Le dernier baiser

Je viens de sortir d'une lecture inoubliable. Une lecture tellement passionnante et unique en son genre que je ne sais comment vous donner envie de la découvrir à votre tour mon ami(e). Il y a des livres en ce monde qui ont tout pour plaire, une combinaison d'éléments, d'émotions qui font que la grandeur est là. Alors imaginez déjà un immense écrivain (James Crumley), un éditeur incroyable (Gallmeister), un grand traducteur (Jacques Mailhos) et de très belles illustrations (Thierry Murat). Maintenant imaginez qu'ils forment tous ensemble une ligue de super-héros littéraires et cela donne Le Dernier Baiser... Le classique incontournable est bien là.

Installez vous confortablement chez vous et dévorez page après page ce bijou du genre. Un roman noir, savoureux, délectable... Une touche de tragédie, une pincée (ou deux) d'humour sarcastique, une flopée de protagonistes uniques : bienvenue l'ami(e).

Je suis tombée sous le charme de Sughrue, un privé légèrement (...) alcoolique mais terriblement attachant, un homme qui est là dans les moments importants et qui ne se prive pas de dire la vérité. Un personnage brisé mais qui est encore plein de ressources. Cet antihéros va croiser sur sa route bon nombre d'êtres plus ou moins recommandables... Un écrivain célèbre plus bourré qu'un verre de whisky, sûrement un des personnages les plus antipathiques et pathétiques de la littérature noire; la femme et l'ex-femme de ce dernier, à la fois complètement différentes mais unies par leur amour pour le même homme; une mère désabusée dont le seul espoir repose sur le fait de retrouver son unique enfant. Bref une belle bande de paumés et de fous...

Si au départ l'histoire repose sur la quête de cet auteur ivrogne, l'intrigue va très vite partir sur la disparition de Betty Sue, jeune femme qui ne laisse aucun homme indifférent sur son chemin (même pas notre détective blasé). En lisant ce roman j'avais l'impression de retrouver une atmosphère digne du Dahlia Noir d'Ellroy mais avec une touche d'humour (et donc de lumière) en plus, cela m'a fait encore plus aimer ce récit. En plus des deux personnages qui restent indéniablement dans mon cœur (Sughrue et Stacy), l'intrigue et la plume de James Crumley sont tout simplement fantastiques. La fin est vraiment très émouvante et excellente, parfaite même. En ce qui concerne l'écriture : Crumley peut basculer d'un dialogue anarchique à une description sublimée du cadre spatial, la traduction de Jacques Mailhos ne fait qu'accentuer cette prouesse de style.

Vous l'aurez bien compris, il faut le lire. Parce que cela s'appelle un chef d'œuvre.

 

Léa, partenaire Sauramps (http://leatouchbook.blogspot.fr/)