnelles au profit d'une conception individualisée du social, dont les mots d'ordre sont désormais l'authenticité, la transparence, l'injonction à être soi-même.

  • Une double enquête menée à la fois sur la France et sur l'Angleterre qui apporte un éclairage comparé et contrasté sur la question du paysage trop souvent envisagée sous le seul angle "national". On y entend les voix des peintres paysagistes, des collectionneurs et des amateurs, avec leurs mots pour "dire" le paysage. Si Augustin Berque inclut le critère linguistique pour déterminer le degré de maturité d'une civilisation paysagère, c'est parce que les discours, tout autant que la pratique, - échanges et correspondances entre artistes - articulent une théorie du paysage. L'examen de la terminologie et de l'écriture permet d'évaluer la pertinence de catégories comme celles de "paysage historique" ou de "pittoresque". À ceci s'ajoute une perspective croisée de divers "paysageurs", praticiens, auteurs et créateurs de tableaux, de jardins, de poèmes, de guides ou de théorie picturale. Le livre offre une vision holistique de la culture paysagère franco-britannique.

  • De la pâtisserie à l'usine ultra-moderne, la marque Lefèvre-Utile n'a cessé - grâce au talent visionnaire de ses dirigeants sur quatre générations ! - d'être à l'avant-garde industrielle, tant pour sa production de biscuits, dont les célèbres Petit-Beurre ou Paille d'Or, que pour son marketing innovant. L'auteur nous dévoile au fil des pages, grâce à une riche iconographie, la singularité toute particulière de cette saga familiale, qui illustre brillamment l'épopée industrielle française du Second Empire aux années 1980, où les arts et le design intègrent plus fortement le monde des entreprises, au service de la réclame.

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  • Oeuvres complètes v.1 ; octobre 1922-septembre 1932 Nouv.

    Soixante-dix ans après la mort d'Emmanuel Mounier, il est temps de renouveler notre regard sur ce penseur majeur du XXe siècle. On sait combien les quatre volumes des Oeuvres (éd. P. Mounier, Seuil, 1961-1963) ont marqué plusieurs générations d'intellectuels, de femmes et d'hommes d'action de par le monde. Le besoin se fait sentir à présent d'avoir accès à l'ensemble du corpus de Mounier, avec ses nombreux articles, conférences, notes, recensions... Le premier des sept volumes que comptent les ?uvres complètes devrait agir comme un révélateur. Gageons qu'il en ira ainsi pour ceux qui, à la faveur de cette parution, s'initieraient à l'oeuvre de Mounier et pour ceux qui connaissent déjà tout ou partie de ses écrits. La plupart découvriront un jeune homme à plusieurs facettes : non seulement son ancrage philosophique, mais, tout aussi fort quoique mal documenté jusqu'à présent, son ancrage religieux, à nette tendance mystique, accompagné d'un intérêt aigu pour les champs social et littéraire. Ecrits entre sa dix-septième et sa vingt-septième année, les textes ici recueillis, quelquefois rares ou inédits, vont de ses dissertations de terminale au Lycée de Grenoble à sa longue intervention au congrès de Font-Romeu, qui posa les bases du mouvement et de la revue Esprit. Si cette période est dominée par son important mémoire sur Descartes (1927) et son ouvrage pionnier sur Charles Péguy (1931), imprégnés de la philosophie d'Henri Bergson et des dialogues avec Jacques Chevalier et Jacques Maritain, ses articles et conférences n'entendent pas moins fonder les principes de la personne comme présence et action. Tout agir ayant besoin d'une direction, il s'agit de se donner des règles de conduite pour y tendre en vérité. A défaut, l'être humain se replie dans l'individualisme, avec pour corollaire une certaine médiocrité morale, un conformisme plus ou moins conscient. Mounier se propose ici d'étudier à frais nouveaux ce qui sépare l'animal de l'homme et l'homme de Dieu à travers ces champs d'expérience que sont la psychologie, le langage, le droit, le politique et le sentiment religieux. Cette édition est présentée et établie par Yves Roullière, avec la collaboration de François Denoël, Nadia Yala Kisukidi, Jacques Le Goff et Jean-François Petit.

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  • En France, certains observateurs du catholicisme parlent d'un déclin inéluctable, quitte à placer cette religion "en phase terminale". Cependant, dans un contexte de crise globale liée à la postmodernité, il semble que la religion catholique n'ait pas dit son dernier mot. Ce travail de recherche analyse la trajectoire du catholicisme (1980-2016), par l'étude de ses acteurs, de ses territoires et de ses communautés, des modes de gouvernement épiscopaux.
    Il veut s'attarder à l'intérieur d'espaces qui ne possèdent plus la relative homogénéité que l'histoire leur prêtait avant le XXe siècle et mais qui offrent aujourd'hui une nouvelle "géocatholisation" des pratiques pastorales. Les formes de militantisme type Action catholique se dé/recomposent et laissent leur place à des mouvements et des communautés postconciliaires (Renouveau charismatique, traditionalistes...) qui se polarisent par leurs paroisses, leurs sanctuaires, leurs prieurés et leurs chapelles.
    Un catholicisme à la sensibilité plus classique voire traditionnelle, dans le sillage des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, façonne de nouvelles figures de prêtres et d'évêques qui arbitrent sur les modes d'action pastoraux territorialisés. L'intérêt de cet ouvrage est de dessiner une nouvelle carte religieuse, celle d'un catholicisme "attestataire" dynamique et vivant en cours de polarisation, au risque d'une "injustice spatiale" rejetant aux périphéries groupes de fidèles et territoires enclavés.

  • Du 15 au 17 mars 1968, a eu lieu à Amiens un colloque "Pour une école nouvelle : Formation des maîtres et recherche en éducation", organisé par l'Association d'étude pour l'expansion de la recherche scientifique (AEERS), qui a réuni plus de 600 acteurs à la Maison de la culture d'Amiens.

    Le "colloque d'Amiens" est devenu une référence plus ou moins mythique, plus ou moins fondée, pour les réformateurs de l'éducation en France et éventuellement à l'étranger. Pourtant, aucune étude d'ensemble ne lui avait jusqu'alors été consacrée. On connaît peu le détail des débats qui l'ont animé, les acteurs qui les ont préparés et menés, les questions qui en ont été l'objet et qui continuent d'être au coeur des débats sur l'école. La rénovation de l'école est en effet à l'ordre du jour dans un contexte de transformation du système éducatif et le colloque d'Amiens, qui réunit tout ce que la France ou presque compte d'innovateurs en matière éducative, cristallise les attentes du moment. Il s'agit avant tout de moderniser, de rénover l'existant, pas de faire la révolution.

    Cinquante ans après, ce livre propose de réexaminer la genèse, les dynamiques, les idées, les acteurs et la portée de cet événement majeur de l'histoire contemporaine des réformes éducatives.

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  • Ce manuel propose une introduction à la programmation Python destinée aux étudiants et praticiens en SHS. Python est un langage de programmation simple, libre, multi-plateforme, pédagogique, bénéficiant d'une communauté d'utilisateurs croissante tant dans le domaine universitaire que le secteur privé. Avec la multiplication des données numériques dans les sciences humaines et sociales (SHS), le recours à l'informatique devient indispensable tant pour la collecte, la mise en forme, ou le traitement des données.
    Le langage Python permet à la fois de réaliser les traitements statistiques habituels des SHS tout en ouvrant aux nouveaux usages liés à l'automatisation des tâches informatiques, le traitement des grands corpus des humanités numériques ou encore la collecte de données sur les réseaux sociaux. Ce manuel se concentre en priorité sur les usages du traitement des données en SHS. Complété avec de nombreux exemples de code et des études de cas concrets, l'ouvrage permet une familiarisation progressive à la programmation, au langage Python et à sa philosophie.
    Il insiste sur sa flexibilité pour répondre aux besoins de chaque problématique tout en soulignant l'importance de la diffusion et de la reproductibilité des traitements informatiques.

  • Ennius, l'un des premiers grands poètes de Rome, aimait à dire qu'il avait trois coeurs, parce qu'il savait, outre la langue de son enfance, le grec et le latin.

    À trop cloisonner les disciplines, l'Université française risque de se couper d'une tradition humaniste européenne, si brillamment illustrée jadis par les Estienne, les Érasme, les Ficin, et tous ceux qui se reconnaissaient héritiers d'une civilisation fondamentalement bilingue.

    Le Lexicon permet de remonter des mots français aux mots utilisés par les Romains et les Grecs, et inversement - selon trois ordres de lecture possibles : du français au grec via le latin, du latin au grec via le français, et du grec au latin via le français.

    Ce dictionnaire sans précédent s'adresse non seulement aux étudiants des filières classiques (lettres, histoire, philosophie), mais, bien plus largement, à tous les esprits curieux de retrouver les origines de leur langue et de leur civilisation, en circulant librement de Paris à Athènes via Rome.

    Post-scriptum : Cette nouvelle édition est enrichie de centaines de mots grecs, poétiques ou techniques. De plus, le lecteur novice, non rompu à la "morphologie" du grec et du latin, pourra, grâce aux tables alphabétiques, remonter aisément aux formes verbales premières.

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  • Alors qu'au XVIe siècle les ambassades deviennent permanentes, la représentation s'impose d'autant plus comme une fonction première de la diplomatie. La représentation d'un souverain, d'un Etat ou d'une nation par le diplomate exprime aussi bien l'absence d'un pouvoir que son apparition publique. Elle laisse entrevoir un système d'interactions complexe entre un représenté, son représentant et leur public. Au regard des développements historiographiques récents, ce volume explore le rôle des acteurs et des manifestations symboliques et matérielles de la représentation dans la vie internationale des Etats. On y trouvera une diversité de situations historiques et géographiques, de l'époque moderne au XXe siècle, afin de souligner les continuités, mutations et réappropriations du phénomène. Les contributions analysent les mises en scène et les jeux des acteurs participant de manière directe ou indirecte à une activité de représentation. Elles en scrutent les décors, les costumes et les coulisses, et mettent en évidence la mobilisation des normes et des pratiques de représentation au service d'interactions internationales en constante évolution.

  • À Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des refigions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.

  • Depuis la sortie de Nanouk l'Esquimau en 1922, Robert Flaherty est devenu une figure mythologique du documentaire, et ses films jouent le rôle de pierres de touche pour les théoriciens de ce genre de cinéma, modèles pour définir ce que doit être le documentaire - et surtout ce qu'il ne doit pas être. À vrai dire, peu d'oeuvres cinématographiques ont subi autant de polémiques que celle-ci, à laquelle on a reproché, dès les années 1920, sa propension à produire des images plus spectaculaires que véridiques et son ouverture à des discours politiques discutables et dans tous les cas péjoratifs pour les sujets filmés. Le but du présent ouvrage n'est pas de résoudre ces polémiques, ni d'y mettre un terme. Mais il paraît temps de reprendre à nouveaux frais le texte filmique flahertien en profitant de quelques avancées récentes en théorie de la communication et en anthropologie. Il s'agira alors d'étudier le style, documentaire ou non, de Nanouk l'Esquimau, L'Homme d'Aran et Louisiana Story, puis de comparer les données filmiques aux réalités ethnologiques des terrains filmés. On y découvrira une manière singulière de voir, en mesure d'enrichir nos conceptions du documentaire.

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