Petit Polymôme deviendra... : Bonjour, Philippe Renoux-Carbonel !


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Bonjour, Philippe Renoux-Carbonel !
Philippe Renoux-Carbonel

Gérant des Ateliers Carbonel et petit-fils de son créateur, Marcel Carbonel, Philippe Renoux-Carbonel commence son apprentissage de santonnier dès l’âge de 15 ans. Il te parle de sa passion pour ces petites figurines d’argile...


Votre grand père a t-il été un modèle pour vous ?

Bien sûr, mon grand-père a toujours été un ardent défenseur de la tradition santonnière. L’histoire des Ateliers Marcel Carbonel est d’ailleurs intimement liée à l’histoire de la Provence. Aujourd’hui, suivant son exemple, nous faisons perdurer des techniques ancestrales, archaïques peut-on même dire, de fabrication. Tous les santons sont entièrement fabriqués et décorés à la main, un par un, dans le strict respect de la tradition...


Comment avez vous découvert le métier de santonnier ?

Je l’ai découvert sur les genoux de mon grand père, à trois ans. Je suis vraiment né dans un monde de santons...


Qu’est ce qui vous a séduit dans ce petit monde ?

Les santons sont très liés à l’enfance. Ils rappellent la crèche, le sapin, le père Noël, les cadeaux, la famille réunie. Ils gardent une grande part de magie. J’ai aussi toujours aimé travailler de mes mains et le métier de santonnier est très artisanal, à mi-chemin entre l’art et l’artisanat. Chaque santonier crée comme il l’entend sans contrainte et comme il le peut...


Vous êtes nombreux en France ?

Non, il doit y avoir une centaine de santonniers dans notre pays. Tu sais, c’est un métier qui ne peut s’apprendre que sur le tas. Il n’existe pas de formation ni d’école. Il faut donc entrer dans une entreprise ou une famille, car c’est souvent un métier très familial, pour se former. Mais avant tout, il faut avoir l’amour du métier, la passion. Pétrir de petits morceaux d’argile pour en faire des petites sculptures, on l’a dans le sang ou pas !


Quand avez-vous réalisé votre tout premier santon ?

Il y a bien longtemps ; je devais être âgé d’une douzaine d’années. Mais cela restait un jeu ! Puis c’est devenu un travail et aujourd’hui, pour le santonnier que je suis, Noël a perdu depuis sa magie et son esprit festif : Noël pour moi, c’est du travail, beaucoup de travail !


La baisse de la religiosité vous pose problème ?

Pas du tout. Pour nous, les santons représentent avant tout une scène pastorale marseillaise dans laquelle se réunissent, autour du "mistoun" (le minot), tous les petits métiers provencaux. On oublie le caractère sacré de la scène pour ne retenir que la famille et les villageois en train de se réjouir de cette naissance, la communion d’esprit, la fête, la réconcilliation...


Les personnages sont toujours les mêmes ?

Oui et ils ont tous leur histoire. Mon préféré est Bartomieu, un sympatique et jovial villageois toujours a moitié débraillé. Il y a, entre autres le menier, la poissonnière, l’aveugle qui recouvre la vue devant Jésus, le menier, le "ravi" qui lève les bras au ciel en apprenant la naissance, le pistachier, tellement saoul qu’il tombe dans le puits... sans parler de la sainte famille et des Rois Mages, qui ne doivent être placés dans la crèche que le 5 janvier.


Votre plus grand plaisir ?

C’est le bonheur qu’ont les gens à installer nos santons dans leur crèche.


Merci et bonnes fêtes !
Propos recueillis par C. Coudouy

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