Sélection Honoré de Balzac 

  • Rastignac est un jeune provincial qui cherche à s'insérer dans la société parisienne. Il lui manque les manières et l'argent. Pour parvenir, il côtoie les femmes du monde, mais reste attaché à son voisin de la pension Vauquer, le père Goriot, vieillard malheureux abandonné de ses filles. Vautrin, forçat évadé, Marsay, politicien ambitieux, et Rubempré, écrivain talentueux, sont animés du même désir de pouvoir. Ils apprennent, chacun à sa manière, les complicités et les alliances indispensables dans une société gouvernée par les intérêts. Seules figures du désintéressement : le père Goriot, vaincu par son amour paternel, et Mme de Beauséant, abandonnée du Tout-Paris.
    La passion bout dans cette maison comme dans une cocotte-minute, les pages se tournent toutes seules ; c'est que chaque palier de la pension Vauquer est devenu un étage de ce que Balzac vient de concevoir : La Comédie humaine.

  • Grandet est le prince des avares : il jouit en secret de son or tandis qu'il tyrannise sa famille en l'entretenant dans la pauvreté. Mais c'est aussi un héros de la finance, un spéculateur moderne. Seul point faible dans ce caractère de bronze : l'amour pour sa fille.
    Amoureuse de son cousin Charles, jeune élégant ambitieux, Eugénie est prise entre passion et amour paternel, désir et devoir. La fatalité va la priver de l'amour et la contraindre à ne s'occuper que d'argent. Telle est la destinée tragique de la belle héritière, qui voit ses sentiments pervertis par l'avidité des hommes.
    Eugénie Grandet est le grand roman de l'argent qui corrompt tout. Satire des moeurs de province, cette comédie noire est aussi l'histoire d'une femme sincère et fidèle, dans un monde qui ne l'est pas.

  • Édition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)A Angoulême, David Séchard, un jeune poète idéaliste, embauche dans son imprimerie un ami de collège, Lucien Chardon, qui prendra bientôt le nom de sa mère, Rubempré. Poète lui aussi, il bénéficie d'une sorte de gloire locale et fréquente le salon de Louise de Bargeton à qui le lie bientôt une intrigue sentimentale qui fait tant jaser que tous les deux partent pour Paris. Voilà bientôt Lucien lancé dans le monde des lettres aussi bien que de la haute société, mais si Paris est la ville des « gens supérieurs », ce sera également pour lui celle des désillusions.
    C'est bien la figure de Lucien, en effet, qui donne surtout son unité aux Illusions perdues qui ont d'abord été, de 1837 à 1843, une suite de trois romans devenus plus tard les trois parties de celui que nous lisons, quand Balzac eut conçu le projet de La Comédie humaine et décidé de faire de sa trilogie l'une des Scènes de la vie de province. Car si Paris reste bien au coeur du triptyque, c'est à Angoulême, néanmoins, que se noue le destin des héros, à Angoulême encore qu'il s'assombrit. Revenu dans sa ville natale, Lucien n'est pas loin d'y sombrer - avant une véritable ascension dont Balzac fera le récit dans un autre grand livre : Splendeurs et misères des courtisanes.
    Edition de Patrick Berthier.

  • On n'oublie pas le surgissement de ce fantôme, le colonel Chabert, cru mort à Eylau. Ni le drame de ce héros, réduit à la misère et à l'hospice par l'égoïsme de ceux qu'il aime. Ni la vision d'un cerveau qui ne retrouve la mémoire que pour mieux la reperdre.
    Histoire invraisemblable ? Non pas. Ces clochards, ces vagabonds que nous côtoyons, le génie de Balzac nous pousse à voir en eux des Chabert.

  • >Balzac La Peau de chagrin Un jeune aristocrate désargenté et désespéré, Raphaël de Valentin, reçoit d'un vieil antiquaire une peau d'onagre miraculeuse et maléfique : elle satisfait tous ses désirs, mais sa superficie, liée par un charme mystérieux à la durée de la vie de son possesseur, rétrécit à chaque souhait exaucé. Raphaël, qui rêvait de conquérir le monde, découvre ainsi, au prix de sa propre existence, que « Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit ». Seul face à sa mort, dont il peut chaque jour calculer l'échéance, il délaisse la société des hommes, renonce à la jouissance du monde : en vain, même l'amour pur et partagé ne pourra le sauver.
    Dans le décor très réaliste des années 1830, La Peau de chagrin plonge le lecteur dans un univers proprement fantastique, un univers de l'étrange qui illustre l'une des théories philosophiques fondamentales de l'oeuvre balzacienne : l'énergie vitale.

    Introduction et notes de Jacques Martineau.

  • Balzac Le Lys dans la vallée « Les femmes les plus vertueuses ont en elles quelque chose qui n'est jamais chaste. » Cette remarque de Balzac peut s'appliquer à Mme de Mortsauf, lys blanc et pavot rouge. Félix de Vandenesse souffre de la réserve d'Henriette de Mortsauf à qui il voue depuis son adolescence un amour total ; il tue pourtant cette femme en l'idéalisant, en lui imposant une pureté contre laquelle elle se révolte au moment de son agonie. Le Lys dans la vallée est le roman des désirs qui se croisent et des lettres qui ne parviennent pas à créer un véritable échange.
    Dans une longue confession épistolaire - qui constitue la plus grande partie du roman - destinée à sa fiancée Natalie, Félix fait le récit de cet amour. L'ironique réponse de Natalie consacrera la rupture des fiançailles.
    Le Lys dans la vallée est le roman de toutes les ambiguïtés. La blanche Henriette est aussi un stratège politique machiavélique qui apprend à Félix l'art du pouvoir. Alors qu'elle est monarchiste et légitimiste, elle ne peut s'empêcher d'admirer Napoléon. Roman écrit sous la Monarchie de Juillet, par un auteur qui prône une réforme de l'aristocratie tout en la défendant, Le Lys dans la vallée laisse entrevoir la critique de la Restauration dans une scène de la vie privée.

    Edition de Gisèle Séginger.

  • «"Ah! ah! s'écria-t-il, vous ne vous attendiez pas à tant de perfection! Vous êtes devant une femme et vous cherchez un tableau. Il y a tant de profondeur sur cette toile, l'air y est si vrai, que vous ne pouvez plus le distinguer de l'air qui nous environne. Où est l'art? perdu, disparu! Voilà les formes mêmes d'une jeune fille. N'ai-je pas bien saisi la couleur, le vif de la ligne qui paraît terminer le corps? [...] Et ces cheveux, la lumière ne les inonde-t-elle pas? Mais elle a respiré, je crois! Ce sein, voyez? Ah! qui ne voudrait l'adorer à genoux? Les chairs palpitent. Elle va se lever, attendez.
    - Apercevez-vous quelque chose? demanda Poussin à Porbus.
    /> - Non. Et vous?
    - Rien."»

  • Lisbeth Fischer, paysanne vosgienne montée à Paris, ne peut réussir dans la société élégante parce qu'elle est laide. Il ne lui reste qu'à devenir «le confessionnal de la famille» et à se rendre indispensable. Elle organise alors les intrigues amoureuses des membres de sa famille : dans ce rôle, elle excelle. Elle pousse ainsi Valérie Marneffe, jolie femme mal mariée, à séduire le mari d'Adeline Hulot, sa cousine dont elle jalouse la beauté et l'abnégation. Célibataire, elle vit par procuration les aventures - conjugales et surtout extraconjugales - des femmes mariées, et accomplit ainsi sa vengeance. Loin de la caricature de la vieille fille aigrie, Balzac sublime son personnage pour en faire une implacable entremetteuse. Il critique ainsi une société sans repères, où le mariage n'est plus qu'un mot, et le bonheur un horizon à jamais perdu.
    Roman parmi les plus noirs de l'auteur, et néanmoins l'un des plus drôles, La Cousine Bette est aussi son roman le plus explicitement érotique : les femmes sont des courtisanes arrivistes, tandis que les hommes, réduits à leurs instincts sexuels, se ruinent pour quelques instants d'éternité. Un roman féroce et inoubliable.

  • « Le mariage ne vous réussit point. » Tout est là. L'histoire de cette jeune femme qui a épousé étourdiment son bellâtre très fort sur l'équitation est l'histoire implacable des déceptions de la vie conjugale, des déceptions de l'intimité conjugale. En dépit du décor, tout est brutal. C'est une confession de jeune mariée. Tout est admirable : la nullité du mari soutenu en secret, le dévouement pour garder les apparences sans les compensations de l'amour, et, au fond de tout cela, l'égoïsme de l'homme, une existence vide à perpétuité entrevue avec désespoir. La répugnance pour l'intimité conjugale est le secret de toute cette vie. La douairière ne s'y méprend pas. « Le mariage ne vous réussit point. » C'est l'histoire d'un mauvais départ.
    A partir de ce livre, Balzac est devenu le peintre des femmes, non pas seulement le peintre de la femme de trente ans, mais l'écrivain qui sait dire ce qu'elles n'osent pas s'avouer.

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  • La vendetta

    Honoré de Balzac

    Paris, juillet 1815. Ginevra di Piombo, beauté altière de vingt-cinq ans, étudie la peinture dans le réputé atelier Servin. Jalousée par les autres élèves, constamment épiée, elle est quant à elle tout entière à son chevalet. Un bruit, un jour, dans le cabinet adjacent, retient pourtant son attention. Un jeune proscrit, Luigi, napoléonien et corse comme elle, y est caché. S'ouvre alors une histoire passionnelle où se mêlera à leur amour fou l'ombre d'une terrible vendetta.

  • Une petite ville, un microcosme de l'ancienne France, une vieille fille, Rose-Marie-Victoire Cormon, qui hésite entre deux prétendants, le chevalier de Valois et l'ex-citoyen du Bousquier. Le chevalier est vieux, coquet, sans le sou, fidèle aux Bourbons. Du Bousquier est libéral, millionnaire et encore à peu près présentable.Grave conflit, lutte de clans. Du Bousquier l'emporte. Hélas, «le mariage sera essentiellement négatif» : du Bousquier est impuissant. Si Mlle Cormon avait suivi des cours d'anthropologie, si elle avait considéré le «nez prodigieux», le «nez magistral et superlatif» du chevalier, et le «nez aplati», «la voix de spéculateur éreinté» de du Bousquier, elle aurait «évité les effroyables malheurs de sa vie conjugale».

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  • Un général d'empire essaie d'arracher une femme qu'il a aimée au point de vouloir la marquer au fer rouge, au couvent espagnol où elle s'est cloîtrée.
    Un jeune roué poursuit à travers paris une inconnue " aux yeux jaunes comme ceux des tigres ", séquestrée par une femme en laquelle il reconnaîtra sa demi-soeur. la passion mystique et charnelle de la duchesse de langeais, lesbos, l'atmosphère étouffante d'orient où baigne la fille aux yeux d'or, dédiée au delacroix des femmes d'alger, font de ces deux nouvelles les chefs-d'oeuvre du romantisme balzacien.
    Mais la duchesse de langeais est aussi un grand texte politique, impitoyable à l'égard des bourbons, et la fille aux yeux d'or contient une analyse de la société parisienne à laquelle les théoriciens de la lutte des classes (et des sexes) n'ont rien à ajouter.

  • Balzac mène de front quatre sujets de roman en un seul : l'amour désintéressé et héroïque d'une prostituée pour un beau jeune homme (Esther et Lucien) ; l'amour d'un héros viril pour le même beau jeune homme et leur association dans la vie parisienne (Vautrin et Lucien) ; l'amour d'un vieillard pour une jolie fille (Nucingen et Esther) ; les démêlés d'un ancien forçat avec la police (histoire policière et judiciaire, Camusot et Granville). L'auteur convoque les personnages de ses romans antérieurs, reprend des thèmes qui l'obsèdent, mais en les traitant avec un style nouveau, celui du roman populaire et du feuilleton. Mené tambour battant, Splendeurs et misères des courtisanes est l'un des plus grands spectacles de La Comédie humaine.
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  • « - Deux mots suffisent à tout éclaircir, madame, dit Fraisier. Monsieur le président est le seul et unique héritier au troisième degré de monsieur Pons. Monsieur Pons est très malade, il va tester, s'il ne l'a déjà fait, en faveur d'un Allemand, son ami, nommé Schmucke, et l'importance de sa succession sera de plus de sept cent mille francs...
    - Si cela est, se dit à elle-même la présidente foudroyée par la possibilité de ce chiffre, j'ai fait une grande faute en me brouillant avec lui, en l'accablant.
    - Non, madame, car sans cette rupture il serait gai comme un pinson, et vivrait plus longtemps que vous, que monsieur le président et que moi... La Providence a ses voies, ne les sondons pas ! »

  • Le premier grand roman de Balzac. La Vendée dressée contre la Révolution, un ensemble de tableaux d'histoire brossés avec une ampleur épique, la verve de Dumas, la lucidité, le regard de voyant de Michelet. «Les Chouans, écrit Pierre Gascar, c'est le peuple défiguré, dénaturé par des siècles de supersitition, habilement conduit par ses maîtres au mépris de soi, à l'ivresse de la servitude», mais c'est aussi «un des plus beaux romans de l'amour fou». Ou, comme l'écrivait Balzac lui-même à Mme Hanska : «Je comprends ce qui vous a fait vouer une espèce de culte à ce livre. La passion y est sublime. Le pays et la guerre y sont dépeints avec un bonheur qui m'a surpris. Je suis content.»

  • Ce volume rassemble, autour du Chef-d'oeuvre inconnu, six autres nouvelles. Elles ont été choisies parce qu'elles traitent de la peinture, ou qu'elles ont une valeur picturale particulière, qu'elles sont «colorées».
    Dans Le Chef-d'oeuvre inconnu, le vieux maître Frenhofer met dix ans à terminer son tableau ; lorsqu'il le montre enfin, ses amis n'y voient que chaos. Le peintre en meurt. Pierre Grassou est, au contraire, un peintre sans talent, humble et touchant, dont s'engoue une famille bourgeoise. Facino Cane évoque le personnage mystérieux d'un clarinettiste aveugle, qui entraîne le héros à Venise.
    Dans L'Elixir de longue vie, L'Auberge rouge, Maître Cornélius, Un drame au bord de la mer, on devine l'influence de Delacroix. Dans l'ensemble du volume, on trouvera donc à la fois une esthétique et des aventures romanesques. C'est l'oeil de Balzac visionnaire qui brille dans ces sept beaux récits : le premier est célèbre, les autres méritent de le devenir.

  • Dans une auberge au bord du Rhin sont réunis par le hasard deux jeunes Français et un riche négociant allemand qui passent une agréable soirée avant d'aller se coucher. Au petit matin, on retrouve le négociant décapité...
    Dans les brumes de l'Allemagne romantique, l'inspecteur Balzac mène l'enquête !

  • Paquita, l'énigmatique « fille aux yeux d'or », subjugue Henri de Marsay. Pour faire la conquête de cette jeune femme retenue captive par une personne dont l'identité reste secrète, il se laisse entraîner dans une intrigue pleine de mystères et de surprises...
    La Fille aux yeux d'or, court récit de Balzac, rapide et rythmé, est plein de péripéties romanesques. Ce beau récit, aux accents exotiques et mystérieux, captivera les élèves. L'étude du texte intégral permettra notamment d'aborder le projet de la Comédie humaine, le roman autour de 1830, la fascination pour l'Orient au xixe siècle, la représentation de Paris au xixe siècle, entre réalisme et fantastique, et la figure de la femme fatale.

  • Une femme, généreuse et belle comme un ange, soupçonnée d'adultère ; un jeune officier qui se lance dans la plus vaine et maladroite des enquêtes ; un agent de change égaré dans les affres de la passion ; une somme d'argent qu'on n'explique pas ; une société secrète (les dévorants) dont les membres entendent exercer l'absolutisme de leur bon plaisir ; des duels, des assassinats, des suicides ; une évocation de vidocq ; le tout sur un fond de ville monstre - paris - gigantesque théâtre des fièvres de la restauration : tout balzac est déjà dans ferragus qui apparaît comme l'une des étapes essentielles du grand oeuvre, l'un des romans fondateurs de ce qui deviendra la comédie humaine.
    Texte intégral. ferragus est le premier épisode de l'histoire des treize (à laquelle appartiennent aussi la duchesse de langeais et la fille aux yeux d'or). préface de balzac à l'histoire des treize. vie de balzac. notice, bibliographie et notes de roger borderie. documents : lettre de balzac à amédée pichot ; postface de balzac à ferragus ; allocution prononcée par victor hugo aux obsèques de balzac.

  • Balzac a inventé l'argent moderne. Pas celui qu'on convoite ou qu'on amasse, mais cet organisme vivant qui circule et occupe la vie quotidienne, qui détermine les relations personnelles et donne à la société sa dynamique. Dans ces cinq récits, hommes et femmes, riches ou pauvres, tour à tour créanciers et débiteurs, s'égarent dans les miroitements de l'argent, entre passion et déraison financières. Objet d'une quête épique, l'argent bâtit les fortunes et fait tourner le monde. Mais il détruit aussi toute humanité. Entre dénonciation et fascination, Balzac raconte ici la naissance de la société capitaliste qui est la nôtre.

    Ce volume contient :
    Gobseck - L'Illustre Gaudissart - Gaudissart II - Un homme d'affaires - Le Député d'Arcis.

  • Balzac Adieu 1819. Par une brûlante journée de l'été finissant, deux chasseurs - deux amis, le marquis d'Albon et le baron Philippe de Sucy - égarés dans une forêt de l'île-de- France entrevoient, sous les frondaisons d'un parc à l'abandon, une silhouette féminine d'une grâce aérienne. En cette jeune femme, folle, qui ne sait plus que répéter machinalement un seul mot, « Adieu », Philippe, bouleversé, reconnaît la comtesse Stéphanie de Vandières, la maîtresse passionnément aimée dont il fut tragiquement séparé en 1812, lors du passage de la Bérésina. Soulevé par un espoir insensé, il va tenter de rendre la vie à cette âme morte.
    Ce récit insolite et saisissant, tout à la fois « étude philosophique » et « scène de la vie militaire » est l'un des plus achevés de La Comédie humaine.

    Présentation et notes de Lucette Vidal.

  • «Une analyse politique supérieure à tout ce qu'on peut citer dans la littérature» (Alain), «l'histoire en déshabillé» du Consulat et de l'Empire, un complot de Fouché, Napoléon à Iéna et le premier roman policier de la littérature française.

  • Balzac La Maison du Chat-qui-pelote La Maison du Chat-qui-pelote, c'est d'abord une enseigne de boutique doublée d'un tableau : « Une formidable pièce de bois, horizontalement appuyée sur quatre piliers qui paraissaient courbés par le poids de cette maison décrépite, avait été rechampie d'autant de couches de diverses peintures que la joue d'une vieille duchesse en a reçu de rouge. Au milieu de cette large poutre mignardement sculptée se trouvait un antique tableau représentant un chat qui pelotait. » Mais cette nouvelle, écrite en 1829 et plus tard placée par Balzac en ouverture de La Comédie humaine, est elle aussi un tableau vrai, tableau du Paris commerçant - le Marais et la rue Saint-Denis - que l'écrivain prend plaisir à peindre. Un tableau de moeurs, également, et son premier titre, Gloire et malheur, laissait plus directement deviner que s'y jouait le destin d'une femme : « Les humbles et modestes fleurs, écloses dans les vallées, meurent peut-être quand elles sont transplantées trop près des cieux, aux régions où se forment les orages, où le soleil est brûlant. » Présentation et notes par Patrick Berthier.

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  • Balzac Sarrasine Lors d'une brillante soirée parisienne, tandis que les invités dansent et conversent dans des salons splendides, une jeune femme s'épouvante à la vue d'un étrange petit vieillard décharné et pareil à un spectre. La jeune femme supplie alors le narrateur de lever pour elle le mystère de cet inconnu. Le lendemain du bal, il lui raconte longuement l'histoire du sculpteur Sarrasine et de la dangereuse passion que, dans sa jeunesse, il éprouva pour la mystérieuse Zambinella aussitôt qu'il l'eut entendue chanter à Rome.
    Dès la première page, c'est sous le double signe de la danse des morts et de la danse des vivants, de la sensualité et de la déchéance, que le jeune Balzac place ce récit publié par la Revue de Paris en 1830. Et Sarrasine est doublement énigmatique aussi : parce que la narration tient le lecteur captif jusqu'au mot de la fin - et parce qu'elle met en scène les ambiguïtés d'un désir dont l'écrivain ne cherche pas à dissiper les ombres.

    Présentation et notes d'Eric Bordas.

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