Chanson douce

« Une chanson douce que me chantait ma maman… »

C’est de manière poétique et presque en chantonnant que Leïla Slimani titre son dernier roman Chanson douce qui lui vaut d’être le Prix Goncourt 2016.

Une famille parisienne classique avec deux enfants en bas âge, une mère déprimée qui décide de reprendre le travail et une nourrice parfaite qui débarque dans leur vie… Tout semble parfaitement rangé et ordonné jusqu’à la dépendance maladive de Louise (la nourrice) envers cette nouvelle famille qu’elle adopte, qu’elle choie et qu’elle tient entre ses bras.

À travers ce roman, édité dans la célèbre collection blanche de Gallimard, l’histoire et l’écriture de Slimani dérange et envoûte à la fois. Elle débute le roman par la fin, indiquant de suite ce qui va arriver à son lecteur. Une démarche risquée qui peut rebuter ou donner envie au point de dévorer le livre pour comprendre comment cela s’est produit. Ainsi, après la lecture du premier chapitre, nous sommes en droit de nous demander « Pourquoi ? » et les pages défilent afin de répondre.

S’enchaîne donc une écriture brillante, agréable et moderne. Leïla Slimani surprend son lecteur par un ton à la fois doux et tranché et nous tient avec un suspense subtil jusqu’aux dernières lignes. Emportée dans le quotidien de Paul, Myriam, les enfants et Louise, on découvre un travail surprenant sur la psychologie des personnages mais aussi sur les émotions et sentiments de chacun révélant diversités sociales et culturelles dominées essentiellement par le pouvoir et l’argent.

Une histoire renversante avec une dernière question : Après la lecture de Chanson douce, allez vous engager une nourrice ?

« Paul et Myriam sont séduits par Louise, par ses traits lisses, son sourire franc, ses lèvres qui ne tremblent pas. Elle semble imperturbable. Elle a le regard d'une femme qui peut tout entendre et tout pardonner. Son visage est comme une mer paisible, dont personne ne pourrait soupçonner les abysses. »

Charlotte, community manager Sauramps