Claire Legendre

  • Quitter sa vie pour tout recommencer à zéro dans un autre pays, sur un continent où personne ne vous attend, est-ce un fantasme ou un cauchemar ? C'est ce qu'a fait l'écrivaine Nicole Franzl, avant de disparaître sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Sa biographe part sur ses traces en suivant son exemple, laissant derrière elle des amours, des douleurs, des romans. A travers l'énigme d'une autre, c'est la sienne que déchiffre la narratrice de Bermudes, au long d'un exil qui la conduit de la Méditerranée à l'Europe centrale et jusqu'au nord d'un fleuve gelé au Canada.
    Dans ce voyage sensuel et mélancolique, les êtres croisés en chemin sont des révélateurs ou des compagnons de résilience : un homme politique attachant et insaisissable ; un chanteur de rock à la célébrité encombrante ; mais aussi les habitants d'une île presque déserte où la vie semble possible. L'écriture est-elle un gouffre ou une bouteille à la mer ?

  • Vous avez peur des araignées, du vide, du regard des autres, de la maladie. Qu'on vous trahisse, qu'on vous abandonne, que les prédictions de la petite gitane se réalisent. Vous arrêtez de fumer, vous fuyez les insectes et les confidences médicales, vous évitez de monter sur scène, de prendre l'avion, de tomber amoureux, de vous pencher au balcon. Vous ne passez pas le permis de conduire et vous commencez à lire les romans par la fin, un peu comme on mettrait une ceinture de chasteté. Vous croyez que vous êtes paré, qu'on ne pourra jamais vous prendre au dépourvu, qu'il ne vous arrivera rien. Et puis on découvre un papillon dans votre poitrine, vous le sentez battre des ailes. Vous ne pourrez pas faire mine de l'ignorer.

    Essai autobiographique sur la peur, Le nénuphar et l'araignée explore les symptômes, les sources et la genèse de l'angoisse, de la plus intime à la plus ordinaire. Au fil de courts chapitres qui sont aussi des fragments de vie, Claire Legendre démonte les mécanismes psychologiques, physiques et sociaux associés à ce sentiment. Dans un style alerte, parfois drôle, souvent grave sans jamais être complaisant, le récit dessine un chemin singulier entre la France, le Québec et la République tchèque, portant sur l'existence un regard à la fois défiant et désarmé.

  • Les héroïnes de Claire Legendre ont entre 3 et 82 ans.
    Elles sont gracieuses, presque toujours amoureuses. Vivent à Rome, à Nice. Partent pour Vienne, pour l'île d'Elbe. Quittent Bath. Vont à l'école, à l'Opéra, à l'église. Elles constituent les facettes d'un kaléidoscope que serait la femme d'aujourd'hui : une femme qui vit et qui aime, blessée, toute en idéal. Une femme qui ne trouve d'autre issue à l'impossible fusion que la mort : " Quand un homme tue une femme, c'est pour prolonger son histoire avec elle.
    Quand une femme tue un homme, c'est pour clore l'histoire. "

  • Matricule

    Claire Legendre

    Clémence est parodontologue : jeune & jolie jeune femme, elle triture en blouse blanche les mâchoires de ses patients. Ceux-ci la rêvent, la fantasment désirable, sous le costume froid de la science... Ils lui parlent, cherchent à la séduire.
    Joseph A., tout carrié mais audacieux, réussit. Clémence et lui tombent amoureux, s'installent ensemble, commencent une nouvelle vie.
    Mais Clémence et Joseph ne font pas l'amour. Joseph refuse. Ce n'est pas un dogme. Ce n'est pas l'impuissance. Disons plutôt qu'il est une pâte froide. Il n'a pas envie. Clémence cherche à le violer, sans succès, puis bon gré mal gré, se fait à cet axiome étrange : à quoi bon baiser ?
    Claire Legendre créée donc ici un monde parallèle, fictif et troublant, où bizarrement, le sexe ne domine pas' Où les mères sont vierges. Mais si le sexe n'est plus dominant, c'est le désir d'enfant, le désir de paternité qui l'a remplacé.
    Joseph A. rêve d'être père, et pense qu'il pourra enfin faire l'amour, librement, une fois l'enfant apparu. Pour enfanter sans embrasser, il part en Roumanie, y dépose son sperme' La Roumanie est un voyage initiatique. Clémence, restée en France, guette cette offrande, ces larmes d'amour. C'est une autre aventure, qui se perpétuera, vingt ans après et paradoxalement, avec les livres d'une jeune femme de vingt ans : celle-ci, née de Joseph et de Clémence, cherche à se connaître, à se comprendre, à déjouer les secrets de famille, à percer l'intimité révolue de ses géniteurs, elle cherche son identité - son matricule.

  • Graziella Vaci est une jeune écrivain en résidence à la Villa Médicis. Pour nourrir son imagination et pour tromper la mélancolie romaine, elle décortique chaque jour les faits divers qui défrayent la chronique. Elle se prend ainsi de passion pour l'histoire du « tueur des trains » : un certain Sar, jeune et ténébreux, viole les jeunes femmes puis les assassine, le plus souvent en les défenestrant. Une chasse à l'homme est lancée dans toute l'Europe. Graziella collecte maniaquement les articles, les indices, les photos. Elle décide même d'écrire une pièce de théâtre à partir de cet épisode sanglant : sur la scène fantasque de la Villa Médicis, où l'histoire se mêle aux fresques secrètes de Balthus, où le brouhaha de la ville couvre parfois les basses rumeurs, le motif de Sar va prendre une dimension nouvelle. Inquiètante. Et ébranler toute la Villa Médicis.
    Graziella rencontre Vlad, un metteur en scène roumain, séducteur et diabolique, qui lui propose de monter sa pièce. Tous les comédiens vivent sur place. Les répétitions commencent, chaotiques, pleines d'émotion, de trouble mais très vite, la comédienne principale disparaît. Quelques jours plus tard, on retrouve son corps en contre-bas d'une voie ferrée, aux alentours de Civitavecchia... Le coupable serait-il Sar ? L'un des acteurs ? Le metteur en scène ? Tous ont une bonne raison de faire disparaître cette comédienne...
    « Constantin Stanislavski est l'inspirateur de la méthode Actor's Studio. Réformateur du jeu théâtral, c'est lui qui propose aux acteurs d'utiliser leurs souvenirs, leur « mémoire affective » pour vivre les émotions sur scène au lieu de les singer...
    Actuellement en thèse sur les théories théâtrales de Stanislavski, j'en fais ici un jeu romanesque : comment l'art s'ancre dans le réel et s'approprie l'humain. Ce roman porte les traces d'une ironie romanesque qui fait passer les pires crimes pour des dramaturgies ficelées.
    Le système stanislavskien du jeu de l'acteur est élargi à l'art tout entier, et à l'écriture elle-même : comment l'artiste digère-t-il le réel ? En quoi la mémoire affective est-elle le matériau privilégié de toute création oe
    Enfin, la réciproque de cet engagement affectif dans l'art a le tranchant du boomerang : on a beaucoup stigmatisé les dangers du système stanislavskien : lorsqu'on titille la psyché pour en transcender les failles, il n'est pas rare que la psyché se venge, échappant à tout contrôle, à toute mise en scène. C'est alors que, littéralement, la réalité dépasse la fiction.... »
    Claire Legendre

  • Viande

    Claire Legendre

    Quand une femme parle, on regarde sa bouche, ses jambes. On la juge.

    Quand une femme parle, est-ce qu'on l'écoute ? Suzanne parle, parle affreusement, jusqu'à nous envahir. Suzanne est une voix cassée par la vie. Son amant vient de mourir, Timothée, marié un enfant, un homme comme on en fait, vite mangé par la maladie. Avec son deuil et sa vie en morceaux, Suzanne se fait des idées, elle broie du noir, s'invente de nouveaux désirs, un corps neuf, un corps obsessionnel.

    Eglantine fait parler d'elle. Elle a une vingtaine d'années. Elle est insatiable. Elle vit près de Monaco, corps mince aux avant-gardes. Eglantine lit les magazines féminins, elle rêve d'être top model et de croiser Robin Flesh, mais elle échoue sans cesse.

    Bientôt les deux rivales, épuisées, se rencontrent dans la nuit de la Côte...



    Claire Legendre, 20 ans, l'auteur d'un premier roman, Making-of (éditions Hors Commerce).

  • La vérité et l'amour doivent triompher du mensonge et de la haine.« Par ce slogan célèbre, Václav Havel résuma l'esprit de la Révolution de velours. J'ai tenté de faire résonner ces mots dans l'intimité de nos vies. » C.L.Francesca est française et enseigne l'histoire-géographie. Adolescente elle a adhéré, un temps, à la Jeunesse communiste. Après l'élection de Nicolas Sarkozy, elle quitte la France pour suivre son mari, diplomate, à Prague. Elle doit se glisser, du jour au lendemain, dans ce rôle de « femme d'expat » oisive et désoeuvrée.
    Le sentiment d'étrangeté qu'elle éprouve à Prague se double d'un vertige intime : étrangère aux Tchèques, à la langue, au contexte politique qui remet en question ses convictions et son identité, Francesca devient étrangère dans son couple, isolée dans un silence nouveau : celui du désamour. C'est le difficile chemin vers l'autre que nous offre ce roman, mais c'est aussi l'histoire d'une émancipation d'un pays, et d'une femme...

  • Le numéro printanier de XYZ. La revue de la nouvelle propose un ensemble de textes explorant les multiples facettes de la vulnérabilité. Qu'il s'agisse des fragilités du corps, des autorités qui s'effritent, des pertes qu'on ne sait gérer, du trépas du grand-père ou de la mère (Claire Legendre et Jean-Paul Beaumier), de l'insécurité amoureuse (Cyril Della Nora et David Dorais) ou encore des enfances inquiètes (Yves Angrignon et Anne-Marie Duquette), les nouvelles offrent des portraits nuancés, empreints d'humilité. La section « Thème libre », elle, présente des textes de Catherine Browder, Gaëtan Brulotte, Esther Laforce, Jean-Sébastien Lemieux et Richard Savard. S'en dégage une sorte de tâtonnement des personnages devant la fatalité des lois qui se déploie dans un ton tragicomique (Savard) ou férocement angoissant (Laforce et Lemieux). Des comptes rendus des Papillons boivent les larmes de la solitude d'Anne Gene, de Gens du milieu de Charles-Philippe Laperrière et de Faunes de Christiane Vadnais clôturent le numéro.

  • La censure est violente et elle frappe partout. Outre le fanatisme dans sa version la plus sanglante, tout près de nous les réseaux sociaux relaient tous les jours des cas de censure que nous n'aurions pas imaginé il y a quelques années. Mais si le sexe et le blasphème sont toujours en ligne de mire de la censure religieuse, une autre censure, bien-pensante celle-là, prend le relais et induit, au nom du respect de la foi de chacun, un recul des liberté de tous. Dans son dossier thématique consacré aux "nouveaux" enjeux de la censure, Spirale évoque des livres d'horizons différents, pas seulement ceux issus des suites des attentats à Charlie Hebdo, mais d'autres qui interrogent le droit, l'histoire, les sciences humaines, la littérature et qui, à défaut de donner des réponses, réaffirment avec force que toutes les questions sont bonnes à poser. Hors dossier, un superbe portfolio de l'artiste montréalaise d'origine vietnamienne Jacqueline Hoang Nguyen, des compte-rendus de Ninfa Fluida de Georges Didi-Huberman, 666 Friedrich Nietzsche de Victor-Lévy Beaulieu et Six degrés de liberté de Nicolas Dickner, entre autres.

  • Claire et Jérôme se rencontrent autour de l'an 2000.
    Elle est écrivain... lui aussi. Mais Jérôme dissimule dans sa poche un compagnon gênant, témoin de toutes les histoires : son appareil photo. Et Claire se méfie beaucoup des appareils photos. Celui-ci est d'autant plus redoutable que, minuscule, il se dissimule partout, dans les chambres d'hôtel, les salles de bains, les trains, les cafés. Au fil des jours et des images, l'espion va s'immiscer dans le couple, subrepticement et tendrement, jusqu'à amadouer les soupçons, et apprivoiser la récalcitrante.
    Elle finira même par s'en emparer, le déclencher à son tour. Il deviendra alors la métaphore du lien amoureux qui unit le photographe et son modèle. Les images répondent aux textes pour raconter cette histoire, entre fiction et vérité, ces petites histoires du couple qui sont devenues les photobiographies.

  • Papua New Guinea possesses among the most remarkable ecosystems in the world in terms of plant species richness and marine biodiversity. During the biotic survey «Our Planet Reviewed - Papua New Guinea 2012-2013» more than two hundred people have explored these ecosystems, from the bottom of the Bismarck Sea to the summit of Mount Wilhelm, its highest peak. Assisted by both local communities and local parataxonomists, researchers, technicians, amateur naturalists and students from 21 different countries have gathered a large amount of specimens and data to attempt answering fundamental questions such as how many living species inhabit our planet or how much biodiversity is generated by elevational turnover of arthropod species. The Mémoires du Muséum publish the second volume about the major outcomes of the terrestrial part of the expedition, pushing forward the study of the arthropod fauna of Mount Wilhelm and presenting the plants collected during the expedition. This volume comprises 14 contributions dealing with diverse groups of insects, with the description of 118 species and 3 genera new to Science.

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